Flore illustrée des Champignons d’Afrique centrale

Fascicule 16

 

Russula II (Russulaceae) 

par B. Buyck (décembre 1994) : 411-539, pl. 69-87


Planches


 

Sect. Constantes Sing.

Hedwigia 66: 176 (1926)

Chapeau de couleur variée, mais principalement rouge à violacé, pâlissant ou verdissant parfois par endroit. Stipe souvent teinté de la même couleur que le chapeau. Chair blanchâtre et immuable, rarement jaunissante ou brunissante, fragile ou ferme. Sporée pâle à nettement colorée. Spores à plage amyloïde.

Ce groupement qui a été créé dans une des premières classifications du genre, est repris ici pour réunir deux sous-sections dont les espèces africaines ont une chair immuable, les opposant ainsi aux autres espèces africaines d’apparence parfois semblable sur le terrain mais à chair changeante et qui sont placées ici dans les sections Polychromae Mre et Crassotunicatae Sing.

La section des Constantes a été élargie pour renfermer aussi les Xerampelinae Sing., malgré leur chair souvent brunissante, au moins dans le stipe, car nous croyons que ces espèces sont en Afrique, comme les espèces des Constantes s.S., intimement apparentées à la section Fistulosae (Buyck, 1989 inéd.).

Synopsis des sous-sections

Revêtement piléique composé d’extrémités à articles qui sont, par leur forme, bien différenciés des hyphes sous-jacentes ; chair à réaction verdâtre au FeSO4 ........................... Xerampelinae (p. 418)

Revêtement piléique composé d’extrémités peu différenciées, un plus densément septées et ramifiées que les hyphes sous-jacentes ; chair à réaction exceptionnellement verdâtre au FeSO4 .................................................... Sardoninae (p. 411)

Subsect. Sardoninae Sing.

Beih. Bot. Centralbl. 49: 238 (1932)

Chapeau pourpre ou rouge, rarement partiellement ou entièrement verdâtre ou ocracé. Stipe souvent teinté des mêmes couleurs que le chapeau. Chair douce à faiblement âcre (nettement âcre en régions tempérées). Sporée crème à ocre.

Espèce type: R. sardonia Fr.

Synopsis des espèces

1. Chapeau et stipe pourpre violacé, parfois se décolorant en vert ocracé à blanchâtre :

2. Chapeau jusqu’à 7 cm diam.; chair âcre, gris rosâtre au FeSO4; ornementation sporale jusqu’à 1 µm de haut ....................................... 38. R. purpureomutabilis

2. Chapeau dépassant largement 7 cm diam.; chair subdouce, verdâtre au FeSO4; ornementation sporale jusqu’à 1,5 µm de haut .......... 37. R. porphyrocephala

1. Chapeau rouge carmin à rouge foncé ; stipe concolore ou plutôt violacé, toujours sans teintes verdâtres:

3. Chapeau jusqu’à 5 cm diam.; stipe nettement rouge; surface des spores très subtilement ruguleuse entre les ornements et légèrement grisonnant au Melzer ........... 36a. R. congoana var. congoana

3. Chapeau dépassant 5 cm diam.; stipe seulement lavé de rouge; surface des spores lisse entre les ornements :

4. Ornementation sporale composée de longs éléments cylindracés à coniques, connexés ou localement confluents .......................... 35. R. bururiensis

4. Ornementation sporale surtout composée de crêtes et d’éléments convexes à hémisphériques ou coniques ................ 36b. R. congoana var. djongoensis

35. Russula bururiensis Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 474 (1988). Fig. 258, planche 69/1.

Chapeau assez fragile, env. 6 cm diam., largement déprimé au centre; marge brièvement et légèrement striée; revêtement séparable, humide et collant au centre, légèrement graisseux au toucher, lisse, rouge vif (10-11B8), un peu plus pâle au centre. Stipe env. 3 × 0,5-0,7 cm, subcylindracé, s’amincissant graduellement vers la base, légèrement ridulé, blanchâtre mais lavé de rouge par une subtile ponctuation concolore au chapeau, aminci et presque radicant à la base, vermoulu-creux. Lamelles adnées à sublibres, assez denses (10/cm à la marge), 0,5-0,6 cm de large, égales, minces, un peu lardacées, crème (±3A2-3); arête concolore, entière. Chair blanchâtre, faiblement rougeâtre sous le revêtement piléique; odeur intense, fruitée; saveur peu remarquable, subdouce. Sporée non observée. Exsiccatum à chapeau rouge orangeâtre (9 BCD 5-8) à rouge violacé (10 BCDE 6-8); stipe rose orangeâtre (8B4-6); lamelles ocrées (4A2-4).

FeSO4: réaction nulle.

Spores ellipsoïdes, (6,5)6,6-7,43-8,2(8,5) × 5,9-6,42-7,0 µm (Q = 1,07-1,16-1,24; n = 20), assez densément ornées de crêtes parfois simples mais généralement ramifiées, assez épaisses ou minces, puis aussi de forts éléments subconiques, hémisphériques ou convexes, subtilement connexés, rarement isolés; le tout formant un réseau ± complet et fortement amyloïde; plage lisse, ellipsoïde à arrondie, faiblement à nettement amyloïde, rayonnante à arachnoïde aux bords. Basides 39-53 × 10-12 µm, clavées à piriformespédicellées, tétrasporiques ; stérigmates 4-5 × 1,5-2 µm. Cystides assez nombreuses, 60-80(120) × (7)10-16 µm, cylindracées (surtout près de l’arête), clavées à fusiformes — pédicellées, généralement appendiculées ; contenu pailleté assez abondant, à peine réagissant à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées, très petites et immergées parmi les autres éléments marginaux, très grêles, subulées, parfois bifides, ± huileux-réfringents. Revêtement piléique pratiquement orthochromatique au bleu de crésyl, formé d’hyphes emmêlées, 2-3 µm diam., montrant çà et là des fragments à contenu huileux-réfringent; suprapellis peu différencié, composé des extrémités à peine différenciées des hyphes du subpellis mais un peu plus densément septées, formant des articles brièvement cylindracés, 3-6 µm diam., peu ramifiés; l’article terminal obtus, parfois légèrement aminci vers le sommet, occasionnellement conique à ampullacé; piléocystides dispersées, parfois couchées-affleurantes à la surface piléique, très longues, près de la surface jusqu’à 100 µm de long et 5-8 µm de large, dans le subpellis beaucoup plus longues encore, fusiformes-pédicellées, cylindracées ou en cigare, parfois clavulées, obtuses et typiquement un peu étranglées subapicalement, à paroi mince; contenu pailleté, abondant. Revêtement du stipe semblable à celui du chapeau, à extrémités mieux différenciées et plus volumineuses; l’article terminal plus versiforme. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi.- Mosso-Malagarasi: Mugara, Bururi, isolé dans une mosaïque de végétation secondaire et de forêt claire à Brachystegia, 02-1979, Rammeloo 6644 et icon. phot. (holotype BR).

Zaïre.- Forestier central: Kipopo, en forêt claire, 12-1971, Thoen 5088 (BR); ibid., pelouse à Paspalum ± arborée, 12-1972, Thoen 5559 (BR).

Observations

1. La description est entièrement basée sur le type qui est composé de plusieurs carpophores bien conservés. Les récoltes de Thoen n’ont bénéficiées que de quelques notes sommaires; les dimensions des spores sont assez concordantes:

Thoen 5088: 7,6-8,02-8,4 × 6,1-6,61-7,1 µm (Q = 1,16-1,21-1,24)

Thoen 5559: 7,6-8,17-8,6 × 5,9-6,42-7,0 µm (Q = 1,08-1,19-1,27)

2. Toutes ces récoltes diffèrent de R. congoana surtout par les dimensions plus grandes des carpophores, le stipe plus pâle, l’absence de grisonnement de la paroi sporale entre les ornements et par les basides, cystides et dermatocystides plus longues. La diapositive reproduite sur la planche 69/1 montre aussi des lamelles moins jaunes que dans R. congoana. Les couleurs plus pâles des exsiccata de R. bururiensis semblent aussi confirmer sa séparation de R. congoana.

36. Russula congoana Patouillard, Bull. Soc. mycol. France 30: 336 (1914).

36a. - var. congoana Fig. 259, 260a,b,c, planche 69/2.

Chapeau assez mince, 3-4,2 cm diam., étalé et légèrement déprimé au centre; marge fortement striée, parfois finalement déchirée; revêtement humide et collant, rouge vif (10C8) à rouge sombre. Stipe rigide, 4 × 0,8-1,5 cm, subcylindracé, évasé dans le haut, lisse, rougeâtre (9A5), plein puis creux. Lamelles adnées-subdécurrentes, serrées, s’atténuant surtout vers la marge, crème (4A3) à reflet jaunâtre (5A3) en vue oblique; arête concolore au chapeau. Chair blanche; odeur fruitée, agréable ; saveur douce à brièvement piquante. Sporée non obtenue. Exsiccatum à chapeau pourpre violacé (11 DEF 6-8), plus pâle vers la marge (11 BC 4-6); stipe rose violacé (9A5-6).

Spores ellipsoïdes, parfois ± oblongues ou larmiformes, 8,9-9,45 -10,2 × 7,6-8,12-8,6(8,9) µm (Q = 1,11-1,16-1,22; n = 20), assez densément ornées de fortes crêtes plutôt épaisses, partiellement amyloïdes en coupe optique, atteignant 1,5(2) µm de haut, ramifiées, parfois simples, localement connexées par de subtils connectifs, avec quelques ornements coniques, obtus, isolés; le tout fortement amyloïde; les crêtes souvent élargies par des plages latérales faiblement amyloïdes du myxosporium granuleux, typiquement la surface entière de la spore nettement grisonnant dans le Melzer; plage large, nettement amyloïde, épaisse, ellipsoïde à assez irrégulière, rayonnante au bord. Basides 32-40 × 12-15(17) µm, piriformes, relativement volumineuses, tétrasporiques, 5-7(8) × 2-2,5 µm. Cystides assez nombreuses, 45-65(80) × 8-12(15) µm, légèrement émergentes, clavées-fusiformes à cylindracées, capitées, à paroi très légèrement épaissie ; contenu abondant, pailleté-guttulé, grisonnant à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées. Revêtement piléique orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes grêles, serrées, légèrement écartées par gélification, env. 2-4 µm diam.; suprapellis peu différencié, composé d’extrémités dressées, à paroi parfois légèrement métachromatique au bleu de crésyl, contenant un pigment vacuolaire se présentant comme une multitude de guttules orangeâtres, composés d’articles courtement cylindracés, 3-5 µm diam., parfois montrant quelques petits diverticules aigus latéraux ; piléocystides généralement nombreuses, ascendantes du subpellis, non cloisonnées, très différenciées par leur taille et leur contenu pailleté abondant, mesurant en général 35-200 × 4-8 µm, mais beaucoup plus longues encore pour les dermatocystides entièrement immergées dans le subpellis, également présentes dans la trame, cylindracées, clavulées, fusiformes-pédicellées, obtuses ou légèrement étranglées en large capitule, à paroi mince. Revêtement du stipe de structure comparable, mais plus lâche et plus mince. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi.- Mosso-Malagarasi: à quelques km N de Rumonge, E. du lac Tanganyika, terricole en pente pierreuse, 12-1976, Dossin 71 (BR).

Congo Brazzaville Forestier central. Kaga M’bra, 06-1912, Baudon 1666 (holotype FH).

Zaïre.- Haut-Katanga: Kipopo, dans un restant de forêt claire sous Erythrina et Brachystegia, 12-1971, Thoen 5141 (BR); ibid., en forêt claire, 01-1973, Thoen 5563 (BR); ibid., id., 12-1973, Thoen 5580 (BR); ibid., en savane boisée à Acacia campylocantha, 01-1973, Thoen 5601 (BR); ibid., en forêt claire, 12-1960, Schmitz-Levecq 183/a-b, Schmitz-Levecq 248 (BR); Kafuber, sur le sol de la forêt claire dégradée, 02-1986, Schreurs 1003 et icon. phot. (BR); Keyberg, en forêt claire, 12-1947, Soyer 169a (BR).

Tanzanie (Pegler, 1977).

Observations

1. La description est entièrement basée sur Schreurs 1003. Pour les autres récoltes les dimensions sporales sont résumées dans le tableau :

type

8,2-8,94 -9,7

x 6,8-7,28-7,9 µm

Q = 1,12-1,23-1,30

Soyer 169a

8,7-9,20-9,8(9,9)

x 7,2-7,87-8,5 µm

Q = 1,12-1,17-1,20

Thoen 5141

8,8-9,36-10,1

x 6,8-7,45-8,0 µm

Q = 1,17-1,26-1,36

Thoen 5563

8,3-8,86-9,5(9,6)

x 6,8-7,57-8,3(8,5) µm

Q = 1,10-1,17-1,26

Thoen 5601

8,5-9,17-10,1

x 7,1-7,69-8,3 µm

Q = 1,10-1,19-1,30

 

2. Les données macroscopiques pour le type s’accordent entièrement avec Schreurs 1003 sauf que la sporée a été décrite comme ocre. Au niveau microscopique, les basides sont plus petites, 23-30 × 10-14 µm; pour les dimensions des principaux autres types de cellules nous avons obtenu les mesures suivantes:

cellules marginales .................................... 20-35 × 9-13 µm

cystides ................................................ 40-60(70) × 10-14 µm

piléocystides (suprapellis) ........ 30-100(150) × 5-6(8) µm

3. Un caractère qu’on retrouve dans toutes les récoltes zaïroises est la surface sporale souvent ruguleuse-amyloïde entre les ornements. Ce caractère est malheureusement absent dans le type. Ce grisonnement n’a pas été observé dans les autres taxons des Sardoninae et est très exceptionnel au sein du genre.


36b.
var. djongoensis Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 474 (1988). — Fig. 260d, planche 72/3.

diffère du var. type par le stipe moins coloré, lavé de carmin seulement vers sa base, par les spores ornées d’éléments hauts, grêles et presque aigus, non reliés en crêtes mais plutôt connexés, localement caténulés, 7,7-8,16-8,5 × (6,3)6,6-7,11-7,5 µm (Q= 1,10-1,15-1,28; n = 20).

Distribution

Zaïre.- Forestier centrai. Binga, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 12-1946, Goossens-Fontana 4021 et icon. (holotype BR).

Observation

Cette variété s’insère macroscopiquement entre R. congoana et R. bururiensis, mais possède les spores de R. porphyrocephala. Ses réactions macrochimiques ont été notées par Goossens-Fontana comme suit: teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert intense; FeSO4: réaction rapide, rose carminé; naphtol: réaction rapide, olivâtre; ammoniaque, aniline: réactions nulles.

37. Russula porphyrocephala Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 252 (1989). Fig. 261, planche 69/3.

Chapeau charnu, 10-11 cm diam., étalé et déprimé en soucoupe au centre; marge assez obtuse par les lames qui dépassent souvent la marge piléique brièvement striée; revêtement adné, séparable sur 0,5 cm seulement, lisse, pourpre noirâtre (12F8-5) au centre et tacheté de brun ferrugineux (4C6-8), pâlissant à mi-rayon, puis, de nouveau plus sombre vers la marge. Stipe ferme, 10,5-11,5 × 2-2,6 cm, cylindracé, un peu courbé dans la partie inférieure, lisse, ridulé dans sa longueur, rouge rosâtre (10A4-6, localement même 10A6-7), plus pâle sous les lamelles, plus foncé (12C2-5) dans la moitié inférieure; l’extrême base dure, brun ferrugineux. Lamelles sublibres, cassantes, égales, assez obtuses vers la marge, 1,6 cm de large, peu serrées (5-6/cm près de la marge piléique), interveinées contre le chapeau; arête brunissant au toucher, près de la marge parfois liserée de rouge violacé. Chair spongieuse, blanche immuable, rosâtre sous le revêtement piléique; saveur douce ou très légèrement âcre; odeur nulle. Sporée blanche. Exsiccatum à chapeau pourpre violacé très foncé (11-12 EF 5-8) vers le centre, localement décoloré en brunâtre ferrugineux (6 DE 4-6); stipe lavé de rose grisâtre (10 BC 4-6).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, vert bleu (25E8); FeSO4: réaction très faible, verdâtre. Phénol: rosâtre (10E2), puis fonçant. Sulfovanilline: réaction verdâtre (28C7), puis jaune.

Spores ellipsoïdes,7,7-8,11-8,5 × 6,7-7,04-7,5 µm (Q = 1,10-1,15-1,20; n = 20), assez densément ornées d’éléments étroitement coniques à presque cylindracés, atteignant 1-1,5 µm de haut, isolés, localement jumelés, reliés par des tractus très subtils en un réseau partiel ; plage nettement amyloïde, large. Basides 35-45 × 11-14 µm, piriformes-clavulées, près de l’arête souvent sphéropédonculées, bi- à tétrasporiques, à contenu guttulé abondant; stérigmates longs et assez grêles, 7-10 × 1,5-2,5 µm. Cystides très nombreuses et très apparentes, surtout près de l’arête, affleurantes à longuement émergentes, généralement 60-120 × 8-13 µm, plus petites près de l’arête, subfusiformes, obtuses-arrondies ou assez abruptement rétrécies en un appendice grêle de longueur très variable (plus grande dans les cystides les plus petites) ou boutonnées; paroi orthochromatique au bleu de crésyl, généralement fortement épaissie, atteignant 3(5) µm d’épaisseur, s’amincissant vers les extrémités, subtilement incrustée-zébrée vers le bas, à contenu pailleté abondant. Cellules marginales peu ou pas différenciées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes entremêlées, peu gélifiées, parfois jusqu’à 5 µm de large contre la trame, s’amincissant vers la surface piléique jusqu’à 2-3 µm diam.; suprapellis émettant des extrémités ramifiées, grêles, 2-3 µm diam., à paroi mince, formées d’articles cylindracés, parfois ± tortueux et çà et là rétrécis; l’article terminal obtus ou subcapité; piléocystides dispersées, 50-150 × 4-7 µm, ascendant dans le suprapellis ou restant immergées dans le subpellis et alors nettement plus longues, aussi présentes dans la trame, fusiformes-pédicellées à clavulées, à paroi légèrement épaissie et subtilement incrustée vers le bas; contenu pailleté abondant. Revêtement du stipe à suprapellis composé des mêmes éléments que le revêtement piléique mais plus lâche, ne formant pas un trichoderme, émettant des extrémités dispersées et non agglomérées en touffes, et de très nombreuses caulocystides. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: 5 km NNE de Batiabongena, près de Kisangani, dans un restant de la forêt primaire, 04-1984, Buyck 1335 et icon. phot. (holotype BR).

38. Russula purpureomutabilis Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 253 (1989). Fig. 262, planche 70/1.

Chapeau charnu, jusqu’à 7 cm diam., d’abord convexe à sommet aplati-déprimé, puis étalé et déprimé en soucoupe au centre; marge longtemps enroulée, onduleuse-lobée, non striée; revêtement séparable jusqu’à mi-rayon, lisse, finement tomenteux sous la loupe, visqueux par l’humidité, de couleur pâle beige ocracé (4A3-5) à olivâtre pâle (3 BC 3-4) lavé de rose carminé (9 ABC 3-4, 10 AB 5-6, 12A2-4), parfois de couleur pourpré violacé (11-12 DE 6-8, 13-14 F 5-8), localement décoloré. Stipe ferme, 4,2-5,6 × 1,2-2 cm, cylindracé, lisse, ridulé dans sa longueur, blanc lavé de rose violacé (11A3), plein. Lamelles adnées-subdécurrentes, assez minces, 0,6-0,7 cm de large, fortement amincies vers les extrémités, serrées, fourchues près du stipe, blanches, puis crème blanchâtre; arête ponctuée d’ocre. Chair ferme, blanche, immuable, saveur et odeur âcres et piquantes. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau brun rougeâtre (6 DE 5-7, 6C4-6), pâlissant vers la marge (5 BCD 4-6) ; stipe beige ocracé (4A3-4) plutôt orangeâtre à la base (5B4); lamelles brun gris orangeâtre (6C3), pourpre foncé (11-12EF 5-8) vers le centre, localement décoloré en brunâtre ferrugineux (6 DE 4-6) ; stipe lavé de rose grisâtre (10 BC 4-6).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, vert bleu intense. FeSO4: réaction rapide, gris rosâtre. Phénol: réaction immédiate, pourpre non intense. Ammoniaque, aniline: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, (6,5)6,7-7,31-8,0 × 5,5-5,82-6,0 µm (Q = 1,17-1,26-1,32; n = 20), assez densément ornées d’éléments étroitement coniques à presque cylindracés, atteignant 1 µm de haut, isolés, localement jumelés, reliés par des tractus très subtils en un réseau partiel; plage nettement amyloïde, large. Basides 32-40 × 9-12 µm, piriformes-clavulées à sphéropédonculées, tétrasporiques, à contenu guttulé abondant; stérigmates longs mais assez grêles, 5-8(10) × 1-2 µm. Cystides assez nombreuses et très apparentes, surtout près de l’arête, affleurantes à longuement émergentes, généralement 60-120 × 6-15 µm, plus petites près de l’arête, subfusiformes. obtuses-arrondies ou assez abruptement rétrécies en un appendice grêle de longueur très variable (plus grande dans les cystides les plus petites) ou boutonnées ; paroi pratiquement sans réaction au bleu de crésyl, généralement nettement épaissie (jusqu’à 2-3 µm d’épaisseur), s’amincissant vers les extrémités, subtilement incrustée-zébrée vers le bas; contenu pailleté-guttulé abondant, légèrement grisonnant dans la sulfovaniline. Cellules marginales peu ou pas différenciées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes entremêlées, peu gélifiées, parfois jusqu’à 5 µm de large contre la chair, puis, s’amincissant vers le suprapellis jusqu’à 2-3 µm diam.; suprapellis un trichoderme très dense de poils ramifiés, très grêles, 2-3 µm diam., à paroi très mince, formés d’articles cylindracés, parfois plus ou moins tortueux et çà et là rétrécis; l’article terminal obtus ou subcapité; piléocystides dispersées à assez nombreuses, 8-10 µm diam., de longueur très variable, ascendant parmi les poils du suprapellis ou restant submergées dans le subpellis et alors nettement plus longues, se poursuivant dans la trame, fusiformes à clavées-pédicellées, à paroi légèrement à nettement épaissie et subtilement incrustée vers le bas; contenu pailleté abondant. Revêtement du stipe à suprapellis composé des mêmes éléments que le revêtement piléique mais plus lâche, ne formant pas un trichoderme, émettant des poils dispersés, même pas agglomérés en touffes, et de très nombreuses caulocystides. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, isolé sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 11-1945, Goossens-Fontana 3064 et icon, (holotype BR); ibid., id., 12-1947, Goossens-Fontana 4040 et icon. (BR).

Observations

1. La description est entièrement basée sur le type. Goossens-Fontana 4040 diffère surtout par sa couleur beaucoup plus foncée, mais tout en gardant les mêmes types de couleurs. Les dimensions sporales de Goossens-Fontana 4040: 6,0-6,46-6,9 × 5,2-5,56-5,9 µm (Q = 1,09-1,16-1,23; n = 20).

2. R. purpureomutabilis est extrêmement proche de R. porphyrocephala; leur distinction dépend entièrement des observations de Goossens-Fontana (saveur, taille, réaction au FeSO4), mais semble confirmée par les caractères sporaux.

Subsect. Xerampelinae Sing.

Beih. Bot. Centralbl. 49: 240 (1932)

Carpophores de taille moyenne, assez charnues, de couleur très variée. Chair souvent nettement brunissante, verdissant au FeSO4 ; odeur généralement désagréable de poisson vers la base du stipe (pas notée pour la présente espèce). Revêtements à extrémités des hyphes, en général, très cloisonnées et grêles.

Espèce type: R. xerampelina (Schaeff.)Fr.

39. Russula oinochroa Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 474 (1988). Fig. 263, planche 70/2.

Chapeau assez fragile, 5,4 cm diam., étalé, largement déprimé au centre ; marge légèrement striée, tuberculeuse, ± enroulée ou incurvée; revêtement entièrement séparable, lisse, rouge foncé (10 BC 8-5, 12AC5-6). Stipe 4,5 × 0,9 cm, s’amincissant jusqu’à 0,3 cm à l’extrême base par un rétrécissement assez brusque, subclavulé, blanc, grisonnant au toucher avec des nuances jaunâtres locales, lisse, spongieux. Lamelles blanches (localement 1A2), cassantes, sublibres, env. 0,4 cm de large, s’atténuant vers les extrémités, relativement espacées, anastomosées concentriquement contre le chapeau; lamellules rares; arête entière concolore. Chair blanche, immuable dans le chapeau, grisonnant (4DE2) dans la partie inférieure du stipe, jaunissant au toucher et sous le revêtement dans la partie supérieure du stipe, brunissant aux endroits vermoulus; odeur nulle; saveur douce mais avec des composantes désagréables. Sporée non obtenue. Exsiccatum à chapeau rouge sombre (10A7-8, 9C7-8), pâlissant vers la marge jusqu’à orangé brunâtre (8B6-7); stipe pâle.

Teinture de gaïac: réaction négative (4E après 2 min.). FeSO4: vert brun olivâtre. Phénol, aniline: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 7,2-7,79-8,5 × (5,7)5,9-6,50-7,1 µm (Q = 1,14-1,20-1,25; n = 20), assez densément ornées d’éléments courtement cylindracés à ± coniques, mesurant env. 1 µm de haut, d’autres plus bas et convexes à hémisphériques, assez obtus, généralement reliés par des connectifs très fins en un réseau imparfait, parfois localement jumelés à caténulés et formant ainsi quelques courtes crêtes simples ou ramifiées, avec quelques éléments isolés; le tout fortement amyloïde; plage un peu élevée, arrondie à ellipsoïde, fortement amyloïde, légèrement décurrente sur l’apicule. Basides 23-30 × 10-12 µm, assez trapues, clavulées à piriformes, relativement volumineuses, tétrasporiques, à contenu souvent grossièrement guttulé; stérigmates assez grêles, 4-6 × 1-2 µm. Cystides assez nombreuses, (40)45-60(65) × 7-11 µm, le plus souvent clavulées à subfusiformes, obtuses à mucronées ou appendiculées au sommet, à contenu pailleté-réfringent, réagissant à peine à la sulfovanilline; paroi mince ou très légèrement épaissie. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl ; subpellis formé d’hyphes de 2-4 µm de large, assez peu gélifié, avec quelques fragments à contenu huileux-réfringent ; suprapellis : chevelu dense composé de poils grêles, naissant souvent à plusieurs d’un même article basal, renfermant des granules d’un pigment orangeâtre, à paroi mince et fragile, constitués généralement de 3-5 articles courtement cylindracés, doliiformes à globuleux, 4-6 µm diam., ne dépassant pas 15 µm de long; l’article terminal le plus souvent subulé, nettement plus long, mesurant 20-80 µm, souvent ± sinueux; obtus ou différencié en large capitule, parfois plus bref, ellipsoïde à ampullacé, ressemblant aux autres articles; piléocystides dispersées, 20-70 × 5-7 µm, dressées parmi les poils du suprapellis ou ascendantes du subpellis, parfois entièrement submergées dans le subpellis et très longues, dépassant souvent 150 µm de long, cylindracées à clavulées, largement arrondies au sommet; contenu granuleux-réfringent, en traînées hélicoïdes; paroi mince. Revêtement du stipe peu dense, composé d’hyphes de 2-3 µm diam.; suprapellis formé de petites touffes d’extrémités intriquées et très grêles; l’article terminal subulé, tortueux; caulocystides naissant le plus souvent parmi les poils des touffes, semblables à celles du chapeau. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Yaenero, près de Kisangani, solitaire dans la litière de la forêt primaire, 05-1984, Buyck 1728 et icon. phot. (holotype BR).

Observation

Bien que les Xerampelinae soient un ensemble typique des climats tempérés (aucune espèce est connue des plaines tropicales), R. oinochroa est attribuée à cette sous-section par sa réaction verte au FeSO4, la saveur douce, les extrémités bien différenciés du suprapellis, la présence de dermatocystides non cloisonnées et le jaunissement-brunissement de la chair dans le stipe. Le grisonnement de la chair vers la base du stipe et l’absence d’une odeur prononcée de triméthylamine, par contre, expriment des liens possibles avec d’autres sous-sections des Polychromae (particulièrement les Decolorantes Sing.) mais dans ce cas-ci la teinte des lamelles (et donc probablement aussi des spores) est très pâle.

Sect. Crassotunicatae (Sing.) Sing.

Agaricales in Modern Taxonomy: 813 (1986) emend. Buyck

Sect. Aureotactae Heim, Prodrome à une flore du Madagascar et Dépendances, I. Les Lactario-Russulés du domaine oriental de Madagascar: 121 (1938), nom. inval.

Carpophores petits ou grands, à revêtements souvent épais et contenant parfois des éléments à paroi épaisse (crassotuniqués), en général abondamment cystidiés et avec d’abondantes hyphes vasculaires dans la chair, rarement entièrement acystidiés (Amoeninae). Chair douce, plus rarement âcre, souvent nettement jaunissante, parfois de façon très intense à la coupe ou au toucher, plus rarement faiblement rougissante. Spores le plus souvent à plage non amyloïde.

Espèce type : R. crassotunicata Sing.

Synopsis des sous-sections

1. Carpophores sans cystides à contenu différencié; arête des lamelles munies de cellules stériles ± cylindracées et incolores et de taille supérieure aux basides ...................... Amoeninae (p. 432)

1. Carpophores montrant dans le revêtement du stipe ou du chapeau ou dans l’hyménium des (dermato)cystides à contenu différencié; arête des lamelles jamais munie de cellules subcylindracées, incolores et de taille supérieure aux basides:

2. Chapeau mamelonné, blanc à jaune ou vert, très grand et charnu, à revêtement continu jusqu’à l’extrême marge .......................................... Mamillatinae (p. 422)

2. Chapeau largement déprimé au centre, sans mamelon, de taille moyenne, à revêtement craquelé-aréolé ou se détachant à la marge, généralement ± rouge ou orangeâtre:

3. Chapeau couvert de larges pellicules apprimées; dermatocystides du suprapellis clavées et très volumineuses ............................ Roseovelatinae (p. 420)

3. Chapeau craquelé-aréolé ou pileipellis se détachant à la marge; dermatocystides du suprapellis subulées à coniques .................. Aureotactinae (p. 426)

Subsect. Roseovelatinae Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 208 (1990)

Carpophores plutôt robustes. Chapeau pâle à pellicules apprimées bien différenciées. Chair douce et inodore, probablement faiblement rougissante. Dermatocystides et cystides à contenu jaunâtre-huileux, grisonnant à la sulfovanilline, très volumineuses et très nombreuses. Spores à ornementation très peu différenciée et plage non amyloïde.

Espèce type: R. roseovelata Buyck.

L’aspect macroscopique de l’exsiccatum est tout à fait celui de R. immaculata, sauf pour les pellicules qui sont absentes dans cette dernière. D’autre part, les abondantes et grandes dermatocystides et la mention de la couleur «rose» de la chair (probablement faiblement rougissante) rapprochent R. roseovelata des Aurantiomarginatinae (Polychromae Maire).

40. Russula roseovelata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 209 (1990). Fig. 264.

Chapeau charnu, mou, env. 8 cm diam., d’abord subglobuleux, puis ± étalé et légèrement déprimé au centre; marge non striée, lisse; revêtement probablement séparable, rose, se fissurant en grandes plaques ou pellicules rose-beige apprimées, assez denses au centre piléique, espacées vers la marge. Stipe assez ferme, 6 × 1,5-1,7 cm, subcylindracé, pouvant être aminci ou élargi vers le bas, blanc, spongieux-caverneux. Lamelles libres, s’atténuant vers les extrémités, 0,4-0,5 cm de large, assez serrées, égales, pâles. Chair blanc rosé; odeur et saveur nulles. Sporée non observée sur le frais. Exsiccatum à chapeau jaune ocré (4A5) et pellicules brun orangé (5C6-7 & 6D6-7) bien différenciées et individualisées; stipe blanchâtre sordide; sporée très difficile à juger (trop maigre et sur papier rouge), probablement crème assez foncé.

Spores ellipsoïdes, 6,6-6,96-7,6(8,0) × 5,3-5,67-6,1 µm (Q = 1,17-1,23-1,30; n = 20), à ornementation à peine visible, même dans le Melzer, très densément réticulée à subréticulée; plage non amyloïde. Basides 30-40 × 8-10 µm, grêles, clavulées, tétrasporiques ; stérigmates assez petits, 3-4 × 1-1,5 µm. Cystides nombreuses, 70-200 × 8-12 µm, longuement émergentes, très apparentes et très volumineuses, naissant parfois très profondément dans la trame, clavulées-pédicellées, subcylindracées à subfusiformes, à paroi légèrement épaissie; contenu grossièrement pailleté, très abondant, grisonnant à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl ; subpellis peu gélifié, assez dense, composé d’hyphes d’env. 3 µm diam., parcouru par de nombreuses hyphes oléifères cloisonnées et légèrement renflées aux cloisons et par de très nombreuses dermatocystides; celles-ci mesurant contre le suprapellis par ex. 100-200 × 8-12 µm, plus longues vers et se poursuivant également dans la chair; suprapellis: un trichoderme dense d’extrémités très grêles, mesurant 2-3 µm diam, cylindracées, obtuses ou capitées, renfermant un pigment sous forme de bandes transversales réfringentes; piléocystides dans le trichoderme très nombreuses et très apparentes, mesurant généralement 20-100 × 6-13 µm, clavées, les plus longues aussi subfusiformes, obtuses-arrondies ou nettement capitées, à contenu nettement et grossièrement pailleté; paroi très légèrement épaissie. Revêtement du stipe à subpellis plus mince et suprapellis nettement plus lâche, en petits ilôts mais de structure comparable. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre. — Haut-Katanga: Kipopo, au bord du chemin, 03-1959, Schmitz-Levecq 102 et icon. (holotype BR).

Observation

La description macroscopique est entièrement basée sur un dessin et les notes très sommaires accompagnant l’échantillon.

Subsect. Mamillatinae Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 209 (1990)

Carpophores charnus et souvent très grands. Chapeau blanc, jaune ou vert, grand. Stipe long et massif. Chair généralement grisonnante, localement jaunissante ou rougissante, surtout dans la moitié inférieure du stipe. Revêtement piléique: un trichoderme dense et compact, composé d’extrémités grêles, très tortueuses et irrégulièrement rétrécies; dermatocystides surtout limitées au subpellis et se poursuivant dans la trame, à contenu abondant.

Espèce type: R. Immaculata (Beeli) Dennis

Ce groupement rassemble deux espèces surtout caractérisées par une même composition du revêtement piléique et une même silhouette (grand chapeau ± mamelonné, long stipe). Les différences sont pourtant considérables: couleur du chapeau, altération de la couleur de la chair, amyloïdité de la plage, ornementation sporale et dimensions des structures microscopiques.

Synopsis des espèces

1. Chapeau vert; spores à éléments isolées et plage non amyloïde ............................................... 42. R. viridirobusta

1. Chapeau jaune ou blanc; spores à ornementation subréticulée et plage amyloïde:

2. Chapeau blanc ........................................................................ 41a. R. immaculata var. immaculata

2. Chapeau jaune ou crème ..................................................... 41b. R. immaculata var. mamillata

40. Russula immaculata (Beeli) Dennis apud Sing., Sydowia 9: 425 (1955).

Tricholoma immaculata Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 60: 76 (1928).

41a. var. immaculata. — Fig. 265, planche 71/2.

Chapeau charnu, 12 cm diam., convexe, ± aplati au sommet, blanc. Stipe allongé, 11,6 × 1,5-1,7 cm, cylindracé, légèrement renflé à la base (jusqu’à 2 cm), probablement blanc, plein. Lamelles libres, échancrées, 1-1,2 cm de large, crème pâle; lamellules présentes; arête concolore, entière. Chair blanche, immuable; saveur et odeur inconnues. Sporée probablement pâle. Exsiccatum à chapeau brun orangeâtre (6CD5-7, 5B4-5 mais un plus ocré); stipe concolore ou un peu plus foncé (6DE4-6, 6BC4-6); lamelles plutôt espacées, brun grisâtre assez pâle (5 CD 2-3).

Spores ellipsoïdes à larmiformes, (7,1)7,3-7,92-8,5 × 6,7-7,06-7,5 µm (Q = 1,06-1,12-1,20; n= 20), assez densément à densément ornées d’éléments convexes à hémisphériques, atteignant env. 0,5 µm de haut, jumelés ou confluant en courtes crêtes simples ou ramifiées, celles-ci souvent subtilement connexées, aboutissant à un réseau presque parfait et fortement amyloïde; quelques rares éléments isolés; plage grande, ellipsoïde à arrondie, nettement amyloïde. Basides 33-45 × 11-13 µm, assez allongées, subclavées, tétrasporiques, optiquement vides ou à contenu granuleux-pailleté vers le bas; stérigmates grêles, droits et parfois très longs, 8-11(17!) × 1,5-2,5 µm. Cystides dispersées, 80-110(160) × 8-13 µm, naissant profondément dans la trame, cylindracées, fusiformes-pédicellées, obtuses ou parfois brusquement étranglées en appendice étroitement cylindracé à moniliforme et réfringent; paroi parfois légèrement épaissie; contenu pailleté-réfringent, assez abondant, presque insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales non différenciées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes de 4-7 µm de large, entrecroisées de nombreuses piléocystides cylindracées, du même diam. mais très longues, obtuses; hyphes oléifères nulles; suprapellis un dense chevelu d’extrémités courtes, droites ou en oblique, à 1-2 articles de 4-5(7) µm diam.; l’article terminal cylindracé, clavé ou plus irrégulier, tortueux, obtus ou capité, à paroi mince; quelques extrémités des piléocystides du subpellis se glissant entre les extrémités à la surface mais très peu évidentes, à sommet le plus souvent capité ou moniliforme. Revêtement du stipe formé d’hyphes de 2,5-5 µm de large, parcouru de nombreuses dermatocystides mais sans hyphes oléifères, assez lâchement entremêlées; suprapellis discontinu, constitué de petites touffes d’extrémités grêles, cylindracées, 4-6 µm diam.; l’article terminal largement arrondi au sommet ou rétréci subapicalement en large capitule; caulocystides nombreuses, 5-7(10) µm diam., rarement naissant au niveau des autres extrémités et alors relativement courtes, 30-100 µm de long, généralement très longues, cylindracées, obtuses; contenu pailleté; vers la base du stipe à éléments plus grêles et encore plus longs, prêtant un aspect confus au revêtement. Anses d’anastomose nulles. 

Noms vernaculaires: bangala: ’libeke’; gbwaka: ’kughulu’.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Bangala, vallée de la Motina, épars sur le sol de la forêt, 03-1924, Goossens-Fontana 401 et icon. (holotype BR).

Observation

Le type ne consiste qu’en un spécimen en état médiocre, attaqué de moisissures et se regonflant très partiellement.

41b. — var. mamillata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 250 (1989). — Fig. 266, planche 71/1.

Chapeau charnu, très grand, atteignant 20 cm diam., d’abord convexe avec typiquement un mamelon étroit et saillant puis large et obtus et généralement permanent, ensuite se creusant au centre, ombiliqué, finalement en soucoupe; marge lisse, d’abord incurvée, parfois très légèrement striée, souvent ± onduleuse; revêtement lisse, mat, jaune vif à jaune foncé (3A3-5) ou jaune orangeâtre (4A5-6) lavé de gris. Stipe 14-20 × 2-5 cm, allongé, très vigoureux, cylindracé, généralement s’amincissant vers le sommet, parfois franchement obclavé, rarement s’atténuant vers la base, parfois courbé dans la moitié inférieure, lisse ou finement ridé longitudinalement, pouvant vers la base être marqué de rides horizontales très prononcées et formées de petites squames brunes provenant des ruptures dues à l’expansion du stipe, blanchâtre, puis brunissant-noircissant (7DF8) à la base, parfois localement lavé de jaune grisâtre pâle (2A3-4, 2-4B2-3), plein puis spongieux. Lamelles brièvement adnées à sublibres, friables, devenant arrondies à l’attache du stipe chez les vieux spécimens, plutôt aiguës vers la marge piléique, serrées, inégales (3 lamellules pour 5-7 lamelles par cm), blanchâtres (2A2), puis se tachant de jaune ocré (4A3), épaisses; arête entière, concolore. Chair friable, blanche puis grisonnant et même localement jaunâtre ou rougissant vers la base du stipe; odeur âcre (fide Goossens-Fontana); saveur fortement âcre et amère (fide Goossens-Fontana). Sporée blanche puis fonçant (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum restant jaune en herbier ou brunissant.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert; FeSO4: réaction rapide, gris rosé. Phénol: réaction rapide, vineux noirâtre. Pyrogallol: réaction rapide, brune. Ammoniaque, α-naphtol, aniline: réactions nulles.

Caractères microscopiques identiques à ceux de la var. précédente, spores 7,5-8,02-8,6 × 6,9-7,13-7,4 µm (Q = 1,07-1,13-1,20; n = 20).

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 06-1928, Goossens-Fontana 769 et icon. (BR); ibid., 10-1928, Goossens-Fontana 769bis (BR); ibid., 12-1941 et 03-1942, Goossens-Fontana 2073 et icon. (holotype BR).

Observation

Cette variété est uniquement basée sur la couleur différente du chapeau. Tous les autres caractères sont ceux de la var. type; les spores de Goossens-Fontana 769 mesurent 8,1-8,53-9,0 × 6,9-7,25-7,6 µm (Q = 1,13-1,18-1,22; n = 20).

42. Russula viridirobusta Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 250 (1989). Fig. 267, planche 72/1.

Chapeau charnu, 9-15 cm diam., étalé et légèrement déprimé au centre avec un mamelon net, obtus; marge obtuse, lisse, ± enroulée puis légèrement et brièvement striée; revêtement séparable sauf au mamelon, vert, souvent recouvert d’une pruinosité blanche, sec, devenant légèrement visqueux par temps humide. Stipe allongé, 9-13 × 1,5-2,7 cm, subcylindracé, parfois un peu courbé dans la portion inférieure, blanchâtre, teinté de jaune brunâtre (entre 4A & 5CD). Lamelles serrées, sublibres à libres, larges de 1-1,3 cm, droites à convexes, minces, blanches; lamellules présentes; arête entière, concolore. Chair blanche; odeur faible à nulle; saveur douce, agréable. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum entièrement brun rougeâtre sale.

Spores ellipsoïdes, 6,8-7,35-8,0(8,l)× 5,7-6,25-6,7 µm (Q = 1,13-1,18-1,26; n = 20), assez densément à très densément ornées d’éléments parfois relativement gros, très inégaux mais atteignant rarement 1 µm de haut, convexes, hémisphériques à courtement cylindracés, obtus, fortement amyloïdes; plage non amyloïde, verruculeuse (ponctuée de taches grises). Basides 33-43 × 9-11 µm, piriformes à clavées, optiquement vides, tétrasporiques; stérigmates grêles, assez petits mais parfois déformés et plus grands chez les vieilles basides, 3-4(6) × 1-2,5 µm. Cystides peu nombreuses, émergentes, naissant profondément dans la trame, (50)70-100(120) × 7-10 µm, grêles, cylindracées, subclavulées, obtuses-arrondies ou capitées-appendiculées ; paroi souvent épaissie d’environ 1 µm dans la portion médiane, ruguleuse vers la base des cystides ; contenu pailleté-granuleux, abondant, réagissant à peine à la sulfovanilline. Cellules marginales disperseés sur l’arête, peu différenciées, basidiolomorphes. Revêtement piléique formé d’hyphes de 3-5 µm diam., entrecroisées de nombreuses piléocystides, celles-ci atteignant rarement le suprapellis, cylindracées, grêles, onduleuses, 3-4(5) µm diam., obtuses, à contenu grossièrement granuleux à finement pailleté ; paroi rugueuse ; hyphes oléifères dispersées, surtout contre la trame, atteignant 10 µm de large; suprapellis un dense chevelu de courtes extrémités, droites ou obliques, généralement 2-3(5)um diam., l’article terminal cylindracé, clavé ou plus irrégulier, obtus-arrondi, capité ou clavé, à paroi mince. Revêtement du stipe un cutis très dense, composé d’extrémités plutôt banales, moins sinueuses, obtuses, 2-3 µm diam. (jusqu’à 5 µm vers la base du stipe) ; dans le subpellis avec de nombreuses dermatocystides longuement cylindracées, grêles, obtuses-arrondies, généralement 4-6 µm diam., à contenu abondant pailleté. Anses d’anastomose nulles.

Usages: consommé par la population locale.

Distribution

Zaïre. — Forestier central: Binga, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 04-1928, Goossens-Fontana 704 et icon. (holotype BR); ibid., 1946, Goossens-Fontana 704bis (BR).

Observation

Le type consiste en plusieurs carpophores fortement attaqués par les moisissures. Malgré la chair apparemment immuable (d’après l’aquarelle et les notes) et la différence dans les spores, cette espèce se rapproche de R. immaculata par son port général, la base jaunâtre du stipe et par les mêmes composition et structure du piléipellis.

Subsect. Aureotactinae Heim ex Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 207 (1990)

Sect. Pelliculariae subsect. Aureotactinae Heim, Prodrome à une flore du Madagascar et Dépendances, I. Les Lactario-Russulés du domaine oriental de Madagascar, p. 121 (1938), nom. inval.

Sect. Pelliculariae subsect. Radicantes Heim, op. cit., nom. inval.

Carpophores parfois annelés, de couleurs variées mais souvent avec du rouge ou du jaune, montrant de très nombreuses hyphes vasculaires à contenu huileux-réfringent dans toutes leurs parties. Revêtement piléique se déchirant vers la marge en squames apprimées ou se détachant au bord de la chair sous-jacente. Chair parfois intensément jaunissante, à saveur douceâtre.

Espèce type: R. aureotacta Heim, Rev. Mycol. 2: 108 (1937)

Il s’agit d’un ensemble encore assez hétérogène par la composition du revêtement piléique. N’ayant vu aucune espèce sur le terrain, je ne trouve ni de raison de le scinder en unités plus petites, ni un autre groupe d’espèces qui pourrait mieux les accueillir.

Les Aureotactinae se situent entre les Crassotunicatinae et les Amoeninae. Dans son étude des espèces malgaches, Heim (l.c.) a placé les Aureotactinae, à chair jaunissante, réactions oxydasiques faibles et spores à verrues ± isolées, dans les Pelliculariae à cause de la minceur de la chair piléique et en les opposant aux Heliochromae lesquels auraient une chair non jaunissante en profondeur, des réactions oxydasiques fortes et des spores réticulées. Ces deux groupes ont chacun été scindé en 2 sous-sections monotypiques dans le cas des Aureotactinae d’après la présence ou l’absence d’un anneau. Il est certain que au moins certains Heliochrominae Heim (beaucoup de spécimenstypes perdus appartiennent aux Concolorinae (voir sect. Fistulosae) par la plage fortement amyloïde, les basides petites et l’absence d’hyphes vasculaires cystidioïdes dans la chair. Les Aureotactinae, par contre, possèdent d’abondantes hyphes vasculaires dans le subpellis et la chair sous-jacente, des basides beaucoup plus grêles et une plage non amyloïde. Ces mêmes caractères s’observent dans les Crassotunicatinae et me semblent nettement plus fiables pour un sectionnement. Le jaunissement de la chair n’a pas été observé pour plusieurs des espèces incluses ici dans les Aureotactinae. La valeur taxonomique du substrat reste à démontrer mais me semble peu fiable. L’ornementation sporale consiste aussi bien pour les Crassotunicatinae que pour les Aureotactinae en verrues obtuses isolées et généralement très bien développées. Par contre, les Concolorinae ont des spores à verrues coniques, ± aiguës et aussi bien isolées que reliées en réseau.

Synopsis des espèces

1. Carpophores annelés, lignicoles ou terricoles :

2. Chapeau entièrement brunâtre à décoloré; spores assez densément à lâchement ornées d’éléments isolés, coniques, sans ornements ponctiformes interstitiels ........................................... 43. R. brunneoannulata

2. Chapeau de couleur vive; spores très densément ornées d’éléments forts obtus, souvent tronqués, mélangés à des éléments ponctiformes :

3. Revêtement piléique entièrement filamenteux ....... R. radicans

3. Revêtement piléique composé de sphérocytes, presque pseudoparenchymateux .................................. 45. R. xylophila

1. Carpophores non annelés, en général terricoles :

4. Chapeau entièrement brun; spores crêtées-connexées, à ornements nettement visibles au réactif de Melzer ....................................... 44. R. oleifera

4. Chapeau avec des couleurs vives, roses ou jaunes même partiellement orangeâtre ou vert:

5. Chapeau rose; spores subglobuleuses, rétriculées, à ornementation à peine visible dans le réactif de Melzer ................................................................................. 40. R. roseovelata (voir Roseovelatinae: p. 420.)

5. Chapeau jaune verdâtre ou jaune orangé; spores ornées d’éléments isolés fortement amyloïdes ....... R. aureotacta

R. radicans Heim et R. aureotacta Heim ont été illustrés par Buyck (1992, fig.5 et 33).

43. Russula brunneoannulata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 208 (1990). Fig. 268, planche 68/3.

Chapeau peu charnu, 3-6 cm diam., d’abord globuleux puis plan et très légèrement déprimé au centre; marge nettement striée et parfois même localement fissurée; revêtement brun rougeâtre au centre, plus pâle et brun bistre vers la marge. Stipe env. 6 × 0,8 cm, cylindracé, long et grêle, lisse, concolore au chapeau, creux. Anneau entourant comme un très fin bourrelet le haut du stipe, blanchâtre, devenant libre. Lamelles adnées, env. 0,5-0,6 cm de large, atténuées, aux extrémités, minces, assez serrées, interveinées, blanc ivoire; arête entière, concolore; lamellules présentes. Chair blanche, à odeur et saveur inconnues. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau brun jaunâtre vers la marge, brun rougeâtre assez foncé au centre.

Teinture de gaïac : réaction immédiate, bleue. Sulfovanilline: réaction nulle.

Spores brièvement ellipsoïdes, 7,1-7,78-8,5 × 6,3-6,81-7,5µm (Q = 1,07-1,13-1,20; n = 20), assez densément ornées d’éléments isolés, obtus, brièvement cylindracés à coniques, atteignant env. 1(1,5) µm de haut, fortement amyloïdes; plage non amyloïde, parfois légèrement verruculeuse. Basides en général 33-40 × 7-9 µm, assez grêles, clavulées, tétrasporiques; stérigmates assez petits, env. 3-4 × 1-1,5 µm. Cystides nombreuses, de dimensions très différentes, près de l’arête naissant peu profondément et ne mesurant parfois que 35 × 8 µm, sur les faces des lames se poursuivant parfois longuement dans la trame, en général 60-150 × 8-16 µm. clavées à subfusiformes-pédicellées, à paroi mince; contenu granuleux-huileux, jaunâtre, réagissant assez fortement à la sulfovanilline. Cellules marginales non observées. Revêtement piléique pratiquement orthochromatique au bleu de crésyl ; subpellis très peu gélifié ; suprapellis dense, intriqué, formé d’extremités septées, jusqu’à 10 µm de large, ramifiées, très versiformes et irrégulièrement sinueuses-tortueuses ou renflées, obtuses-arrondies, capitées ou brusquement amincies; piléocystides de longueur très différente, cylindracées, parfois ne mesurant que 20 × 3 µm, en général très longues, jusqu’à plusieurs centaines de µm, jusqu’à 8 µm diam., obtuses-arrondies, à paroi mince; contenu finement pailleté, granuleux, jaunâtre, renfermant des agglomérations ± globuleuses de densité plus grande. Revêtement du stipe discontinu, dense, formé d’extrémités vite flétries, à paroi très mince, irrégulièrement sinueuses-tortueuses, en général jusqu’à 5-8 µm diam., cylindracées, subfusiformes à clavées, souvent différenciées au sommet par un rétrécissement ± net; vers la base du stipe devenant beaucoup plus volumineuses et munies de nombreux petits diverticules ; caulocystides cylindracées, grêles, 3-4(5) µm diam., très longues en dehors du suprapellis, obtuses-arrondies, à paroi mince; contenu finement pailleté-granuleux, jaunâtre, abondant. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre. — Forestier central: Binga, groupés sur le sol de la forêt sèche, aussi sur le bois mort, 01-1935, Goossens-Fontana 1005 et icon. (holotype BR).

44. Russula oleifera Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 207 (1990).

44a. var. oleifera Fig. 269, planche 68/2.

Chapeau assez charnu à mince, jusqu’à 9 cm diam., d’abord convexe, puis étalé et plan avec un léger mamelon au centre; marge profondement striée presque jusqu’au centre; revêtement d’abord continu au centre, brun foncé (5CDEF5), puis se fissurant en plaques densément disposées, devenant graduellement plus petites et très distantes vers la marge, exposant la chair ocrée (4A3), sous-jacente. Stipe 6-7 × 0,8-2 cm, cylindracé ou nettement aminci vers le bas, irrégulièrement ridé dans sa longueur, blanchâtre en haut, vers la base ponctué de brun rougeâtre sur un fond ocré, parfois transversalement et même assez profondément fissuré, creux-lacunaire. Chair blanchâtre, immuable à la coupe, brunissant dans le stipe; odeur nette, faiblement désagréable; saveur farineuse. Lamelles relativement lardacées, sublibres à ± échancrées, jusqu’à 0,5 cm de large, minces, assez serrées, s’amincissant vers le stipe, assez obtuses à la marge piléique, blanchâtres, maculées de brun rougêatre dans la vétusté ; arête ponctuée de rouge, entière. Sporée crème (2A2), fonçant jusqu’à crème foncé (1C-D) en herbier. Exsiccatum brun foncé (entre 6D & 7D); flocons bruns (série 6F); stipe brun bistre (6 CD 2-4).

Phénol, ammoniaque, KOH, aniline, FeSO4, formol 5 %: réactions nulles.

Spores nettement ellipsoïdes à oblongues, 6,7-7,09-7,4 × 5,5-5,74-5,9 µm (Q = 1,12-1,24-1,35; n= 20), ornées de crêtes basses, ne dépassant pas 0,5 µm de haut, subréticulées; plage très peu différenciée, non amyloïde. Basides 45-60 × 8-11 µm, clavulées-pédicellées, tétrasporiques ; stérigmates assez petits, 4-5(7) × 1-2 µm. Cystides très nombreuses, occupant presque toute l’arête, nettement émergentes à immergées, généralement 60-100(150) × 6-9 µm, clavulées à fusiformes, pédicellées et naissant parfois très profondément dans la trame, souvent de nature pseudocystidioïde et constituant le bout d’une hyphe vasculaire se perdant dans la trame, généralement boutonnées-capitées, à paroi très mince; contenu huileux-granuleux, réfringent, réagissant fortement à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées, immergées parmi les autres éléments hyméniens, 10-25 × 4-8 µm, généralement clavées, à paroi mince, optiquement vides. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl, peu gélifié; subpellis formé d’hyphes mesurant 2-4 µm diam., parcouru de très nombreuses hyphes vasculaires à contenu huileux-granuleux ou finement pailleté, noircissant à la sulfovanilline, cylindracées, obtuses ou capitées au bout; la paroi finement incrustée-zébrée; suprapellis un pseudoparenchyme de cellules irrégulièrement renflées, extrémités fortement intriquées-ramifiées et noduleuses-tortueuses, densément septées; piléocystides du suprapellis dressées parmi les autres articles, subulées, minusculement boutonnées, à paroi mince; contenu comme dans les hyphes vasculaires, celles-ci parfois aboutissant à la surface piléique en pseudocystides ramifiées. Revêtement du stipe lâchement composé d’hyphes de 3-6 µm diam., parcouru jusqu’à la surface de surabondantes hyphes vasculaires légèrement plus larges, obtuses; suprapellis non différencié. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi.- Mosso-Malagarasi: Mugara, Bururi, en végétation secondaire, 12-1978, Rammeloo 5978 et icon. phot. (holotype BR); près de Bujumbura, en forêt claire, 1979, Van der Veken 84/12 (GENT).

44b. — var. levecqii Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 208 (1990). Fig. 270.

diffère surtout de la var. type par la trame des lamelles, qui est entièrement composée d’hyphes grêles, ne comprenant aucun sphérocyte en dehors du dos des lamelles, puis aussi par le revêtement piléique composé d’articles plus volumineux et souvent à paroi épaissie; spores 7,4-8,04-8,8 × 5,5-5,87-6,3(6,5) µm (Q = 1,25-1,37-1,53; n = 20), à ornementation plus lisse.

Distribution

Zaïre Haut-Katanga: Kipushi, en forêt claire dense, 01-1961, Schmitz-Levecq 304 et icon. (holotype BR).

Observations

1. La description macroscopique de la var. type est entièrement basée sur Rammeloo 5978. Les fissures transversales du stipe semblent assez caractéristiques aussi bien pour les récoltes du Zaïre que pour les récoltes du Burundi et font penser au stipe de R. Immaculata var. mamillata. Enfin, le chapeau également mamelonné dans nombre de carpophores de R. oleifera (voir planche 68) accentue une parenté possible.

2. La var. levecqii est distinguée par la trame homoiomère des lamelles et les spores légèrement moins ornées. Des récoltes suplémentaires seront nécessaires pour confirmer sa validité.

3. R. patouillardii ressemble beaucoup à R. oleifera en herbier, mais il est aisée de distinguer les deux espèces par leurs caractères microscopiques.

45. Russula xylophila Beeli, Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 14: 84, P1.2, fig. 1 (1936). Fig. 271, planche 70/3.

Chapeau peu charnu, 4-8 cm diam., d’abord globuleux puis plan et assez profondément déprimé au centre; marge nettement et longuement striée; revêtement jaunâtre recouvert au centre d’une fine pellicule rouge qui se fragmente vers la marge. Stipe 5-6 × 0,7-1,3 cm, cylindracé, lisse, violacé jaunâtre, creux-caverneux. Anneau libre, entourant comme un très fin bourrelet le haut du stipe, parfois aussi nettement émanant du stipe, liséré de rose, fugace ou restant attaché au stipe. Lamelles sublibres, env. 0,8 cm de large, très peu atténuées aux extrémités, minces, assez serrées, interveinées, blanc ivoire; lamellules présentes mais probablement rares. Chair blanche: saveur piquante (fide Goossens-Fontana); odeur non observée. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau nettement aréolé, brun jaunâtre vers la marge, brun rougeâtre assez foncé au centre; stipe nettement plus pâle, presque glabre dans la zone se trouvant au dessus de l’anneau, tomenteux et concolore au chapeau vers le bas. 

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleue. Phénol: réaction lente, rouge brun vineux. Pyrogallol: réaction rapide, brun jaune.

Spores ellipsoïdes, 8,4-8,98-9,5 × 7,1-7,70-8,3 µm (Q = 1,10-1,17-1,22 ; n = 20), densément à très densément ornées d’éléments isolés ou confluant localement sans pourtant former des crêtes, coniques à brièvement cylindracés, de taille très variable, les uns ponctiformes et à peine élevés, les autres jusqu’à 1(1,5) µm de haut et fortement amyloïdes; plage verruculeuse, non amyloïde. Basides 40-50 × 10-12 µm, tétrasporiques, clavulées; stérigmates de taille moyenne, 5-7 × 1-2 µm. Cystides très nombreuses, assez peu émergentes mais naissant parfois très profondément, en général (30)50-100 × 8-11 µm diam., dépassant même 200 µm de long pour les cystides naissant très profondément dans la trame, subfusiformes à clavées, obtuses-arrondies, à paroi mince ; contenu granuleux-huileux, ± jaunâtre, noircissant à la sulfovanilline. Cellules marginales non observées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis une couche assez peu gélifiée d’hyphes mesurant env. 1-3 µm diam., parcouru de très abondantes hyphes vasculaires à contenu huileux-granuleux et fortement noircissant à la sulfovanilline, env. 3-10 µm de large, à paroi nettement incrustée-zébrée, longuement cylindracées (parfois plusieurs centaines de µm !), obtuses-arrondies ou capitées; suprapellis une couche compacte et dense d’extrémités ramifiées, composées d’articles en général très volumineux, souvent ellipsoïdes ou globuleux, formant une strate localement pseudoparenchymateuse; piléocystides subulées à lagéniformes, très peu apparentes et immergées parmi les articles volumineux des autres extrémités, capitées, à la surface mesurant env. 3-6 µm diam. et jusqu’à 50 µm de long, vers la trame de plus en plus longues et ressemblantes aux hyphes vasculaires. Revêtement du stipe très lâche et presque absent au-dessus de l’anneau; extrémités étroitement cylindracées, graduellement ou abruptement renflées vers le sommet et clavées à capitées, env. 3-10 µm de large, plus denses et concentrées en touffes en dessous de l’anneau; articles très grêles et cylindracés à paroi parfois un peu épaissie, naissant de un ou deux articles plus courts et groupés en touffes; caulocystides moins abondantes, plus grêles, atteignant rarement 6 µm diam. Anneau à revêtement analogue à celui du chapeau. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre. Forestier central: Binga, en forêt sèche sur le bois mort, 12-1928, Goossens-Fontana 858 et icon. (holotype BR). Haut-Katanga: au N de Shilatembo, en forêt sèche, 03-1973, Thoen 5708, 5710 (BR).

Observations

1. La description est uniquement basée sur le type. Les récoltes de la forêt sèche n’ont pas bénéficiées de notes sur le frais, mais sont microscopiquement identiques. R. xylophila ressemble très fort à R. radicans Heim, décrite de Madagascar, par la nature lignicole, l’anneau et la couleur générale des carpophores et l’ornementation sporale. L’absence d’un jaunissement de la chair est quelque peu bizarre vu les autres concordances et nécessite une confirmation par des récoltes futures.

2. La différence la plus évidente parmi toutes ces espèces réside dans la composition du revêtement piléique (voir aussi Buyck, 1992).

Subsect. Amoeninae Singer ex Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 202 (1990)

Subsect. Amoeninae Sing., Lilloa 22: 709 ([1949], 1951).

Subsect. Diversicolores Sing. dans Singer, Araujo & Ivory, Beihefte Nova Hedw. 77: 216 (1983).

Carpophores de taille moyenne à très petite, versicolores, à chapeau de couleurs vives, jaunes, vertes, rouges, très souvent assombries de tons brunâtres à partir du centre. Stipe blanchâtre ou ± concolore au chapeau, parfois annelé. Chair douce, à odeur parfois très prononcée. Sporée pâle. Revêtements acystidiés, celui du chapeau formé d’extrémités volumineuses localisées en îlots ou formant une couche continue et ± pseudoparenchymateuse. Eléments stériles des lamelles toujours dépourvus d’un contenu bien différencié; arête envahie d’éléments subcylindracés ressemblant aux articles terminaux des revêtements. Lignicoles ou terrestres.

Espèce type: R. amoena Quél.

Ce groupe facilement reconnaissable, puisque réunissant toutes les espèces acystidiées (au moins au niveau des revêtements) à cellules marginales subcylindracées et incolores, est largement répandu en Afrique intertropicale. Cinq espèces lui sont attribuées ici.

Les Amoeninae ont des affinités certaines avec les Crassotunicatinae, dont ils possèdent les mêmes articles dans les revêtements, ressemblance qui est accentuée en Afrique par la paroi souvent épaissie des extrémités d’hyphes du stipe ou du chapeau. Les Amoeninae sont également très proches des Aureotactinae: les carpophores ayant les mêmes couleurs (rouge, jaune et verte), incluant également des espèces annelées etc.. La grande différence, entre Crassotunicatinae - Aureotactinae d’une part, et Amoeninae de l’autre, est la nature pratiquement acystidiée des carpophores dans ces derniers (les éléments stériles des lamelles sont interprétées comme étant des cystides par certains auteurs).

Synopsis des espèces

1. Chapeau rouge nuancé de brun ou entièrement brun orangeâtre ou encore avec des nuances roses, dépourvu de toute coloration verte ou jaune ; revêtements comprenant, au moins en partie, des extrémités à paroi épaissie :

2. Espèce annelée (anneau fugace !) dont le revêtement du stipe est entièrement recouvert d’éléments à paroi épaisse ......................................... 46. R. annulatobadia

2. Espèce non annelée dont les revêtements comprennent également ou surtout des extrémités à paroi mince ...................... 49. R. incrassata

1. Chapeau vert, jaune ou brun dépourvu de nuances rougeâtres ou roses; revêtements toujours sans extrémités à paroi épaissie :

3. Cellules marginales des lamelles n’excédant que rarement 60 µm de long ............................. 50. R. pausiaca

3. Cellules marginales des lamelles généralement de 80-100 µm de long:

4. Chapeau vert, jaune ou un mélange des deux couleurs; terricole ....................................... 47. R. ciliata

4. Chapeau entièrement brunâtre, lignicole .................. 48. R. fimbriata

46. Russula annulatobadia Beeli, Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 14: 88. Pl. II, fig. 5 (1936). Fig. 272, 273, planche 64/2.

Russula badia Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 60: 165 (1928) non Quélet nec Bres.

Chapeau peu épais, 5,5-8,5 cm diam., d’abord convexe à sommet aplati, puis étalé, très vite déprimé au centre; marge striée sur 1,5-2 cm, régulière ou légèrement ondulée; revêtement mat, rouge vineux, rouge foncé (11D8-6, 10E8-6, D8-5, C5-4), assombri au centre de brun violacé à brun grisâtre ou brun foncé (7D5-4,E4-3, F4-6). Stipe 5-6,8 × 1,2-1,7 cm, assez grêle, cylindracé, légèrement épaissi vers la base, lisse, blanchâtre et teinté de rose ou de gris rosâtre (5A2, 6B3), parfois même entièrement envahi de rose chair, aussi plus foncé et rouge grisâtre à rouge brunâtre (6C5, 7C5, 8C5, 10B4), localement nuancé de jaunâtre (4A2-3, 5A2-3), rarement entièrement brun (6E4, 7E4, 7D4), d’abord plein, puis creux. Anneau bai pourpre, devenant mobile et fugace (exceptionnellement absent?). Lamelles adnées, s’atténuant surtout contre le stipe, env. 0,9 cm de large, blanchâtres à légèrement carnées (par transparence de la couleur piléique?: obs. pers.), avec quelques rares lamellules; arête entière, concolore. Chair granuleuse, blanche; saveur douce; odeur inconnue. Sporée légèrement jaunâtre (fide Goossens-Fontana, probablement crème pâle). Exsiccatum à chapeau brun violacé à rouge brunâtre (10D5-7, 10E5-7) ou à brun orangeâtre pâle (6C4-6, 6D4-6); stipe brun orangeâtre pâle (5C3-4, 5B4-5).

Spores ellipsoïdes, 7,1-7,55-8,34-8,9 × 6,3-6,90-7,45-7,9 µm (Q = 1,04-1,09-1,12-1,18; n = 60), ornées de gros éléments subcylindracés à coniques, mesurant 1-1,5 µm de haut, parfois même hémisphériques, obtus à assez aigus, fortement amyloïdes, çà et là soudés en courtes crêtes assez épaisses parfois subtilement reliés, le tout formant un réseau encore partiel mais avec la plupart des mailles fermées; quelques rares verrues isolées autour de la plage; celle-ci peu apparente, non amyloïde, verruculeuse. Basides 40-55 × 12-17 µm, tétrasporiques, subclavulées à fusiformes-pédicellées; stérigmates 4-5(7) × 2-3 µm, aigus. Cellules marginales occupant l’arête entière, jusqu’à 100 µm de long, 5-7 µm de large, filiformes, cylindracées, onduleuses, parfois clavulées, obtuses, légèrement réfringentes, à paroi mince. Cystides dispersées, saillantes, 70-110 × 10-17 µm, généralement fusiformes à clavulées, obtuses, optiquement vides; paroi mince, parfois incrustée de plaques réfringentes. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes cylindracées, grêles, 2-3(5) µm diam., emmêlées mais écartées par gélification, à paroi mince; hyphes oléifères abondantes, de diam. variable; suprapellis discontinu, formé d’extrémités volumineuses peu ou pas ramifiées, composées de 2-4(5) articles renflés, cylindracés ou subglobuleux à ellipsoïdes, à paroi le plus souvent mince et subtilement incrustée-ruguleuse, jusqu’à 15(20) µm de large pour l’article basal, puis, s’atténuant graduellement vers l’article terminal de longueur très variable; quelques extrémités longuement cylindracées, 2-3 µm diam. et formant de très longs filaments couchés sur la surface piléique atteignant quelques centaines de µm, à paroi épaissie; piléocystides nulles. Revêtement du stipe formé d’hyphes grêles, 2-5 µm diam., peu gélifié, vers la base du stipe montrant souvent de nombreuses incrustations orthochromatiques au rouge Congo; suprapellis un trichoderme serré d’extrémités à paroi fortement épaissie, composées de 1-2(3) articles de 5-7(11) µm diam.; l’article terminal assez versiforme, claviforme, clavé, cylindracé, parfois atténué ou en alène, tortueux, à contenu parfois partiellement granuleux; caulocystides nulles. Anneau à revêtement tout à fait semblable à celui du stipe, mais à éléments un peu plus larges. Mycélium composé d’hyphes grêles, droites, 2-5 µm diam., obtuses, droites, entrecroisées ou agglomérées en trichoïdes, à paroi mince ou parfois légèrement épaissie. Anses d’anastomose nulles.

Nom vernaculaire: Besaso.

Distribution

Zaïre- Forestier central: Binga, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 10-1928, Goossens-Fontana 824/A et icon. (holotype BR), 828/B et icon. (BR) ; Eala, isolés ou groupés sur le sol dans la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 08-1923, Goossens-Fontana 269 et icon. (BR ut typus Russula badia Beeli, 1928 nom. inval.).

Observations

1. Cette espèce très commune d’après les observations de Goossens-Fontana, est bien caractérisée par sa couleur et les extrémités d’hyphes à paroi épaisse. Ressemblant aussi à R. xylophila (Aureotactinae), elle en diffère surtout par l’ornementation sporale et par les cellules occupant l’arête des lamelles.

2. Les dimensions sporales des différentes récoltes sont données ci-dessous :

type:

Goossens-Fontana 828b:

Goossens-Fontana 269 :

7,1-7,56-8,1 × 6,3-6,90-7,5(7,6) µm

7,4-7,94-8,6 × 6,6-7,28-7,8 µm

7,7-8,34-8,9 × 6,9-7,45-7,9 µm

Q = 1,05-1,10-1,19

Q= 1,04-1,09-1,16

Q = 1,04-1,12-1,18

 

47. Russula ciliata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 57: 387 (1987). Fig. 274, 275, planche 76/2.

Chapeau env. 4 cm diam., convexe; marge striée; revêtement lisse, sec, facilement séparable, verdâtre, jaune olivâtre (3D5, Séguy 225, 243) à jaune grisâtre (3B5), même jaune citron. Stipe env. 2 × 0,8 cm, cylindracé, blanc lavé de jaune verdâtre (1A2, 1B4). Lamelles minces, élastiques, crème ocracé. Chair blanche, légèrement verdâtre sous le revêtement piléique; saveur douce; odeur apparemment assez variable, parfois nulle ou faible mais aussi à odeur pénétrante d’omelette. Sporée crème à ocre pâle (fide Thoen). Exsiccatum à chapeau jaune brunâtre (5 DEF 6-8, mais plus jaunâtre), ocracé (3A3-4, 4B3-6) à vert olivâtre (2 CD 3-5); sporée crème pâle (IIb).

FeSO4: réaction grisâtre.

Spores ellipsoïdes à oblongues ou légèrement réniformes, 7,4-8,09-8,81-10,0 × 6,1-6,67-7,12-7,6 μm (Q = 1,11-1,16-1,28-1,34; n = 120), assez densément ornées d’éléments peu elevés, atteignant exceptionnellement 1 μm de haut, hémisphériques, obtus, bien amyloïdes, localement soudés en courtes crêtes assez minces à plutôt épaisses et souvent entourées par quelques restes faiblement amyloïdes du myxosporium; le tout subtilement connexé et formant un réseau incomplet à mailles assez étroites; plage non amyloïde, peu nette mais assez grande. Basides (35)40-50(60) × 10-12 μm, tétrasporiques, subclavées, à contenu nettement guttulé; stérigmates 1-2 × 3-4 μm, aigus. Cystides à contenu bien différencié nulles, de deux types: les unes très peu apparentes, immergées, affleurantes ou à peine émergentes, naissant profondément dans la trame, assez éparses, 60-80 × 10-15 μm, claviformes, rarement plutôt vésiculeuses, obtuses, jamais mucronées, optiquement vides, à paroi légèrement épaissie; les autres ressemblant aux cellules marginales mais plus larges, subfusiformes. Cellules marginales occupant l’arête entière, 60-80(90) × 3-5(7) μm, filiformes, sinueuses, légèrement atténuées vers la base, parfois claviformes et plus volumineuses, réfringentes vers le sommet, à paroi mince parfois incrustée de petites plaques congophiles vers le sommet. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes légèrement écartées par gélification, 2-3 μm diam., jusqu’à 5 μm près du suprapellis, avec — surtout près des extrémités — des portions à contenu huileux-réfringent; suprapellis discontinu, formé d’extrémités volumineuses, non ramifiées sauf à leur base, couchées ou groupées en touffes irrégulières, composées de 2-5 articles, ceux-ci subglobuleux, ellipsoïdes à cylindracés, 10-25 × 5-10(15) μm, le plus souvent s’élargissant vers l’article basal; le terminal souvent rétréci près du sommet et alors lagéniforme, larmiforme, généralement plus long, atteignant 40 μm, subulé; piléocystides nulles. Revêtement du stipe formé d’hyphes de 2-4(5) μm diam., peu gélifiées, émettant un suprapellis discontinu, composé d’articles volumineux, 60-100 × 6-8(10) μm, naissant très souvent — surtout en haut du stipe — d’un sphérocyte basal; l’article terminal lagéniforme à subulé, sinueux, souvent s’atténuant brusquement vers le milieu en alène ne mesurant plus que 2-3 μm de large, légèrement réfringent vers le sommet, çà et là on observe des chaînes d’articles subglobuleux comme dans le chapeau; caulocystides nulles. Anses d’anastomoses nulles. 

Distribution

Zaïre.- Haut-Katanga: Kipopo, 1250 m, forêt claire, 12-1971, Thoen 5077 (holotype BR); ibid., coupe-feu entre des Eucalyptus et la forêt claire. 02-1971, Thoen 4539 (BR): Lubumbashi; sur le sol de la forêt sèche, 01-1933, De Loose B24 (BR); Fungurumé, 1400 m, forêt claire, 02-1986, Schreurs 1205 et icon. phot. (BR).

Burundi.- Mosso-Malagarasi: quelques km au nord de Rumonge, forêt claire à Brachystegia en pente sur sol assez pierreux, 12-1976, Dossin 46, 65, 66 (BR).

Observations

1. La description est principalement basée sur les notes et diapositives de Schreurs 1205, les autres récoltes n’étant accompagnées de quelques observations sommaires. D’après ces observations, R. ciliata est facilement confondu sur le terrain avec R. flavobrunnea, qui pousse aux mêmes endroits. Même les exsiccata des deux espèces se ressemblent fortement. Un simple contrôle de l’arête des lamelles suffit alors pour séparer les deux espèces. Dans les deux cas, il semble s’agir d’une espèce assez répandue en forêt claire.

2. Nous n’avons trouvé les cystides immergées et claviformes dont la nature et signification restent à présent douteuse que dans R. incrassata. Par contre, les cystides émergentes sont clairement du même type ou d’une même origine que les cellules de l’arête.

3. Les dimensions sporales des différentes récoltes sont données ci-dessous:

Thoen 5077

7,4-8,09-8,7

× 6,1-6,67-7,2 μm

Q = 1,13-1,21-1,27

Dossin 46

7,3-8,18-8,7

× 6,4-7,03-7,6 μm

Q = 1,11-1,16-1,27

Dossin 66

(7,4)7,5-8,26-9,0

× 6,2-6,74-7,3 μm

Q = 1,14-1,23-1,31

De Loose B24

8,0-8,51-9,2

× (6,1)6,5-7,12-7,6 μm

Q = 1,11-1,20-1,34

Schreurs 1205

8,2-8,79-9,5(9,6)

× 6,5-6,68-7,3 μm

Q = 1,20-1,28-1,34

Thoen 4539

7,7-8,81-10,0

× 6,5-6,99-7,6 μm

Q = 1,08-1,26-1,27

 

48. Russula fimbriata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 57: 385 (1987). Fig. 276, 277, planche 72/2.

Chapeau très fragile, 1,3-3 cm diam., aplati, légèrement déprimé au centre; marge striée sur le parcours des lamelles jusqu’à mi-rayon, très mince, aiguë, régulière; revêtement séparable; continu et parfois ± gras au toucher au centre, devenant très vite craquelé-squamuleux vers la marge en montrant la chair blanche sous-jacente, mat, brun bistre (7-8 DEF 3-4) à brun rougeâtre assez pâle (5C8), puis, vers la marge, ocracé brunâtre nuancé de gris (5B2 à 5C3, 4B3-4). Stipe grêle, 1,3-3 × 0,3-0,5 cm, cylindrique, légèrement aminci vers la base, avec une fine ponctuation ± concolore au chapeau, brun bistre pâle (5B2) à orangé jaunâtre sale (3A3-4, 3B4), lisse, tomenteux à la loupe; développant parfois un subiculum basal formé d’un feutrage blanc adhérant au support. Anneau distinct, d’abord comme un petit bourrelet à environ deux tiers de la hauteur du stipe, puis devenant mobile, brunâtre en dessous, blanc en dessus, fugace. Lamelles adnées à subdécurrentes, fragiles, minces, égales, assez espacées à serrées, aiguës vers la marge, crème blanchâtre (4A2); arête concolore, entière, fimbriée sous la loupe. Chair immuable, blanche, presque nulle dans le chapeau, douce, inodore. Sporée non obtenue. Exsiccatum à chapeau brun rougeâtre (6CD3-4) à brun bistre (5 EF 6-7 au centre; 5C2-5, 5D4-5, 5D4-5, 5 BC 6-7 vers la marge); stipe brun orangeâtre (5C4-5) plus pâle vers le sommet et là concolore aux lamelles (4-5A3).

    Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu intense.

Spores subglobuleuses à ellipsoïdes, 6,3-6,88-7,39-8,0(8,2) × 5,6-6,26-6,69-7,3 μm (Q = 1,04-1,09-1,11-1,17; n = 60), ornées d’éléments forts et grands, coniques à hémisphériques, jusqu’à 1(1,5) μm de haut, soudés en courtes crêtes assez épaisses, mais çà et là subtilement connexés; le tout formant un réseau assez dense mais incomplet; plage peu nette, non amyloïde, verruculeuse au bord. Basides 30-50 × 9-13(14) μm, subclavées, tétrasporiques, parfois contenant de nombreux globules réfringents; stérigmates 1-1,5(2) × 3-5 μm, aigus. Cystides dispersées, saillantes, généralement fusiformes, obtuses, optiquement vides. Cellules marginales occupant l’arête entière, généralement 60-100 × 3-5,5(7) μm, s’amincissant jusqu’à 2,5-3,5 μm au sommet, cylindracées à subulées, rarement clavulées à lancéolées et alors plus petites, tortueuses, obtuses-arrondies, à contenu huileux-réfringent vers le sommet; paroi mince. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes emmêlées, 2-5 μm diam., écartées par gélification, avec de nombreux fragments huileux-réfringents; suprapellis mince, continu et d’aspect ± pseudoparenchymateux au centre du chapeau, composé d’extrémités très courtes, ramifiées à la base, formées de 3-5 articles doliiformes, globuleux à elliptiques, généralement bourrés d’un pigment vacuolaire brunâtre, à paroi très mince, vite flétris; l’article terminal obtus, très court, ellipsoïde, en chapelet, ampullacé, piriforme ou même brièvement cylindracé; quelques extrémités, au contraire, parfois très longues, subulées à cylindracées, à articles terminaux étroits, cylindracés, s’amincissant jusqu’à 1,5-3 μm diam. au sommet; piléocystides non différenciées. Revêtement du stipe formé d’hyphes de 2-4(5) μm diam., fortement tortueuses-noduleuses, irégulièrement renflées, arrondies aux septums, à paroi légèrement épaissie, réfringente, très fragiles et vite collapses; extrémités souvent en touffes, peu ramifiées, composées d’articles de 3-6 μm de large, généralement assez courts, cylindracés à ellipsoïdes, montrant parfois de nombreux petits diverticules latéraux, devenant graduellement plus irréguliers et plus trapus vers la base du stipe; l’article terminal le plus souvent clavé à cylindracé, obtus, vers la base du stipe souvent lagéniforme à subulé, atteignant 90 μm de long; caulocystides nulles. Anneau à revêtement fortement gélifié; le dessus ressemblant à celui du stipe; le dessous à celui du chapeau. Mycélium composé d’hyphes 2-3 μm diam., obtuses, à paroi irrégulièrement épaissie jusqu’à 1 μm. Anses d’anastomose nulles. 

Usages: non consommé par l’indigène.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, en forêt sèche. 11-1946. Goossens-Fontana 4010a (BR); Yaenero, près de Kisangani, sur feuilles et bois pourri à un endroit marécageux de la forêt équatoriale, 06-1984, Buyck 1856 et icon. phot. (holotype BR), 1857 et icon. phot..

Observations

1. Petit champignon parfois lignicole, montrant, par l’aspect craquelé de son revêtement piléique brun, des ressemblances aux Meleagrinae (Fistulosae).

2. Les dimensions sporales pour les différentes récoltes figurent ci-dessous:

 

Buyck 1857

6,3-6,88-7,5(7,7)

× (5,5)5,6-6,26-6,9 μm

Q = 1,01-1,10-1,19

type

6,7-7,17-7,7

× 6,1-6,57-7,0 μm

Q = 1,04-1,09-1,17

Goossens-Fontana 4010a

6,8-7,39-8,0(8,2)

× 6,2-6,69-7,3 μm

Q = 1,05-1,11-1,17

 

49. Russula incrassata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 202 (1990). Fig. 278, 279, planche 73/4.

Chapeau très fragile, 4 cm diam., étalé, largement déprimé au centre; marge très mince, régulière, obtuse, densément cannelée-tuberculeuse jusqu’à mi-rayon; revêtement séparable sauf pour l’extrême centre du chapeau, luisant, lisse, rougeâtre foncé (6 CDE 6-8) au centre, pâlissant jusqu’à beige brun orangeâtre (5B4-6) vers la marge avec localement des nuances rosâtres. Stipe 4 × 0,5 cm, subcylindracé et très légèrement renflé vers la base, brièvement radicant, brun bistre à brun orangeâtre (6-7 BC 3-5), graduellement plus pâle vers l’extrême base, qui est blanche. Lamelles sublibres, 0,3-0,4 cm de large, égales, assez espacées, transversalement veinées, s’atténuant surtout vers le stipe, obtuses-arrondies vers la marge piléique, crème (4A4-5) marbré de brun sale; arête concolore. Chair granuleuse, blanche, immuable, mais brunissant aux endroits vermoulus; odeur légèrement désagréable; saveur douce. Sporée non obtenue. Exsiccatum à chapeau brun grisâtre foncé (5E3-7); stipe plus pâle, brun jaunâtre (entre 3B3-4 et 4B3-4) vers le bas.

 Teinture de gaïac: réaction lente, bleu verdâtre. Phénol, sulfovanilline: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 7,4-7,92-8,4 × 6,7-7,13-7,7(7,8) μm (Q = 1,07-1,11-1,18; n = 20), ornées d’éléments hémisphériques à brièvement coniques ou étroitement subcylindracés, ne dépassant pas 1 μm de haut, obtus, nettement amyloïdes, parfois jumelés ou formant de courtes crêtes; tous ces éléments reliés par des tractus très subtils en un réseau assez dense mais incomplet; plage peu nette, non amyloïde. Basides 44-55(60) × 12-14 μm, tétrasporiques, subclavées, à contenu nettement guttulé; stérigmates mesurant 1-1,5 × 2,5-3,5 μm, aigus. Cystides à contenu bien différencié nulles, très dispersées, immergées, très peu apparentes, naissant profondément dans la trame, clavées, souvent onduleuses par des étranglements légers, subcapitées, à paroi légèrement épaissie; trame des lamelles montrant de nombreux segments huileux-réfringents. Cellules marginales occupant l’arête entière, de dimensions assez variables mais généralement 60-80 μm de long, cylindracés, subulés, parfois ± clavés, à contenu légèrement réfringent vers le sommet. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl, formé d’hyphes cylindracées, légèrement écartées par gélification, 2-5 μm diam., jusqu’à 8 μm contre le suprapellis, avec de nombreux fragments à contenu huileux-réfringent; suprapellis lâche, formé d’extrémités volumineuses, peu ou pas ramifiées, composées de 2-5 articles généralement subglobuleux à ellipsoïdes, s’élargissant graduellement jusqu’à 15 μm, parfois même 20 μm diam. vers l’article basal; le terminal parfois lagéniforme, larmiforme à subulé, 55-10 μm de large, obtus-arrondi ou capité; quelques extrémités à articles terminaux longuement effilés, cylindracés, formant ainsi de longs filaments couchés, à paroi d’épaisseur variable atteignant localement 1,5 μm d’épaisseur pour certains articles; piléocystides nulles. Revêtement du stipe formé d’hyphes de 2-3(5) μm diam., peu gélifiées; suprapellis discontinu dans la moitié supérieure du stipe, formé d’extrémités grêles, n’atteignant généralement pas 5 μm de large, ramifiées et densément septées; l’article terminal souvent plus long que les autres, obtus, à paroi mince; vers la base du stipe à extrémités plus longues et souvent à paroi de plus en plus nettement épaissie; caulocystides nulles. Mycélium formé d’hyphes cylindracées, obtuses, assez rigides, généralement 2-3(7) μm diam.; paroi mince à fortement épaissie et alors ne laissant qu’un lumen étroit. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Yaenero, près de Kisangani, dans la litière en forêt primaire, 05-1984, Buyck 1657 et icon. phot. (holotype BR).

Observation

Par les articles à paroi épaissie et la nuance rosâtre dans le revêtement piléique, cette espèce fait penser à R. annulatobadia, dont elle diffère surtout par la structure du piléipellis et par la présence de cystides immergées claviformes.

50. Russula pausiaca Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 57: 386 (1987). Fig. 280, planche 75/1.

Chapeau 5,3-6,5 cm diam., d’abord convexe, à sommet aplati, tôt légèrement déprimé en large coupe; marge mince, régulière ou quelque peu ondulée, cannelée-tuberculeuse sur 0,9-1,3 cm; revêtement légèrement humide, gras et lisse au centre, finement et densément squamuleux- fibrilleux à velouté vers la marge, vert olivâtre(3C3, 3D4, 3F3-4) à vert foncé (30F5-6); le disque brouillé de brun foncé (7E6-8, F4-8) éclairci par quelques plages d’ocracé sordide ou jaune brunâtre (5C7, 4A4), parfois à chapeau entièrement brun foncé. Stipe 4,4-5 × 0,8-1,8 cm, plutôt élancé, atténué vers le sommet, lisse, velouté-feutré vers la base, de couleur orangeâtre, gris orangeâtre à brun rougeâtre (7C6-4), sali vers la base, vite creux sous un cortex épais. Lamelles brièvement adnées, 0,6-0,7 cm de large, fortement atténuées aux bouts, blanchâtres; arête entière à finement crénelée, ponctuée de pourpre. Chair granuleuse, salie de brun grisâtre dans les parties vermoulues du stipe; saveur douce. Sporée probablement crème. Exsiccatum à chapeau vert sale (29E3-6, F3-8), brun terne ± rougeâtre à presque noirâtre au centre (8E6-7); stipe brun orangeâtre, parfois mêlé de vert (5BC3-4), ou bien brun rougeâtre (6D3-4) près du sommet et graduellement plus pâle, ocracé (entre 4A3 et 5B3) vers la base, celle-ci distinctement feutrée.

Teinture de gaïac: réaction médiocre, bleu verdâtre. FeSO4: réaction verdâtre. Sulfovanilline: réaction intense mais fugace, rouge pourpre.

Spores ellipsoïdes, 7,3-7,65-8,41-9(9,2) × 5.9-6,37-7,34-7,8(8,0) μm (Q = 1,09-1,15-1,20-1,28; n = 40), hérissées d’éléments forts, jusqu’à 2 μm de haut, ± coniques et alors parfois assez aigus ou, au contraire, tronqués, souvent plus petits, convexes à hémisphériques autour de la plage, toujours fortement amyloïdes, connexés, le tout formant un réseau presque complet et assez dense; les mailles assez variables, souvent étroites et ± rectangulaires; plage non amyloïde. Basides 35-45(50) × 10-14 μm, tétrasporiques, en général subclavées, à contenu granuleux-pailleté ou remplies de globules réfringents de taille variable; stérigmates petits, 1-2 × 3-4 μm, aigus. Cystides assez dispersées, 60-80 × 17-23 μm, émergentes d’environ 25 μm, subfusiformes à lancéolées, obtuses, à paroi mince, optiquement vides. Cellules marginales occupant l’arête entière, de dimensions et formes variables, n’excédant pas 60 μm de long, le plus souvent lancéolées, clavées, parfois subulées ou subfusiformes, à contenu légèrement réfringent vers le sommet. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de cresyl; subpellis formé d’hyphes légèrement écartées par gélification, 2-5 μm diam., jusqu’à 8 μm près de la trame; suprapellis d’extrémités volumineuses, peu ou pas ramifiées, composées de 2-4 articles sphériques, ellipsoïdes à cylindracés, vers l’article basal s’élargissant graduellement jusqu’à 20 μm, à paroi finement rugueuse; l’article terminal parfois lagéniforme, larmiforme à subulé, 5-10 μm de large; piléocystides nulles. Revêtement du stipe formé d’hyphes de 2-3(5) μm diam., peu gélifiées; suprapellis discontinu dans la moitié supérieure du stipe, composé d’extrémités grêles, fortement ramifiées et septées à leur base; l’article terminal 20-50 × 2-3 μm, vers la base du stipe graduellement plus long et s’élargissant jusqu’à 5(8) μm vers la base, subulé, cylindrique, rarement clavé, obtus, à paroi légèrement épaissie; extrémités exceptionnellement formées d’articles très courts, ellipsoïdes, doliiformes à presque arrondis, 7-10(13) μm diam.; l’extrême base typiquement hérissée de très longs filaments septés, 2-4 μm diam., souvent agglomérés en trichoïdes; caulocystides nulles. Hyphes oléifères très rares. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 10-1928, Goossens-Fontana 823 et icon. (holotype BR): Yaenero, près de Kisangani, dans la litière en forêt primaire. 05-1984. Buyck 1657 et icon. phot.(BR).

Observations

1. D’après les notes de Goossens-Fontana, il s’agit d’une espèce très commune dans la région de Binga. La saveur avait été notée comme piquante par Goossens-Fontana, ce qui est étonnant car il n’y a aucun élément à contenu différencié qui pourrait en être responsable. La description ne mentionne que la saveur constatée à l’occasion de nos récoltes.

2. Dans Buyck 1723, le chapeau était entièrement brun foncé sur le terrain, mais la couleur verte réapparaît en herbier.

Sect. Plorantes Bat.

Mém. Soc. Emul. Doubs 8: 50 (1908).

Carpophores généralement robustes et trapus, de couleur pâle, blanchâtres à ocre taché de brun jaunâtre à brun rougeâtre. Chapeau à marge longtemps enroulée, non striée, revêtement très peu différencié, excorié ou ravagé, blanchâtre à ocracé, sali de brun rougeâtre. Lamelles très espacées ou serrées, inégales, souvent épaisses. Chair blanche, tout au plus brunissante, douceâtre et à odeur souvent très prononcée. Sporée blanche à crème (beaucoup plus foncée en dehors des tropiques). Spores non réticulées, à plage non amyloïde (nettement amyloïde dans les Lactarioideae à sporée pâle des régions tempérées). Revêtement piléique contenant des dermatocystides et des extrémités souvent irrégulièrement rétrécies et tortueuses.

Espèce type: R. delica Fr.

Synopsis des sous-sections

Basides et spores remarquablement petites; sporée blanche ....................................................... Archaeinae (p. 445)

Basides et spores assez volumineuses; sporée rarement blanche ........................................................... Lactarioideae (p. 447)

Subsect. Archaeinae

(Heim ex Romagnesi) Buyck

Bull. Jard. Bot. Belg. 60: 191 (1990)

Subsect. Archaeinae Heim, Prodrome à une flore mycologique de Madagascar et pendances, I. Les Lactario-Russulés du domaine oriental de Madagascar: 68 (1938), nom. inval.

Sect. Archaeinae (Heim) Romagn., Bull. Soc. Linn. Lyon 37: 104-108, fig. (1968).

Carpophores trapus, de taille petite à moyenne, facilement pris pour des Hygrophorus ou des Lactarius. Chair faiblement jaunissante à brunissante, douce ou âcre, à odeur parfois désagréable. Spores très petites, blanches en masse. Hyménium composé d’éléments très étroits et relativement petits, subcylindracé; cystides à peine émergentes, ± cylindracées, à contenu peu différencié.

Espèce type: R. archaea Heim.

Les Archaeinae sont un petit ensemble probablement très ancien à distribution pantropicale avec, en outre, une seule espèce connue d’Europe, R. camarophylla Romagn. en région méditerrannéenne, et une autre, R. earlei Peck, du Sud-Est des Etats Unis.

Conçu comme une section distincte au même titre que les Compactae par la plupart des autres auteurs (par ex. Singer 1986) les Archaeinae sont ici inclus dans les Plorantes comme groupe proche et ancestral des Lactarioideae Mre.

Synopsis des espèces

Saveur douce et odeur de crustacé, même fétide; lamelles interveinées, ramifiées à bifurquées ..................... R. archaea

Saveur tardivement très âcre et odeur faible de champignon; lamelles à peine ramifiées ou anastomosées ...................................... 51. R. parvulospora

R. archaea Heim (fig. 281) est connu de Madagascar (Heim 1938 a, b).

51. Russula parvulospora Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 59: 249 (1989). — Fig. 282, planche 86/1.

Chapeau 8 cm diam., fragile et cassant, légèrement ombiliqué, irrégulièrement bosselé-sinueux, étroitement déprimé au centre; marge brièvement mais nettement striée-cannelée, légèrement tuberculeuse, localement enroulée; revêtement luisant, humide visqueux, marbré d’ocracé-rougeâtre, rappelant R. delica, plus pâle vers la marge. Stipe trapu, 2,5-3 × 1,1-1,5 cm, aminci vers la base, lisse, blanchâtre à subconcolore au chapeau, plein, puis vite vermoulu. Lamelles cassantes, adnées, fortement espacées, épaissies, env. 1,1 cm de large, s’atténuant légèrement vers les extrémités, non interveinées, très rarement bifurquées, crème blanchâtre maculé de jaune ocracé; lamellules rares; arête entière, concolore. Chair dure, mince et immuable dans le chapeau, blanchâtre, fortement brunissante dans le stipe, brun rouge aux endroits vermoulus; saveur tardivement brûlante; odeur faible de champignon. Sporée blanche. Exsiccatum beige, marbré de brun ferrugineux (entre 4B3-4 & 5B3-4, 6DE 5-7, 6D8, 7D8); lamelles concolores; stipe un peu plus pâle (entre 4A2 & 4B2). 

Spores très petites, nettement ellipsoïdes, 4,6-5,42-6,2 × 3,8-4,46-5,2 μm (Q = 1,15-1,22-1,31; n = 20), très faiblement ornées d’éléments convexes, verruciformes, hémisphériques, souvent latéralement étirés à la base, même çà et là très subtilement reliés par des connectifs; plage peu nette, non amyloïde. Basides très grêles, peu volumineuses, 30-40 × 5-μm, clavulées, tétrasporiques; stérigmates très courts, 3-4 × 1-1,5 μm. Cystides très nombreuses, peu apparentes, affleurantes ou à peine émergentes, parfois immergées, étroitement cylindracées, obtuses ou ± tronquées, vers l’arête assez souvent subapicalement rétrécies, à paroi mince et fragile; contenu granuleux ou avec quelques inclusions amorphes, grisonnant à la sulfovanilline. Revêtement piléique gélifié, composé d’une couche de sphérocytes et d’éléments densément intriqués, irrégulièrement renflés, souvent reliés par des articles tortueux réminiscents des étranglements intestinaux, parfois engainés d’une couche muqueuse très épaisse, à paroi incrustée de zébrures pratiquement orthochromatiques ou tout au plus très légèrement métachromatiques au bleu de crésyl; piléocystides dispersées, naissant généralement dans le subpellis, ne dépassant pas 100 μm de long, 4 μm diam.; sommet obtus arrondi, parfois subapicalement rétréci ou, plus fréquemment, capité ou boutonné de façon moniliforme. Revêtement du stipe formé d’hyphes assez lâchement entremêlées, généralement 3 μm diam., émettant des poils dispersés ou groupés en touffes, composés de 2-4 articles subcylindracés, de longueur très variable, parfois irrégulièrement renflés jusqu’à 10 μm, mais beaucoup moins tortueux que dans le chapeau; caulocystides ressemblant aux piléocystides mais plus nombreuses; hyphes oléifères abondantes, de taille très variable et parfois remarquablement larges (surtout celles constituant les hyphes axiales des cordons de sphérocytes), nettement septées. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi. Mosso-Malagarasi: Mugara, Bururi, isolé dans la forêt claire à Brachystegia, 02-1979, Rammeloo 6633 et icon. phot. (holotype BR).

Observation

Notre espèce ressemble probablement très peu à la seule autre espèce connue d’Afrique, R. archaea Heim, qui possède une chair immuable, très mince et translucide, ne dépassant pas 0,2 cm d’épaisseur et à odeur et saveur différentes (voir ci-dessus). Notons aussi les lamellules très rares et les lamelles parfois bifurquées, espacées et épaisses, s’opposant aux nombreuses lamellules des Lactarioideae des régions tempérées. Nous n’avons pas pu contrôler ce dernier caractère pour la seule récolte des Lactarioideae en Afrique (voir synopsis). Les deux espèces se ressemblent par le port trapu et le chapeau très irrégulier de couleur ocracée, salie de brun roux sale au centre et crème vers les bords.

Subsect. Lactarioideae Maire.

Bull. Soc. mycol. France 26: 120 (1910)

Carpophores de taille moyenne ou grande, facilement pris pour des Lactarius. Spores assez volumineuses, ornementation prononcée; plage non amyloïde (parfois amyloïde en régions tempérées et alors à sporée pâle). Sporée pâle (aussi plus foncée en régions tempérées). Hyménium composé d’éléments relativement volumineux; cystides émergentes, souvent fusiformes, à contenu bien différencié.

Espèce type: R. delica Fr.

Aucun Lactarioideae n’est présent parmi les nombreuses récoltes de Mme Goossens-Fontana de la forêt dense humide au Zaïre. Une seule récolte appartenant à ce groupe, a été faite en Afrique, dans la zone à forêts claires. Malgré le fait que le spécimen n’a pas bénéficié de notes prises sur le frais, nous croyons qu’il est utile de le décrire ici à titre provisoire.

51. Russula afrodelica nom. prov. — Fig. 283.

Chapeau blanc, infundibuliforme, rappelant fortement R. delica. Sporée non obtenue. Exsiccatum à chapeau de 6 cm diam., crème blanchâtre (3A2), marbré d’ocracé brunâtre (4A5), profondément creusé au centre, entièrement sali par la terre soulevée; stipe 1,5 × 1 cm, subcylindracé, s’amincissant légèrement vers le bas, concolore; lamelles brun gris orangeâtre (6B34), très serrées et étroites, subdécurrentes, inégales.

Spores ellipsoïdes, 9,0-9,41-9,8 × 6,9-7,36-7,8 μm (Q = 1,14-1,28-1,37), assez densément ornées d’éléments isolés, verruqueux, coniques ou cylindracés, atteignant 1 μm, entremêlées à de petits ornements à peine élevés, convexes ou ponctiformes, souvent ± alignés mais jamais caténulés ou reliés entr’eux, fortement mais parfois incomplètement amyloïdes; plage non amyloïde, ellipsoïde, arrondie, verruculeuse. Basides assez volumineuses, 49-60 × 11-12 μm, nettement renflées dans la portion médiane, ± tronquées au sommet, généralement optiquement vides, tétrasporiques; stérigmates forts, 6-8 × 1,5-2,5 μm. Cystides nombreuses, peu émergentes, naissant parfois profondément dans la trame, 45-75 × 7-9 μm, grêles, fusiformes à clavulées, obtuses ou capitulées à paroi très légèrement épaissie; contenu pailleté-réfringent, grisonnant à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées. Revêtement piléique une seule couche filamenteuse, peu différenciée et mal délimitée, très mince vers la marge, composée d’hyphes emmêlées et incrustées de zébrures très faiblement métachromatiques au bleu de crésyl, 2,5-5 μm diam., parfois légèrement renflées au bout; près de la surface piléique parfois à contenu huileux jaunâtre; piléocystides dispersées, naissant le plus souvent dans le subpellis, ascendantes, 4-8(10) μm diam., généralement très longues excédant souvent les 100 μm, surtout cylindracées à clavulées, mais aussi subulées fusiformes, largement capitées boutonnées, parfois en collier de perles, rarement pourvues d’un septum unique. Revêtement du stipe comparable celui du chapeau, éléments plus larges, plus rigides aussi, paroi parfois légèrement épaissie et pourvue d’incrustations plus nettes; caulocystides très nombreuses et très longues. Anses d’anastomoses nulles.

 Distribution

Burundi. Mosso-Malagarasi: quelques km N de Rumonge, forêt claire à Brachystegia, sur sol assez pierreux en pente, 12-1976, Dossin 69 (BR).

Observations

L’aspect en herbier rappelle tout à fait R. delica. Le type d’ornementation sporale, la plage non amyloïde et la couleur pâle de la sporée contredisent la séparation des Pallidosporinae Bon des Lactarioideae à sporée pâle. De nouvelles récoltes sont nécessaires pour compléter notre description.

Sect. Heterophyllae Fr.

Epicrisis syst. mycol. p. 72 (1938)

Carpophores de taille moyenne à très petite, souvent annelés. Chapeau à revêtement souvent craquelé, sec ou visqueux, présentant des colorations ardoisées, grisâtres, violet bleu ou vertes, moins souvent jaunes, rouges, orangeâtres ou violacées. Chair blanche et le plus souvent immuable, douce ou légèrement âcre. Revêtement piléique composé d’extrémités ramifiées, fortement septées, à dermatocystides unicellulaires et le plus souvent très grêles et peu apparentes, rarement absentes, sans hyphes primordiales. Spores à plage non ou très faiblement amyloïde.

En régions tempérées, les Heterophyllae sensu Romagnesi sont, après exclusion des Amoeninae qui font partie des Crassotunicatae, un ensemble bien caractérisé par la présence de pigments particuliers donnant, sur le frais, une granulation foncée et très caractéristique autour des vacuoles des cellules. Les études pigmentaires de Gluchoff (1969, 1975) ont confirmé l’exclusion des Amoeninae des Heterophyllae, car ne possédant pas ces pigments granulaires. Du même coup, les Heterophyllae européens sont devenus un ensemble plus homogène par l’exclusion des espèces à chapeau teinté de rouge carmin, rouge vineux ou de pourpre et dépourvu de dermatocystides.

La présence de ce pigment n’a pas été contrôlée pour les espèces africaines, car il n’existe que du matériel d’herbier pour la presque totalité des Heterophyllae africains. Pour certaines espèces pelliculaires nous avons constaté un aspect «sablé» très fugace au moment de la préparation des coupes en rouge congo ammoniacal, en KOH ou même dans l’eau.

Comme nous la présentons ici, la section des Heterophyllae est certainement très artificiel. Nous avons renoncé à la conservation de l’ensemble des Pelliculariae Heim et nous avons inclus dans les Heterophyllae toutes les espèces pelliculaires que nous n’avons pas pu situer avec certitude dans les Fistulosae ou Crassotunicatae. N’ayant pas étudié la nature des pigments, la limite entre Heterophyllae et Ingratae, d’une part, et, entre Heterophyllae et Crassotunicatae, d’autre part, reste très floue. Cyanoxanthinae et Ilicinae se rapprochent des Ingratae, resp. des Foetentinae Bon et Pectinatinae Bon. Les espèces pelliculaires parfois munies d’un anneau, à coloration souvent rougeâtre et à spores réticulées et subglobuleuses pourraient également être rapprochées des Amoeninae, mais les dermatocystides et les longs filaments à paroi épaissie rapellent aussi des Heterophyllinae européens.

Synopsis des sous-sections

1. Piléocystides totalement absentes:

2. Cellules marginales de l’arête des lamelles très distinctes, subulées à lagéniformes (atteignant 60 à 100 μm de long selon l’espèce) ................................................ voir Amoeninae (Sect. Crassotunicatae p. 420)

2. Cellules marginales manquant sur l’arête des lamelles ou bien moins distinctes et jamais à la fois et grandes et subulées ou lagéniformes (lorsqu’il s’agit d’une très petite espèce à chapeau < 1 cm diam., rouge groseille très finement craquelé: voir R. carmesina Heim provisoirement placé dans Sect. Pseudoepitheliosinae):

3. Suprapellis contenant des éléments métachromatiques au bleu de crésyl (observer en squash mince ou en coupe); spores ornées d’éléments bas et obtus; plage non amyloïde ........................................... Virescentinae (p. 491)

3. Suprapellis orthochromatique au bleu de crésyl; spores ornées d’éléments toujours isolés, aigus, coniques à cylindracés; plage amyloïde ................... Echinospermatinae (p. 494)

1. Piléocystides présentes (à contrôler de préférence au centre du chapeau au moyen d’une coupe très fine):

4. Extrémités des hyphes et dermatocystides ainsi que les hyphes de la trame montrant des réactions fortement métachromatiques au bleu de crésyl ..................... Cyanoxanthinae (p. 449)

4. Les extrémités des hyphes du chapeau à métachromasie nulle ou très faible au bleu de crésyl:

5. Espèce sans anneau à chapeau entièrement brun; piléocystides très apparentes et souvent clavées; spores subglobuleuses, réticulées ............................... R. declinata (voir Inflatinae p. 474)

5. Espèce ne possédant pas cet ensemble de caractères:

6. Extrémités du piléipellis possédant toujours une cellule terminale subulée à conique et souvent longuement étirée au sommet (s’il y a des lamprocyslides, voir Guayarenses, p. 468):

7. Extrémités du piléipellis légèrement (mais distinctement) rougissant au bleu de crésyl; spores ornées d’éléments à base arrondie .... Mimeticinae (p. 498)

7. Extrémités du piléipellis ne montrant pas le moindre rougissement au bleu de crésyl; spores à ornements partiellement ou entièrement réliés:

8. Carpophores petits, non saprophytiques; basides très sveltes et petites; revêtement jamais aréolé. ............................ Parvoroseinae (p. 504)

8. Carpophores petits ou grands; basides plutôt volumineuses:

9. Surface piléique ayant l’apparence d’un épithelium (une seule couche de sphérocytes) ............................................... Pseudoepitheliosinae (p. 526)

9. Surface piléique pseudoparenchymateuse ou composée de touffes d’extrémités agglomérées par leur article terminal, parfois simplement dispersées ...................... Heterophyllinae (p. 507)

6. Extrémités du piléipellis possédant en général un article cylindracé, globuleux ou ellipsoïde, même renflé en capitule, rarement conique ou subulé (si, en outre, le chapeau est jaune, voir Guayarenses, p. 468):

10. Extrémités du piléipellis formées de chaînes d’articles courts, globuleux-ellipsoïdes, à diam. s’atténuant en général fortement vers l’article basal ............................................. Paradermatinae (p. 470)

10. Extrémités du piléipellis cylindracées, rarement composées d’articles globuleux-ellipsoïdes, ne formant pas un épithélium:

11. Espèces non annelées, de couleur jamais entièrement rose ou rouge, à spores en général ellipsoïdes, d’ornementation variable ................. Ilicinae (p. 459)

11. Espèces annelées, toujours teintées de rose ou de rouge, mais parfois décolorées en jaune ou en brunâtre, à spores subglobuleuses, réticulées ....................... Inflatinae (p. 474)

Subsect. Cyanoxanthinae Sing.

Beih. Bot. Centralbl. 49: 240 (1932)

sect. Metachromaticae Sing. in Pegler & Sing., Mycotaxon 12: 93 (1980).

sect. Indolentes Melz. & Zvara, Arch. Prirodov. Vyzk. ech. 17 (1927).

Carpophores versicolores à blanchâtres. Chair immuable ou légèrement grisonnant, douce ou faiblement âcre. Lamelles lardacées, blanches. Carpophore montrant des réactions métachromatiques au bleu de crésyl au niveau des zébrures transversales incrustant la paroi de presque tous ses éléments et très apparentes chez les dermatocystides et à la base des cystides hyméniales où elles forment une gaine continue. Revêtements à dermatocystides très grêles, coniques à subulées, nettement capitées (au moins dans le suprapellis). Hyménium formé d’éléments grêles.

Espèce type: R. cyanoxantha Schaeffer: Fr.

Synopsis des espèces

1. Chapeau entièrement violacé ou aussi jaune-vert, mais dans ce cas nettement nuancé de violet et de lilas vers la marge:

2. Spores > 7,5 μm de long, ornées d’éléments convexes, isolés ou latéralement étirés à jumelés; articles des extrémités du revêtement piléique très courts, ellipsoïdes à presque isodiamétriques ...... 54c. R. flavobrunnea var. violaceotincta

2. Spores < 7 μm de long, ornées d’éléments nettement coniques et çà et là subtilement connexés; articles des extrémités du revêtement piléique brièvement cylindracés ........................................ 56. R. pseudopurpurea

1. Chapeau jaune, vert à presque noirâtre, jamais avec des nuances lilacines ou violacées, parfois fissuré au centre en plaques brunâtres:

3. Odeur fétide; ornementation sporale constituée d’éléments isolés, généralement coniques et subaigus; extrémités du revêtement piléique composées d’articles très courts, ellipsoïdes à presque isodiamétriques ....... 55. R. foetentula

3. Odeur agréable ou nulle; ornementation sporale constituée d’éléments isolés, obtus, convexes à subconiques, parfois confluant ou latéralement étirés ou de forme assez irrégulière; extrémités du revêtement piléique composées d’articles brièvement à longuement cylindracés (au cas où les spores sont subtilement crêtées-subréticulées: voir R. viridicens, p. 454):

4. Longueur moyenne des spores en dessous de 7,5 μm; chapeau généralement vert assez foncé à presque noirâtre:

5. Spores très densément ornées d’éléments convexes, atteignant à peine 0,5 μm de haut .......... 53. R. atrovirens

5. Spores assez densément ornées d’éléments coniques à brièvement cylindracés, mesurant env. 1 μm de haut ................. 57. R. striatoviridis

4. Longueur moyenne des spores au dessus de 7,5 μm; chapeau jaune, localement vert pâle à vert foncé:

6. Chapeau jaune citron à jaune ocracé, à reflets olivâtres (peut-être même nettement teinté de vert), à chair douce ................................................... 54a. R. flavobrunnea var. flavobrunnea

6. Chapeau orangé jaunâtre, sans reflets verdâtres, à chair d’abord douce, puis nettement mais légèrement âcre .......................................................... 54b. R. flavobrunnea var. aurantioflava

53. Russula atrovirens Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 60: 169 (1928). Fig. 284, planche 75/3.

Chapeau charnu, ferme, 9,6-11,2 cm diam., d’abord hémisphérique à légèrement convexe, puis infundibuliforme; marge lisse, un peu incurvée, assez régulière; revêtement lisse, noirâtre avec localement des reflets verdâtres (28F2-8). Stipe 5-7,2 × 2-2,1 cm, subcylindracé, arrondi et souvent aminci à la base, lisse, blanchâtre, plein, puis spongieux. Lamelles subdécurrentes, très serrées, larges de 0,3-0,4 cm, aiguës aux bouts, droites, blanches; lamellules présentes, mais probablement rares; arête entière, concolore. Chair blanche, saveur et odeur inconnues (11 ans après la récolte, l’exsiccatum avait encore une saveur forte selon Heinemann). Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau brun rouge foncé (8E5-8, au centre même 8F5-8, l’extrême marge plutôt 7E5-7); stipe et lamelles plus pâles (4AB2-5).

Spores ellipsoïdes, 6,7-7,11-7,6 × 5,4-5,80-6,2 μm (Q = 1,18-1,23-1,27; n = 20), très densément ornées d’éléments obtus, aplatis à ± hémisphériques, à peine élevés, ne dépassant pas 0,5 μm de haut, fortement amyloïdes, souvent nettement alignés ou même localement confluents; plage non amyloïde à quelques exceptions près, petite, très légèrement verruculeuse; apicule très petite. Basides 30-40 × 8-9 μm, piriformes-clavulées, tétrasporiques, optiquement vides; stérigmates assez courts, 3-4 × 1-1,5 μm, aigus. Cystides nombreuses, 40-70 × 6-8(10) μm, naissant profondément dans la trame, légèrement émergentes à affleurantes, cylindracées, fusiformes, clavulées, obtuses, rarement mucronées ou capitées; contenu peu abondant, granuleux-pailleté, pratiquement insensible à la sulfovanilline; paroi mince. Revêtement piléique à subpellis formé d’hyphes couchées, emmêlées, 2-4 μm diam., écartées par une forte gélification, munies de zébrures métachromatiques au bleu de crésyl; suprapellis très dense, continu seulement au centre, formé d’extrémités grêles, dressées, entremêlées, ramifiées, composées d’articles relativement courts, ceux-ci mesurant 10-20(30) × 3-4 μm, cylindracés, rougissant en général énergiquement au bleu de crésyl; l’article terminal cylindracé, clavé, obtus et souvent renflé ou largement capité; piléocystides assez nombreuses, 3-6 μm diam., cylindracées, obtuses-arrondies à capitées, devenant plus longues et plus grêles dans le subpellis, excédant souvent 200 μm de long, également présentes dans la trame, vers leur base ou même entièrement incrustées de zébrures transversales métachromatiques au bleu de crésyl, à contenu peu abondant, ± en trainées, granuleux-réfringent. Revêtement du stipe un chevelu comparable à celui du chapeau, à extrémités cylindracées plus grêles, mesurant env. 3-5 μm diam.; l’article terminal souvent tortueux, obtus ou rétréci en capitule; caulocystides nombreuses, 7-10 μm de large, plus grêles vers la base du stipe, de longueur très variable, généralement 20-60 μm dans le suprapellis, plus longues dans les couches profondes, cylindracées, clavulées, fusiformes, obtuses, très souvent subapicalement rétrécies à brusquement étranglées; contenu pailleté-réfringent. Anses d’anatomose nulles.

Nom vernaculaire: Kulango.

Usages: consommé par la population locale.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Djongo Akuba; épars sur le sol de la forêt de Gilbertiodendron dewevrei, 12-1925, Goossens-Fontana 511 a-b, c et icon. (holotype BR).

Observation

Les spores petites et très densément ornées permettent de séparer cette espèce des autres Cyanoxanthinae à chapeau parfois teinté des mêmes couleurs. L’aspect en herbier diffère sensiblement des autres Cyanoxanthinae par l’absence de teintes verdâtres ou jaunes.

54. Russula flavobrunnea Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 200 (1990).

54a. — var. flavobrunnea. — Fig. 285a, 285b, planche 74/2.

Chapeau fragile à robuste, 3-5,5 cm diam., étalé-convexe et assez abruptement déprimé au centre, régulier; marge nettement striée et même finement tuberculeuse sur la moitié à un quart du rayon; revêtement facilement séparable, lisse, très visqueux par temps humide, blanchâtre à jaune citron ou jaune d’oeuf ocracé au centre (2A3-4A3) ou aussi parfois avec quelques reflets olivâtres (cela ne se voit pas sur la planche), parfois rompu en écailles brunâtres. Stipe 2,5-4,5 × 0,8-1,5 cm, subcylindracé, s’amincissant et ± rétréci en pointe près de la base qui, elle, est souvent un peu courbée, lisse ou subtilement strié dans sa longueur, avec une très légère ponctuation blanchâtre sous la loupe, longtemps plein, puis creusé à l’intérieur de cavités qui finissent par correspondre entre elles. Lamelles brièvement adnées, assez denses (env. 8-11/cm sur 1 cm du bord), lardacées, avec quelques lamellules de longueur variable, minces, 0,2-0,4 cm de large, s’atténuant surtout contre le stipe, assez obtuses-arrondies près de la marge, çà et là bifurquées-anastomosées près du stipe, blanches; arête concolore, entière. Chair blanche, immuable mais teintée de jaunâtre sale ou de brun ocracé dans le chapeau et vers la base du stipe, douce, inodore. Sporée blanche. Exsiccatum à chapeau jaune pâle (3A2-4, 3A5 au centre et là souvent brun, jusqu’à 7E5-8) à assez vif (Séguy 226-228, Séguy 256-258).

FeSO4, phénol, ammoniaque, formol: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 6,9-7,82-8,66-9,6(10,0) × 5,7-6,36-6,79-7,4 μm (Q = 1,13-1,18-1,28-1,34; n = 60), densément ornées d’éléments obtus, parfois à peine élevés mais en général atteignant env. 1 μm de haut, hémisphériques, localement confluents ou souvent nettement alignés, latéralement étirés en virgule ou avec quelques rares connectifs très fins; plage non amyloïde, très légèrement verruculeuse. Basides 34-45 × 9-11 μm, subclavées, tétrasporiques, à contenu guttulé; stérigmates assez courts, 3-4 × 1-1,5 μm, aigus. Cystides nombreuses, 48-73 × 5-9 μm, cylindracées, fusiformes, obtuses, mucronées, même capitées ou brusquement atténuées; contenu peu abondant, granuleux-pailleté, réagissant peu à la sulfovanilline; paroi mince. Cellules marginales non différenciées. Revêtement piléique à subpellis formé d’hyphes couchées, emmêlées, 2-4 μm diam., écartées par une forte gélification; suprapellis continu au centre, discontinu ailleurs, formé d’extrémités grêles, ramifiées, densément septées; articles courts à assez longs, généralement 10-20(30) × 1,5-3 μm, cylindracés, rougissant énergiquement au bleu de crésyl; le terminal cylindracé, obtus, parfois renflé à capité ou, au contraire, aminci vers le sommet; piléocystides près de la surface assez nombreuses, 20-50 × 3-6 μm, coniques, subulées à lagéniformes, le plus souvent capitées, devenant contre la trame graduellement plus longues, plus grêles et étirées-pédicellées vers la base, dans la trame excédant même 200 μm de long, cylindracées, obtuses-arrondies, vers la base de la dermatocystide à paroi nettement incrustée de zébrures transversales et métachromatiques au bleu de crésyl mais de façon moins intense que les autres extrémités; contenu peu abondant, granuleux-réfringent. Revêtement du stipe relativement mince, formé d’hyphes de 1,5-4 μm diam., émettant un suprapellis comparable, mais plus discontinu et plus lâche, composé d’extrémités dressées, grêles, 3-5 μm diam.; caulocystides abondantes dans les touffes, plus dispersées ailleurs, ressemblant aux piléocystides; hyphes oléifères abondantes, jusqu’à 8 μm diam.. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi.- Mosso-Malagarasi: Bururi, Mugara, alt. 1000-1100 m, forêt sèche à Brachystegia, 12-1978, Rammeloo 5977 et icon. phot., 6099 et icon. phot., 6100 et icon. phot. (holotype BR).

54b. — var. aurantioflava Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 200 (1990). — Fig. 285c, 286b, 286c, planche 74/3.

Chapeau brun rougeâtre à orangé jaunâtre (4A8, 5A8 au centre, pâlissant jusqu’à 4A3 ou 3A3 vers la marge) et donc rappelant plutôt R. fellea (inconnu d’Afrique tropicale) sur le terrain. Stipe sali de brunâtre dans sa portion inférieure. Chair d’abord douce, puis légèrement mais nettement âcre. Spores plus volumineuses, mesurant 8,2-8,99-10,0 × 6,6-7,27-7,9 μm (Q = 1,17-1,24-1,31; n = 20).

Distribution

Zaïre.- Haut-Katanga: Fungurumé, prairie, 02-1986, Schreurs 1204 et icon. phot. (BR); Mutwale, sur le sol, forêt secondaire, 02-1986, Schreurs 1185 et icon. phot. (holotype BR).

54c. — var. violaceotincta Buyck (1990), Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 201 (1990). — Fig. 286a, planche 74/4.

Chapeau plus grand, mesurant 6-7,5 cm diam., envahi de vert olivâtre au centre (4CD4, pâlissant vite vers 4BC8 selon Schreurs et de violacé lilacin (9B3, un peu plus dilué). Stipe relativement plus trapu, mesurant 2-2,4 × 0,8-1 cm. Chair à saveur douce devenant très légèrement âcre par la suite. Lamelles assez serrées, adnées à subdécurrentes, blanches, à arête entière et apparemment brunissante (au toucher?). Spores ellipsoïdes, 8,2-8,70-9,2 × (6,7)6,8-7,41-8,0(8,1) μm (Q = 1,12-1,18-1,24; n = 20), plus densément ornées d’éléments plus bas et plus petits.

Distribution

Zaïre.- Haut-Katanga: Mutwale, en forêt claire, 02-1986, Schreurs 1186 et icon. phot. (holotype BR); Kipopo, en forêt claire sur sol argileux, 03-1959, Schmitz-Levecq 106 et icon. (BR); Luiswishi, en forêt claire, 12-1971, Thoen 5119 (BR).

Observations

1. La description pour la var. type est basée sur les trois récoltes citées, pour les deux autres variétés les analyses ne sont basées que sur le type. Un nombre important de récoltes additionnelles de Thoen du Haut-Katanga et de Dossin du Burundi sont probablement à rattacher à R. flavobrunnea s.l. par leurs caractères microscopiques. Ceci montre bien l’importance du groupe cyanoxantha en Afrique et surtout en forêt claire. Toutefois, les notes étant trop sommaires (parfois seulement une mention de la couleur générale du chapeau), il faudra attendre de nouvelles récoltes bien documentées. 

2. La var. flavobrunnea est caractérisée par son chapeau jaune vif. Elle mérite peut-être rang spécifique, l’opposant aux deux autres variétes, flavobrunnea et violaceotincta, qui se ressemblent beaucoup et qui sont séparées surtout sur la base des données de Schreurs. La var. flavobrunnea ressemble par sa couleur générale sur le terrain probablement à R. ciliata (Amoeninae) et R. albofloccosa Buyck (Ilicinae), qui s’en séparent facilement par l’ornementation sporale et l’absence de métachromatie dans le bleu de crésyl.

3. R. viridicens Heim & Gilles (Cyanoxanthinae, syn.: R. subviridescens Buyck nom. superfl., Buyck 1989c, voir également Buyck 1992), a été décrit de Madagascar et possède apparemment une même couleur générale. Elle diffère de R. flavobrunnea par son ornementation sporale (fig. 286d).

4. Les dimensions sporales pour les différentes récoltes du groupe cyanoxantha sont détaillées ci-après:

R. flavobrunnea var. flavobrunnea:

type:

6,9-7,82-8,7

× 5,7-6,36-6,9 μm

Q = 1,17-1,23-1,32; n = 20

Rammeloo 6099:

7,3-7,93-8,6

× 6,2-6,72-7,3 μm

Q = 1,13-1,18-1,27; n = 20

Rammeloo 5779:

7,8-8,66-9,6(10,0)

× 6,2-6,79-7,4 μm

Q = 1,14-1,28-1,34; n = 20

R. flavobrunnea var. aurantioflava:

type:

8,2-8,99-10,0

× 6,6-7,27-7,9 μm

Q = 1,17-1,24-1,31; n = 20

Schreurs 1204:

(8,3)8,7-9,77-10,5

× (6,6)6,7-7,41-7,8um

Q = 1,24-1,32-1,47; n = 20

R. flavobrunnea var. violaceotincta:

type:

8,2-8,70-9,2

× (6,7)6,8-7,41-8,0(8,1) μm

Q = 1,12-1,18-1,24; n = 20

Thoen 5119:

6,5-6,94-7,3

× (5,2)5,4-6,03-6,5 μm

Q = 1,04-1,15-1,25; n = 20

R. flavobrunnea s.l. (récoltes non documentées):

Dossin 45:

6,5-7,06-7,8(7,9)

× 5,4-5,91-6,5 μm

Q = 1,13-1,19-1,26; n = 20

Dossin 51:

7,1-7,77-8,5

× 5,5-6,19-6,8 μm

Q = 1,14-1,26-1,39; n = 20

Dossin 50:

(6,9)7,0-7,87-8,5

× 5,8-6,22-6,6 μm

Q = 1,16-1,27-1,36; n = 20

Dossin 48:

7,5-8,22-9,0

× 5,5-6,04-6,7 μm

Q = 1,27-1,36-1,45; n = 20

Thoen 5190:

(7,4)7,7-8,22-8,7

× 6,0-6,56-7,0 μm

Q = 1,16-1,26-1,38; n = 20

Thoen 4557:

7,8-8,52-9,5(9,7)

× 6,3-7,00-7,8(8,0) μm

Q = 1,13-1,22-1,37; n = 20

55. Russula foetulenta Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 201 (1990). Fig. 287, planche 74/1.

Chapeau env. 6 cm diam., convexe, largement et légèrement déprimé au centre; marge striée-cannelée sur env. 1 cm; revêtement légèrement visqueux, luisant, lisse, facilement séparable, élastique, jaune grisâtre (3A2 nuancé de 3B2). Stipe env. 3 × 1,3 cm, assez court et trapu, cylindracé, finement ridulé dans sa longueur, blanc, creux. Lamelles assez serrées, blanches; arête entière, concolore. Chair blanche, immuable; odeur nulle, à la coupe devenant faiblement à fortement spermatique; saveur douce. Sporée blanche. Exsiccatum presque entièrement crème-ocracé (4A2) sali de brun pâle verdâtre (4B2-3) ou de brun orangeâtre (5BC4-5) au centre du chapeau.

Spores ellipsoïdes, 8,2-8,90-9,7(9,8) × 6,5-7,06-7,8 μm (Q = 1,16-1,26-1,34; n = 20), ornées d’éléments isolés, parfois convexes à base ± irrégulière, généralement coniques, atteignant env. 1,5 μm de haut, fortement amyloïdes; plage légèrement verruculeuse, non amyloïde. Basides 40-50(55) × 10-12 μm, piriformes-allongées, tétrasporiques, parfois bi- à trisporiques, à contenu guttulé abondant; stérigmates 4-6 × 1,5-3 μm, assez trapus. Cystides à peine émergentes, peu nombreuses, (45)55-80 × 7-10 μm, clavulées, fusiformes, pédicellées, obtuses mais généralement mucronées-capitées, à paroi mince; contenu pailleté abondant, grisonnant légèrement à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées, très petites, 20-30 × 4-8 μm, généralement clavées, parfois subcapitées ou lancéolées. Revêtement piléique à subpellis formé d’hyphes fortement écartées par gélification, très grêles, env. 2-3 μm diam., incrustées d’une gaine fortement métachromatique au bleu de crésyl mais souvent rompue en zébrures saillantes; suprapellis bien différencié, discontinu, composé d’extrémités fortement septées, ramifiées près de leur base, à paroi mince mais métachromatique au bleu de crésyl; articles généralement 4-6(8) μm de large; piléocystides dans le subpellis longuement et étroitement cylindracées à clavulées, également présentes dans la trame, irrégulièrement mucronéesappendiculées, à contenu pailleté abondant; dans le suprapellis (15)20-40(60) × 3-6 μm, dispersées, coniques à subulées, minusculement boutonnées-capitées, substituant l’article terminal des extrémités. Revêtement du stipe à subpellis très mince; suprapellis de structure semblable à celui du chapeau mais plus lâche, à articles terminaux (y inclus caulocystides) généralement plus larges et clavés, moins capités; caulocystides très nombreuses surtout dans le subpellis. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Haut Katanga: Plateau de Biano. Menge, parmi les mousses au bord d’une route. 04-1986, Schreurs 1597, 1560 et icon. phot. (holotype BR).

Observation

La description est basée sur le type qui est le seul spécimen à avoir bénéficié de notes sur le frais. R. foetulenta rappelle fortement des Ingratae par l’odeur fétide, la taille plus grande des basides et les cystides moins nombreuses et plus volumineuses. La sporée blanche et la métachromasie au bleu de crésyl prouvent pourtant l’étroite apparenté avec les CyanoxanthinaeR. foetulenta est alors intégré. Nous ne connaissons d’ailleurs pas de représentants typiques des Foetentinae Bon ou des Pectinatinae Bon en Afrique centrale.

56. Russula pseudopurpurea Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 207 (1990). Fig. 288, planche 79/2.

Chapeau charnu, ferme, 6,6-9 cm diam., étalé à centre parfois assez profondément déprimé; marge non striée, légèrement enroulée; revêtement séparable sauf au centre, mat, devenant visqueux par l’humidité, brun violacé lavé de grisâtre (6C3-4, 6E3-5, 8E2-4, 9CDEF2-4, 10B4-6), çà et là tacheté d’ocre pâle (4AB3). Stipe subcylindracé, 7-9 × 1,4-2 cm, légèrement rétréci à la base, finement strié dans sa longueur sous la loupe, blanchâtre localement sali de jaune grisâtre, spongieux-farci. Lamelles subdécurrentes, serrées, minces, étroites, 0,3-0,45 cm de large, s’atténuant vers les extrémités, parfois fourchues, blanchâtres; lamellules rares. Chair ferme, blanche, immuable; saveur douce; odeur agréable de champignon. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau ± olivâtre (4DE4-7, localement 4C4-7); stipe un peu plus pâle (4A3) et sali de brunâtre; lamelles brun grisâtre (5B5).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, vert bleu intense. FeSO4, ammoniaque, aniline: réactions nulles. Phénol: réaction lente, brun visqueux foncé. Pyrogallol: réaction rapide, brun.

Spores petites, ellipsoïdes, 6,0-6,50-7,0 × 5,2-5,67-6,0 μm (Q = 1,09-1,15-1,26; n = 20), assez densément ornées d’éléments relativement forts, obtus à subaigus, hémisphériques à presque globuleux, parfois aussi cylindracés ou coniques, fortement amyloïdes, atteignant environ 1 à 1,5 μm de haut, çà et là reliés par de très fins connectifs formant un réseau très partiel; plage généralement non amyloïde ou légèrement grisonnante; appendice hilifère assez grand, conique-tronqué. Basides grêles, 35-40(43) × 9-11 μm, tétrasporiques, subclavées à piriformes-pédicellées, le plus souvent optiquement vides; stérigmates assez petits, 3-4 × 1-1,5 μm. Cystides nombreuses, généralement 60-90 × 5-8 μm, grêles, à paroi mince, vers la base nettement incrustées de zébrures métachromatiques au bleu de crésyl; contenu peu abondant, granuleux-pailleté, grisonnant légèrement à la sulfovanilline. Cellules marginales peu différenciées. Revêtement piléique à subpellis fortement gélifié et souvent très épais, formé d’hyphes de 2-3 μm diam., densément entremêlées, parcouru d’hyphes oléifères dispersées; suprapellis peu différéncié, dense, continu au centre, discontinu vers la marge, composé d’extrémités de 3-4 μm diam., grêles, ramifiées, assez densément septées, souvent arrangées en trichoderme ou formant un chevelu irrégulier; articles relativement courts, généralement 10-20(30) × 3-4 μm, cylindracés; le terminal cylindracé, clavé, obtus et souvent rétréci sous l’apex; piléocystides assez nombreuses, 3-6 μm diam., cylindracées, obtuses-arrondies à minusculement capitées, devenant plus longues et plus grêles dans le subpellis et la trame; paroi nettement incrustée de zébrures transversales métachromatiques au bleu de crésyl vers la base de la dermatocystide, assez mince; contenu peu abondant, ± en trainées, granuleux-réfringent. Revêtement du stipe un chevelu comparable à celui du chapeau, mais plus discontinu et plus lâche. Anses d’anastomose nulles. 

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, sur le sol de la forêt de Gilbertiodendron dewevrei, 04-1928, Goossens-Fontana 698 et icon. (BR); ibid., 04-1945; Goossens-Fontana 3056 et icon. (holotype BR).

Observations

1. La description n’est basée que sur le type. Goossens-Fontana 698 possède des caractères microscopiques identiques mais diffère du type par le chapeau rouge violacé grisâtre (11A-F3-5) à centre gris et par la chair ’piquante’. Des récoltes additionnelles sont donc nécessaires pour déterminer les caractères organoleptiques de cette espèce.

2. R. cremeolilacina Pegler, décrite de l’île de la Martinique (Petites Antilles), pourrait ressembler à cette espèce sur le terrain. R. cremeolilacina diffère pourtant des Cyanoxanthinae, dont elle devrait alors être excluse, par le revêtement piléique orthochromatique au bleu de crésyl et renfermant des articles nettement renflés.

57. Russula striatoviridis Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 202 (1990). Fig. 289, planche 75/2.

Chapeau peu charnu et fragile, 5,1-6,2 cm diam., d’abord convexe à ± ombiliqué, puis étalé et largement déprimé au centre; marge mince, légèrement enroulée, nettement striée sur env. la moitié du rayon; revêtement visqueux, séparable, vert olivâtre à vert grisâtre ou noirâtre (1-2BD2-3; 1-3F3-5), lisse ou tâcheté d’écailles apprimées concolores vers le centre du chapeau. Stipe 3,1-4,3 × 0,8-1,1 cm, cylindrique ou légèrement aminci vers la base, blanchâtre lavé de vert grisâtre-olivâtre (2B2-3), plein puis creux. Lamelles adnées, serrées, 0,5-0,6 cm de large, s’atténuant surtout vers le stipe, reliées entre elles par de fines veines anastomosées blanches; lamellules de longueur inégale, irrégulièrement dispersées et probablement peu nombreuses; arête entière, concolore. Chair ferme, blanche; saveur d’abord douce, devenant âcre dans les spécimens agés; odeur agréable de champignon. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau vert olivâtre à vert brunâtre foncé (4 BF 4-6); stipe parfois nettement teinté de vert.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, vert bleu intense. FeSO4, ammoniaque, aniline: réactions nulles. Phénol: réaction lente, vineux à brun chocolat. Pyrogallol: réaction rapide, jaune brun à brun orangé. 

Spores petites, ellipsoïdes, 5,6-6,02-7,60-8,2 × 4,7-4,99-6,82-1,3 μm (Q = 1,05-1,11-1,21-1,27; n = 60), assez éparsement ornées de forts éléments subcylindracés à coniques, atteignant env. 1 μm de haut, nettement amyloïdes; plage non amyloïde, souvent ± verruculeuse. Basides 35-40 × 8-10 μm, clavulées-piriformes, tétrasporiques, en général optiquement vides; stérigmates 3-4 × 1-1,5 μm. Cystides assez nombreuses, 40-70 × 5,5-7 μm, peu émergentes, naissant assez profondément dans la trame, clavulées à cylindracées, obtuses-arrondies ou minusculement boutonnées, souvent tortueuses, à paroi mince ou très légèrement épaissie; contenu granuleux-pailleté, assez abondant, réagissant très faiblement à la sulfovanilline. Cellules marginales peu ou pas différenciées. Revêtement piléique à subpellis fortement gélifié, formé d’hyphes de 2-3 μm diam., densément entremêlées, à hyphes oléifères dispersées; suprapellis peu différencié, dense, continu au centre, discontinu vers la marge, composé de poils grêles, cylindracés et souvent tortueux, rougissant parfois assez énergiquement au bleu de crésyl, assez densément septés; articles relativement courts, généralement 10-20(30) × 3-4 μm, cylindracés; le terminal cylindracé, clavé, obtus ou subapicalement rétréci; piléocystides assez nombreuses, 25-50(70) × 4-5(7) μm diam., coniques, subulées à lagéniformes, en général minusculement capitées, devenant plus longues et plus grêles dans le subpellis et dans la trame, mesurant env. (50)150-300 × 3-6 μm; paroi nettement incrustée de zébrures transversales métachromatiques au bleu de crésyl vers la base, assez mince; contenu peu abondant, ± en trainées, granuleux-réfringent. Revêtement du stipe un chevelu comparable à celui du chapeau, mais plus discontinu et plus lâche, dans la moitié supérieure à éléments jusqu’à 10 μm de large. Anses d’anastomose nulles.

Nom vernaculaire: nsese (terme général pour champignon comestible?).

Usages: consommé par la population locale.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, sur le sol de la forêt de Gilbertiodendron dewevrei, 04-1928, Goossens-Fontana 697 et icon.(BR), 811a et icon. (holotype BR) 811b (BR); ibid., 04-1943, Goossens-Fontana 3027a et icon. (BR). — Haut-Katanga: Luiswishi, 12-1971, Thoen 5203 (BR).

Observations

1. La description est basée sur les récoltes Goossens-Fontana 697 et 811a, car Goossens-Fontana 3027 est une récolte mixte.

2. R. pseudostriatoviridis Buyck, placé ici dans les Ilicinae, diffère de R. striatoviridis principalement par l’absence de métachromasie au bleu de crésyl, les spores plus grandes à ornements saillants et les teintes rose violacé ou pourprées du chapeau et du stipe.

Subsect. Ilicinae (Romagn.) Buyck, status nov.

sect. Ilicinae Romagn., Les Russules d’Europe et d’Afrique du Nord, supplément p. 1209 (1985).

Carpophores non annelés de taille moyenne. Chapeau largement déprimé au centre, à marge fortement striée. Revêtement brun à grisâtre mélangé de vert ou de rose, parfois fortement gélifié, entièrement orthochromatique au bleu de crésyl, composé d’extrémités souvent légèrement rétrécies ou subcapitées et de dermatocystides très souvent capitulées. Stipe concolore à blanchâtre. Chair douce ou faiblement âcre, à odeur parfois désagréable. Lamelles blanchâtres, lisérées de cellules marginales, avec quelques rares lamellules. Spores pâles en masse, à ornementation variée.

Espèce type: R. ilicis Romagn.

La réaction orthochromatique du revêtement au bleu de crésyl sépare les Ilicinae des espèces de coloration parfois très semblable (surtout en régions tempérées ou les Ilicinae rappellent des espèces appartenant aux Griseinae Schaeff. (à métachromasie limitée) et Cyanoxanthinae (à fortes réactions métachromatiques)). La ressemblance entre Cyanoxanthinae et plusieurs Ilicinae est parfois accentuée par une réaction subnulle au FeSO4.

Seulement 2 espèces étaient attribuées à cette sous-section: R. ilicis de la région méditerrannéenne et R. helgae Romagn. d’Europe du Nord. Probablement que R. aeruginea Lindbl., espèce européenne à plus large distribution généralement située dans les Griseinae, ainsi que R. cremeolilacina, décrite par Pegler (1980) de la Martinique (Petites Antilles), devraient être transférées aux Ilicinae.

Synopsis des espèces

1. Spores à ornements isolés, obtus et très saillants:

2. Chapeau et stipe brun ± grisâtre avec parfois de légères nuances vertes ou rose violacé au centre du chapeau ..................................................... 62. R. sesemoindu

2. Chapeau et stipe teintés de vert, violacé ou pourpre ................................. 61. R. pseudostriatoviridis

1. Spores à ornements partiellement ou entièrement reliés:

3. Chapeau très pâle, crème à jaunâtre, montrant des pellicules blanchâtres très distinctes .......... 58. R. albofloccosa

3. Chapeau brunâtre à grisâtre, même avec des teintes vertes ou roses au centre, sans pellicules bien différenciées mais parfois couvert d’une fine pruine blanchâtre:

4. Extrémités des hyphes du suprapellis grêles, cylindracées, non remarquablement différenciées des hyphes sous-jacentes ...................... 60. R. pruinata

4. Extrémités des hyphes du suprapellis très septées, composées de petites cellules globuleuses à ellipsoïdes .............................. 59. R. ochraceofuliginosa

58. Russula albofloccosa Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 199 (1990). Fig. 290, planche 76/1.

Chapeau très fragile, 4,5-5 cm diam., presque hémisphérique dans la jeunesse, devenant ± convexe, puis étalé et largement mais légèrement déprimé au centre; marge vite déchirée, nettement striée; revêtement crème à jaune pâle (3A2, 4A2-4), visqueux, parsemé de fines pellicules blanches, ressemblant à des flocons d’avoine, très denses au centre, plus distantes vers la marge. Stipe 2,5-3 × 1-1,2 cm, subcylindracé. très subtilement ridulé-veiné, blanchâtre (3A2) lavé de jaunâtre vers la base; creux-caverneux. Lamelles libres à adnées, blanchâtres à crème (3A1-2), assez lardacées, minces, égales, ni interveinées ni ramifiées; arête fimbriée, concolore. Chair immuable, blanche à blanchâtre dans le chapeau, crème dans le stipe; saveur douce, parfois tardivement et légèrement âcre dans l’arrière-gorge; odeur désagréable (rappelant celle d’un hôpital selon Rammeloo). Sporée blanchâtre sur le frais, crème (IIa-b) en herbier. Exsiccatum à chapeau ocré brunâtre (A4-5) à brun orangeâtre (5BC5-7); stipe lavé de brun grisâtre (5B2-4). 

FeSO4: réaction faible, brun rougeâtre. Formol, aniline, KOH: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 7,9-8,47-8,9 × 6,2-6,63-6,9 μm (Q = 1,18-1,28-1,38; n = 20), densément à très densément ornées de minces crêtes, localement réduites à des connectifs, formant un réseau presque complet à complet et bien amyloïde; plage non amyloïde, parfois nettement arachnoïde ou verruqueuse. Basides 40-50 × 9-11 μm, subfusiformes à clavulées, tétrasporiques; stérigmates env. 4-5 × 1-2 μm. Cystides dispersées, env. 70-110 × 11-16 μm, volumineuses, naissant assez profondément dans la trame, peu émergentes, fusiformes à clavées, en général mucronées-appendiculées. à paroi mince; contenu pailleté, abondant, réagissant à peine à la sulfovanilline. Cellules marginales 20-60 × 4-10 μm, versiformes mais s’atténuant toujours vers le sommet, souvent lagéniformes, lancéolées à subulées, toujours légèrement renflées en capitule, optiquement vides ou faiblement réfringentes dans la moitié supérieure. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes écartées par gélification, très grêles, mesurant env. 2-4 μm diam., parcouru contre la trame d’hyphes oléifères; suprapellis discontinu mais dense, formant des îlots d’extrémités intriquées, dressées, peu ramifiées, assez densément septées, composées d’articles grêles, ± cylindracés, env. 2-5(7) μm de large, subcylindracés ou avec quelques renflements locaux, le terminal souvent capitulé au bout par un léger étranglement subapical; piléocystides dans le suprapellis très peu apparentes et très grêles, subulées à cylindracées, seulement 2-4 μm diam. et parfois très longues; dans le subpellis beaucoup plus volumineuses, cylindracées, clavées ou plus irrégulières, mesurant env. 5-10(15) μm diam., à paroi assez mince, aussi présentes dans la trame; contenu pailleté abondant. Revêtement du stipe plus mince; subpellis moins gélifié; suprapellis plus lâche, composé d’extrémités beaucoup plus volumineuses que dans le chapeau, 5-10 μm diam. et dont l’article terminal ressemble aux cellules marginales des lamelles; caulocystides assez nombreuses, souvent fusiformes, nettement capitées, ressemblant aux cystides des lamelles, longuement cylindracées dans le subpellis. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Burundi.- Mosso-Malagarasi: Bururi, Mugara, sous Brachystegia, 12-1978, Rammeloo 6096 et icon. phot. (holotype BR).

Zaïre.- Haut-Katanga: Mutwale, sur le sol de la forêt claire, 02-1986, Schreurs 1190 et icon. phot. (BR); Kipopo, en forêt claire, 12-1959, Schmitz-Levecq 189 et icon. (BR).

Observations

1. La description est entièrement basée sur le type. Schreurs 1190 (voir planche 76/1a), diffère du type par sa coloration générale et celle des lamelles qui rappellent celles de R. flavobrunnea var. aurantioflava. Il s’agit peut-être d’une autre espèce à microscopie semblable. En effet, de nombreuses observations récentes (Buyck, inéd.) en forêt claire zambésienne ont montré que R. albofloccosa est une espèce très commune et de couleur très peu variable se rapprochant toujours de celle du type (planche 76/1b) ou plus décolorée.

2. Pourtant bien caractérisée par les pellicules du chapeau, R. albofloccosa rappelle R. flavobrunnea (Cyanoxanthinae) et R. ciliata (Amoeninae) par son chapeau jaune.

59. Russula ochraceofuliginosa Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 60: 168 (1928). Fig. 291, planche 81/1.

Chapeau mince, 7-8 cm diam., étalé, largement et parfois assez profondément déprimé au centre, parfois même légèrement bosselé; marge nettement striée sur presque la moitié du rayon, brun bistre à brun rougeâtre assez foncé (5C3-4, 6EF3-6). Stipe 4,5-8,5 × 1,4-1,6 cm, subcylindracé, à légèrement renflé vers le bas, blanchâtre lavé de jaune ocracé à jaune orangé. Lamelles sublibres, s’atténuant vers le stipe, 0,5-0,8 cm de large, blanches; arête concolore, entière; lamellules probablement rares. Chair blanche, à saveur et odeur inconnues. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum entièrement brun ocracé.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu. FeSO4: réaction lente, brunâtre pâle. Pyrogallol: réaction rapide, jaune brun.

Spores ellipsoïdes à oblongues, (6,0)6,1-6,67-7,0 × 4,5-5,06-5,6(5,8) μm (Q = 1,20-1,32-1,42; n = 20), ornées d’éléments obtus, convexes à hémisphériques, fortement amyloïdes, dépassant rarement 0,5 μm de haut, reliés par des connectifs ou confluant en de courtes crêtes parfois ramifiées; le tout formant un réseau assez partiel mais relativement dense; plage non amyloïde, parfois verruculeuse. Basides 35-45(52) × 9-12 μm, clavulées à clavées, tétrasporiques; stérigmates assez petits, 3,5-5 × 1-1,5 μm. Cystides dispersées, 70-100(120) × 7-12 μm, assez grêles, subcylindracées à nettement clavées, parfois fusiformes, obtuses-arondies à boutonnées, à paroi très légèrement épaissie; contenu grossièrement granuleux, réagissant à peine à la sulfovanilline. Cellules marginales non observées. Revêtement piléique orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes écartées par une assez forte gélification, env. 2-4 μm diam., parcouru de nombreuses hyphes oléifères de diam. très variable; suprapellis discontinu, émettant des masses denses de petites extrémités intriquées-dressées, ramifiées, fortement septées; articles très courts, généralement 5-15 × 4-8 μm, à paroi très mince, doliiformes, ellipsoïdes à subglobuleux ou même brièvement cylindracés; le terminal parfois aussi lancéolé, ampullacé ou conique; piléocystides du suprapellis très grêles et inapparentes, étroitement cylindracées, en général 50-90 × 2-3 μm, minusculement boutonnées à moniliformes, à paroi mince et contenu peu abondant; dans le subpellis surtout situées contre la trame, longuement cylindracées, obtuses, 3-7 μm diam., à contenu finement pailleté. Revêtement du stipe un chevelu dense, intriqué, formé d’extrémités peu remarquables, cylindracées, peu ramifiées, assez densément septées, mesurant env. 3-4 μm diam.; caulocystides assez abondantes, très longues et cylindracées, 3-6 μm diam., obtuses, à contenu peu abondant, grossièrement granuleux. Anses d’anastomose nulles. 

Nom vernaculaire: tomamata (Eala).

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Eala, épars sur le sol de la forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 08-1923, Goossens-Fontana 270 et icon. (holotype BR); Binga, épars sur le sol de forêt inondée, 10-1929, Goossens-Fontana 829 et icon. (BR).

Observations

1. La description macroscopique est basée sur les deux récoltes, celle des caractères microscopiques seulement sur Goossens-Fontana 829 vu l’état lamentable du type (un seul carpophore fortement attaqué par les moisissures). Les caractères identiques des spores et du revêtement piléique des deux récoltes ne laissent pas de doute sur leur identité. La description originale cite fautivement des spores sphériques de 6-7 × 6-6,5 μm. Nos mesures des spores du type ont donné les dimensions suivantes: 6,3-6,97-7,5 × 5,0-5,42-5,7 μm (Q = 1,19-1,29-1,36; n = 20).

2. Le port général et la couleur du chapeau font penser aux Brunneodermatinae, mais à cette ressemblance s’oppose la striation à la marge, la chair très mince et fragile ainsi que l’absence d’un pigment vacuolaire brun dans les hyphes du revêtement piléique.

60. Russula pruinata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 199 (1990). Fig. 292, planches 76/3, 77/1.

Chapeau mince mais assez ferme, env. 4,4 cm diam., largement et peu profondément déprimé au centre; marge légèrement striée jusqu’à un tiers du rayon; revêtement mat, sec, complètement séparable, lisse, couvert d’une fine pruine très dense au centre, se fragmentant vers la marge en nombreux flocons apprimés, blanchâtres-farineux, de plus en plus distants vers la marge, assez versicolore, brun grisâtre assez foncé avec des nuances bleuâtres, localement virant au vert (au disque) ou au pourpre violacé (surtout vers la marge) se déchirant radialement à l’extrême marge en se détachant de la chair sous-jacente. Stipe subcylindracé, 4,1 × 0,75-0,9 cm, s’amincissant très légèrement vers le bas, lisse mais très finement strié sur toute sa longueur, blanc, creux-lacunaire. Lamelles brièvement adnées, 0,4-0,6 cm de large, assez friables, égales, minces, s’atténuant le plus vers le stipe, assez serrées (facile à compter), très subtilement interveinées, blanches; arête entière, concolore. Chair blanet obtus ou bien nettement coniques et aigus, mesurant 1-1,5 μm de long, droits ou obliques, très souvent connés à courtement caténulés, plus petits près de la plage, connexés et formant un réseau presque complet; plage assez large, non amyloïde ou grisonnant seulement dans la partie distale de l’appendice hilifère, verruculeuse. Basides 38-46 × 10-12 μm, subfusiformes à piriformes, tétrasporiques; stérigmates 3-4 × 1 -1,5 μm. Cystides assez petites, dispersées, peu émergentes, 50-70(85) × 8-12 μm, un peu plus petites vers l’arête, fusiformes à clavées, en général capitées (sauf près de che, ferme, jaunissant à la coupe dans le stipe; saveur douce; odeur désagréable. Sporée non observée, en tout cas très pâle. Exsiccatum à chapeau brun orangé pâle, nuancé de vert olive (4-5 CDE3-4) vers le centre; stipe crème. 

Teinture de gaïac: réaction faible. FeSO4: réaction immédiate, rouge carotte. Phénol, sulfovanilline, formol, ammoniaque: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 7,3-7,87-8,4 × 6,3-6,78-7,3 μm (Q = 1,16; n = 20), ornées d’éléments assez espacés, cylindracés et obtus ou bien nettement coniques et aigus, mesurant 1-1,5 μm de long, droits ou obliques, très souvent connés à cour- tement caténulés, plus petits près de la plage, connexés et formant un réseau presque complet; plage assez large, non amyloïde ou grisonnant seulement dans la partie distale de l’appendice hilifère, verruculeuse. Basides 38-46 × 10-12 μm, subfusiformes à piriformes, tétrasporiques ; stérigmates 3-4 × 1-1,5 μm. Cystides assez petites, dispersées, peu émergentes, 50-70(85) × 8-12 μm, un peu plus petites vers l’arête, fusiformes à clavées, en général capitées (sauf près de l’arête), à paroi assez mince; contenu assez abondant, granuleux à finement pailleté, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales occupant, avec quelques cystides, l’arête entière, 20-40 × 4-8 μm, très grêles mais assez versiformes, surtout lancéolées à subfusiformes, souvent subapicalement rétrécies et capitées. Revêtement piléique orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis peu épais, gélifié, bien séparé des sphérocytes de la trame par des faisceaux entrecroisés d’hyphes grêles, 1,5-2 μm diam., souvent tortueuses; suprapellis discontinu, formé d’hyphes à extrémités de 3-4 μm diam. en général, entremêlées-intriquées, régulièrement ramifiées, assez densément septées, à paroi très mince et très fragile; l’article terminal toujours subtilement capité; piléocystides présentes dans tout le revêtement — même dans les hyphes entrecroisées contre la trame — mais peu apparentes, très grêles, longuement cylindracées ou subulées ailleurs, minusculement appendiculées, 40-65(200) × 2-4 μm, à contenu guttulé, réfringent-granuleux et peu remarquable, noircissant après un séjour de quelques mois au bleu de crésyl; paroi très mince. Revêtement du stipe plus lâche que celui du chapeau, composé des mêmes éléments mais à dermatocystides plus volumineuses et souvent largement capitées; extrémités plus densément septées, portant un article terminal plus court, tortueux-capité. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Yaenero. près de Kisangani, en forêt primaire, 05-1984, Buyck 1731 et icon. phot. (holotype BR); Binga, isolé sur le sol de la forêt sèche, 11-1928, Goossens-Fontana 850, 852 et icon. (BR); ibid., 01-1940, Goossens-Fontana 2019 et icon. (BR); Kivu, endroit humide en forêt primaire le long du Lukoko, 04-1972, Rammeloo Z373 et icon. phot. (BR).

Observations

1. Vu l’aspect assez différent des récoltes attribuées à cette espèce, la description est uniquement basée sur le type. Alors que le chapeau est surtout d’un gris verdâtre dans les récoltes de Goossens-Fontana, le chapeau est d’une couleur entièrement brune et couvert d’une pruinosité qui se fragmente vers la marge piléique en pellicules apprimées chez le type. Ce sont les ressemblances microscopiques qui nous autorisent à assimiler les récoltes de Goossens-Fontana à cette espèce. Les notes accompagnant Goossens-Fontana 2019 parlent d’ailleurs d’une pruinosité distincte sur le chapeau.

2. R. pruinata ressemble probablement à R. roseostriata (Heterophyllinae), à R. striatoviridis (Cyanoxanthinae) sur le terrain et, au sein des Ilicinae, à R. sesemoindu et peutêtre même à R. pseudostriatoviridis. Un simple contrôle de l’ornementation sporale permet de séparer R. pruinata des trois dernières espèces, la réaction orthochromatique au bleu de crésyl chez R. pruinata excluant également les Cyanoxanthinae. R. roseostriata, par contre, possède le même type d’ornementation sporale que R. pruinata mais a des spores subglobuleuses et se caractérise surtout par la forme des éléments du pileipellis.

61. Russula pseudostriatoviridis Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 199 (1990). Fig. 293, planche 80/4.

Chapeau 5-6,8 cm diam., mince, convexe puis largement et légèrement déprimé; marge nettement striée presque jusqu’à mi-rayon; revêtement séparable, visqueux, brun à gris verdâtre assez foncé (4F-série) ou vert olivâtre (3DE2-4) localement nuancé de pourpre violacé (11-12E4-5) et même de carmin selon Goossens-Fontana, finement tomenteux sous la loupe. Stipe 7 × 1-1,2 cm, subcylindracé, arrondi à la base, teinté des mêmes couleurs roses (9AB3-4) et vertes (1BE2-3) que le chapeau mais plus délavées, pâlissant vers la base, à l’intérieur spongieux-plein, puis rongé. Lamelles brièvement adnées, blanches, assez serrées s’amincissant vers les extrémités, 0,4-0,5 cm de large, veinées-anastomosées contre le chapeau; lamellules rares, de longueur différente; arête violacée. Chair ferme, blanche, légèrement brunissant-grisonnant dans le stipe; saveur douce; odeur non observée. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum à chapeau brun olivâtre (entre 4 & 5EF6-3) ou brun ocracé (5CF4-5).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert intense. FeSO4: réaction d’intensité variable, rosâtre. Pyrogallol: réaction assez rapide, jaune brun. Ammoniaque, Aniline, phénol: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 7,9-8,43-9,0 × (6,5)6,6-7,02-7,3 μm (Q = 1,20; n = 20), ornées d’éléments isolés, assez espacés, étroitement cylindracés à ± coniques, jusqu’à 1,5(2) μm de haut, droits ou obliques, fortement amyloïdes; plage non ou légèrement amyloïde. Basides 33-45(53) 10-12 μm, piriformes à clavées, tétrasporiques; stérigmates 4-5 × 1,5-2 μm. Cystides dispersées, très petites près de l’arête, ne mesurant parfois que 30 × 4 μm, sur les faces généralement 40-70 × 5-8 μm, clavulées, obtuses-boutonnées; contenu assez abondant, finement pailleté, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales très petites et grêles, 15-30 × 3-5 μm, s’atténuant généralement vers le sommet, subfusiformes, lagéniformes à lancéolées, rarement clavées ou capiteés. Revêtement piléique pratiquement orthochromatique au bleu de crésyl, peu différencié; subpellis formé d’hyphes écartées par une forte gélification, env. 4-7 μm de large contre la trame, s’atténuant jusqu’à 2-3 μm diam. près du suprapellis; ce dernier très mince et discontinu, formé d’extrémités très peu différenciées, couchées, env. 2-3 μm de large, entrecroisées, généralement renflées en capitule, lâchement ramifiées (surtout bifurquées), peu septées, à paroi très mince et orthochromatique au bleu de crésyl, vite flétries; piléocystides assez volumineuses mais peu apparentes dans le subpellis, dispersées, 4-6 μm diam., cylindracées et parfois très longues, aussi présentes dans la trame, occasionnellement septées, obtuses-arrondies ou subcapitées, à paroi mince; contenu pailleté assez abondant; piléocystides du suprapellis très rares et encore moins apparentes, subulées, env. 3 μm diam., minusculement boutonnées. Revêtement du stipe un chevelu dense, formé d’extrémités cylindracées, ramifiées, jusqu’à 10 μm diam.; article terminal souvent sinueux, légèrement capité; caulocystides assez abondantes, parfois très longues, 3-5 μm diam. Anses d’anastomose nulles.

Nom vernaculaire: nsese (= terme général pour champignon comestible?).

Usages: consommé par la population locale.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, sur le sol de forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 05-1927, Goossens-Fontana 612/a et icon. (holotype BR): ibid., id., 11-1946, Goossens-Fontana 612/b (BR).

Observation

La description est basée sur plusieurs collections que Mme Goossens-Fontana a rassemblées sous le numéro 612.

62. Russula sesemoindu Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 60: 168 (1928). — Fig. 294, planche 77/2.

Chapeau mince, 6-8 cm diam., étalé, largement et peu profondément déprimé au centre; marge fortement cannelée jusqu’à mi-rayon, longtemps enroulée: revêtement complètement séparable, lisse, finement tomenteux sous la loupe, sec, de couleur brun grisâtre (5E3-6, 6D3-4) virant au brun très foncé (5F3-5) au centre, parfois gris brunâtre (6CD2-3) pâlissant vers gris ocracé à gris orangeâtre vers la marge, parfois aussi entièrement gris (5BE1-2) mélangé au centre à des teintes roses (9B2-3) ou verdâtres (4BCD2-23). Stipe subcylindracé, 4-5,5 × 1,2-1,5 cm, s’amincissant souvent légèrement vers le bas, lisse mais très finement strié de longues fibrilles apprimées concolores au chapeau, finement tomenteux sous la loupe, longtemps plein, finalement creux. Lamelles adnées, larges de 0,7-0,9 cm, s’atténuant très peu vers la marge piléique, assez espacées (6-7/cm) minces, anastomosées contre le chapeau, parfois bifurquées contre le stipe, blanches puis légèrement grisonnantes. Chair blanche, ferme, crème vers la base du stipe; saveur douce; odeur non observée. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana). Exsiccatum entièrement brun ocracé à brun bistre (5D-6D série), localement brun foncé; lamelles ocracées à grisâtres.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, vert bleu intense. FeSO4: réaction lente à rapide, rosâtre. Phénol: réaction lente à rapide, vineux foncé à pourpre noirâtre. Pyrogallol: réaction rapide, brune. Ammoniaque, aniline: réactions nulles.

Spores ellipsoïdes, 8,3-9,11-10,84-l1,8 × 7,2-7,73-9,08-9,9(10,1) μm (Q = 1,03-1,18-1,19-1,28; n= 60), ornées d’éléments isolés, assez espacés, étroitement cylindracés à ± coniques, assez obtus, mesurant 1-2,5 μm de long, droits ou obliques, mélangés à quelques ornements plus petits presque ponctiformes; plage verruculeuse, parfois grisonnant ± nettement dans la partie distale de l’appendice hilifère, généralement non amyloïde. Basides 40-45(50) × 12-14 μm, piriformes, tétrasporiques; stérigmates forts, 5-7 × 1,5-2,5 μm. Cystides dispersées, (50)80-120(140) × 10-15 μm, émergentes d’env. 20-50 μm, fusiformes, parfois clavées près de l’arête, obtuses-arrondies, appendiculées ou boutonnées, à paroi mince, se poursuivant parfois dans la trame en hyphe vasculaire, à contenu huileux et insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales occupant l’arête entière, 20-40 × 6-9 μm, clavées, fusiformes, obtuses-arrondies à lancéolées au sommet, parfois pourvues d’un septum. Revêtement piléique à subpellis peu épais, très gélifié, orthochromatique au bleu de crésyl, composé vers la trame d’hyphes d’env. 5-9 μm diam., s’amincissant vers la surface jusqu’à 2-3(4) μm diam.; suprapellis peu différencié, formé d’hyphes couchées, entremêlées, intriquées, émettant çà et là des touffes d’extrémités plus fortement septées; hyphes oléifères nombreuses (surtout vers la trame des lamelles); piléocystides très peu apparentes et petites, 10-50 × 3-5 μm, terminales, subulées, minusculement appendiculées, à contenu réfringent-granuleux, peu remarquable. Revêtement du stipe à suprapellis formé d’extrémités ramifiées, fortement septées, composées d’articles brièvement cylindracés, env. 5-7 μm de large; le terminal s’atténuant vers le sommet, conique, lancéolé à lagéniforme même obclavé; caulocystides dispersées, ressemblant à celles du chapeau. Anses d’anastomose nulles.

Nom vernaculaire: nsese (terme général pour champignon comestible?).

Usages: consommé par la population locale.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Djongo, terricole, forêt à Gilbertiodendron dewevrei, 12-1925, Goossens-Fontana 510 (holotype BR); Binga, id., 10-1943, Goossens-Fontana 3035 (BR); ibid., id., 11-1946, Goossens-Fontana 4027 (BR).

Observations

1. La description est basée sur l’ensemble des récoltes. Cette espèce se reconnait facilement à son type d’ornementation sporale qui est rare au sein du genre et qui caractérise aussi l’espèce précédente, R. pseudostriatoviridis. La différence entre les deux espèces réside surtout dans la couleur générale des carpophores qui semble assez constante dans les différentes récoltes et qui se trouve confirmée par l’aspect en herbier. La valeur diagnostique des dimensions des cystides, qui sont nettement plus grandes dans R. sesemoindu, reste à démontrer.

2. Les dimensions sporales pour les différents échantillons sont données ci-dessous:

type

8,3-9,11-10,0

× 7,2-7,73-8,3 μm

Q = 1,09-1,18-1,25; n = 20

Goossens-Fontana 3035:

9,4-10,51-11,8(12,4)

× 7,9-8,91-10,0(10,4) μm

Q = 1,09-1,18-1,28; n = 20

Goossens-Fontana 4027:

(9,8)9,9-10,84-11,8

× 8,4-9,08-9,9(10,1) μm

Q = 1,19; n = 20

 

Subsect. Guayarenses Sing.

Beih. Nova Hedwigia 77: 22 (1983).

Carpophores pelliculaires, dépourvus d’anneau, à tissus entièrement orthochromatiques au bleu de crésyl. Chapeau jaune, parfois nuancé de gris, vers la marge entièrement brun-gris et fissuré en grandes pellicules apprimées. Chair douce, parfois brunissante — grisonnante. Cystides volumineuses, à contenu peu abondant, parfois à paroi fortement épaissie près de l’arête des lamelles. Spores très grandes, subglobuleuses, souvent plus ou moins ailées, à plage petite et non amyloïde.

Espèce type: R. guayarensis Sing.

Cette sous-section est originairement basée sur une seule espèce bolivienne, caractérisée surtout par les cystides marginales à paroi épaissie et par la structure de type ’virescens’ du suprapellis reposant sur un subpellis gélifié (Singer et al., 1983). Les caractères de R. guayarensis et de quelques autres espèces à lamprocystides ont été discutés par Buyck (1989b).

Les Guayarenses montrent des affinités avec les autres espèces pelliculaires des Heterophyllae à spores subglobuleuses et aussi avec certaines sous-sections des Fistulosae (surtout Meleagrinae).

 

Synopsis des espèces

1. Chapeau brun-gris, dépourvu de nuances jaunes; suprapellis fissuré en larges écailles molles, épaisses et composées de grands articles lagéniformes, mesurant env. 30-70 × 6-15 μm, naissant d’un article basal globuleux .... 64. R. lamprocystidiata

1. Chapeau partiellement ou entièrement jaune; suprapellis non fissuré en grandes écailles bien différenciées, formé d’extrémités localement agglomérées en touffes et composées de quelques articles n’excédant guère 10 μm diam.:

2. Revêtement piléique à petits flocons marginaux; cystides marginales à paroi très épaissie (lamprocystides). ...................................................................... R. guayarensis *

2. Revêtement piléique apparemment lisse; arête des lamelles occupées par des cellules marginales à paroi mince; lamprocystides nulles. ..... 63. R. cyclosperma

 

* R. guayarensis Sing. (1983) été décrit d’Amérique du Sud.

 

63. Russula cyclosperma Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 206 (1990). Fig. 295, 296, planche 85/4.

Chapeau fragile, 3,5-4,5 cm diam., subglobuleux, puis convexe et largement déprimé au centre; marge d’abord finement et courtement striée, devenant grossièrement cannelée et même localement fissurée dans la vétusté; revêtement lisse, séparable, légèrement visqueux par temps humide, jaune citron pâle (2A3-5), localement sali de vert grisâtre, pâlissant vers la marge (3B3-4, C4). Stipe env. 3,7 × 0,7 cm, subcylindracé, faiblement aminci ou renflé vers la base, vite vermoulu et creux, lisse, blanc. Lamelles égales, adnées, serrées, minces, atténuées vers les extrémités, blanches; arête entière, concolore. Chair ferme, puis spongieuse, presque nulle dans le chapeau, blanche; odeur non observée; saveur douce. Sporée blanche. Exsiccatum à chapeau jaune brunâtre pâle, stipe ocre sordide.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu. Phénol: réaction lente, vineux pâle. FeSO4, ammoniaque, aniline: réactions nulles.

Spores subglobuleuses, 8,9-9,43-10,2(10,4) × 8,0-8,50-9,0 μm (Q = 1,07-1,11-1,15; n = 20), ailées-caténulées, réticulées, à longues crêtes épaisses atteignant 2,5 μm de haut; les mailles grandes, peu nombreuses; plage non ou très faiblement amyloïde, ± arrondie. Basides 43-50(56) × 16-18 μm, tétrasporiques, subclavées à presque subfusiformes; stérigmates 3-5 × 1-2 μm. Cellules marginales occupant l’arête entière, 25-40 × 10-15 μm, versiformes, souvent basidiomorphes, à paroi mince, optiquement vides. Cystides dispersées à peu nombreuses, 70-95 × 13-17(20) μm, près de l’arête plus petites et 43-50(56) × 16-18 μm, émergentes, (sub)fusiformes, le plus souvent mucronées ou appendiculées parfois de façon moniliforme, à paroi mince; contenu pailleté-granuleux, réfringent, peu abondant, insensible à la sulfovanilline. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis composé d’hyphes emmêlées, gélifiées, env. 2-4 μm diam.; suprapellis discontinu mais assez dense dans les îlots, formé d’extrémités intriquées ou groupées en petites touffes, composées de 1 à 3 articles cylindracés, presque globuleux, 4-7(12) × 3-6 μm; l’article terminal 15-40 × 3-6 μm, lagéniforme, fusiforme, atténué souvent en appendice sinueux, presque moniliforme, parfois bifide, optiquement vide mais devenant parfois légèrement réfringent vers le sommet; piléocystides peu apparentes, assez rares, 10-40 × 3-5 μm, lagéniformes, cylindracées, même clavées, obtuses, mucronées ou largement capitées, contenant quelques masses bien individualisées et réfringentes. Revêtement du stipe formé d’hyphes emmêlées, 3-9 μm diam.; hyphes oléifères localisées surtout vers la base du stipe; suprapellis discontinu, formé d’extrémités souvent groupées en touffes, le plus souvent composées d’un article terminal mesurant (20)30-70 × 5-10(15) μm, naissant généralement d’une cellule globuleuse basale, lagéniforme, utriforme, fusiforme-ventrue, ampullacée, souvent brusquement étranglée ou toruleuse dans sa partie supérieure, parfois moniliforme, plus rarement bifide ou avec des diverticules latéraux, optiquement vide; caulocystides assez abondantes, ± comme celles du piléipellis mais plus grandes, mesurant 20-50(65) × 5-8(16) μm. Mycelium formé d’hyphes à paroi légèrement épaissie (env. 0,5 μm); articles terminaux comparables à ceux du stipe, mais moins abondants; mycéliocystides plus petites, 10-30 × 3-7 μm, le plus souvent capitées. Anses d’anastomose nulles.

Nom vernaculaire: nsese (terme général pour champignon comestible).

Usages: consommé par la population locale dans la région de Diobo-Mobangi-Binga.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, épars sur le sol dans la forêt sèche, 04-1928, 05-1940, Goossens-Fontana 694a et icon. (holotype BR), 694b (BR), 694c (BR). 

Observation

Malgré l’absence de lamprocystides, cette espèce est placée dans les Guayarenses. Elle ressemble à R. guayarensis par le chapeau jaune, par un même type de revêtement piléique et par l’ornementation sporale très semblable. Malheureusement, les données macroscopiques pour Goossens-Fontana 694 sont très sommaires et plusieurs récoltes sont rassemblées sous ce même numéro. L’ornementation sporale fournit un caractère facile pour distinguer R. cyclosperma des autres Russula jaunes.

64. Russula lamprocystidiata Buyck, Mycotaxon 35: 46 (1989). Fig. 297, planche 64/4.

Chapeau pelliculaire, 3-4 cm diam., étalé, légèrement déprimé au centre; marge régulière, droite ou un peu incurvée, légèrement cannelée; revêtement séparable, mat, grisâtre foncé (5F2) à brun grisâtre pâle (5C2), virant vers le centre au brun marron foncé (7F4-8), se rompant à l’étalement du chapeau en grandes plâques épaisses et molles, disposées ± concentriquement et exposant la chair sousjacente beaucoup plus pâle. Stipe très long et grêle, 7-8 × 0,6-0,8 cm, cylindracé, un peu évasé sous les lamelles, vite vermoulu et creux; revêtement lisse, blanchâtre sordescent, légèrement jaunâtre (3A2-3) à gris orangeâtre (5B2); mycélium formant un disque basal. Lamelles adnées, subdécurrentes, serrées (11/cm), 0,3-0,4 cm de large, minces, obtuses vers la marge, blanchâtres; arête entière, concolore. Chair spongieuse, grisâtre dans les parties vermoulues du stipe; odeur nulle; saveur très sucrée. Sporée probablement blanchâtre. Exsiccatum à chapeau grisâtre recouvert de grandes pellicules brun foncé apprimées.

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert. Phénol: réaction lente, rouge vineux noirâtre. Sulfovanilline: réaction très lente, rose pâle jaunâtre. Pyrogallol: réaction immédiate, brune.

Spores ellipsoïdes, 9,7-10,39-10,9 × (9,0)9,2-9,76-10,2 μm (Q = 1,03-1,06-1,09; n = 20), ornées de longs et forts ornements coniques, jusqu’à 2,5 μm de haut, localement jumelés ou caténulés, mais le plus souvent reliés par des tractus d’épaisseur variable; le tout formant un réseau presque complet et assez dense, à mailles versiformes; plage obscure, non amyloïde. Basides (35)40-47 × 13-18 μm, subclavées, tétrasporiques; stérigmates 5-6 × 2-3 μm, aigus; basidioles assez trapues, clavulées. Cystides faciales assez nombreuses, 60-90 × (7)13-18 μm, très volumineuses, subfusiformes, obtuses-arrondies ou capitulées à appendiculées, à paroi relativement mince et à contenu assez abondant, granuleux à finement pailleté, insensible à la sulfovanilline; cystides près de l’arête très abondantes, 40-53(65) × 7-13(20) μm, aussi lagéniformes, lancéolées, toruleuses ou bien brusquement rétrécies en bec grêle; paroi des cystides marginales irrégulièrement et très fortement épaissie, ne laissant qu’un mince lumen, s’amincissant vers le sommet, orthochromatique au bleu de crésyl, rarement entièrement mince et alors la cystide entière plus petite et plus large, ± ventrue. Revêtement piléique formé d’hyphes emmêlées, écartées par gélification, vite flétries, grêles, env. 2-4 μm diam.; à paroi mince; suprapellis formé d’articles lagéniformes, sinueux, obclavés, ampullacés, 30-70 × 6-15 μm, à pigment vacuolaire brunâtre, naissant d’une couche cohérente de sphérocytes; piléocystides assez rares, 35-55 × 5-8 μm, lagéniformes, subulées à subfusiformes, obtuses, à paroi légèrement épaissie et contenu granuleux-pailleté peu apparent; hyphes oléifères abondantes. Revêtement du stipe de structure semblable, émettant un suprapellis formé de grandes cellules comme celles du chapeau, mais plus effilées, souvent mucronées; en haut du stipe avec des articles rappelant des lamprocystides; dermatocystides comme dans le chapeau, mais à contenu plus réfringent et plus abondant; hyphes oléifères non observées. Mycélium basal composé d’hyphes vite collapsées, 2-4 μm diam., à paroi mince; les extrémités renflées, clavulées, rarement vésiculeuses, utriformes, typiquement envahies d’une substance cireuse, incrustant la paroi et orthochromatique au rouge Congo. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, épars sur le sol de la forêt sèche, 02-1933, Goossens-Fontana 966 et icon. (holotype BR).

Observation

La présence de lamprocystides sur l’arête des lamelles est unique au sein des Russula africains et n’est connue que chez R. guayarensis (Amérique du Sud).

Subsect. Paradermatinae Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 198 (1990).

Carpophores pelliculaires, parfois annelés. Chair douce. Revêtement piléique resemblant à un paraderme, composé d’extrémités densément septées, ramifiées, composées d’articles courts, s’élargissant vers l’article basal et de dermatocystides très grêles, minusculement boutonnées, à contenu peu apparent. 

Espèce type: R. acuminata Buyck. 

Sur la base de la structure du piléipellis, deux espèces seulement ont été placées dans cette sous-section. D’autres récoltes à BR, mais sans notes prises sur le terrain, montrent l’existence d’espèces inédites des Paradermatinae en Afrique tropicale. L’aspect pelliculaire du chapeau, la saveur douce, les spores réticulées et subglobuleuses ainsi que la couleur générale des carpophores caractérisent également plusieurs autres sous-sections africaines provisoirement placées dans les Heterophyllae; ces caractères communs prouvent l’intime parenté entre les Paradermatinae et ces autres espèces pelliculaires.

Synopsis des espèces

Chapeau restant d’un pourpre violacé intense; quelques articles terminaux du piléipellis étirés et plutôt filamenteux ................... ..................... 65. R. acuminata

Chapeau au moins au centre finalement jaune (par décoloration?); articles terminaux du piléipellis très courts ................................. 66. R. annulatolutea

65. Russula acuminata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 467 (1988). Fig. 298, 299, planche 83/4.

Chapeau fragile, 3,9 cm diam., étalé et légèrement déprimé en large coupe au centre; marge fortement striéecannelée jusqu’à mi-rayon, tuberculeuse; revêtement séparable, teinté de rouge vineux, violacé à pourpre (11DE4-5; 12ABCDE2-3). Stipe 5,3 × 0,65 cm, subcylindracé, dépourvu d’anneau, sous la loupe finement craquelé, lisse, pourpre à rose grisâtre (11 BC 2-3), plus pâle vers les extrémités, légèrement jaunissant, creux, rosé à l’intérieur. Lamelles assez espacées, minces, courtement adnées, aiguës, ± lardacées, égales, larges de 0,3 cm, blanches; arête rose grisâtre (12B4). Chair blanche, inodore; saveur douce. Sporée probablement blanche. Exsiccatum à chapeau rose grisâtre violacé (7CD3, 8DE3-4).

Teinture de gaïac: réaction lente, bleu-vert très faible. FeSO4: réaction lente, jaune grisâtre.

Spores subglobuleuses, 9,1-9,73-10,3 × 8,4-8,98-9,5 μm (Q = 1,04-1,08-1,13; n = 20), ornées d’éléments coniques, atteignant 2(2,5) μm de haut, connexés-caténulés, localement presque ailés, souvent courbés; le tout formant un réseau presque complet à complet et fortement amyloïde; plage petite, souvent rugueuse, non ou très faiblement amyloïde. Basides 50-60(67) × 14-16(18) μm (seulement jusqu’à 40 μm de long près de l’arête), clavulées à piriformes, tétrasporiques; stérigmates 4-5 × 1,5-2,5 μm. Cystides dispersées, légèrement émergentes, 78-90(100) × (13)15-18(21) μm, un peu plus petites près de l’arête, clavulées à fusiformes ou fusiformes-ventrues, minusculement boutonnées, parfois de façon moniliforme, à paroi assez mince; contenu peu abondant, pailleté-granuleux, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales de l’arête très abondantes, (25)30-40(60) × (7)10-14 μm, versiformes, en général assez volumineuses, parfois ± basidiomorphes, souvent largement capitées, presque toujours mucronées — appendiculées, optiquement vides ou à contenu granuleux peu abondant. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes entremêlées, écartées par gélification, droites ou sinueuses, 2-4 μm de large, obtuses, optiquement vides; suprapellis lâche et localement discontinu, ayant l’apparence d’un paraderme, formé d’extrémités fortement ramifiées à leur base, composées de 3-6 articles globuleux, ellipsoïdes, obpiriformes ou brièvement cylindracés; l’article terminal souvent effilé ou prolongé en bec grêle (jusqu’à 60 μm de long!), ne mesurant parfois que 3-5 μm de large, puis, les articles inférieurs s’élargissant vite vers l’article basal, celui-ci jusqu’à 10-15 μm diam.; piléocystides peu abondantes, peu apparentes, 25-40 × 2,5-3,5(4) μm, subulées, cylindracées, minusculement mucronées, à contenu finement granuleux-réfringent. Revêtement du stipe formé d’hyphes emmêlées, 2-4 μm de large, émettant un suprapellis discontinu d’extrémités souvent en touffes, formées généralement d’un article basal ellipsoïde à subglobuleux, surmonté d’un article beaucoup plus grand, mesurant par exemple 40-50 × 6-13 μm, fusiforme-ventru, lagéniforme, subulé ou cylindracé, presque toujours mucroné-capité en haut du stipe, parfois moniliforme ou bifurqué, tout au plus subcapité vers la base du stipe, s’atténuant progressivement vers le bas; caulocystides assez abondantes, 35-60(80) × 8-12(16) μm, volumineuses, assez versiformes, obtuses-arrondies à largement capitées; contenu pailletéréfringent peu abondant. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Yaenero, près de Kisangani, sur le sol de la forêt primaire, 05-1984. Buyck 1736a et icon. phot. (holotype BR).

Observation

R. acuminata ressemble probablement sur le terrain à certaines formes de R. annulata Heim (Heterophyllinae) ou R. pseudoepitheliosa Buyck (Pseudoepitheliosinae). Il en diffère surtout par la structure du revêtement piléique.

66. Russula annulatolutea Beeli, Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 14: 86 (1936). Fig. 300, 301, planche 85/3.

Chapeau 5,5 cm diam., étalé et légèrement creusé au centre; marge très mince, un peu ondulée, fortement striée sur un tiers du rayon, portant des fragments de l’anneau; revêtement lisse, légèrement humide, séparable, d’un jaune intense (2A4-5) au centre, vers la marge vite assombri de vert olivâtre (1D4-5, 2C3-4), de brun (5D7) ou de jaune sale à vert grisâtre (3C3-4, 4C3-5), localement avec des nuances rougeâtres, vers l’extrême bord touché de lilas (9B2). Stipe env. 8 × 0,8-1 cm, s’atténuant légèrement vers le haut, rongé, blanc, sali de gris jaunâtre vers le bas, gris violacé, près de l’anneau, creux. Anneau membraneux, mobile, fugace, souvent adhérant en lambeaux sur la marge piléique, blanchâtre en dessous, gris au dessus. Lamelles adnées, égales, fines, serrées (8/cm à 1 cm du bord), blanches. Chair blanchâtre; saveur âcre et piquante (fide Goossens-Fontana); odeur non observée. Sporée blanche (fide Goossens-Fontana).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert. Pyrogallol: réaction assez rapide, brun jaune. Phénol: réaction lente, vineuse. Ammoniaque, aniline, sulfovanilline: réactions nulles.

Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; suprapellis composé d’extrémités formées de petits articles, 5-10 μm diam., subglobuleux à ellipsoïdes, parfois clavés ou utriformes; piléocystides 30-50 × 3,5-4 μm, subulées, cylindracées, minusculement boutonnées, renfermant des masses amorphes, réfringentes et bien individualisées. Revêtement du stipe orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes emmêlées; suprapellis formé d’extrémités souvent groupées en touffes, incrustées localement d’une granulation orthochromatique au rouge Congo, composées de 1-3 articles; le terminal mesurant env. 8-30 × 3-6(10) μm, atténué vers le sommet, parfois tortueux, obtus ou mucroné; caulocystides abondantes en haut du stipe, rares ailleurs, 20-40(70) × 6-8(11) μm, subfusiformes, cylindracées, parfois légèrement rétrécies au milieu. Mycélium composé d’hyphes grêles, 3-5 μm de large, se terminant en aiguille raide, aiguë, épaissie (jusqu’à 1,5 μm); mycéliocystides assez rares, 30-40 × 3-7 μm, subfusiformes, subulées, minusculement capitées, à contenu guttulé-réfringent. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: Binga, isolé sur le sol de la forêt sèche. 03-1931, Goossens-Fontana 925 et icon. (holotype BR).

Observation

La description est incomplète car le type ne comporte qu’un morceau de stipe portant un minuscule lambeau de chapeau et est entièrement couvert de moisissures. Il est possible qu’une partie du type a été mal remise dans les sachets d’herbier depuis l’étude de Beeli (1936) des Russula annelés. En effet, une partie de Goossens-Fontana 715, récolte collective se rapportant à R. annulatosquamosa, ressemble fortement au type de R. annulatolutea.

Subsect. Inflatinae Buyck

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 60: 203 (1990).

Carpophores généralement annelés, pelliculaires, de taille petite à moyenne. Revêtement piléique à subpellis peu gélifié, suprapellis ni un épithélium, ni un paraderme, ni composé d’extrémités réunies en touffes bien différenciées par leurs articles terminaux, mais composé d’une couche dense à intriquée d’extrémités versiformes et souvent renflées au sommet, quelques-unes formant de très longues hyphes filamenteuses éparsément septées et à paroi épaissie, couchées sur la surface. Chair à saveur douce. Spores réticulées, pâles en masse. 

Espèce type: R. inflata Buyck.

Les espèces de cette sous-section ne peuvent guère être séparées sur le terrain des autres espèces pelliculaires de couleur semblable que nous avons provisoirement attribuées aux Heterophyllae. Les Inflatinae sont surtout définis par la disposition peu structurée des extrémités du revêtement piléique et par la présence de longs filaments couchés sur le suprapellis. Une bonne délimitation des différents Inflatinae ou même de la plupart des espèces pelliculaires en général, nécessite l’observation et l’étude de beaucoup plus de spécimens dans leur milieu naturel. La complexité du groupe des espèces pelliculaires se rapproche de celle du groupe de R. ×erampelina en régions tempérées.

Synopsis des espèces

1. Chapeau principalement rose, parfois décoloré et crèmejaunâtre:

2. Revêtement piléique se décolorant surtout au centre, montrant dans le subpellis des renflements subglobuleux très distincts et souvent accentués par un épaississement local de la paroi ..................... 67. R. inflata

2. Revêtement piléique plus pâle vers la marge, sans renflements distincts dans le subpellis ............................ 69. R. roseoalba

1. Chapeau de couleur plus foncée ou plus variée, jamais fortement décoloré en crème jaunâtre ou blanc:

3. Espèce non annelée à chapeau entièrement brun, à dermatocystides relativement volumineuses et souvent nettement clavées (espèce très provisoirement incluse dans cette sous-section) ...................... 71. R. declinata

3. Espèce annelée à chapeau de couleur généralement plus variée, nuancé de rougeâtre, orangeâtre, parfois virant vers le vert:

4. Revêtement piléique rouge vineux, parfois décoloré au centre, montrant dans le subpellis des renflements (moins nets que dans R. inflata); l’article terminal des extrémités jamais nettement capitulé, plutôt aminci .................. 68. R. intricata

4. Revêtement piléique brun orangeâtre à brun verdâtre (peut-être aussi plus versicolore), sans renflements dans le subpellis, mais l’article terminal des extrémités nettement capitulé ...................................... 70. R. yaeneroensis

67. Russula inflata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 470 (1988). Fig. 302, 303, planche 85/2.

Chapeau fragile, très mince, 3,8-4,8 cm diam., largement déprimé au centre; marge fortement striée-tuberculeuse jusqu’à mi-rayon, fissurée en exposant la chair blanchâtre sousjacente; revêtement séparable jusqu’au disque, velouté, rose grisâtre à rose chair (12 BCD 2-3), décoloré au centre piléique en jaune pâle ou crème. Stipe 3,5-5 × 0,5-0,7 cm, cylindracé, un peu atténué vers la base, blanc, creux, annelé. Lamelles brièvement adnées, assez espacées, blanches, égales mais parfois bifurquées, souvent anastomosées contre le stipe, env. 0,5-0,6 cm de large, atténuées vers le stipe, arrondies à la marge piléique; arête concolore ou lisérée de rouge contre la marge piléique, entière. Chair blanche, rosâtre sous le revêtement piléique; saveur douce; odeur nulle ou faiblement désagréable. Sporée non obtenue, certainement pâle. Exsiccatum à chapeau brun jaunâtre au disque (5C5-7, mais plus jaune) devenant plus gris et plus pâle vers la marge (4 BC 2-3), localement avec des nuances verdâtres; stipe brun rouillé (6 CD séries).

Teinture de gaïac: réaction lente, ± olivâtre (2D5). Sulfovanilline: réaction nulle. FeSO4: réaction assez faible, en général olivâtre (2B2,C,D), orangeâtre dans un vieux spécimen (5B5-6). Phénol: réaction négative, légèrement rosâtre, puis brun pourpre après un long temps.

Spores subglobuleuses, 6,9-7,55-7,62-8,1 × 6,6-6,98-7,08-7,5 μm (Q = 1,03-1,07-1,09-1,14; n= 40), assez densément ornées d’éléments atteignant exceptionnellement 2,5 μm de haut, coniques à cylindracés, fortement amyloïdes, connexés ou localement jumelés à caténulés, formant un réseau presque complet et nettement amyloïde; plage non amyloïde, parfois ruguleuse. Basides 35-45 × 11-14 μm, subfusiformes, assez trapues, tétrasporiques; stérigmates 5-6 × 2-3 μm. Cystides assez nombreuses, 30-50(65) × 8-12 μm, pas particulièrement plus petites près de l’arête, peu émergentes à affleurantes, subfusiformes, parfois légèrement clavées, obtuses ou capitées à appendiculées, à paroi légèrement épaissie; contenu pailleté-réfringent assez abondant, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales occupant presque l’arête entière, 25-40(50) × 7-15(20) μm, versiformes, parfois très volumineuses, souvent irrégulièrement appendiculées. Revêtement piléique orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis une couche compacte et peu gélifiée, formée d’hyphes de 2-3 μm diam., irrégulièrement renflées jusqu’à 5-6 μm diam., près des extrémités et des septums, ± rangées en faisceaux entrecroisés contre la trame, ailleur entremêlées et à paroi irrégulièrement épaissie surtout au niveau des renflements; suprapellis formé d’articles versiformes enchevêtrés et de quelques extrémités composées de 3 à 4 articles ellipsoïdes à brièvement cylindracés; avec de longs (souvent plusieurs centaines de μm) filaments très grêles, éparsément septés, couchés sur la surface; piléocystides assez nombreuses mais peu apparentes, très petites et cachées parmi les autres extrémités, 20-30 × 4-5 μm, subfusiformes, lagéniformes à coniques, obtuses à minusculement appendiculées, à contenu réfringent-granuleux peu abondant, à paroi légèrement épaissie; hyphes oléifères présentes dans le subpellis. Revêtement du stipe assez compact, peu gélifié, composé d’hyphes de 3-5 μm diam., droites vers le sommet du stipe, fortement sinueuses ailleurs, anastomosées-ramifiées, irrégulièrement renflées par endroits; piléocystides abondantes, (15)30-55 × 5-8(10) μm en haut du stipe, 15-30(40) × 3-7 μm à sa base, cylindracées, clavéesfusiformes ou même lagéniformes, capitées ou appendiculées parfois de façon moniliforme, partiellement remplies d’un contenu pailleté-réfringent. Anneau de structure comparable aux autres revêtements mais plus gélifié. Mycélium composé d’hyphes de 2-4 μm diam.; l’article terminal cylindracé, souvent tortueux, obtus ou largement capité, parfois se terminant en poil raide, très long et aigu; mycéliocystides peu apparentes, différenciées des autres extrémités par leur contenu granuleux, assez souvent aussi par le sommet capitulé. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre.- Forestier central: 5 km NNE de Batiabongena, env. Kisangani, forêt secondaire, dans l’humus sous Gilbertiodendron dewevrei, 04-1984, Buyck 1560 et icon. phot. (BR); ibid., 05-1984, Buyck 1652 et icon. phot. (holotype BR), 1653 et icon. phot. (BR), 1660 et icon. phot. (BR).

Observations

1. La description est basée sur l’ensemble des spécimens. Il s’agit d’une espèce bien caractérisée par le subpellis peu gélifié aux renflements subglobuleux et accentués par l’épaississement local de la paroi. Ces caractères permettent de séparer R. inflata de certaines formes de R. annulata.

2. Une correction doit être apportée à la description originale de cette espèce dans laquelle le stipe est décrit comme «annulo destitutus», créant ainsi l’illusion qu’un anneau serait absent dans R. inflata. Pourtant, les dias montrent bien qu’il s’agit d’une espèce annelée mais dont l’anneau reste attaché à la marge piléique.

68. Russula intricata Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 470 (1988). Fig. 304, 305, planche 87/3.

Chapeau fragile, très mince, env. 6,5 cm diam., largement déprimé au centre; marge fortement striée-fissurée jusqu’au centre; revêtement séparable, pruineux, mat, rouge vineux mais nuageux-décoloré au centre et alors crème jaunâtre. Stipe env. 4,8 × 0,7 cm, cylindracé, annelé, blanc avec quelques teintes rouges à mi-hauteur, devenant creux. Anneau libre restant en couronne autour du stipe, liséré de rouge. Lamelles légèrement adnées, assez espacées, blanches, égales; arête concolore. Chair blanche, immuable, inodore, douce. Sporée non obtenue, probablement très pâle. Exsiccatum à chapeau brun rougeâtre (8 DE 4-7, localement plus pâle et env. 5C3-6).

Spores subglobuleuses, 7,6-7,99-8,4(8,6) × 7,0-7,33-7,8 μm (Q = 1,04-1,09-1,12; n = 20), ornées d’éléments obtus, reliés, ± coniques, jusqu’à 1,5 μm de haut, fortement amyloïdes, localement caténulés-crêtés ou connexés, souvent avec quelques restants partiellement amyloïdes du myxosporium; plage mal délimitée, non amyloïde. Basides 35-45 × 10-14 μm, tétrasporiques, subfusiformes; stérigmates 5-6 × 2-3 μm. Cystides dispersées à peu nombreuses, (35)40-60 × 6-12 μm près de l’arête, 60-80(100) × 8-12(15) μm ailleurs, cylindracées à fusiformes, obtuses ou ± rétrécies en bec grêle, à paroi très légèrement épaissie; contenu pailletéréfringent, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales occupant l’arête entière, 20-40(60) × 5-8 μm, très grêles, subfusiformes, lagéniformes ou parfois clavulées, appendiculées ou rétrécies en bec grêle, plus rarement diverticulées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis assez compact et peu gélifié, formé d’hyphes d’env. 2-3 μm diam., irrégulièrement renflées jusqu’à 5-6 μm diam. aux extrémités et près des septums mais de façon beaucoup moins évidente; les renflements n’étant ni aussi fréquents que dans l’espèce précédente ni accompagnés d’un épaississement de la paroi; suprapellis dense, enchevêtré-intriqué, formé d’articles versiformes, avec quelques touffes d’extrémités obtuses composées d’articles cylindracés; de nombreux longs filaments (souvent excédant plusieurs centaines de μm!) étroitement cylindracés, pluricellulaires, à paroi légèrement épaissie couchés sur le suprapellis; piléocystides assez nombreuses mais peu apparentes parce que très petites, le plus souvent naissant au niveau des extrémités, mesurant 25-33(55) × (4)5-6 μm, subfusiformes, lagéniformes ou cylindracées, obtuses ou minusculement boutonnées, à contenu réfringent-granuleux; paroi légèrement épaissie; hyphes oléifères présentes contre la trame. Revêtement du stipe assez compact mais plus mince, composé d’hyphes de 3-5 μm diam., anastomosées-ramifiées, par endroits irrégulièrement renflées-dilatées; caulocystides abondantes, 30-70 × 3-7 μm en haut du stipe, env. 20-50 × 4-6 μm vers la base du stipe, cylindracées-clavées, fusiformes ou même lagéniformes, souvent sinueuses, capitées, mucronées ou appendiculées parfois de façon moniliforme, à contenu pailleté-réfringent peu abondant. Mycélium composé d’hyphes de 2-3 μm de large, exceptionnellement renflées jusqu’à 7-10 μm diam., à paroi épaisse de 0,5-1,5 μm; l’article terminal s’atténuant graduellement et se terminant en poil très grêle, aigu, parfois ramifié, rarement cylindracé, obtus; mycéliocystides peu apparentes, 30-60 × 3-4 μm, grêles, ± cylindracées, capitulées, à contenu granuleux peu abondant. Anses d’anastomose nulles. 

Distribution

Zaïre.- Haut-Katanga: Luiswishi, sur le sol en forêt sèche dense, 04-1986, Schreurs 1778 et icon. phot. (holotype BR).

Observation

Cette espèce avait été séparée de R. inflata par la présence d’un anneau et quelques autres différences mineures (chapeau de couleur un peu plus foncée, spores à ornementation un peu plus faible, renflements du revêtement moins prononcés, etc..). Depuis, l’examen des diapositives a montré que R. inflata possède un anneau de nature éphémère, restant attaché un certain temps à la marge piléique. Ceci rapproche considérablement R. intricata de R. inflata. De nouvelles récoltes seront nécessaires pour confirmer leur rang taxinomique.

69. Russula roseoalba Buyck, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 58: 468 (1988).

69a.- Description du type. Fig. 306a, 307a, 308, planche 85/5.

Chapeau convexe, puis s’étalant et légèrement déprimé au centre, 2-3,5 cm diam., mince, très fragile; marge nettement striée, très mince; revêtement rose pâle grisâtre (12A2-3, 10A2), plutôt blanc rosâtre vers la marge, gris rougeâtre (9A2-3, 7B2), très vite délavé en blanchâtre sale. Stipe très fragile, 2,5-5 × 0,4-0,5 cm, jusqu’à 0,8 cm près de la base qui est parfois renflée-claviforme, généralement subcylindracé, lisse, blanc, sali de rose grisâtre, creux-rongé. Anneau fugace, membraneux, blanc, adhérant au stipe ou attaché par lambeaux à la marge piléique. Chair spongieuse, inodore, à saveur douce. Lamelles adnées, serrées (9/cm), minces, blanches, larges de 0,3 cm, restant assez obtuses en avant, égales. Sporée certainement pâle. Exsiccatum entièrement brun jaunâtre à couleur de paille, entièrement brun ocré (4A2-4) à centre un peu plus foncé (6C5, 6D5); lamelles un peu grisâtres (5A2).

Teinture de gaïac: réaction immédiate, bleu vert intense. FeSO4: réaction lente, rosâtre. Pyrogallol: réaction lente, jaune-brun. Phénol: réaction lente, vineuse. Ammoniaque, aniline: réactions nulles.

Spores subglobuleuses, 8,2-8,64-9,0 × 7,5-8,04-8,3 μm (Q = 1,03-1,07-1,12; n = 20), ornées d’éléments reliés en réseau assez dense, atteignant généralement 1,5-2(2,5) μm de haut, coniques, assez aigus, souvent courbés ou implantés en oblique, fortement amyloïdes, connexés ou localement caténulés; plage ± arrondie, d’une amyloïdité très variable. Basides 39-50(60) × 13-16 μm, clavulées à subfusiformes, tétrasporiques; stérigmates 4-5 × 2-3 μm. Cystides dispersées, 70-90 × 12-14 μm, plus abondantes mais plus petites près de l’arête, (30)50-60 × 9-13(16) μm, émergentes, volumineuses, fusiformes-ventrues, parfois cylindracées ou claviformes, mucronées, rarement obtuses, à paroi légèrement épaissie à même nettement épaissie près de la marge; contenu amorphe à guttulé, réfringent, insensible à la sulfovanilline. Cellules marginales occupant l’arête entière, 15-30(40) × 5-10 μm, versiformes, assez trapues, la plupart tortueuses, obtuses-arrondies ou parfois largement capitées ou appendiculées. Revêtement piléique entièrement orthochromatique au bleu de crésyl; subpellis formé d’hyphes entremêlées, écartées par gélification, droites ou sinueuses, 2-4 μm de large, parfois allantoïdes ou avec de brusques renflements, tortueuses près de la surface; suprapellis composé d’extrémités ramifiées de 1-3 articles subglobuleux, ellipsoïdes, (3)4-6 μm diam.; l’article terminal subcylindracé, env. 15-30(40) μm de long, s’atténuant vers le bout; piléocystides assez abondantes, subulées-coniques, (20)30-40 × 3-4 μm, minusculement appendiculées, avec quelques inclusions amorphes et réfringentes; paroi légèrement épaissie vers la base; hyphes oléifères abondantes. Revêtement du stipe formé d’hyphes ± parallèles, à extrémité obtuse parfois renflée en capitule, émettant en haut du stipe un suprapellis discontinu d’extrémités peu ramifiées et souvent agglomérées en houppes, graduellement plus dense vers la base du stipe; l’article terminal mesurant 15-30(40) × 7-10(15) μm en haut du stipe, souvent volumineux, assez versiforme, obtus ou mucroné; vers la base du stipe, souvent conique-aciculaire et jusqu’à 30 μm de long, à paroi légèrement épaissie, naissant de 1-2 articles courts, cylindracés, 4-7 μm de large; caulocystides abondantes, 20-40 × 5-8 μm, en haut du stipe clavées, fusiformes, cylindracées ou lagéniformes, obtuses ou mucronées, à contenu granuleux-pailleté, réfringent; vers la base du stipe, uniquement coniques-subulées, minusculement appendiculées, à contenu identique aux dermatocystides du chapeau. Anneau formé d’hyphes fortement septées; la plupart des articles mesurant 10-20 × 3-4 μm; suprapellis composé d’articles à paroi très mince et fragile; l’article terminal 15-30 μm de long, conique, aciculaire, à paroi très mince; dermatocystides comme celles du stipe. Mycélium formé d’hyphes droites, tortueuses-coralloïdes contre le substrat, à paroi épaisse, à la surface du disque mycélien à extrém