Flore illustrée des Champignons d’Afrique centrale

Fascicule 11

 

Diderma (Physarales, Myxomycetes)

par B. Buyck (octobre 1983) : 201-213, pl. 36-38

 

Echinosteliales & Stemonitales (Myxomycetes) 

par J. Rammeloo (octobre 1983) : 214-244, pl. 39-43


Planches


 

DIDERMA (Physarales, Myxomycetes)

par B. Buyck

Ce travail est conçu comme celui de J. Rammeloo, paru ici-même (fasc. 8-9). Cependant, la manière de donner les dimensions des spores est un peu différente : les chiffres en italiques donnent les diamètres moyens extrêmes, mesurés chacun sur cinquante spores d’un même spécimen; les chiffres entre parenthèses, respectivement le diamètre moyen le plus bas diminué de sa déviation standard et le diamètre moyen le plus haut augmenté de sa déviation standard; suivent enfin deux données entre parenthèses: C, le nombre de collections (non mentionné dans le cas d’une seule collection); n, le nombre de spores mesurées.

Nous tenons à remercier spécialement J. Rammeloo pour son assistance continuelle, M. Verhaegen, ingénieur technicien, pour l’aide apportée lors des études au microscope électronique à balayage, le New York Botanical Garden pour le prêt de spécimens ainsi que le prof. P. Heinemann qui a relu le manuscrit et D.N. Pegler qui a revu le résumé anglais.

Le genre Diderma appartient à la famille des Didymiaceae, qui se situe dans les Physarales. Cet ordre contient deux familles: les Didymiaceae et les Physaraceae. Un caractère très important est la présence de calcaire dans le péridium sous forme de granules (Diderma et Physaraceae) ou de cristaux (Didymiaceae, Diderma non compris). Lister (1929) base la séparation des deux familles précisément sur cette présence de cristaux ou de granules calcaires, ce qui met le genre Diderma dans les Physaraceae. Les auteurs modernes, en se basant sur le capillitium dépourvu de nodules calcaires, placent Diderma dans les Didymiaceae.

Physarales Macbr.

N. Am. Slime-Moulds, ed. 2 : 22 (1922).

Fructifications en forme de plasmodiocystes ou de sporocystes sessiles ou stipités. Spores noires, pourpre foncé ou brun violacé en masse, brun pourpre foncé à violacées sous le microscope. Calcaire présent souvent abondamment dans le péridium, le capillitium ou le stipe, jamais limité au stipe, la columelle et l’hypothalle. Capillitium toujours présent, filamenteux ou tubuleux, parfois pourvu de nodules calcaires.

Synopsis des familles

1. Capillitium imprégné de calcaire, souvent même la fructification entière; calcaire en forme de granules amorphes ... Physaraceae

1. Capillitium sans calcaire ou exceptionnellement à surface pourvue d’agrégats de calcaire cristallisé; péridium, souvent aussi le stipe, imprégné de calcaire, parfois cristallisé ................... Didymiaceae

Didymiaceae Rost.

Versuch : 12 (1873) sub tribus

1. Calcaire du péridium amorphe, granulaire :

2. Péridium seulement poudré de peu de matière calcareuse; capillitium en réseau, à nœuds basaux aplatis; columelle exceptionnellement développée .................................. Wilczekia

2. Matière calcareuse du péridium abondante; capillitium généralement radiant de la columelle ou de la base épaissie du sporocyste, exceptionnellement remplacé par des structures calcareuses :

3. Couche externe du péridium à nombreuses excroissances calcareuses, courtement cylindracées ......... Physarina

3. Couche externe du péridium sans excroissances; parfois couche cristalline médiane dans le péridium ......... Diderma

1. Calcaire du péridium cristallin; péridium poudré de cristaux, pourvu de petites plaques ou couvert d’une croûte calcareuse :

4. Fructification un aethalium ............ Mucilago

4. Fructification de sporocystes ou de plasmodiocystes:

5. Cristaux poudrés sur le péridium ou en croûte .................... Didymium

5. Cristaux unis en plaques isolées ou en masse sur le péridium .................. Lepidoderma

Diderma Persoon

Neues Mag. Bot. 1 : 89 (1794).

Fructification composée de sporocystes ou de plasmodiocystes; sporocystes largement sessiles à stipités; plasmodiocystes étalés, parfois réticulés. Hypothalle membraneux, parfois très incrusté de calcaire, incolore à brun rougeâtre foncé, parfois absent. Péridium double ou triple (rarement à une seule couche), le plus souvent évanescent à maturité, parfois à l’exception de la base et autour de la columelle; couche externe calcaire, fragile, rude ou lisse (sous-genre Diderma) ou formant une écorce cartilagineuse, solide, luisante, fermement attachée à la couche interne ou intermédiaire (sous-genre Leangium), plus ou moins irrégulièrement déhiscente ou se scindant en fragments polygonaux ou en lobes pétaloïdes; couche interne membraneuse; couche intermédiaire composée de granules calcaires. Stipe mince ou épais, long ou à peine développé, émergeant de l’hypothalle, à surface parfois incrustée de granules calcaires, creux ou rempli de calcaire amorphe et granulaire, parfois de nodules ± cristallisés. Columelle calcaire, très variable en hauteur et en forme, blanche à brun rougeâtre. Spores brunâtres à noirâtres en masse. Capillitium émanant de la columelle, s’en séparant assez facilement, normalement dépourvu de nodules calcaires.

M.O. Couche externe d’un péridium double composée de granules calcaires souvent accompagnés d’une substance interstitielle; dans le cas d’un péridium triple, couche externe membraneuse et adhérant fermement à la couche intermédiaire. Couche intermédiaire, si présente, de même structure que la couche externe d’un péridium double. Couche interne membraneuse, montrant des empreintes de granules, souvent veinée, la couleur pâlissant et le nombre des empreintes diminuant vers le sommet du sporocyste. Capillitium composé de filaments creux, parfois très ramifiés et anastomosés, droits ou ondulés, parfois de façon hélicoïdale, lisses ou verruqueux, incolores à brun foncé. Spores globuleuses à subglobuleuses, libres, à diam. moyen de ca. 7 à 16 μm, grisâtre pâle à brun violet foncé, verruqueuses, épineuses à subréticulées ou exceptionnellement réticulées.

M.E.B. L’étude de Diderma au microscope électronique à balayage, étant encore trop fragmentaire, ne sera qu’esquissée ici; elle fera l’objet d’une étude ultérieure plus approfondie. La constance de l’ornementation est remarquable chez ces espèces (Buyck, inédit); aussi nous sommes nous cru autorisé à reproduire, sur la planche 38, quelques photos en provenance de matériel européen.

Le genre est traditionellement divisé en deux sous-genres: Diderma (espèce-type: D. globosum Pers.) et Leangium (Link) Rost. (espèce-type D. floriforme (Bull.) Pers.). Cette division ne nous semblant pas satisfaisante, nous ne l’adopterons pas ici.

Clé des espèces

1. Sporocystes stipités :

2. Péridium se désagrégeant en plaques polygonales :

3. Péridium blanc ou crème à l’extérieur, brun rougeâtre foncé à l’intérieur ..... 2. D. corrubrum

3. Péridium brun grisâtre à l’extérieur, crème à l’intérieur .................. 6. D. petaloides

2. Péridium ne se désagrégeant pas en plaques polygonales :

4. Péridium brun foncé :

5. Capillitium en réseau, brun pâle à brun foncé, flexueux, abondant, portant quelques rares verrues noirâtres, env. 1 µm de diam. Spores 13-16 µm de diam., brun foncé, plus pâle d’un côté, très grossièrement verruqueuses à réticulées; ornementation plus différenciée du côté le plus foncé ..... 7. D. subasterioides

5. Capillitium abondant, brun foncé ± violacé; filaments à ramifications et anastomoses peu fréquentes, sauf aux extrémités, rigides, parfois plus pâles, souples, minces et flexueux. Spores brun-violacé foncé, densément et finement spinuleuses, 9-12 µm de diam. Sporocystes groupés ou espacés, subglobuleux, ± aplatis, ombiliqués en dessous. Péridium gris pâle, brunâtre ou brun rougeâtre, parfois avec de nombreux points foncés, s’ouvrant en étoile par des fissures plus pâle du sommet à la base. Stipe ocre à brun rougeâtre, 0,2-0,6 mm de haut, ferme, calcaire, parfois absent. Columelle subglobuleuse, blanchâtre ou crème, calcaire .... D. radiatum (L.) Morgan [Nigeria (Farquharson& List., 1916)]

4. Péridium blanc, sporocystes discoïdes ......... 4. D. hemisphaericum

1. Sporocystes sessiles :

6. Sporocystes brunâtres ou gris jaunâtre, ± hémisphériques .................... 1. D. asterioides

6. Sporocystes blanchâtres ou crème :

7. Péridium se désagrégeant en plaques polygonales ......................... 2. D. corrubrum

7. Péridium ne se désagrégeant pas en plaques polygonales :

8. Spores brun violacé, 10-12 μm de diam., à ornementation réticulée, parfois interrompue, 2 µm de large. Sporocystes en masse, subglobuleux, sessiles, 0,3-0,5 mm de diam., blancs. Péridium fragile, épais; couche externe calcaire. Hypothalle bien développé, blanc. Columelle subglobuleuse à hémisphérique. Capillitium composé de filaments pourpres, peu ramifiés, ± rigides, s’anastomosant aux extrémités .... D. subdictyospermum List. [Nigeria (Farquharson & List., 1916)]

8. Spores non réticulées :

9. Péridium à une seule couche ou couche externe peu développée; spores 12-13 μm de diam., finement et densément spinuleuses. Sporocystes espacés, discoïdes, sessiles, exceptionnellement stipités, 0,5-0,7 mm de diam.; plasmodiocystes parfois présent, 1-3 mm de diam., blancs. Péridium membraneux, à surface pourvue de granules calcaires, ceux-ci parfois formant une couche mince et fragile. Columelle largement convexe, occupant toute la base du sporocyste, brun ocre. Capillitium composé de filaments simples ou ramifiés et anastomosés, incolore ou ± pourpre .... D. chondrioderma (De Bary et Rost.) List. [Angola (Almeida, 1973)]

9. Péridium bien développé, double; spores plus petites :

10. Péridium nettement double :

11. Spores 9,8-11,5 μm de diam., spinuleuses à grossièrement verruqueuses; capillitium à filaments jusqu’à 250 µm de long ................ 5. D. niveum

11. Spores 8,5-9,5 μm de diam., finement verruqueuses; capillitium à filaments jusqu’à 200 µm de long ................... 3. D. effusum

10. Péridium obscurément double. Fructification de nombreux sporocystes en groupe dense. Sporocystes sessiles, 0,5-1 mm de diam., à surface lisse ou rugueuse. Péridium double; couche externe fragile, composée de granules calcaires, ± adhérant à la couche interne; couche interne membraneuse. Hypothalle très bien développé, blanc. Columelle convexe à hémisphérique, blanche à brun rougeâtre. Capillitium composé de filaments minces, souples, ramifiés et anastomosés. Spores brun violet, spinuleuses, 8-11 μm de diam. ........................................... D. spumarioides Fries [Mozambique (Almeida, 1974)]

Les espèces ne figurant pas dans le matériel étudié, mais connues d’Afrique, ont été reprises avec référence à la littérature.

1. Diderma asterioides (A. & G. Lister) G. Lister, in Lister, Mycetozoa: 113 (1911) - Fig. 115a et 117d, planches XXXVI/2, XXXVII/8-9 et XXXVIII/8-9.

Fructification composée de sporocystes sessiles, en petits groupes épars et ± alignés. Sporocystes sessiles à base ± étroite, à peu près hémisphériques, 0,3 à 0,4 mm de haut, env. 1 mm de diam., beiges à brun pâle avec de nombreux points brun rougeâtre très foncé, irrégulièrement distribués sur toute la surface. Péridium triple, s’ouvrant en forme d’étoile par des fissures du sommet à la base; couche externe membraneuse, adhérant fermement à la couche intermédiaire, celle-ci épaisse et fragile, formée de granules calcaires; couche interne membraneuse, très fragile et restant le plus souvent sur la masse de spores lorsque le péridium commence à s’ouvrir. Hypothalle membraneux, peu ou pas développé. Columelle à peu près hémisphérique, blanche, composée d’une masse lacunaire de granules calcaires. Spores brun foncé à noirâtres en masse. Capillitium abondant, émanant de la columelle, incolore, attaché plus légèrement au péridium qu’à la columelle.

M.O. Couche externe du péridium jaune blanchâtre à nombreuses taches brun rougeâtre, spongieuse par des empreintes de granules calcaires de la couche intermédiaire, celle-ci se désagrégeant en granules individuels d’environ 1-2 µm de diam. Couche interne jaune blanchâtre, veinée, ornée de quelques empreintes de granules. Capillitium à filaments d’environ 1 μm de diam. et jusqu’à 270 μm de long, minces et souples, fortement ramifiés et anastomosés, parfois membraneux aux ramifications, lisses, incolores ou parfois brun pâle. Spores subglobuleuses à globuleuses, (12,0)12,5(13) µm de diam. (n = 25), gris orangé à brun pâle grisâtre, parfois plus foncées d’un côté, ornées densément de petites verrues.

M.E.B. Couche intermédiaire à granules calcaires de 0,8-2,5 µm de diam. Capillitium fortement et densément orné de petits granules plus ou moins arrondis, pour la plupart de moins de 0,1 µm de diam., les plus grands env. 0,3-0,4 μm, cette ornementation se poursuivant à la face intérieure de la couche interne. Spores à pilums ± irrégulièrement dispersés, à tête non ou peu différenciée, de hauteur très variable, jusqu’à 0,5 µm.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental: volcan Sabinyo, alt. 2820 m, sur feuilles mortes de Dendrosenecio, juill. 1974, Van der Veken 10428 (GENT).

Inde, Europe, Amérique du Nord.

Observations

1. La description est uniquement basée sur la récolte citée. Nous l’avons cependant comparée avec quelques collections du New York Botanical Garden (N° 9196, 7173, 7175, 12495, 10379, 13257, 13487, 7174) en provenance d’Amérique et d’Europe. Cette comparaison nous a permis de constater une grande variabilité dans la couleur des spores, du péridium et du capillitium. Ainsi, Van der Veken 10428 peut être situé dans les formes les plus pâles, tandis que les formes les plus foncées sont de teinte comparable à celles de D. subasterioides.

2. Espèce caractérisée par son péridium triple, les deux couches les plus externes s’ouvrant en étoile, exposant la couche intermédiaire blanche en contraste avec le milieu environnant, combinaison de caractères qu’on ne trouve que chez D. subasterioides. Pour la délimitation des deux espèces, voir les observations à D. subasterioides. (p. 208).

2. Diderma corrubrum Macbride, N. Am. Slime-Moulds ed. 2 : 140 (1922). Fig. 115b, 116c et 117c, planches XXXVI/6 et XXXVIII/10-15.

Fructification composée de nombreux sporocystes en groupe dense. Sporocystes globuleux, stipités à substipités, env. 0,8 mm de diam. Péridium double : couche externe ferme, d’un blanc sale à l’extérieur, brun foncé à l’intérieur, tesselée, à plaques polygonales séparées par des crevasses blanches, dans la moitié supérieure du sporocyste, plissée horizontalement dans la moitié inférieure; couche interne membraneuse, attachée à la couche externe dans la moitié supérieure du sporocyste, libre et se contractant autour de la columelle dans la moitié inférieure, incolore, rouge et bleu irisant. Stipe court, env. 3 mm de haut, rugueux et sillonné horizontalement, émergeant de l’hypothalle et fortement incrusté, le plus souvent courbé, blanc. Hypothalle membraneux, nettement différencié, commun aux sporocystes, fortement incrusté, blanc. Columelle globuleuse-stipitée, à surface rugueuse, brun foncé, ± rouge irisant. Spores brun foncé en masse. Capillitium reliant la columelle à la couche interne, brun, émergeant en pelote du sporocyste après désagrégation.

M.O. Couche externe du péridium se désagrégeant en plaques polygonales, brun rougeâtre et veinée au milieu des plaques, crème près des crevasses; couche interne incolore, brun rougeâtre aux environs de la columelle et de la base du sporocyste, veinée. Capillitium abondant; filaments à une ou plusieurs ramifications dichotomes, peu anastomosés, 1-2 μm de large, jusqu’à 250 μm de long, aplatis, irrégulièrement brun foncé à extrémités plus pâles. Spores subglobuleuses, un hémisphère beaucoup plus convexe que l’autre dont il est séparé par un rebord, (10,8)11,20(11,6) μm de diam. (n = 25), brun jaunâtre couvertes de petites verrues sur l’hémisphère le moins convexe, plus foncées et à verrues plus grandes sur l’autre hémisphère.

M.E.B. Couche externe du péridium composée de granules calcaires de 0,4-2,5 μm de diam., arrangés à la surface externe dans un plan et immobilisés par une substance interstitielle; cette substance renforçant la surface interne de la couche externe sauf aux bords des plaques. Couche interne se cassant suivant les mêmes lignes que la couche externe. Capillitium muni de quelques excroissances irrégulières parfois anguleuses, apparemment hélicoïdal, densément orné de petits granules ± arrondis jusqu’à 0,3 μm de diam.; cette dernière ornementation se poursuivant sur la face interne de la couche interne. Spores ornées de pilums à tête parfois peu différenciée, env. 0,1 μm de haut sur la face la moins convexe de la spore, env. 0,5 µm de haut et localement coalescents sur l’autre hémisphère; les deux hémisphères de la spore séparés par un rebord nettement différencié.

Distribution

Rwanda. Rwanda-Burundi : Russumo, près des cascades, sur feuilles mortes dans l’humus brut, août 1974, Rammeloo 4337 (GENT)

Ouest de l’Afrique, Amérique du Nord.

Observations

Le matériel africain étudié s’écarte de la forme typique de l’espèce. On pourrait en rapprocher la forme indienne décrite par Thind (1977 : 317) qui est aberrante, notamment par les caractères suivants :

sporocystes à surface très rugueuse;

présence d’un stipe court, rugueux et calcaire, émergeant de l’hypothalle calcaire;

péridium double;

columelle claviforme, brun rougeâtre et grande;

capillitium pâle;

spores verruqueuses, plus grandes et plus foncées;

absence de calcaire entre la columelle et le péridium.

3. Diderma effusum Morgan, Journ. Cinc. Soc. Nat. Hist. XVI: 155 (1894). Fig. 115c et 117h, planches XXXVI/5 et XXXVIII/4-7.

Fructification composée d’un petit nombre de sporocystes et de plasmodiocystes groupés ou espacés. Sporocystes largement sessiles, irrégulièrement hémisphériques ou ellipsoïdaux, 0,4-0,5 mm de haut, env. 0,75 mm diam., parfois accompagnés de plasmodiocystes, ceux-ci formés par concrescence de quelques sporocystes, jusqu’à 1,5 mm de long. Péridium double; les deux couches facilement séparables, s’ouvrant irrégulièrement; couche externe peu épaisse, calcaire, blanche; couche interne membraneuse, gris cendré, parfois un peu éloignée de la couche externe. Hypothalle membraneux, incolore, très peu développé. Columelle largement convexe, occupant toute la base du sporocyste, brun ocre, plus foncée vers le bord.

Spores brun foncé en masse. Capillitium abondant, blanchâtre, attaché plus fermement au péridium qu’à la columelle.

M.O. Couche externe du péridium composée de granules calcaires d’env. 1-2 µm de diam. Couche interne crème blanchâtre, ocre pâle près de la columelle, spongieuse par les empreintes de granules calcaires. Capillitium incolore, lisse ou très finement verruqueux; filaments souples et minces, à ramifications et anastomoses fréquentes, env. 1 µm de diam. et jusqu’à 200 µm de long. Spores globuleuses à subglobuleuses, (8,5)9,0(9,5) µm de diam. (n = 25), brun orangé pâle, un peu grisâtre, finement verruqueuses, avec quelques groupes de verrues plus distinctes.

M.E.B. Couche externe composée de granules calcaires parfaitement sphériques jusqu’à 2 μm de diam. Capillitium fortement orné de verrues allantoïdes, verruqueux-granuleux vers les extrémités; ornementation se poursuivant sur la couche interne du péridium. Spores ornées de pilums bien individualisés, à tête souvent peu différenciée, env. 0,25 µm de haut.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : Forêt de Rugege, route Butare-Cyangugu, km 93, sur feuilles mortes dans l’humus brut, juill. 1974, Rammeloo 4003 (GENT).

Rwanda-Burundi: Butare, arboretum, sur feuilles mortes dans l’humus brut, juill. 1974, Rammeloo 3860 (GENT).

Cosmopolite, signalé d’Afrique par V. Duthie (1917, 1950), Ing (1964), CO. Farquharson & G. Lister (1916).

Observations

1. D. effusum ressemble parfois fortement aux D. donkii Nannenga-Bremekamp, D. platycarpum Nannenga-Bremekamp (ces deux non signalés en Afrique) et D. chondrioderma (DE Bary & Rost.) G. Lister. De plus, une étude du genre en Belgique (Buyck, 1982) ayant révélé l’existence de formes intermédiaires entre ces espèces, l’hypothèse d’une même espèce comportant des variétés ou des sous-espèces géographiques n’est pas à écarter. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous avons l’impression que cette solution est prématurée. L’étude de très nombreuses récoltes, notamment à l’aide du M.E.B., sera nécessaire pour résoudre ce problème.

2. Hagelstein (1944) sépare D. chondrioderma de D. effusum par un habitus différent, des sporocystes plus aplatis et des spores plus grandes et plus pâles.

3. La récole signalé par Ing (1964) du Nigeria est représentée par une large fructification composée de plasmodiocystes réticulés.

4. Diderma hemisphaericum (Bull.) Hornem., Fl. Dan. 33: 13 (1829). Fig. 115d et 117g, planches XXXVI/3 et XXXVIII/1-3.

Fructification composée d’un petit nombre de sporocystes en petits groupes ou isolés. Sporocystes stipités, typiquement en forme de disque, le plus souvent ombiliqués du côté inférieur, env. 1 à 1,5 mm de diam., 0,2 à 0,3 mm de haut, blancs. Péridium double; couche externe épaisse et fragile, formée de granules calcaires, blanche, disparaissant très vite à maturité sur les faces latérales du sporocyste; couche interne membraneuse, adhérant ± fermement à la couche externe, en contact intime avec la masse des spores gris cendré, retenant abondamment des granules calcaires de la couche externe (sauf sur les faces latérales). Stipe env. 1 mm de haut, cylindrique ou comprimé, élargi aux extrémités, sillonné longitudinalement, veiné, à veines légèrement décurrentes sur le sporocyste et sur l’hypothalle, blanchâtre ou brun pâle; nodules calcaires de l’intérieur visibles par transparence. Hypothalle membraneux, commun aux sporocystes d’un groupe, ocre ou rougeâtre. Columelle large, cratériforme, lisse, teintée de rose et d’orangé jaunâtre. Spores brun sale en masse. Capillitium abondant, blanchâtre, attaché plus fermement au péridium qu’à la columelle.

M.O. Couche externe du péridium composée de granules calcaires d’env. 1-2 µm de diam. Couche interne jaunâtre, brunâtre vers la base. Capillitium abondant, lisse sauf pour quelques rares verrues noirâtres; filaments souples et minces, à ramifications et anastomoses fréquentes, env. 1 µm de diam., jusqu’à 250 µm de long, incolores. Spores globuleuses à subglobuleuses, (8,1) 8,3-9,8(10,1) μm de diam. (C = 8, n = 200), brun orangé très pâle, finement verruqueuses, avec quelques groupes de verrues plus distinctes.

M.E.B. Cette étude a donné des résultats identiques à ceux de D. effusum.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental: Sabinyo volcan, sur feuilles mortes de Dendrosenecio, alt. 3140 m, juill. 1974, Van der Veken 10427 (GENT); versant SW du volcan Karisimbi, sur feuilles pourrissantes de Dendrosenecio, alt. 3600 m, oct. 1974, Rammeloo 4972 (GENT); Uwinka, Forêt de Rugege, sur brindilles ligneuses pourries, juill. 1974, Rammeloo 4149 (GENT): Forêt de Nyungwe, route Pindura-Burundi, km 24, sur brindilles pourries, juill. 1974, Rammeloo 4067 (GENT); ibid., sur brindilles mortes de Rubus, juill. 1974, Rammeloo 4057, 4060 (GENT); Mukura montagne Huye, sur matériel herbacé, juill. 1974, Rammeloo 3884 (GENT).

Burundi. Afro-montagnard centre-oriental : Teza, forêt dense humide, alt. 2500 m, feuilles pourrissantes, sur le sol, déc. 1978, Rammeloo 6247 (BR, prép. perm. GENT).

Cosmopolite, déjà signalé de l’Afrique par V. Duthie (1950) et M. Härkönen (1981).

Observations

1. La ressemblance microscopique avec D. effusum est très frappante; elle est confirmée par l’étude au M.E.B.

2. Sur le matériel étudié ici, le nombre de sporocystes par fructification est très inférieur à celui observé sur les récoltes d’Europe ou d’Amérique que nous avons pu étudier. En plus, le stipe semble plus long, moins calcaire à l’extérieur et les sporocystes toujours bien individualisés, sans plasmodiocystes.

5. Diderma niveum (Rost.) Macbride, N. Am. Slime-Moulds: 100 (1899). Fig. 115e et 117e, planches XXXVI/7 et XXXVII/1-3.

Fructification composée de quelques dizaines de sporocystes, parfois accompagnés de plasmodiocystes, en groupes denses. Sporocystes sessiles, à contour ellipsoïde ou circulaire, hémisphériques, comprimés latéralement par des sporocystes voisins, env. 0,5 mm de haut, jusqu’à 1 mm de diam., blanc sale. Plasmodiocystes formés par concrescence de deux ou trois sporocystes. Péridium double s’ouvrant irrégulièrement; couche externe formée de granules calcaires, lisse, blanc sale, se rompant en grandes plaques irrégulières; couche interne membraneuse, incolore, irisante, touchant la couche externe au sommet, s’en séparant à la base du sporocyste. Hypothalle nettement différencié, membraneux, calcifère, blanc. Columelle hémisphérique à conique, brun rougeâtre, formée d’une masse calcaire, très lacunaire. Spores brun foncé en masse. Capillitium abondant, plus fermement attaché au péridium qu’à la columelle, incolore.

M.O. Péridium double; couche externe composée de granules calcaires jusqu’à 2 µm de diam., crème, ne se décomposant pas en granules individuels dans une préparation; couche interne membraneuse, marquée par des empreintes très nettes de granules calcaires, rougeâtre, à grandes lacunes près de la columelle. Capillitium abondant, incolore; filaments 0,5 à 1 μm de diam. et jusqu’à 250 μm de long, à ramifications dichotomes, lisses à l’exception de quelques verrues noirâtres très rares et minuscules. Spores brun grisâtre pâle, de forme irrégulière à subglobuleuses, (9,8) 10,4-11,1(11,5) µm de diam. (n = 25), spinuleuses à verruqueuses; les éléments de l’ornementation densément et irrégulièrement dispersés, parfois avec quelques groupes de verrues plus grandes.

M.E.B. Couche externe composée de granules calcaires parfois très mal développés, la plupart très petits (< 0,7 μm), les autres jusqu’à 2,5 μm de diam., le plus souvent collés ensemble par une substance interstitielle. Couche interne très légèrement veinée-granuleuse. Capillitium à ornementation très variable, même au sein d’un même sporocyste; granuleux-verruqueux (surtout aux extrémités) ou à crêtes irrégulières de 0,5 à 1 μm de long, jusqu’à 0,2 µm de haut. Spores ornées de pilums bien individualisés, à tête parfois peu différenciée, jusqu’à env. 0,6 μm de haut.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental: Piste Pindura, mount Bigugu, alt. 2700 m, sur matériel herbacé pourri, juill. 1974, Rammeloo 4129 (GENT); Forêt de Rugege, route Butare-Cyangugu, km 93, sur feuilles pourries avec Didymium spec., août 1974, Rammeloo 4427 (GENT).

Europe occidentale, Amérique du Nord.

Observation

D. niveum semble très apparenté à D. alpinum Meylan. Les formes typiques de D. alpinum ne diffèrent que par leur habitus ainsi que par les caractéristiques du péridium et des spores. Martin & Alexopoulos (1969) caractérisent D. niveum par ses fructifications composées plus constamment de sporocystes, les sporocystes plus convexes, presque subglobuleux, la couche externe du péridium lisse et compacte et par les spores légèrement plus petites. Farr (1976: 208-209) a conclu d’une étude comparative de matériel d’Europe et d’Amérique qu’il s’agit d’une seule espèce très variable. Certains auteurs, comme Martin (in litt., fide Farr) et Mitchel, Chapman & Farr (1980), ont partagé cette opinion.

Bien que dans le passé, nous ayons adopté le point de vue de Farr (Buyck, 1982), c’est par prudence que nous restreindrons ici de nouveau le nom de D. niveum au sens que lui donnent Martin & Alexopoulos. Les résultats encore trop fragmentaires d’une étude au M.E.B. (Buyck, inédit), en particulier du capillitium, de collections du complexe D. alpinum-niveum semblent appuyer cette attitude.

 

6. Diderma petaloides Buyck, Bull. Nat. Plantent. België 53: 294 (1983). — Fig. 115g, 116b et 117f, planches XXXVI/4 et XXXVII/4-7.

Fructification composée d’un petit nombre de sporocystes, en groupe lâche. Sporocystes globuleux, stipités, 0,8 mm de haut, env. 1 mm de diam., brun noirâtre. Péridium triple, les trois couches restant soudées lors de l’ouverture du sporocyste, divisé en plaques polygonales (env. 15 à 20) par des crevasses souvent incomplètes, les plaques restant ± attachées entre elles pendant la désagrégation du péridium; plaques devenant plus petites vers la base; restant, sous la columelle, en forme de coupe craquelée après la dispersion des spores. Couche externe brun noirâtre, plus pâle vers le centre des plaques et récurvée aux bords. Couche intermédiaire très mince, adhérant fermement aux couches interne et externe. Couche interne blanc sale à crème. Stipe blanc jaunâtre ou brunâtre au sommet, devenant graduellement plus foncé vers la base qui est noirâtre ou d’un brun rougeâtre très foncé, jusqu’à 1,2 mm de haut, 0,25-0,3 mm de diam., s’élargissant un peu à la base, sillonné longitudinalement, rempli de nodules calcaires ± cristallisés. Hypothalle membraneux, discoïde, noirâtre, individuel. Columelle hémisphérique à claviforme, finement bosselée, 0,5-0,6 mm de diam. Spores brun foncé en masse. Capillitium brun foncé, assez fermement attaché au péridium et à la columelle.

M.O. Couche intermédiaire composée de granules calcaires jusqu’à 2,5 μm de diam., restant attachée aux couches voisines. Couche interne crème. Couche externe brun rougeâtre par des inclusions ± sphériques de nature inconnue. Capillitium abondant; filaments fortement ramifiés et anastomosés, jusqu’à 250 μm de long, env. 1 µm de diam., verruqueux, pourvus d’expansions irrégulières et lenticulaires noirâtres à brun foncé. Spores subglobuleuses à obscurément polyédriques, (10,5) 10,9 (11,4) µm de diam. (n = 25), densément et distinctement verruqueuses, munies d’un cingulum, orange grisâtre-brunâtre.

M.E.B. Couche intermédiaire d’env. 10-20 µm d’épaisseur, de granules calcaires, sans substance interstitielle. Capillitium densément granuleux, à granules de 1 à 3 μm de diam., l’ornementation se poursuivant sur la face interne de la couche interne. Spores ornées de baculums ou pilums à tête peu différenciée, env. 0,2-0,4 μm de haut, 0,2-0,4 µm de diam.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : Forêt de Rugege, route Butare-Cyangugu, km 61, sur l’écorce d’une branche pourrie, août 1974, Rammeloo 4428 (GENT, holotypus).

Observations

1. D. petaloides se distingue macroscopiquement des autres Diderma à péridium craquelé (voir tableau 2) par les grandes dimensions de ses sporocystes et par son péridium triple. Les caractères du tableau sont repris de Martin & Alexopoulus (1969) pour D. rugosum, D. roanense et D. corrubrum, de Brooks, Keller & Chassain pour D. corrugatum et de Mishra & Ranade (1979) pour D. punensis.

2. La comparaison des caractères microscopiques est malaisée, car les différents auteurs se contredisent considérablement. G. Lister (1925: 99), par exemple, décrit les spores de D. rugosum comme brun violacé ou brun pourpre, finement verruqueuses, 8-14 μm de diam. et le capillitium comme composé de filaments simples ou ramifiés, minces, hyalins. La description de D. rugosum par Thind (1977: 328) correspond le mieux à celle de Lister, alors que celle de Farr (1976: 210) a plus en commun avec la description par Martin & Alexopoulos (voir tableau 2).

3. Sous le microscope, la forme ± polyédrique et le cingulum des spores nous semblent les critères les plus valables dans le cas de caractéristiques macroscopiques douteuses.

7. Diderma subasterioides Farr, Mycologia 63: 634-639 (1971) Fig. 115f, 116a et 117a-b, planches XXXVI/1 et XXXVII/10-12.

Fructification formée d’un petit nombre de sporocystes (dans un cas jusqu’à 100), en groupes denses ou étendus, bien individualisés. Sporocystes stipités, irrégulièrement convexes ou hémisphériques (0,6) 0,8-1,2 mm de diam., 0,3-0,4 (0,6) mm de haut, brun chocolat à brun cannelle, à disque basal noirâtre. Péridium triple, s’ouvrant en étoile; couche interne membraneuse, fragile, incolore et peu développée, n’adhérant que très faiblement à la couche intermédiaire; couche intermédiaire composée de granules calcaires, blanche, mince ou plus épaisse et friable, adhérant fermement à la couche externe; couche externe membraneuse, brun chocolat à brun cannelle, lisse et brillante. Stipe membraneux, plus ou moins aplati, très large à la base, plus étroit au sommet, 0,25-1 mm de haut, fortement sillonné longitudinalement, à plis légèrement décurrents sur le disque basal du sporocyste, rougeâtre, dépourvu de calcaire, creux, émergeant d’un hypothalle discoïde et concolore. Columelle le plus souvent bien différenciée, hémisphérique ou discoïde, à surface rugueuse, blanche, env. 0,25 (0,5) mm de diam. Spores très foncées en masse. Capillitium en réseau, brun pourpré, adhérant ± fermement au péridium.

M.O. Couche externe du péridium membraneuse, rendue spongieuse par les impressions des granules calcaires de la couche intermédiaire, brun jaunâtre avec des taches ou des traits brun rougeâtre. Couche interne incolore, spongieuse par des empreintes de granules calcaires. Capillitium en réseau, brun pâle à brun foncé, flexueux, abondant, portant quelques rares verrues noirâtres d’env. 1 µm de diam. Spores globuleuses à subglobuleuses, (12,9) 13,2-15,6 (16,0) μm de diam. (C = 7, n = 175), brun foncé, plus pâle d’un côté, très grossièrement verruqueuses à réticulées; les éléments d’ornementation plus différenciés du côté le plus foncé de la spore.

M.E.B. Couche intermédiaire composée de granules calcaires de 0,4-2 μm de diam. Capillitium fortement et densément orné de petits granules plus ou moins arrondis, la plupart moins de 0,1 μm de diam., les plus grands env. 0,25 μm de diam.; cette ornementation se poursuivant à la face intérieure de la couche interne. Spores à baculums ou pilums irrégulièrement dispersés ou ± alignés ou soudés pour former des réticulums ou des murs.

Distribution

Malawi. Afro-montagnard: Mount Mulanje, alt. 2000 m, près de la rivière Linje, sur le bois pourri, dans l’humus brut d’un bosquet rudéralisé à Widdringtonia, nov. 1981, Rammeloo 7109, 7111 (BR, prép. perm. GENT); ibidem, près de la station CCAP, direction Lichenya, Rammeloo 7349 (BR, prép. perm. GENT); ibidem, direction Likhabula, sur feuilles pourrissantes dans l’humus brut, Rammeloo 7362 (BR, prép. perm. GENT); ibidem, alt. 1700 m, forêt de montagne dense et humide, sur écorce pourrie dans l’humus brut, nov. 1981, Rammeloo 7258; ibidem, restant de forêt dense humide, Borna path, près de la piste d’atterrissage, sur bois mort et écorce, nov. 1981, Rammeloo 7454 (BR, prép. perm. GENT).

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : forêt de Rugege, piste Garamba-Gisakura, sur bois pourrissant, sept. 1974, Rammeloo 4551 (GENT).

Argentine.

Observations

1. La description du type par M.L. Farr est, à notre connaissance, la seule description existante de l’espèce. Les récoltes africaines ont permis de compléter la description citée. La présence d’un stipe bien développé et les caractéristiques des spores nous semblent les seuls critères valables pour séparer D. subasterioides de D. asterioides. Comme autres différences possibles entre les deux espèces, citons la columelle jaunâtre, une couche intermédiaire épaisse et un capillitium peu ramifié pour D. asterioides.

2. Comparé à D. asterioides, D. subasterioides croît plus volontiers sur bois mort et écorce pourrie que sur feuilles.

3. Rammeloo 4451 possède des spores plus grandes (15,8 ± 0,5 μm), à ornementation presque réticulée. Comme on ne possède qu’une seule récolte montrant ces particularités, il nous semble inopportun de décrire une variété sur ce matériel.

 

Tableau 2. Comparaison des Diderma voisins de D. petaloides

 

sporocyste

péridium

stipe

spores

capillitium

D. rugosum

subglobuleux

0,4-0,5 mm Ø blanc ou gris sale à base brunâtre

simple

0,4-0,8 mm de haut noirâtre

8-10 µm Ø finement verruqueuses

brun jaunâtre

brun jaunâtre pâle réticulé

D. roanense

subhémisphérique à discoïde

0,6-1,2 mm Ø brun-pourpre

double

court noirâtre

10-12 μm Ø finement mais distinctement verruqueuses

brun jaunâtre

jaunâtre pâle hyalin, peu ramifié

D. corrubrum

globuleux ou ± aplati

0,5-0,7 mm Ø blanc ou rose grisâtre pâle

double

court

blanc ou rose

globuleuses à ovoïdes 11-12 µm Ø verruqueuses

brun sale

pourpre ou hyalin peu ramifié

D. corrugatimi

globuleux à largement ovoïde

0,3-0,5 mm Ø blanc à rose, brunâtre pâle, brun à la base

simple

± 0,6 mm de haut ± resserré au milieu noirâtre en dessus, blanc à rose, brunâtre, pâle en dessous.

globuleuses à ovoïdes, 14-16 µm 0 densément spinuleuses

brun violacé, plus pâles d’un côté

ramifié aux extrémités, ± comme un Penicillium

D. punensis

subglobuleux, la moitié supérieure ombiliquée et aplatie

0,4-0,5 mm Ø blanc

simple

0,37-0,45 mm de haut blanc, fermé, sillonné longitudinalement, parfois ramifié

subglobuleuses, (12,5) 13-15 μm Ø lisse, avec un cingulum équatorial

brun foncé

brun foncé, peu ramifié

D. petaloides

globuleux

± 1 mm Ø brun noirâtre

triple

jusqu’à 1,2 mm, blanc jaunâtre au sommet, graduellement plus foncé vers la base, noirâtre ou brun rougeâtre, très foncé

subglobuleuses, 10,5-11,4 μm Ø densément et distinctement verruqueuses

brun beige

fortement ramifié

Summary

The revision of Diderma from Central-Africa, primarily based on material collected by Dr. J. Rammeloo of the Nationale Plantentuin van België (BR), enabled us to recognize seven species, one of which is fully described here for the first time (D. petaloides Buyck).

New gatherings of D. subasterioides Farr reaffirmed the taxonomical value of this species which, as far as we know, is known only from the type collection. D. corrubrum showed the same unique features, that characterize the Indian collections, described by Thind (1977).

Species known from Africa, but not encountered in the material studied, are included in the key, together with references.

Key to the families of the Physarales (p. 201)

1. Capillitium at least partly calcareous; lime granular .............................................. Physaraceae

1. Capillitium not calcareous; lime of the peridium or columella granular or crystalline ................... Didymiaceae

Key to the genera of the Didymiaceae (p. 201)

1. Peridial lime amorphous, granular:

2. Peridium sparcely powdered with lime; capillitium reticulate, basal junctions flattened; columella only exceptionally developed ................................................................................ Wilczekia

2. Peridium strongly limy; capillitium radiating from the columella or thickened sporocyst base, exceptionally replaced by limy structures :

3. Outer layer of peridium showing numerous limy, peg-like protuberances ......................... Physarina

3. Outer peridial layer without protuberances, peridium sometimes with a medial crystalline layer ........ Diderma

1. Peridial lime crystalline; peridium powdered with crystals, provided with small scales or covered by a continuous crust:

4. Fructification an aethalium.................................................................. Mucilago

4. Fructification formed by sporocysts or plasmodiocysts :

5. Crystals powdered on the peridium or forming a continuous crust ............................... Didymium

5. Crystals forming small scales or massed on the peridium ................................... Lepidoderma

Key to the species of Diderma (p. 201)

1. Sporocysts stipitate :

2. Peridium desintegrating at maturity into polyhedral fragments or reticulately wrinkled:

3. Peridium white to pallid on the outside, the inside dark brown with reticulate, paler lines of dehiscence.

Fructifications very large, sporocysts densely crowded, ± globose, ca. 0.8 mm in diam. Peridium double, the inner layer remote from the outer one near the base of the sporocyst, colourless; the lower half of the peridium persisting much longer. Stalk irregularly rugulose, simply an extension of the hypothallus, short, thick, calcareous. Hypothallus well developed, white, calcareous. Columella large, stalked globose, reddish brown, roughened. Capillitium abundant; composed of dichotomously branched filaments, up to 250 μm long, laterally appressed, dark brown with paler extremeties. Spores less convex on one side, both sides divided by a cingulum (ridge) (10.8)11.20(11.6) µm in diam., yellowish brown, distinctly verrucose ................ D. corrubrum (p. 203)

3. Peridium greyish brown on the outside, pallid on the inner side. Fructification composed of about fifty sporocysts, scattered, stipitate, about 1 mm in diam., dark greyish brown. Peridium triple, lines of dehiscence of polyhedral fragments in all layers; the fragments not always breaking away entirely but hanging to each other at the edges; middle layer very thin. Stalk up to 1.2 mm high, pallid above, darkening below, emerging from a discoid, almost black hypothallus. Columella large, clavate, very rough, pallid. Capillitium heavily branched and anastomosed, up to 250 μm long, with irregular expansions, dark brown. Spores ± lozenge-shaped in optical section, minutely and densely warted, orange-greyish brown ........................................ D. petaloides (p. 207)

2. Peridium not desintegrating at maturity in polyhedral fragments or reticularly wrinkled:

4. Peridium dark brown :

5. Capillitium reticularly branched, pale to dark brown, smooth. Spores globose to subglobose (12.9)13.2-15.8 (16.3) µm in diam., dark brown, paler on one side, verrucose to (cristate) reticulate. Fructification composed of up to 100 sporocysts, loosely gregarious. Sporocysts stipitate, hemispherical to nearly discoid, up to 1.2 mm in diam., ± 0.5 mm high, dark brown. Peridium, three-layered apically and irregularly to floriform dehiscent. Stalk membranous, pale brown, translucent, merging at the apex into the discoid sporocyst-base, longitudinally grooved. Columella hemispherical or ± flat, rugulose, whitish. Hypothallus discoid, pale brown .............. D. subasterioides (p. 208)

5. Capillitium abundant, dark violet brown, radiating from the columella in somewhat rigid threads, sparingly branched except at the coulourless extremities, rarely pale, slender and flexuous. Spores dark violet-brown, closely and minutely spinulose, 9-12 µm diam. Sporocysts scattered or crowded, subglobose and depressed, umbilicate beneath. Peridium pale grey, brownish or red brown, often mottled or areolated with pale lines of dehiscence from the top to the bottom. Stipe ochraceous or reddish brown, 0.2-0.6 mm high, stout, calcareous, sometimes absent. Columella subglobose, white or cream coloured, calcareous ...................... D. radiatum (L.) Morgan [Nigeria (Farquharson & List., 1916)]

4. Peridium whitish. Small fructifications of discoid sporocysts, up to 1.5 mm in diam., ± 0.25 mm high. Peridium double, irregularly dehiscent, outer layer soon breaking away at the margin, closely applied to the delicate, cinereous, inner layer. Stalk up to 1 mm high, longitudinally grooved, rather stout, calcareous. Hypothallus membranous, ochraceous, inconspicuous. Columella a broadly convex, crateriform thickening of the sporocyst-floor, flesh-coloured. Capillitium sparingly branched, threads straight, colourless, up to 250 μm. Spores globose to subglobose (8.1)8.3-9.8(10.1) μm in diam., pale orange-brown, densely and minutely warted, some of the warts in indistinct clusters ....................................... D. hemisphaericum (p. 205)

1. Sporocysts sessile :

6. Sporocysts brownish to beige, ± hemispherical. Fructification composed of sessile sporocysts in little groups, closely aggregated. Sporocysts nearly globose or hemispherical, up to 0.4 mm high, ± 1 mm in diam., beige to light brown, with small, reddish brown spots all over. Peridium three-layered, dehiscence floriform and apical; the membranous, brown outer layer firmly attached to the middle white layer of closely aggregated lime granules; the membranous inner layer very fragile, often not dehiscent with the other layers. Hypothallus inconspicuous. Columella almost hemispherical, calcareous, white. Capillitium ± colourless; threads up to 270 µm long, heavily ramified and anastomosed, smooth. Spores globose to subglobose, (12.0)12.5(13) µm in diam., greyish orange to pale greyish brown, sometimes paler on one side, densely and irregularly verrucose ......................... D. asterioides (p. 203)

6. Sporocysts whitish or pale yellowish white :

7. Peridium composed of polyhedral fragments or reticulately wrinkled .................. D. corrubrum (p. 203)

7. Peridium otherwise.

8. Spores purplish brown, 10-12 μm diam., reticulated with raised ridges or with broken bands forming a border about 2 μm broad. Sporocysts crowded, subglobose, sessile, 0.3-0.5 mm diam., snow-white. Peridium fragile, thick; outer layer calcareous; inner layer membraneous adhering closely to the outer layer. Hypothallus well developed, white. Columella subglobose or hemispherical. Capillitium composed of somewhat rigid, purplish, sparingly-branched threads, anastomosing near the extremities ............... D. subdictyospermum List. [Nigeria (Farquharson & List., 1916)]

8. Spores not reticulated :

9. Peridium single or outer layer poorly developed. Sporocysts scattered, discoid, sessile or rarely stalked, 0.5-0.7 mm in diam., or forming expanded and lobed, flattened plasmodiocysts 1-3 mm in diam., white or purplish gray along to lack of lime. Peridium sometimes limeless or nearly so, often with scattered deposits of amorphous material. Columella flesh-coloured. Stalk when present, very short, dark brown. Spores pale purplish gray by transmitted light, minutely and closely spinulose (10)12-13(15) µm in diam.; ± cosmopolitan .................................................................. D. chondrioderma (De Bary & Rost.) G. Lister [Angola (Almeida, 1973)]

9. Peridium well developed, double:

10. Peridium obscurely double. Sporocysts sessile, white or pale ochraceous, globose, 0.4-0.8 mm in diam., gregarious or more commonly crowded and often deeply imbedded in the profuse, white or creamy hypothallus. Peridium outer layer rough, densely calcareous, fragile closely applied to the membranous, dull grey, inner layer. Capillitium threads brown, sparsely branching and anastomosing. Spores pale yellow brown by transmitted light, minutely warted, 8-11 μm in diam. Cosmopolitan .... D. spumarioides Fries [Moçambique (Almeida, 1974)]

10. Peridium clearly double :

11. Capillitium threads up to 250 μm long; spores 9.8-11.5 μm in diam., spinulose to distinctly verrucose. Fructification composed of small groups of closely aggregated sporocysts, sometimes accompanied by plasmodiocysts. Sporocysts circular to elliptic in outline, often distorted by pressure, up to 1 mm in diam., whitish, plasmodiocyst-like when fused. Peridium double, irregularly dehiscent; the calcareous outer layer rather firm, smooth; the membranous inner layer colourless, iridescent, close to the outer layer, brownish near the columella and somewhat remote. Hypothallus membranous, whitish with lime incrustation. Columella hemispherical to conical, reddish brown. Capillitium abundant, ± smooth, slender, dichotomously branched. Spores tuberiform, (9.8)10.4-11.1(11.5) µm in diam., spinulose to distinctly verrucose, usually with some of the warts aggregated in clusters, pale greyish brown ....... D. niveum (p. 206)

11. Capillitium threads up to 200 μm long; spores 8.5-9.5 μm in diam., minutely verrucose. Fructification a small number of sporocysts, loosely aggregated. Sporocysts broadly sessile, circular to elliptic in outline, ± 0.5 mm high, ca. 0.75 mm in diam., plasmodiocyst-like when fused. Peridium double, easily separable, irregularly dehiscent; the outer layer rather fragile, calcareous, white; inner layer membranous, cinereous, somewhat remote. Hypothallus membranous, inconspicuous. Columella convex, a thickening of the sporocyst-floor, orange-brown. Capillitium slender, profusely branched, colourless. Spores circular to ovate in optical section (8.5)9.0(9.5) μm in diam., pale greyish orange-brown, minutely verrucose, with some of the warts in clusters ................. D. effusum (p. 205)

BIBLIOGRAPHIE

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Thind, K.S., The Myxomycetes of India, Indian Council of Agric. Research, New Delhi, 451 p. (1977)

 

 

ECHINOSTELIALES et STEMONITALES (Myxomycetes)

par J. Rammeloo

Le travail est conçu de la même façon que celui concernant les Trichiales publié dans le fascicule 8-9. Nous renvoyons le lecteur à l’introduction de cette étude.

Nous tenons à remercier le Fonds Léopold III, qui a subventionné une prospection au Malawi, le Prof. P. Heinemann qui a lu le travail avec un esprit critique; MM. Verhaegen et L. Verelst pour l’aide lors des prises de vues au M.E.B. et pour le tirage de ces photos ainsi que le Dr. D.N. Pegler pour la correction du résumé anglais.

Echinosteliales Martin

Mycol. 52: 127 (1961)

Sporocystes minuscules, stipités, jusqu’à 1,5 mm de haut, mais généralement beaucoup plus petits. Stipe rempli de matériel granulaire, clair ou foncé, translucide en M.O. Columelle presque toujours développée. Capillitium, quand développé, partant du sommet de la columelle et formé d’un seul filament simple ou de filaments diverticulés et anastomosés. Spores en masse blanchâtres ou brun assez clair, peu ornées. Sporocyste à développement soushypothallique; protoplasmode.

Ce sont surtout les détails du cycle (type de plasmode, type de différenciation du sporocyste) qui ont conduit à la création de cet ordre qui contient deux familles, se distinguant facilement l’une de l’autre.

Clé des familles

1. Spores blanchâtres ou de couleur très claire en masse, exceptionnellement brun rosâtre; péridium disparaissant à maturité, très souvent à l’exception d’un collier basal; sporocystes n’excédant pas 50 µm de diam. (dans Echinostelium cribrarioides jusqu’à 120 µm) ............ Echinosteliaceae

1. Spores en masse brunes, à complète maturité, péridium restant intact ou en fragments, ceux-ci alors attachés aux extrémités du capillitium ..................... Clastodermataceae (p. 214)

Nous n’avons pas trouvé de représentants des Echinosteliaceae dans la dition de la flore. Néanmoins, leur présence est fort probable. En général, ces organismes ne sont découverts que par la technique de la « chambre humide » ; ils ne sont guère récoltés dans la nature. D’Afrique, seul Echinostelium minutum, supposé cosmopolite (Martin et Alexopoulos, 1969: 99), a été signalé de Gambie (Härkönen 1981: 22).

Clastodermataceae Alexopoulos & Brooks

Mycol. 63:926 (1971)

Sporocystes stipités à stipe foncé, jusqu’à 0,2 mm de diam. et 2 mm de haut, brun. Columelle très courte, jusqu’à la moitié du sporocyste. Péridium restant entier ou se divisant en petites plaques restant attachées aux extrémités du capillitium. Spores brunes.

Jusqu’à présent les Clastodermataceae étaient considérées comme des Stemonitales. Les détails de leur cycle les rapproche plutôt des Echinosteliales.

Clé des genres

1. Péridium fragile, se divisant à maturité en plaquettes restant attachées aux extrémités du capillitium ....... Clastoderma (p. 214)

1. Péridium résistant, persistant, à maturité se fissurant en lobes pétaloïdes restant attachés à la base ........... Barbeyella

Clastoderma Blytt

Bot. Zeit. 38: 343 (1880)

Sporocystes stipités, globuleux, brun noirâtre; lors de la maturité, péridium se divisant en petits fragments anguleux ou arrondis, restant attachés aux extrémités du capillitium. Columelle courte, peu développée. Capillitium partant de la columelle ou (et) de la base du sporocyste, se divisant, formant des anastomoses, pourvu à l’extrémité des filaments de fragments du péridium. Spores brunâtre foncé. Espèce type: Clastoderma debaryanum Blytt.

Clastoderma debaryanum Blytt, Bot. Zeit. 38: 343 (1880). Fig. 122a, Planches XXXIX/1, XLI/1-4.

Orthotricha microcephala Wingate, Journ. Myc. 2: 125 (1886).

Sporocystes en groupe lâche assez étendu, stipités, 2 mm de haut environ, sphériques, 0,3 mm de diam. env., brun foncé. Stipe très long, presque noir, cylindracé dans sa partie inférieure, 0,06 mm de diam., s’élargissant légèrement près de la base, et brusquement à 1/5 de l’apex, à partie supérieure très étroite, 0,02 mm de diam. Hypothalle peu ou pas développé.

M.O. Columelle absente. Capillitium partant du sommet du stipe, avec 3 ou 4 grosses branches se divisant assez régulièrement vers la périphérie du sporocyste, le diamètre diminuant régulièrement, ne formant pas ou peu d’anastomoses, les extrémités restant attachées à des fragments anguleux ou arrondis du péridium, brun relativement clair. Péridium formant au sommet du stipe un petit anneau, et des « paillettes » aux extrémités du capillitium, membraneux, assez translucide, brun clair plus ou moins fumé. Spores de forme générale globuleuse, à surface un peu bosselée, présentant en coupe optique un contour un peu irrégulier, 8,3-9,04-9,7 μm diam. (n = 25), à paroi relativement épaisse, très peu ornée, présentant de minuscules verrues irrégulières peu perceptibles, brun fumé. Stipe, dans sa partie inférieure, à membrane épaisse, entourant du matériel granulaire et des débris de substrat, ridé longitudinalement, jaune ocre clair à brun légèrement rougeâtre; partie du stipe au-dessus de l’élargissement à structure fibrilleuse, ne contenant pas de matière granulaire, brun tirant sur le roussâtre.

M.E.B. Plaquettes du péridium lisses, à l’intérieur et à l’extérieur. Capillitium lisse ou sublisse, les branches les plus épaisses à surface un peu granuleuse, à granules plus petits que 0,1 µm. Spores à contour irrégulier, à surface pourvue de légères dépressions anguleuses, ornées de baculums très courts, jusqu’à 0,3 μm de haut, un peu irrégulièrement disposés, la surface entre les ornements finement et assez régulièrement verruqueuse, à verrues de 0,05 µm de diam. env.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental: forêt de Rugege, Uwinka, route Butare-Cyangugu, km 93, sur tronc complètement pourri, juill. 1974, Rammeloo 3972 (GENT, BR).

Malawi. Mount Mulanje, C.C.A.P. hut in the direction of Lychenia hut, forêt de montagne à Widdringtonia, alt. 2000 m, nov. 1981, Rammeloo 7221 (BR, accompagné de Diderma).

Observation

Espèce considérée comme cosmopolite. Signalée pour la première fois d’Afrique centrale.

Stemonitales Macbride

N. Am. Slime-Moulds, ed. 2: 122 (1922)

Fructifications formées de sporocystes, d’aethaliums ou de pseudo-aethaliums, rarement subplasmodiocarpiques. Sporocystes pourvus, au moins au début, d’une membrane, celle-ci constituant le péridium ou disparaissant lors de la maturité. Stipe, quand il existe, en continuité avec l’hypothalle et la columelle, mais pas avec le péridium. Capillitium généralement abondant, formé de filaments ramifiés et anastomosant, bruns ou noirâtres, foncés. Spores brunes ou noires, généralement très foncées. Aphanoplasmode; développement épihypothallique.

Stemonitaceae Rost.

Versuch: 6 (1873) sub tribus

Caractères de l’ordre

Sauf pour le genre Symphytocarpus, nous nous sommes tenus, dans le présent travail, à une définition classique des genres. La classification des genres proposée par Nannenga-Bremekamp (1967) et par Ing & Nannenga-Bremekamp (1967) a beaucoup de valeur, mais nous semble surtout importante pour la division des genres classiques en sous-genres; elle peut servir à grouper des espèces à morphologie similaire.

Clé des genres

1. Columelle, hypothalle et stipe (si présent) calcareux, blanchâtres, brunâtre clair, jaunâtres ou orangés ...... Diachea (p. 227)

1. Matière calcareuse absente ou seulement présente en toute petite quantité peu apparente, à la base du sporocyste ou dans l’hypothalle:

2. Sporocystes pourvus d’un stipe court, large et épais ou stipe absent; capillitium formé de filaments peu ramifiés, peu anastomosés; péridium double ...... Colloderma (p. 215)

2. Sporocystes pourvus d’un stipe élancé, grêle, brun foncé ou noirâtre, luisant ou stipe absent; capillitium presque toujours formé de filaments fortement ramifiés et anastomosés; péridium simple, mince, membraneux ou souvent absent à complète maturité :

3. Péridium persistant longtemps à maturité, très souvent irisant; sporocystes surtout sphériques, à capillitium très abondant, partant plus ou moins radialement de la columelle ................. Lamproderma (p. 229)

3. Péridium typiquement évanescent à maturité, exceptionnellement persistant en coupe basale ou en entier, alors sporocystes surtout allongés, à capillitium n’étant pas spécialement radialement orienté autour de la columelle :

4. Sporocystes pourvus d’un réseau de surface très bien développé; toujours allongés, souvent cylindriques, jamais pseudo-aethallioïdes .................... Stemonitis (p. 232)

4. Sporocystes dépourvus de réseau de surface; souvent sphériques ou peu allongés :

5. Sporocystes formant des fructifications pseudo-aethallioïdes, exceptionnellement pourvus d’un réseau de surface fortement fragmentaire .... Symphytocarpus (p. 239)

5. Sporocystes bien individualisés; exceptionnellement le capillitium forme vers la périphérie un pseudo-réseau de surface ........ Comatricha (p. 217)

Colloderma G. Lister

Journ. Bot. 48: 312 (1910)

Sporocystes sessiles ou courtement stipités; péridium double; couche extérieure cornée à l’état sec, gélatineuse à l’état humide; columelle absente; capillitium foncé, hyalin près du point d’attache, à filaments ramifiés et anastomosés; spores foncées. Espèce type: Colloderma oculatum (Lippert) G. Lister.

La famille des Collodermataceae (Lister 1925: 128), basée sur le seul genre Colloderma et caractérisée exclusivement, sur la gélification de la couche externe du péridium, n’est plus retenue actuellement car ce caractère peut se retrouver sporadiquement dans d’autres genres.

Colloderma crassipes Rammeloo, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 53: 297 (1983). Fig. 118, 122b, planches XXXIX/2, XLI/5-11.

Fructification formée d’un grand nombre de sporocystes en groupe assez dense. Sporocystes stipités, très exceptionnellement sessiles ou subsessiles, env. 1,1 mm de haut, sphériques ou ovoïdes, noirs, à péridium légèrement irisant. Stipe massif, 0,2-0,4 mm de haut, très court et large, cassant, pâle, jaune clair à jaune d’or, parfois localement un peu brunâtre, à surface légèrement véinulée. Hypothalle peu ou bien développé, brunâtre foncé, plus ou moins transparent. Capillitium à filaments droits, raides, sans anastomoses, noirs, attachés à la base et au péridium, se touchant souvent au sommet du sporocyste.

M.O. Columelle absente. Capillitium attaché au haut du stipe et à la base du péridium, très mince, incolore et ne montrant que quelques anastomoses près des points d’attache, devenant très vite épais, brun noirâtre, à surface un peu noduleuse, se divisant régulièrement de façon subdichotomique à angle aigu, les filaments n’étant qu’exceptionnellement reliés; capillitium se situant surtout près de la périphérie, et ± adhérent au sommet du sporocyste. Spores sphériques, (8,6)9,2-10,4-12,3(14,l)µm de diam. sans l’ornementation (n = 25), ornées d’épines de hauteur variée, jusqu’à 1 μm de haut, un peu irrégulièrement dispersées; paroi plus épaisse dans un hémisphère, brun assez foncé. Péridium légèrement granuleux, translucide. Stipe ocracé brunâtre, rempli de débris, sans trace de matériel calcaire.

 

Distribution

Malawi. Afro-montagnard: Mount Mulanje, between C.C.A.P. hut and Lichenya hut, forêt de montagne à Widdringtonia, alt. env. 1900 m, sur hépatiques à la base d’un tronc, nov. 1981, Rammeloo 7564 (holotypus BR, isotypus MAL).

Observations

1. Nous attribuons cette espèce à Colloderma après comparaison attentive de la structure du capillitium et des fragments du péridium présents au haut du stipe. Malheureusement, nous ne possédons aucun sporocyste à péridium intact. L’observation des structures en question a été très difficile et des nouvelles récoltes sont très souhaitables.

2. Nous avons recherché en vain la présence de calcaire dans les sporocystes et plus spécialement dans le stipe de cette espèce. Par un traitement à l’acide chlorhydrique ou l’acide acétique, aucune bulle n’a pu être observée au microscope, tandis que dans le cas de Diachea, ce dégagement est violent.

3. Macroscopiquement, cette espèce rappelle complètement Diachea thomasii Rex et D. megalospora Thind & Manocha, desquelles on ne sait pas la distinguer sur le terrain. L’absence complète d’une columelle, la structure différente du capillitium et l’absence de matière calcaire, la distinguent clairement au niveau du genre.

4. La structure du capillitium rappelle indubitablement celle des Didymiaceae. Cette dernière famille est notamment caractérisée par la présence de matière calcareuse. Notons que l’espèce type du genre Colloderma a d’abord été décrite comme Didymium oculatum Lippert.

5. L’orientation du capillitium se situant surtout vers la surface du sporocyste et adhérant plus ou moins au sommet de celui-ci est un peu comparable à l’organisation des veines issues du péridium dans le genre Dictydium, avec lequel cette espèce n’a cependant rien en commun.

6. La présence d’un stipe dans Colloderma, n’est certes pas la règle, mais a déjà été observée dans certaines récoltes de C. oculatum (Meylan, 1933).

Comatricha Preuss

Linnaea 24: 140 (1851)

Sporocystes en groupes très denses ou très espacés, même isolés; globuleux ou cylindriques, stipités, exceptionnellement subsessiles. Péridium membraneux, disparu à maturité, exceptionnellement persistant. Columelle typiquement présente, atteignant presque toujours le sommet du sporocyste, très exceptionnellement absente. Capillitium abondant, se ramifiant ± vers la périphérie, formant des anastomoses ± fréquentes, les extrémités des branches presque toujours libres, exceptionnellement formant un «pseudo-réseau» de surface. Spores foncées, noirâtres, brun foncé ou ferrugineuses en masse, brun violacé ou brun clair en lumière transmise. Espèce type: Stemonitis obtusata Fries [Comatricha nigra (Pers.) Schroet.].

Dans la présente flore, nous employons le genre Comatricha dans le sens large «classique». Momentanément, nous n’avons pas adopté de sectionnement en sous-genres.

Clé des espèces

1. Sporocystes toujours allongés-cylindracés; péridium membraneux, longtemps persistant; stipe entouré d’une gaine argentée grisâtre; spores 5,5-7,5 μm de diam., finement verruqueuses à quelques groupes de verrues plus grandes, plus réfringentes ...... 9. C. typhoides

1. Sporocystes allongés ou sphériques; péridium disparu dès la maturité; stipe jamais entouré d’une gaine argentée grisâtre, facilement visible à la loupe ou à l’œil nu; quand les spores possèdent le même type d’ornementation, elles sont plus grandes ou les sporocystes ne sont pas allongés :

2. Ornementation des spores formée d’un réseau continu ou de verrues placées en réseau (l’observation à l’objectif à immersion est souhaitable) :

3. Sporocystes brun foncé ou noirâtres, fortement allongés, cylindracés et pendants, 10-50 mm de long; capillitium peu anastomosé; spores fortement verruqueuses-réticulées ..... 4. C. longa

3. Sporocystes brun assez clair, courtement allongés, jusqu’à 5 mm de haut; capillitium abondant, très flexueux et fortement anastomosé; spores claires, pourvues d’une réticulation fine, irrégulière ..................... 3. C. hyperopta

2. Spores verruqueuses à verrues jamais disposées en réseau :

4. Stipe ayant au moins la mi-hauteur des sporocystes; sporocystes peu allongés, en général:

5. Sporocystes fusiformes ou longuement ovoïdes, brun clair, brun rougeâtre ou lilacins ... 8a. C. tenerrima var. tenerrima

5. Sporocystes plus arrondis, brun foncé ou noirâtres :

6. Spores verruqueuses à verrues peu régulièrement disposées, jamais de deux sortes; columelle atteignant la mi-hauteur du sporocyste; capillitium partant surtout de l’apex de la columelle ..... 5. C. lurida

6. Spores verruqueuses, à verrues de deux sortes, les unes très petites et régulièrement réparties, les autres plus grandes, plus réfringentes et réunies en plusieurs groupes :

7. Capillitium abondant, peu différencié, fortement flexueux et anastomosé ......... 8b. C. tenerrima var. macrospora

7. Capillitium nettement différencié à branches primaires épaisses et formant des anastomoses surtout vers les extrémités ............ 2. C. afroalpina

4. Stipe plus court que la mi-hauteur des sporocystes; sporocystes généralement allongés :

8. Sporocystes brun clair, courtement cylindriques, acuminés; spores brun lilacin pâle ou ferrugineuses en masse ..................... 6. C. pulchella

8. Sporocystes brun foncé, cylindracés; spores brun foncé :

9. Sporocystes acuminés; stipe valant 1/3-1/2 de la hauteur totale ............... 1. C. aequalis

9. Sporocystes à sommet obtus; stipe plus petit ou jusqu’à 1 /3 de la hauteur totale .............. 7. C. subcaespitosa

1. Comatricha aequalis Peck, Ann. Rep. N.Y. State Mus. 31: 42 (1879). Fig. 119, 122c-d, 126a; planches XL/6, XLI/12.

Stemonitis aequalis (Peck) Massee, Mon. : 80 (1892).

Comatricha nigra var. aequalis (Peck) Sturgis, Colo. Coll. Publ. Sci. 12: 34(1907).

Fructification composée d’un groupe relativement grand de sporocystes. Sporocystes stipités, env. 2 mm de haut, largement fusiformes, brun assez foncé. Stipe assez vigoureux, de 0,8 mm de haut, noirâtre luisant, s’élargissant vers la base en continuité avec un hypothalle discoïde, brun rougeâtre foncé.

M.O. Columelle atteignant presque le sommet du sporocyste, se divisant au sommet en quelques grandes branches. Capillitium brun noirâtre, abondant ou très abondant, avec une légère différenciation entre capillitium primaire et secondaire, très flexueux, à nombreuses anastomoses, formé d’éléments épais et parfois légèrement aplatis aux bifurcations, se terminant à la périphérie en éléments très fins, reliés entre eux, présentant peu de terminaisons libres. Spores globuleuses, 8,1-9,00-9,8 μm diam. (n = 25), à paroi relativement épaisse, pourvue d’une zone plus mince, brun grisâtre fumé assez foncé, ornées de petites verrues peu régulièrement disposées.

M.E.B. Capillitium sublisse, finement granuleux. Spores assez densément, mais peu régulièrement ornées de baculums assez petits, 0,2-0,4 × 0,4 µm, ceux-ci parfois un peu irréguliers ou élargis au sommet.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : volcan Sabinyo, alt. 3250 m, sur feuilles mortes de Dendrosenecio, juill. 1974, Van der Veken 10386 (GENT, BR et icon).

Amérique du Nord, Amérique centrale, Europe.

 

Observations

1. Le plasmode de cette espèce, obtenu à partir de la récolte étudiée, a été amplement décrit et illustré par Rammeloo (1976).

2. Des spores de matériel européen de cette espèce (Brandza, Myx. Roum. 75, K) sont plus petites et ornées de baculums plus réguliers, très régulièrement disposés (fig. 122d).

3. Signalé pour la première fois en Afrique.

2. Comatricha afroalpina Rammeloo, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 53: 297 (1983). Fig. 120, 122e, 126b; planche XLII/1-2.

Fructification composée de sporocystes en groupe lâche. Sporocystes stipités, 1-2 mm de haut, sphériques, brun foncé. Stipe 0,5-1 mm, rouge, brun rouge ou exceptionnellement brun très foncé dans sa moitié inférieure, diminuant très nettement de diamètre de la base vers le sommet. Hypothalle petit ou relativement grand, discoïde, brun rougeâtre ou brun foncé. Après la dispersion des spores, sporocystes brun grisâtre clair, un peu violacé, les grandes branches du capillitium noirâtres.

M.O. Columelle atteignant au moins la moitié du sporocyste, souvent et surtout dans les sporocystes petits presque jusqu’au sommet, diminuant régulièrement en diamètre, se divisant à son extrémité en quelques grosses branches. Capillitium peu développé ou très abondant, partant régulièrement tout au long de la columelle, formé de branches assez épaisses et assez raides, formant un angle aigu avec la columelle, se divisant assez régulièrement vers la périphérie, formant des anastomoses, surtout vers les extrémités, celles-ci partiellement libres, partiellement en réseau de surface très incomplet, brun relativement clair. Spores sphériques ou subglobuleuses, brun grisâtre clair, (8,0)8,8-9,34-9,9 μm de diam. (n = 25), à petites verrues régulièrement dispersées et quelques groupes de verrues plus grandes, plus foncées. Stipe rouge brun assez clair, partiellement translucide, plus foncé vers le haut, creux au moins dans sa partie basale, celle-ci à surface légèrement et un peu irrégulièrement veinée longitudinalement.

M.E.B. Capillitium finement, densément et régulièrement verruqueux, à verrues de 0,1-0,2 µm de diam. Spores densément et régulièrement ornées de petits baculums à tête un peu élargie et lobée, 0,25 μm de haut, présentant localement des plages de verrues à bases ± reliées.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental: volcan Muhavura, sur feuilles mortes de Dendrosenecio, alt. 3500 m, Van der Veken 10617 (holotypus GENT, prép. micr. et icon phot. BR).

Observations

1. Cette espèce appartient au groupe des petits Comatricha, se développant souvent en chambre humide, qui montrent des sporocystes nains à capillitium très peu développé, à côté de sporocystes normalement développés. Comme la systématique de Comatricha est en grande partie basée sur la structure du capillitium, il n’est pas étonnant que ces petits sporocystes, très souvent formés en petit nombre, offrent de grandes difficultés de détermination.

2. C. afroalpina est caractérisé par l’ornementation de ses spores. Dans le genre, seuls C. tenerrima et C. typhoides possèdent des spores ayant le même type d’ornementation, vue en M.O. En M.E.B., les spores ressemblent le plus à celles de C. tenerrima par la structure de la tête des éléments ornementaux. Aucune confusion avec ces espèces n’est cependant possible étant donnée la structure totalement différente du capillitium, et de l’ornementation sporale de C. typhoides en M.E.B.

Par la structure du capillitium, C. afroalpina ressemble aux C. erythropoda et C. ellae ainsi qu’à des formes naines des C. nigra et C. laxa.

Par la structure du stipe, on pourrait classer cette espèce dans le genre Macbrideola mais la structure du capillitium des grands sporocystes est certainement plus typique des Comatricha que des Macbrideola.

3. Le stipe rougeâtre est un caractère commun avec C. erythropoda (Paradiacheopsis erythropoda). D’autres espèces peuvent plus ou moins montrer ce caractère quand il s’agit de fructifications de sporocystes nains et atypiques.

4. Comatricha afroalpina ressemble à Macbrideola martinii qui est, au moins en M.O., caractérisé par le même type d’ornementation sporale, mais les spores de ce dernier sont plus petites, 6,5-8,0 µm diam., le capillitium est moins abondant, n’étant issu que du sommet de la columelle et ne formant jamais d’anastomoses ni de réseau de surface. En plus les sporocystes sont très petits, mesurant jusqu’à 0,6 mm de haut. Des expériences de culture seraient nécessaires pour élucider les parentés possibles entre ces deux taxons.

3. Comatricha hyperopta (Meylan) Nann.-Brem., Proc. Kon. Ned. Akad. Wet. Ser. C 70: 208 (1967). Fig. 121, 122f, 126c; planches XLII/3-4.

Stemonitis hyperopta Meylan, Bull. Soc. Vaud. Sci. Nat. 52: 97 (1918).

Comatricha typhina var. heterospora Rex, Proc. Acad. Phila. 45: 367 (1893).

Comatricha typhoides var. heterospora (Rex) A. Lister, Mycet. : 121 (1894).

Fructification composée d’un petit groupe de neuf sporocystes seulement. Sporocystes stipités, env. 4 mm de haut, cylindracés, quelques-uns avec des petites plaques du péridium restant attachées, brun assez clair. Stipe 0,6 mm, noirâtre luisant, presque isodiamétrique, s’élargissant légèrement à la base en continuité avec l’hypothalle. Hypothalle, membraneux, assez étendu, commun aux différents sporocystes, noirâtre à brun, luisant, localement partiellement translucide. Spores en masse gris ocracé clair.

M.O. Columelle atteignant le sommet du sporocyste, légèrement aplatie et légèrement flexueuse au sommet, diminuant régulièrement de diamètre vers le sommet. Capillitium assez abondant, sans différenciation nette entre capillitium primaire et secondaire, très flexueux, à anastomoses très nombreuses, à filaments parfois légèrement aplatis près de la columelle mais extrêmement fins vers la périphérie, localement, et surtout dans la moitié inférieure, reliés à un réseau de surface à fines mailles; brun à brun très clair à la périphérie. Spores brun grisâtre très clair, un peu fumé, sphériques, 5,3-5,69-6,0 µm de diam. (n = 25), à grossissement faible, quelques groupes de verrues; à l’immersion, les verrues forment les «nœuds» d’un réseau irrégulier, à « murs » fins; à mailles fines entre les verrues d’un groupe et à mailles larges entre verrues de différents groupes. Hypothalle brun rougeâtre.

M.E.B. Capillitium finement rugueux à granuleux, à rugosités ayant au maximum 0,2 µm de diam. Spores ornées d’un réseau à mailles irrégulières, formées de murs bas, 0,2-0,3 µm de haut; surface des mailles lisse ou sublisse.

Distribution

Burundi. Afro-montagnard centre oriental: Forêt de Teza, sur tronc pourri, juil. 1974, Rammeloo 3808 (GENT, prép. micr. BR).

Europe, Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du sud, Japon. En Afrique, signalé une seule fois du Ghana (Härkönen, 1981).

Observations

1. Cette récolte pourrait être facilement prise pour une forme un peu aberrante de C. typhoides. La nature du capillitium, l’ornementation sporale (notamment en M.E.B.) et les caractères du stipe, la distinguent de cette dernière espèce.

    2. Cette espèce est de classification difficile, faisant un peu transition entre Stemonitis et Comatricha. Dans la récolte étudiée, il semble y avoir un réseau de surface extrêmement friable et très imparfait, qui, après la dispersion des spores lors du montage microscopique, a presque complètement disparu. D’autre part, sur quelques sporocystes, on peut observer des petites plaques de péridium, caractère rappelant certains Comatricha, et plus spécialement C. typhoides. Nous avons vu des récoltes européennes, présentant complètement le même type de spores, ayant un réseau de surface très fin et presque complet, ce qui est un caractère typique des Stemonitis.

4. Comatricha longa Peck, Ann. Rep. N.Y. State Mus. 43: 70(1890).

Stemonitis longa (Peck) Massee, Mon. : 83 (1892).

Comatricha equinoctialis Torrend, Brot. 7 : 78 (1908).

Il existe dans l’herbier BR un spécimen du Zaïre, déterminé comme tel. Actuellement, ce matériel est complètement dégradé, ne montrant plus que de longues columelles noires et luisantes. Comme il s’agit d’une espèce très typique, qui ne peut être confondue avec aucune autre, et comme elle est largement répandue dans les tropiques nous avons cru utile de la signaler ici, sans pour cela en donner une description empruntée à la littérature.

5. Comatricha lurida A. Lister, Mycet: 119 (1894). Fig. 122g-h, 123, 126d; planches XXXIX/5-6, XLII/5.

Paradiacheopsis lurida (A. Lister) Hertel, Dusenia 7 : 348 (1956).

Collaria lurida (A. Lister) Nann.-Brem., Proc. Kon. Akad. Wet., Ser. C 70: 209 (1967).

Fructification composée d’un grand nombre de sporocystes en groupe dense. Sporocystes stipités, 1,2-1,5 mm de haut, sphériques, brun foncé, exceptionnellement brun clair. Stipe 0,6-0,9 mm, noir, luisant, à base s’élargissant dans l’hypothalle. Hypothalle petit, brun rouge foncé à noirâtre.

M.O. Columelle atteignant la mi-hauteur du sporocyste. Capillitium partant surtout de l’apex de la columelle avec quelques grosses branches, exceptionnellement en faible proportion aussi le long de la columelle ou de la base du sporocyste; grandes branches se divisant assez régulièrement en branches minces, flexueuses, peu anastomosées, se terminant à la périphérie en longs et minces rameaux flexueux, brun assez foncé, plus clair vers les extrémités. Spores sphériques, ± 8,3 μm de diam. (n = 10), finement verruqueuses, à verrues peu régulièrement disposées, brun assez clair, presque ocracées.

M.E.B. Capillitium presque lisse, pourvu de quelques petites verrucosités irrégulières. Spores à ornementation assez dense, formée de baculums larges, de dimensions un peu irrégulières, légèrement atténués vers le sommet, env. 0,3-0,4 μm de large, env. 0,4 μm de haut, un peu irrégulièrement disposés.

Distribution

Zaïre. — Afro-montagnard centre oriental : versant ouest du volcan Karisimbi, plaine de Rukumi, janv. 1972, Van der Veken 9170, 9170a (GENT, BR).

Europe, Inde, Amérique du Nord, Colombie.

Observations

1. Signalé pour la première fois d’Afrique.

2. Ces récoltes sont caractéristiques sauf en ce qui concerne la couleur des sporocystes. Dans les collections typiques elles sont moins foncées, moins noirâtres. Cette décoloration est probablement due à l’état des récoltes, certaines montrant un début d’attaque par des moisissures. Toutes les spores sont collapses, même dans un milieu regonflant. Le diamètre des spores donné dans la description en M.O. est basé sur les dimensions prises sur les photos en M.E.B.

 

6. Comatricha pulchella (C. Bab.) Rost., Mon. app. : 27 (1876). Fig. 122k-l, 124, 126e; planches XL/1, XLII/6.

Stemonitis pulchella C. Bab., Proc. Linn. Soc. 1: 32 (1839).

Comatricha persoonii Rost., Mon. : 201 (1874).

Fructification composée d’un groupe relativement grand de sporocystes. Sporocystes stipités, env. 2 mm de haut, fusiformes, brun clair. Stipe 0,4 mm, plus petit que la mihauteur du sporocyste, brun noirâtre, s’élargissant légèrement à la base en continuité avec l’hypothalle. Hypothalle nettement individualisé, discoïde, brun foncé au centre, devenant rouge brun et translucide vers la marge.

M.O. Columelle atteignant presque le sommet du sporocyste, devenant régulièrement plus mince vers le sommet où elle se divise en formant des éléments de capillitium, brun noirâtre foncé, opaque. Capillitium primaire partant tout du long de la columelle, formé par des branches relativement fines, brun clair, flexueux, se divisant surtout vers la périphérie du sporocyste, relié aux extrémités à un pseudo-réseau de surface à mailles de contour irrégulier, relativement petites, formé de filaments très fins, brun très clair. Spores sphériques, 7,3-8,16-8,8 μm de diam. (n = 25), brun ocracé clair, à paroi montrant une zone moins épaisse, à verrues bien différenciées, assez distantes. Hypothalle membraneux, noirâtre et opaque au centre, brun rouge et presque incolore translucide à la marge.

M.E.B. Capillitium rugueux par des rugosites irrégulières. Spores ornées de baculums un peu épineux, assez espacés, montrant vers le sommet des excroissances courtes et divariquées.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental: colline Uwintasya, près du village de Rugera, alt. 2350 m, sur gaine pourrissante de bambou, sept. 1974, Rammeloo 4554 (GENT; prép. micr. et icon. BR).

Zones tempérées de l’hémisphère nord, Nouvelle-Zélande, Bolivie, Uruguay, Asie méridionale, Japon. En Afrique: signalé du Nigeria (Ing, 1964, 1968; Farquharson & Lister, 1916) et Cameroun (Duthie, 1917).

Observation

Les spores, vues au M.E.B., montrent une ornementation, qui, jusqu’à présent, n’a été observée que dans cette espèce. Nous avons retrouvé ce même type d’ornementation dans les collections européennes, quoique les excroissances divariquées y soient moins prononcées.

7. Comatricha cfr. subcaespitosa Peck, Ann. Rep. N.Y. State Mus. 43: 71 (1890). Fig. 122m, 122o-p, 125, 126f.

Stemonitis subcaespitosa (Peck) Massee, Mon. : 80 (1892).

Fructification formée d’un groupe lâche de sporocystes assez nombreux. Sporocystes stipités, env. 2,5 mm de haut, allongés, légèrement courbés, obtus au sommet, coniques à la base, brun assez foncé. Stipe jusqu’à un tiers de la hauteur totale, 0,8 mm de haut, isodiamétrique ou légèrement élargi vers la base, brun noirâtre luisant. Hypothalle bien développé, commun à plusieurs sporocystes, membraneux, brun foncé, luisant.

M.O. Columelle atteignant le sommet du sporocyste ou presque, diminuant régulièrement en diamètre vers le sommet. Capillitium brun foncé, partant régulièrement le long de la columelle, formant surtout des angles droits avec celle-ci, se divisant et s’anastomosant assez vite vers la périphérie, peu dense, formant vers la périphérie un pseudo-réseau de surface à très grandes mailles anguleuses, présent sur toute la longueur du sporocyste, à extrémités courtes et libres très nombreuses. Spores sphériques, 9,1-9,87-10,5 µm de diam. (n = 25), assez densément et très régulièrement ornées de verrues égales, brun grisâtre relativement clair; paroi plus mince et plus claire dans un hémisphère. Hypothalle membraneux, rouge brun à la base du stipe, brun clair et finement granuleux vers la périphérie.

M.E.B. Columelle sublisse. Capillitium à surface finement et un peu irrégulièrement granuleuse, à granules mesurant en moyenne 0,1-0,3 µm de diam. Spores très régulièrement ornées de baculums à sommet un peu irrégulièrement granuleux, 0,4-0,5 μm de haut, la surface entre les éléments de l’ornementation sublisse à très finement granuleuse.

Distribution

Burundi. Mosso-Malagarasi, Mugara, sur inflorescence mâle pourrissante d’Elaeis guineensis, alt. 950 m, nov. 1978, Rammeloo 5735 (BR).

Amérique du Nord, Costa Rica, Angleterre, Suisse.

 

Observations

1. Signalé pour la première fois d’Afrique.

2. La récolte étudiée diffère de C. subcaespitosa typique par un capillitium beaucoup moins dense et un « faux » réseau de surface à très grandes mailles. Les spores sont aussi un peu plus grandes. L’ornementation en M.E.B. est aussi légèrement différente des récoltes américaines (fig. 122: o-p). Pour le moment, ces petites différences ne justifient pas une distinction taxonomique.

8. Comatricha tenerrima (M.A. Curt.) G. Lister, Guide Brit. Mycet, ed. 4: 39 (1919).

Stemonitis tenerrima M.A. Curt., Am. Journ. Sci. II 6: 352 (1848).

Comatricha pulchella var. tenerrima (M.A. Curt.) G. Lister, Mycet. ed. 2: 156 (1911).

8a. var. tenerrima. Fig. 122j, 126g-l, 127; planches XL/3, XLII/7.

Fructification composée d’un groupe relativement grand de sporocystes espacés ou composé de quelques sporocystes seulement. Sporocystes longuement stipités, 3-4 mm de haut, plus ou moins fusiformes ou longuement ovoïdaux, brun clair, rougeâtre ou lilacin. Stipe 2-3 mm, noir, grêle, s’élargissant très régulièrement vers la base, en continuité avec l’hypothalle. Hypothalle petit, discoïde, brun rougeâtre à ocracé, partiellement translucide.

M.O. Columelle atteignant le sommet du sporocyste, diminuant peu de diamètre vers le sommet, noirâtre opaque. Capillitium très abondant, sans différenciation entre capillitium primaire et secondaire, formé d’éléments très flexueux à nombreuses anastomoses, partant de la columelle en angle droit dans la moitié inférieure, en oblique vers le bas dans la moitié supérieure du sporocyste, brun assez foncé. Spores Sphériques, 5,8-6,59-7,35-8,2 μm de diam. (n = 100), brun grisâtre clair, assez densément ornées de petites verrues avec quelques groupes de verrues plus grandes, plus foncées. Hypothalle discoïde, brun, translucide.

 

Tableau 1. Caractères macro-, micrométriques et morphologiques des collections de Comatricha tenerrima.

H : hauteur moyenne des sporocystes en mm. h : hauteur du stipe en mm. H/h : rapport entre la hauteur totale du sporocyste et de la hauteur du stipe. L : longueur de la partie sporifère. b : largeur de la partie sporifère. L/b : rapport entre la longueur et la largeur de la partie sporifère. Col. : code de couleur : 1, brun pâle; 3, noirâtre foncé; 2, couleur intermédiaire. Cap. : code pour la différenciation du capillitium : 1, capillitium très peu différencié, issu sur toute la longueur de la columelle, ne montrant pas une orientation préférentielle du capillitium primaire; 3, capillitium différencié, le capillitium primaire montrant une orientation préférentielle suivant la hauteur d’implantation sur la columelle; 2, différenciation intermédiaire. Spores : dimensions extrêmes et moyennes calculées chacune d’après 25 spores, v ; coefficient de variation (déviation standard en % de la moyenne).

Récolte

H

h

H/h

L

b

L/b

Col.

Cap.

Spores

V

var. tenerrima

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ram. 4058

4,2

2,8

1,5

1,3

0,5

2,58

2(3)

3

6,0-7,08- 8,2

7,6

Ram. 3984

3,5

2,5

1,4

1,0

0,4

2,33

1

2

7,6-8,10- 8,6

4,1

Ram. 4071

4,2

3,3

1,3

0,9

0,4

2,30

2

3

7,1-7,83- 8,4

5,4

Ram. 4133

3,8

2,8

1,4

1,0

0,5

2,17

2

3

6,3-7,14- 8,0

6,5

Ram. 7188

3,1

1,8

1,7

1,3

0,3

3,56

1

3

6,5-7,02- 7,5

3,8

Ram. 4064

3,4

2,4

1,4

0,9

0,3

2,67

2

3

5,7-6,65- 7,1

5,2

Ram. 3871

2,4

1,3

1,8

1,0

0,5

2,21

1

3

6,0-6,60- 6,9

3,5

Ram. 4565

3,1

2,0

1,5

1,0

0,5

1,96

1

3

6,8-7,40- 8,1

3,9

Moyennes générales

3,4

2,3

1,5

1,0

0,4

2,47

 

 

7,23 ± 0,53

 

var. macrospora

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ram. 4551

2,2

1,2

1,7

0,9

0,6

1,57

3

3

8,4-9,22-10,8

5,0

Ram. 4989

1,4

0,7

1,9

0,6

0,6

1,14

2

1

8,7-9,47- 9,9

5,8

Ram. 4996

2,0

1,1

1,7

0,8

0,7

1,24

3

1(2)

8,5-8,92- 9,7

3,1

Ram. 4981

1,5

1,0

1,5

0,5

0,5

0,93

3

1

8,0-8,53- 8,9

2,8

Moyennes générales

1,8

1,0

1,7

0,7

0,6

1,22

 

 

9,04 ± 0,40

 

M.E.B. Capillitium à surface sublisse, à petites rugosités irrégulières, sans ornementation nettement différenciée. Spores ornées de petits baculums dont la tête est (3)4(6) lobée.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental : Forêt de Nyungwe, km 24 route Pindura-Burundi, sur feuilles mortes, juil. 1974, Rammeloo 4058 (GENT, BR); ibid., sur tige herbacée pourrie, Rammeloo 4071 (GENT, BR); ibid., Rammeloo 4064 (GENT); piste Pindura-Mont Bigugu, alt. 2720 m, l’intérieur de la tige d’une inflorescence morte d’un Lobelia géant, juil. 1974, Rammeloo 4133 (GENT); marais Kamiranzovu, alt. 1920 m, sur base de Cypéracée vivante, juste au-dessus du niveau de l’eau, juil. 1974, Rammeloo 3984 (GENT); ibid., Rammeloo 3986 (GENT); colline Uwintasya, près du village Rugera, alt. 2350 m, sur bambou pourri, sept. 1974, Rammeloo 4565 (GENT). — Rwanda-Burundi. Butare, arboretum, sporocyste isolé sur tige pourrissante, juil. 1974, Rammeloo 3871 (GENT).

Malawi. Afro-montagnard: Massif du Mont Mulanje, forêt de bambou près de la rivière Lichenya, alt. 1750 m, sur « gaine » de bambou pourri, nov. 1981, Rammeloo 7188 (BR); id., près de la rivière Linge, forêt à Widdringtonia, nov. 1981, Rammeloo 7137 (BR).

Observations

1. La description est basée sur Rammeloo 3984, 4058 et 4071, collections tout à fait typiques.

2. L’ornementation sporale est très caractéristique pour cette espèce. Seul dans Nannenga-Bremekamp (1974), nous avons trouvé une indication sur la présence de verrues ou d’épines de deux sortes dans l’ornementation sporale. En M.E.B., tous les éléments sont de la même nature; un petit nombre seulement sont un peu plus grands et un peu plus groupés. Nous n’avons pas trouvé une description concordante de l’ornementation des spores provenant de sporocystes américains. Comme cette espèce est décrite de la Caroline du Sud, une étude au M.E.B. s’impose pour confirmer la conspécificité de notre matériel avec le type.

8b. var. macrospora Rammeloo, Bull. Nat. Plantentuin Belg. 53: 298 (1983). Fig. 122i, 126m-p, 128; planches XL/4.

Fructification composée d’un groupe relativement petit de sporocystes espacés. Sporocystes stipités, 1,5-2 mm de haut, ± sphériques, brun foncé. Stipe 0,5-1 mm, noir, grêle, s’élargissant régulièrement vers la base, en continuité avec l’hypothalle. Hypothalle petit, discoïde.

M.O. Columelle atteignant le sommet du sporocyste ou presque, parfois un peu recourbée, noirâtre opaque. Capillitium très abondant, sans différenciation entre capillitium primaire et secondaire, formé de fins éléments très flexueux à nombreuses anastomoses, partant tout le long de la columelle, en tous sens, noirâtres. Spores sphériques, 8,0-9,35-10,8 μm de diam. (n = 100), brun foncé, densément ornées de petites verrues et de quelques groupes de verrues plus grandes, plus foncées et plus réfringentes. Hypothalle discoïde, brun assez foncé.

 

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental : colline Uwintasya, près du village Rugera, alt. 2350 m sur bambou pourrissant, sept. 1974, Rammeloo 4551 (GENT); volcan Karisimbi, alt. 3600 m, sur feuilles pourrissantes d’un Dendrosenecio, oct. 1974, Rammeloo 4981 (GENT); id., à l’intérieur d’un axe d’inflorescence d’un Lobelia géant, alt. 3650 m, Rammeloo 4989 (GENT); ibid., alt. 3670 m, Rammeloo 4996 (holotypus, GENT; prép. micr. et icon. BR).

Observations

1. Par rapport à la var. tenerrima, le taxon est caractérisé par des sporocystes plus petits, plus sphériques, plus foncés et à spores plus grandes. Dans le tableau 1 nous avons réuni quelques caractères métriques et morphologiques des deux variétés.

2. En M.E.B., les spores possèdent le même type d’ornementation que la var. typique. Dans Rammeloo 6551 les baculums plus ou moins groupés, possèdent souvent six excroissances à leur sommet au lieu de quatre ou trois.

3. Les spécimens appartenant à la var. macrospora ressemblent macroscopiquement un peu à C. nigra (Pers.) Schroet. Microscopiquement le capillitium est différent, plus flexueux et plus anastomosé que dans cette dernière espèce; les spores montrent une ornementation différente, qui, au moins en M.E.B., ne peut être confondue avec celle de C. nigra.

9. Comatricha typhoides (Bull.) Rost., in Lister, Mycet. : 120 (1894). Fig. 122n, 126q-r; planches XL/2, XLII/8.

Stemonitis typhina Wiggers, Prim. Fl. Holsat. : 110 (1780).

Trichia typhoides Bull., Hist. Champ, Fr.: 119 (1791).

Stemonitis typhoides (Bull.) D.C., Fl. Fr. 2: 257 (1805).

Stemonitis leucopoda Fr., Symb. Gast. : 16 (1817).

Comatricha typhina (Wiggers) Rost., Mon. : 197 (1874).

Comatricha stemonitis Wettst., Verh. Zool.-Bot. Ges. Wien 35: Abh. 534 (1886).

Fructifications formées de groupes relativement petits de sporocystes isolés. Sporocystes stipités, 3-7 mm de haut, cylindracés, pourvus d’un péridium gris à brun; après disparition de celui-ci, brun assez foncé. Stipe 1,3-2,5 mm, foncé, entouré d’une gaine grisâtre, cylindracée ou ± ailée, ± translucide, s’élargissant légèrement vers la base en continuité avec l’hypothalle. Hypothalle membraneux, étendu, commun à plusieurs sporocystes du groupe, ± veiné, foncé à la base des stipes, successivement brun rouge, brun clair et ocracé un peu rougeâtre, en s’écartant de la base des stipes, partiellement translucide.

M.O. Columelle atteignant presque le sommet du sporocyste, diminuant régulièrement de diamètre à partir de la base. Capillitium partant de la columelle, sur toute sa longueur, formé de fins ou de très fins filaments, assez flexueux, se divisant assez régulièrement, dirigés un peu en oblique vers le substrat, formant peu d’anastomoses, et devenant très fins vers la périphérie; localement formant presque un réseau de surface, brun foncé à brun clair. Spores sphériques, 5,6-6,26-7,00(7,4) μm de diam. (n = 50), montrant quelques groupes de verrues, brun grisâtre fumé.

M.E.B. Capillitium peu à fortement rugueux, à rugosités petites et régulières ou grandes et irrégulières. Spores densément ornées de verrues de 0,2-0,3 μm, un peu irrégulièrement réparties et pourvues de quelques groupes de verrues plus grandes, de 0,4-0,5 µm de diam.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental : Forêt de Rugege, Uwinka, sur bois complètement pourri, sept. 1974, Rammeloo 4508 (GENT, prép. micr. et icon. BR).

Malawi. Afro-montagnard : Mont Mulanje, forêt de montagne à Widdringtonia, sur bois pourri, nov. 1981, Rammeloo 7341 (BR).

Cosmopolite. En Afrique, signalé du Nigeria (Farquharson & Lister, 1916; Ing, 1964), du Ghana (Dixon. 1959) et de l’Afrique du Sud (Doidge, 1950).

Observations

1. La description est basée sur Rammeloo 4508 et 7341, à l’exception des observations au M.E.B., basées sur la première récolte.

2. En M.O. on ne voit que les verrues les plus grandes, le reste de la surface de la spore semble lisse. Cependant, aux grossissements les plus forts on peut parfois deviner une certaine rugosité de la paroi sporale.

Diachea Fries

Syst. Orbis Veg. : 143 (1825)

Sporocystes globuleux ou cylindriques, sessiles ou stipités; péridium ± permanent, membraneux, fin, iridescent. Stipe et columelle, quand elle est développée, calcareux, rigides, s’amincissant progressivement vers l’apex du sporocyste. Hypothalle souvent calcareux. Capillitium formé de filaments anastomosés, minces, dépourvu de calcaire; terminaisons attachées au péridium. Spores en masse noires ou presque. Espèce-type : Stemonitis elegans Trent. [= Diachea leucopodia (Bull.) Rost.].

Le genre Diachea est mis dans les Stemonitales, surtout d’après la structure du capillitium. D’autre part, la classification dans les Physarales, et notamment dans les Didymiaceae, peut être défendue, à cause de la présence de calcaire dans le stipe et la columelle. La question a été discutée par Martin & Alexopoulos (1969) et par Farr (1974, 1976 : 237). Aussi longtemps que les caractères du cycle et de la différenciation ne seront pas connus, le classement dans l’un ou dans l’autre ordre restera aléatoire.

Clé des espèces

1. Sporocystes à stipe blanc ou blanchâtre; quand le stipe est réduit, il y a toujours un hypothalle blanc :

2. Sporocystes stipités :

3. Sporocystes cylindracés; spores ornées de très fines verrues ................1. D. leucopodia

3. Sporocystes sphériques; spores ornées de verrues bien différenciées, régulièrement réparties à la surface de la spore ..........2. D. bulbillosa

2. Sporocystes sessiles ou à stipe fortement réduit; spores distinctement verruqueuses ou spinuleuses, 8-11 μm de diam. .................. D. radiata

1. Sporocystes à stipe jaune, jaunâtre ou orange :

4. Columelle présente; capillitium fortement anastomosé et pourvu de calcaire granuleux ou cristallin :

5. Spores pâles, finement verruqueuses, 11-13 µm de diam. ...................... D. thomasii

5. Spores foncées, fortement et irrégulièrement verruqueuses, 13-14 μm de diam. ............ D. megalospora

4. Pas de columelle; capillitium ne montrant qu’un peu d’anastomoses (analogue au capillitium de Diderma), dépourvu de calcaire .................. Colloderma crassipes (p. 216)

 

D. radiata G. List. & Petch est repris dans la clé, car il est signalé du Sud du Nigeria (Farquharson & Lister, 1916).

Les deux autres espèces, D. thomasii Rex et D. megalospora Thind & Manocha, à stipe fortement coloré, ont été reprises par comparaison avec Colloderma crassipes qui, macroscopiquement, leur ressemble fortement. Pour une discussion plus approfondie voir à cette dernière espèce.

1. Diachea leucopodia (Bull.) Rost., Mon.: 190 (1874). Fig. 129a; planche XXXIX/4.

Trichia leucopodia Bull., Hist. Champ. Fr. : 121 (1791).

Stemonitis elegans Trent, in Roth., Cat. Bot. 1 : 220 (1797).

Diachea elegans (Trent.) Fries, Syst. Myc. 3 : 156 (1829).

Fructification d’une grande étendue, formée de très nombreux sporocystes en groupes relativement dispersés. Sporocystes stipités, 1-2 mm de haut, cylindriques à longuement elliptiques, 0,5 mm diam., droits, noirâtres, à péridium très mince, iridescent, restant longtemps attaché au sporocyste. Stipe 0,3-0,7 mm, très différencié, s’élargissant nettement vers la base, cassant, calcareux, blanc, à surface souvent ridée-veinulée longitudinalement, les bases reliées entre elles par un réseau calcareux, blanc, formant l’hypothalle.

M.O. Columelle atteignant presque le sommet du sporocyste, large, cylindracée, arrondie au sommet, blanche par la présence de calcaire granulaire, entourée d’une membrane mince, incolore, formant le prolongement du stipe. Capillitium très dense, fortement anastomosé, sans différenciation entre primaire et secondaire, formé de filaments assez raides, noirâtres, se terminant vers l’extérieur en pointe fine, souvent presque incolore à l’extrémité. Spores sphériques, de diamètre irrégulier, 8,1-10,31-13,7 µm de diam. (n = 25), brun chocolat subtilement violacée, ornées de très fines verrues régulièrement dispersées, très denses. Stipe à membrane extérieure incolore, peu ou pas ornée, rempli à l’intérieur de calcaire granulaire. Péridium incolore, translucide.

M.E.B. Péridium à face interne sublisse ou très finement granuleuse, à granules de 0,1-0,2 μm de diam., localement avec des points d’attache du capillitium. Capillitium sublisse ou très finement granuleux comme la face interne du péridium. Spores très densément ornées de baculums petits, un peu irréguliers, parfois coalescents, jusqu’à 0,3-0,4 µm de haut; à sommet souvent un peu épaissi ou exceptionnellement bifurqué.

Distribution

Zaïre. Forestier Central : Eala, mars 1933, Goossens-Fontana ACB 019 (BR). Lacs Edouard et Kivu : Lushadu, sur Rosa cultivée, avr. 1960, Hendrickx 4121 (BR). Haut-Katanga : Keyberg, sur feuilles mortes ou vivantes et/ou excrément d’oiseau, déc. 1947, Soyer 170 (BR).

Cosmopolite. Signalé en Afrique de Sierra Leone (Ing, 1967), du Nigeria (Farquharson & Lister, 1916; Ing, 1968), d’Angola (Almeida, 1973, 1974), du Mozambique (Almeida, 1974) et d’Afrique du Sud Doidge. 1950).

Observations

1. La description est basée sur Hendrickx 4121. La récolte est caractéristique pour l’espèce à l’exception des spores qui, tout en ayant une ornementation sporale typique, sont anormalement variables en diamètre, le coefficient de variation s’élevant à 16,2%. Cette variabilité au sein d’une seule récolte est probablement due à une cueillette avant maturité complète des sporocystes.

2. Dans Goossens-Fontana ACB 019 les spores, prises sur des sporocystes à complète maturité, mesurent 8,7-9,38-10,6 µm de diam. (n = 25) et possèdent une ornementation typique. D’autre part, les sporocystes moins mûrs montrent des spores pourvues de quelques groupes de verrues un peu plus réfringentes. Ces groupes de verrues correspondent aux zones de contacts entre spores, lors de leur formation.

2. Diachea bulbillosa (Berk. & Br.) A. Lister, in Penzig, Myxom. Buitenz. : 45 (1898). Fig. 129b-c; Planche XXXIX/3.

Didymium bulbillosum Berk. & Br., Journ. Linn. Soc. 14: 84 (1873).

Fructification d’une grande étendue, formé de très nombreux sporocystes. Sporocystes stipités, 1-1,7 mm de haut, sphériques ou subsphériques, 0,4 mm diam., à péridium très mince, bleu iridescent ou grisâtre, disparaissant avec l’âge, le sporocyste devenant très foncé, noirâtre. Stipe de 0,7-1,2 mm, conique ou subcylindrique, plus long que la masse du capillitium et des spores, légèrement élargi à la base, calcareux, blanc légèrement ocracé, cassant, à surface assez grossièrement granuleuse. Hypothalle très peu développé, blanc, calcareux.

M.O. Columelle n’atteignant pas la mi-hauteur du sporocyste, conique dans sa partie supérieure, blanchâtre, presque incolore ou ocracé très clair par une membrane relativement épaisse, pourvue de cristaux calcaires à l’intérieur. Capillitium assez dense, formé de filaments relativement raides, épais, brun tabac assez foncé, formant de nombreuses anastomoses, devenant plus flexueux, plus fins et plus clairs vers l’extrémité, les extrémités se terminant en longues pointes fines souvent presque incolores. Spores sphériques, 10,7-11,53-13,0 μm de diam. (n = 25), brun assez foncé, ornées d’épines bien différenciées, assez espacées, assez régulièrement réparties sur la surface et presque toujours avec une ou deux épines presque coalescentes et semblant ainsi légèrement plus grandes, plus réfringentes et plus foncées. Stipe à membrane assez épaisse, légèrement ocracée, pourvu à l’intérieur de cristaux calcareux. Péridium finement membraneux, incolore, translucide.

M.E.B. Péridium à face interne lisse ou sublisse. Capillitium sublisse, très finement granulaire. Spores ornées de gros baculums, parfois plus ou moins en pointe au sommet, à surface finement granulée surtout vers le sommet, 0,8-0,9 μm de haut, régulièrement répartis; la surface de la spore sublisse entre l’ornementation.

Distribution

Zaïre. Bas-Congo: Kiala, févr. 1908, Vanderyst s.n. (BR). Haut-Katanga : Kipopo, sur feuilles mortes et brindilles, Muhulu, janv. 1961, Schmitz-Levecq 300 (BR).

Asie orientale et méridionale, Etats-Unis, Amérique centrale, Colombie, Venezuela et Equateur.

Observations

1. Signalée pour la première fois d’Afrique.

2. La description est basée sur Schmitz-Levecq 300. Vanderyst s.n., appartenant indiscutablement à cette espèce par sa macroscopie et son ornementation sporale, a été récolté avant maturité complète des sporocystes et est attaqué partiellement par des moisissures. Toutes les spores sont collapses.

Lamproderma Rost.

Versuch : 7 (1873).

Fructification formée de sporocystes généralement stipités. Sporocystes sphériques ou ovoïdaux, peu allongés. Péridium très mince, membraneux, iridescent, persistant au moins jusqu’à maturité complète. Hypothalle presque toujours développé en forme de disque, transparent, brun rouge. Columelle presque toujours présente, peu développée, cylindracée, presque toujours noirâtre. Capillitium partant de la columelle, surtout de la partie distale de celle-ci, se divisant et faisant des anastomoses ± nombreuses, brun rouge à noirâtre, souvent presque incolore aux extrémités près de la périphérie. Spores sphériques, toujours ornées, à ornementation très variée, verruqueuses, épineuses, diversement réticulées, en masse toujours de couleur foncée, brun à noirâtre. Espèce-type : Physarum columbinum Pers.

Clé des espèces

1. Spores plus petites que 10 μm :

2. Filaments du capillitium primaire à base très claire, partant en nombre assez grand du sommet de la columelle; spores ornées de verrues, bien différenciées, régulièrement réparties .... 1. L. scintillans

2. Filaments du capillitium primaire ne présentant pas une zone incolore à la base; columelle se divisant en quelques grands axes; spores ornées de verrues bien différenciées ............. 2. L. aff. arcyrioides

1. Spores plus grandes que 10 μm :

3. Spores peu épineuses à verruqueuses, les éléments d’ornementation jusqu’à 0,5 µm de haut; sporocystes 0,5-1 mm de diam., 2-3 mm de haut ........................... 3. L. columbinum

3. Spores assez fortement épineuses à épines atteignant 1 μm env.; sporocystes 0,3-0,5 mm de diam., jamais beaucoup plus grand que 1 mm ............. 4. L. muscorum

1. Lamproderma scintillans (Berk. & Br.) Morgan, Journ. Cinc. Soc. Nat. Hist. 16: 131 (1894). Fig. 130c-d; planches XXXIX/9.

Stemonitis scintillans Berk. & Br., Journ. Linn. Soc. 15 : 84 (1876).

Fructification composée d’un grand nombre de sporocystes en groupe lâche. Sporocystes stipités, 2 mm de haut, sphériques, 0,4 mm diam., à péridium restant longtemps attaché, grisâtre luisant et iridescent, brun foncé après la disparition du péridium. Stipe jusqu’à 1,6 mm, élancé, grêle mais rigide, devenant très légèrement plus étroit vers l’apex, noirâtre, luisant. Hypothalle peu développé, mince, transparent, brun rougeâtre.

M.O. Columelle cylindrique, atteignant presque la moitié du sporocyste, à sommet tronqué, opaque, brun très foncé, noirâtre. Capillitium partant presque exclusivement du sommet de la columelle, présentant un nombre restreint de grandes branches (6-8), brun clair à presque incolore à leur base, se divisant assez régulièrement en de nombreuses branches raides, orientées radialement, brun foncé noirâtre, montrant relativement peu d’anastomoses, se divisant vers l’extrémité en de nombreuses pointes raides et très fines à extrémités presque incolores, translucides. Spores foncées, sphériques, 7,7-8,13-8,5 μm de diam., pourvues d’une ornementation foncée, formée de verrues relativement grandes, assez denses, régulièrement dispersées, brunes. Stipe cylindracé, opaque, très foncé, noirâtre. Hypothalle assez épais, s’amincissant vers les bords, brun rouge au centre, devenant brun roux, ocracé et presque incolore translucide vers les bords.

M.E.B. Péridium à face interne sublisse. Capillitium sublisse ou finement ruguleux. Spores ornées d’éléments coniques à surface un peu irrégulière, les éléments assez espacés, jusqu’à 0,3 μm de haut et 0,3 µm de large à la base; surface sublisse ou très finement ruguleuse entre l’ornementation.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre oriental: volcan Sabynio, sur feuilles vivantes et mortes, alt. 2820 m, juil. 1974, Van der Veken 10424 (GENT, prép. micr. BR).

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Lwiro, domaine de l’IRSAC, sur débris de végétaux, dans une végétation secondarisée, mars 1972, Rammeloo Z96 (GENT, prép. perm. BR).

Probablement cosmopolite, plus fréquent dans les zones tempérées de basse altitude (Kowalski 1970: 633). En Afrique signalé d’Afrique du Sud (Duthie, 1917; Doidge, 1950) et de l’Angola (Almeida, 1974).

Observation

La description est basée sur Van der Veken 10424. Rammeloo Z96 a été récolté avant la maturité complète des sporocystes, ceux-ci étant encore complètement blancs. Les spores de cette récolte montrent une énorme variation dans le diamètre des spores, mais est sinon typique pour l’espèce.

2. Lamproderma aff. scintillans (Berk. & Br.) Morgan, Journ. Cinc. Soc. Nat. Hist. 16: 131 (1894). Fig. 130b.

Fructification composée d’un petit nombre de sporocystes en groupe lâche. Sporocystes stipités, 0,8-1,0 μm de haut, sphériques, 0,4 mm de diam., péridium iridescent, jaunâtre ou bleuâtre, disparaissant très vite; brun assez clair après la disparition du péridium. Stipe élancé, 0,4-0,6 mm, noirâtre luisant. Hypothalle assez nettement développé, incolore transparent à la marge, progressivement brun foncé et noirâtre vers la base du stipe.

M.O. Columelle atteignant presque la moitié du sporocyste, s’amincissant vers le sommet, conique au sommet, opaque, brun foncé noirâtre. Capillitium partant surtout du sommet de la columelle, beaucoup moins de la base du sporocyste, à branches se divisant assez régulièrement et orientées radialement vers la périphérie du sporocyste, montrant peu d’anastomoses, un peu onduleux, à extrémités pointues, brun foncé, un peu plus clair vers la base. Spores sphériques, 7,1-7,80-8,5 μm de diam., gris brun assez clair, à verrues foncées, très nettes et très régulièrement dispersées. Stipe s’amincissant vers le sommet, noirâtre opaque. Hypothalle assez épais, s’amincissant vers les bords, brun rouge au centre, plus clair et presque incolore translucide vers les bords.

M.E.B. Spores ornées d’éléments coniques à surface assez régulière, assez denses, régulièrement répartis, 0,4 μm de haut, 0,4 μm de large à la base.

 

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : Gasiza, sur feuilles mortes et sur souche pourrissante d’Eucalyptus, juil. 1974, Van der Veken 10303b (GENT. prép. perm. BR).

Observations

1. Ce n’est qu’avec un certain doute que nous rattachons cette récolte à L. scintillans. Pour être typiquement L. scintillans, la base du capillitium près de la columelle devrait être plus claire, le capillitium moins anastomosé vers la périphérie et moins implanté le long de la columelle.

2. Il est absolument nécessaire de disposer de plus de matériel de Lamproderma de la zone afro-alpine pour en saisir la variabilité et pour pouvoir mieux caractériser les espèces.

3. Lamproderma columbinum (Pers.) Rost., in Fuckel, Jahr. Nass. Ver. Nat. 27-28: 69 (1873). Fig. 130a, 131; planche XL/7.

Physarum columbinum Pers., Ann. Bot. Usteri 15: 5 (1795).

Lamproderma iridescens (Berk.) Rost., Mon. App. : 25 (1876).

Lamproderma brevipes (G. List.) Meylan, Bull. Soc. Vaud. Sci. Nat. 56: 322 (1927).

Lamproderma subglobosum (Meylan) Meylan, Bull. Soc. Vaud. Sci. Nat. 56: 322 (1927).

Fructification composée d’un assez grand nombre de sporocystes en groupe lâche ou plus ou moins groupés. Sporocystes typiques stipités, localement substipités ou sessiles, les typiques 1,9-2,7 mm de haut, obpiriformes à sphériques, de 0,5-0,9 mm de diam., à péridium restant longtemps attaché, brun bleuâtre, bronzé iridescent. Stipe 1,2-1,8 mm, long, exceptionnellement très court ou nul, s’élargissant un peu vers la base, noirâtre, luisant, légèrement ridé-sillonné en longueur (× 50). Hypothalle présent, plus ou moins étendu, noirâtre opaque.

M.O. Columelle grossière, longue, dépassant nettement la mi-hauteur du sporocyste, courtement conique au sommet, opaque. Capillitium naissant sur toute la longueur de la columelle; brunâtre foncé et noir à la base, denses, à filaments se divisant régulièrement et à extrémités pointues courtes, celles-ci reliées entre elles à la partie basale du sporocyste en un réseau de surface fortement incomplet, fréquemment pourvu de petites nodosités; branches plus épaisses à leur base, au sommet de la columelle. Péridium restant longtemps attaché au sporocyste, de couleur terne, brun un peu fumé, légèrement marbré. Spores 12,5-13,58-14,7 µm de diam. (n = 25), de couleur homogène, brun assez foncé, à ornementation épineuse bien différenciée, assez dense; épines de diamètre assez variable. Stipe s’élargissant vers la base, noir, opaque, en coupe optique à contour un peu irrégulier. Hypothalle membraneux, brun foncé, progressivement brun assez clair et partiellement translucide vers la marge.

M.E.B. Péridium à face interne légèrement rugueuse. Spores à ornementation assez dense, formée de baculums de 0,7 × 0,2-0,3 µm, à sommet un peu irrégulier.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental: Volcan Sabinyo, alt. 2820 m, sur bois pourri de Philippia, juil. 1974, Van der Veken 10418 (GENT, prép. perm. BR).

Observation

Suivant Kowalski (1970: 662), cette espèce se rencontre dans les forêts de résineux des Etats-Unis et de l’Europe. Elle a été signalée d’Algérie, de Colombie britannique, du Maroc, du Népal, du Pakistan et de Tasmanie. Suivant cet auteur, elle est probablement cosmopolite dans les forêts de résineux de basse altitude. D’Afrique centrale elle est signalée ici pour la première fois.

4. Lamproderma aff. scintillans (Berk. & Br.) Morgan, Journ. Cinc. Soc. Nat. Hist. 16: 131 (1894). Fig. 130e.

Fructification composée d’un grand nombre de sporocystes en groupe lâche. Sporocystes stipités, 1,4-1,8 mm de haut, ellipsoïdes à sphériques, 0,5-0,7 mm de diam., à péridium restant longtemps attaché, cuivre verdâtre iridescent; brun foncé mat après la disparition du péridium. Stipe 0,9-1,1 mm, élancé, un peu plus large vers la base, noirâtre luisant, légèrement ridé-sillonné en longueur (× 50). Hypothalle net, mais petit, brun foncé noirâtre.

M.O. Columelle cylindrique, n’atteignant pas la mihauteur du sporocyste, obtuse, opaque, noirâtre. Capillitium partant presque exclusivement du sommet de la columelle, brun relativement clair à la base, pour le reste brun foncé noirâtre, à éléments rigides, présentant peu d’anastomoses, se terminant en pointes longues. Spores 10,4-11,73- 12,5 µm (n = 25), subglobuleuses, brunâtre assez foncé un peu violacé, plus foncé sur un hémisphère, à ornementation nettement différenciée, épineuse. Stipe s’élargissant légèrement vers la base, opaque, noirâtre. Hypothalle membraneux, brun foncé, progressivement brun assez clair et partiellement translucide vers la marge. Péridium présentant une petite collerette restant attachée au stipe à la base du sporocyste.

M.E.B. Péridium à face interne finement granuleuse, à granules ne dépassant pas 0,2 µm de diam. Capillitium finement et parfois un peu irrégulièrement granuleux. Spores à ornementation assez dense et régulière, formée de baculums de 0,7-0,3 μm, lisses à surface un peu irrégulière, à sommet souvent irrégulier ou un peu diverticulé.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental : volcan Sabinyo, alt. 3250 m, sur feuilles mortes de Dendrosenecio, juil. 1974, Van der Veken 10385 (GENT, BR).

Observation

Cette récolte se rapproche de L. scintillans par sa columelle obtuse, courte et par son capillitium pâle à la base, presque exclusivement issu du sommet de la columelle. Elle en diffère par ses spores plus grandes, à ornementation un peu plus prononcée, son capillitium moins dense, son péridium laissant une collerette au sommet du stipe. Au début nous avons cru rattacher cette récolte, avec un certain doute, à L. muscorum (Lév.) Hagelstein. Pour cette dernière espèce, les sporocystes sont un peu trop vigoureux, la columelle un peu trop courte, la base du capillitium trop claire. D’autre part, les dimensions des spores et l’ornementation sporale correspondent mieux avec L. muscorum qu’avec L. scintillans.

Stemonitis Roth

Mag. Bot. Römer et Usteri 1 (2) : 25 (1787).

Sporocystes allongés, cylindriques, stipités, en groupe plus ou moins dense mais toujours bien individualisés, bruns ou noirâtres. Hypothalle généralement bien développé, souvent commun aux sporocystes d’un groupe. Stipe grêle, luisant, noirâtre. Columelle atteignant presque toujours le sommet du sporocyste. Capillitium implanté tout au long de la columelle, se divisant et s’anastomosant plusieurs fois vers la périphérie, relié à un réseau de surface à mailles anguleuses, ± fines, presque toujours présent jusqu’au sommet du sporocyste; brun ou noirâtre. Péridium disparu à maturité. Spores sphériques, libres ou très exceptionnellement agglomérées en petit groupe, brun rougeâtre, brun violacé, brun ferrugineux ou brun noirâtre en masse, parfois très claires en lumière transmise, ornées de verrues, d’épines ou d’un réseau. Espèce type : Stemonitis fusca Roth.

Clé des espèces

1. Spores lisses ou verruqueuses à verrues ± régulièrement dispersées, jamais disposées en réseau :

2. Sporocystes généralement plus grands que 10 mm; mailles du réseau de surface grandes, 17-25 μm, en moyenne; réseau souvent formé d’éléments aplatis; capillitiums primaire et secondaire très peu développés; spores 6,4-7,2 μm de diam., en moyenne ............................. 5. S. splendens

2. Sporocystes plus petits que 10 mm; s’ils sont plus grands, alors à mailles du réseau de surface petites, 8,9-13,5 μm, en moyenne; capillitiums primaire et secondaire bien développés :

3. Spores à ornementation nette, bien différenciée, verruqueuses en M.O., mesurant en moyenne 6,5-7,0 µm de diam.; sporocystes brun clair; stipe atteignant 1/3 de la hauteur totale du sporocyste; fructifiant souvent sur des plantes vivantes ............................ 3. S. herbatica

3. Spores presque lisses en M.O., 4,9-6,0 μm de diam., en moyenne :

4. Sporocystes petits, 6 mm de haut env., en petit groupe, ferrugineux très pâle; spores n’excédant pas 5,2 µm de diam. (4,9 en moyenne); réseau de surface très fin, à mailles petites, 8,9 µm de diam., en moyenne ....... 4. S. smithii

4. Sporocystes plus grands, 7-9 mm de haut env., en groupe plus grand ou en plusieurs petits groupes, ferrugineux clair; spores plus grandes que 4,9 μm (5,3 à 6,0, en moyenne); réseau de surface à mailles plus grandes, 13-15 μm de diam., en moyenne ................................1. S. axifera

1. Spores ornées d’un réseau ou à verrues disposées en réseau (observation à l’immersion nécessaire). ................ 2. S. fusca

1. Stemonitis axifera (Bull.) Macbr., N. Am. Slime-Moulds: 120 (1889).Fig. 132a-b, 133a-c, 134a-b.

Trichia axifera Bull., Hist. Champ. Fr. : 118 (1791).

Stemonitis ferruginea Ehrenb., Sylvae Myc. Berol. : 25 (1818).

Fructification composée de plusieurs petits groupes denses de sporocystes. Sporocystes stipités, 7-9 mm de haut, cylindriques ou légèrement fusiformes, droits ou légèrement courbés, brun assez foncé (entre 7F6 et 7E6). Stipe ± cylindracé, 2-3 mm, noirâtre, luisant. Hypothalle commun aux sporocystes d’un groupe et ne le dépassant que fort peu, incolore translucide ou légèrement brunâtre, membraneux très fin.

M.O. Columelle atteignant l’apex du sporocyste, raide et relativement épaisse jusqu’en haut. Capillitiums primaire et secondaire abondants, relativement flexibles, formant de nombreuses anastomoses, parfois avec des petits élargissements membraneux, brun foncé un peu noirâtre, beaucoup plus clairs dans les éléments fins ou membraneux. Réseau de surface bien développé, ± incomplet au sommet du sporocyste, à mailles anguleuses de diamètre assez irrégulier, 7,5-13,6-15,4-32 μm de diam., finement et courtement épineux. Spores brun assez foncé en masse, 4,9-5,32-5,99-6,2 μm de diam. (n = 50), brunâtre ± foncé, sublisses ou finement et irrégulièrement verruqueuses, à l’immersion.

M.E.B. Capillitium et réseau de surface lisse ou tout au plus finement poudrée. Spores ornées de façon assez irrégulière; ornementation formée de verrues parfois coalescentes ou de baculums bas, jusqu’à 0,25 μm de haut. Surface finement scrobiculée, entre les éléments de l’ornementation.

Distribution

Rwanda. Afro-montagnard centre-oriental: Gasiza, alt. 2300 m, sur tronc pourri d’Eucalyptus, oct. 1974, Rammeloo 4957 (GENT, prép. perm. BR); Kinigi, plantation Rops, sur tronc pourri d’Eucalyptus, oct. 1974, Rammeloo 4892 (GENT, prép. perm. BR).

Malawi. — Mwenembwe forest, Nyika plateau, alt. 2350 m, déc. 1981, Rammeloo 8041 (BR).

Zambie. — Manyanjere forest, Nyika plateau, alt. 2140 m, déc. 1981, Rammeloo 8097 (BR).

Cosmopolite. Signalé en Afrique du Nigeria (Ing, 1968) et du Ghana (Dixon, 1959).

Observations

1. La description est basée sur les deux récoltes rwandaises.

2. Nous avons analysé au M.E.B. un spécimen de S. axifera (BM 2571) et un de S. smithii (BM 2574) de la collection Lister. Notre matériel de S. axifera est très proche du matériel de Lister, aussi bien par sa macroscopie que par sa microscopie, à l’exception de l’ornementation sporale qui se rapproche de celle de S. smithii. Les dimensions des spores cadrent bien avec celles de S. axifera.

3. D’après les ouvrages classiques, S. smithii se distinguerait de S. axifera par des sporocystes plus petits, plus clairs, à spores plus petites. Lors de notre étude sur les Stemonitales de la flore belge (Rammeloo, 1978), nous avons déjà rencontré des difficultés pour distinguer ces deux espèces. Le caractère distinctif le plus net, que nous avons pu mettre en évidence dans le matériel africain, est le diamètre moyen des spores qui atteint 4,7 μm en moyenne pour S. smithii, tandis que la moyenne la plus basse se situe à 5,6 μm pour S. axifera. Une étude approfondie, sortant du cadre de cette flore, pourrait mettre plus de clarté dans ce complexe. Dans la situation actuelle, nous considérons la distinction des deux taxons comme provisoire. Si S. axifera et S. smithii étaient synonymes, ce serait le premier nom qui aurait la priorité.

Tableau 2. Caractères du groupe de Stemonitis fusca

H : hauteur totale du sporocyste en mm. H/h : rapport entre H et la hauteur du stipe. — Col. : couleur de la fructification, les sporocystes vus en masse. Crois. : croissance; G : en grand groupe, P : en petit groupe; d : dense; e : sporocystes espacés. substr. : substrat. diam. : diamètre moyen des spores en μm. diam. m.s. : diamètre moyen des mailles du réseau de surface en μm. m.s./sp. : rapport entre le diamètre des mailles du réseau de surface et le diamètre moyen des spores. n : nombre moyen de mailles du réseau sporal par demi-circonférence. — res : type de réseau des spores : A, réseau bas à murs relativement larges et petites perforations; AAA, réseau grêle à murs hauts et perforations relativement grandes; AA, structure intermédiaire. ex. : excroissances sur les murs du réseau sporal. ep. : réseau de surface épineux; 0, nul; 1, faible; 2, net. F/C : couleur du sporocyste et des spores; F, foncé; C, clair.

 

 

Sporocystes : macroscopie

 

 

 

M.O. et M.E.B.

 

 

 

 

H

H/h

Col.

Crois.

Substr.

diam. sp.

diam. m.s.

m.s. sp.

n

res.

ex.

ep.

F/C

Stemonitis fusca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Staner 391

11-12

1,8-2,3

6F4

G d

écorce

6,5

8,0

1,2

8,6