Flore illustrée des Champignons d’Afrique Centrale

Fascicule 2

 

Leucocoprineae p.p.

par P. Heinemann (août 1973) : 29-48, pl. 7-9

 

Cystoderma (Tricholomataceae)

par P. Heinemann & D. Thoen (août 1973) : 48-51


Planches


 

LEUCOCOPRINEAE p. p. (AGARICACEAE)

par P. Heinemann

Les Leucocoprineae (Agaricaceae) groupent les lépiotes les plus évoluées par la structure de leurs spores et de leur carpophore. Les Lepioteae ont des spores à paroi plus simple dont l’apex ne semble jamais muni d’un pore, même rudimentaire; leur carpophore est moins régulier, le stipe et le chapeau pouvant même avoir une certaine continuité. Les Agariceae ont des spores colorées, à paroi assez complexe, à pore nul ou rarement rudimentaire.

Le présent fascicule est consacré aux Leucocoprineae, à l’exception des genres Macrolepiota et Chlorophyllum qui ont été récemment étudiés dans la Flore Iconographique des Champignons du Congo (fasc. 16 et 17) et du genre Leucocoprinus qui sera traité ultérieurement. Le genre Clarkeinda O. Kuntze, (1891) est encore imparfaitement connu; il n’a pas été signalé d’Afrique centrale.

Rappelons que la structure de la paroi de la spore, dont la complexité a été clairement montrée par M. Locquin, dès 1942, revêt une importance taxonomique considérable. Son étude fait appel à plusieurs colorants et réactifs dont nous croyons utile de préciser ici l’usage et l’action :

préalablement s’il s’agit d’exsiccatums il faut regonfler le matériel dans l’ammoniaque (diluée au tiers) et, éventuellement, laisser se dégager l’ammoniac pendant 2 ou 3 mn avant de faire agir le colorant;

le réactif de Melzer colore vivement en brun les spores de la plupart des lépiotes et de toutes les Leucocoprineae; la structure de l’apex de la spore y est souvent plus facile à interpréter;

le bleu de crésyl, en solution aqueuse à 1 %0, colore, chez la plupart des Leucocoprineae, l’endospore en rouge tandis que le contenu et les autres membranes prennent des teintes variant du bleu au violet;

l’ammoniaque suivie d’acide acétique, d’un autre acide organique ou même d’acide sulfurique produit un gonflement remarquable de la périspore; si on a préalablement coloré la spore au bleu de crésyl, au bleu coton ou à la fuchsine, on peut parfois mettre en évidence un éventuel tractus porique;

la fuchsine phéniquée est aussi utile pour mettre le tractus porique en évidence.

Dans les descriptions qui suivent nous avons utilisé l’adjectif orthochromatique pour qualifier une membrane qui prend un colorant sans modification de la teinte de ce dernier, l’adjectif métachromatique pour préciser qu’il y a un changement de teinte (qu’il faut alors indiquer) et l’adjectif achromatique lorsque le colorant ne produit aucune coloration. Cette nomenclature nous semble plus simple que celles souvent utilisées, notamment pour le Melzer où on dit pseudoamyloïde ou dextrinoïde pour orthochromatique, amyloïde pour métachromatique et inamyloïde pour achromatique et pour le bleu coton où le terme de cyanophilie est en usage alors que de nombreux autres colorants bleus se comportent autrement.

Dans les planches, nous avons représenté l’aspect d’un certain nombre de spores telles qu’elles apparaissent dans ces divers réactifs.

Leucocoprineae Sing.

Pap. Mich. Ac. Sc., Arts & Lett. 32 : 141, 1946 (1948)

Carpophores lépiotoïdes, à stipe et chapeau très distincts. Volve très rarement développée. Anneau souvent complexe et mobile. Lamelles libres, souvent écartées ou collariées; sporée blanche ou crème, rarement verte ou verdâtre et virant au jaune par la dessication. Spores à paroi complexe, orthochromatiques dans le Melzer, à endospore presque toujours métachromatique dans le bleu de crésyl; pore apical bien développé ou rudimentaire, rarement nul. Saprophytes des régions tempérées et chaudes; sylvatiques ou praticoles. Genre type : Macrolepiota Sing.

Synopsis des genres

1. Chapeau charnu, non fortement et longuement strié à la marge; spores toujours lisses :

2. Spores à pore apical bien développé ou, au moins, à apex très nettement tronqué; anneau complexe souvent mobile; lamelles collariées :

3. Sporée blanche ou crème; spores à apex arrondi ou tronqué; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl ............ Macrolepiota

3. Sporée verdâtre devenant jaune d’or par la dessication; spores tronquées, orthochromatiques dans le bleu de crésyl; un anneau; pas de volve en sac.................. Chlorophyllum

3. Sporée verte; pas d’anneau; une volve en sac .............................. Clarkeinda

2. Spores à pore nul ou rudimentaire, rarement bien développé, à apex arrondi ou ± étiré; anneau le plus souvent simple et attaché au stipe, rarement mobile; lamelles peu ou non collariées ............... Leucoagaricus (p. 30)

1. Chapeau membraneux ou submembraneux, gén. longuement strié sillonné à la marge; spores lisses ou ornées :

4. Spores lisses; lamelles souvent collariées ...... Leucocoprinus

4. Spores verruqueuses; éléments du revêtement piléique piriformes et longuement pédicellés; chapeau submembraneux :

5. Spores bassement verruqueuses; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl ..... Rugosospora (p. 46)

5. Spores épineuses diverticulées; orthochromatiques dans le bleu de crésyl ............ Verrucospora (p. 47)

Leucoagaricus (Locquin) Sing.

Sydowia 2 : 35 (1948)

Leucocoprinus subgen. Leucoagaricus Locquin, Bull. mens. Soc. Linn. Lyon 12 : 92 (1943).

Carpophore à chapeau et stipe distincts et séparables. Chapeau lisse ou ± squamuleux; stipe souvent bulbeux ou ± renflé à la base. Anneau généralement simple, parfois mobile. Lamelles libres ou écartées, rarement collariées. Sporée blanche ou crème. Spores moyennes, rarement grandes, ellipsoïdes à sommet souvent étiré, à paroi épaisse, complexe, à endospore toujours métachromatique dans le bleu de crésyl, à pore nul ou rudimentaire, rarement bien développé et alors à tractus métachromatique dans le bleu de crésyl. Cheilocystides fréquentes; pleurocystides généralement nulles. Anses d’anastomose très généralement nulles; fausses anses fréquentes. Espèce type : Leucoagaricus macrorhizus (Locquin) Sing.

Le genre Leucoagaricus groupe des lépiotes assez évoluées, moins cependant que les Macrolépiotes d’une part et les Leucocoprinus d’autre part. Au sein des Leucocoprineae et dans l’état actuel de la systématique, on peut considérer ce genre comme un tiroir où l’on place les espèces qui n’entrent pas dans les deux genres plus évolués cités plus haut. Il en résulte pour le genre Leucoagaricus une hétérogénéité certaine ne justifiant peut-être pas sa division en d’autres genres mais qui peut se traduire par une systématique intragénérique préparant une réorganisation ultérieure des Leucocoprineae.

Par rapport aux Macrolépiotes, le genre se différencie par des spores à paroi moins complexe, généralement plus petites, à pore apical souvent rudimentaire ou même nul, par un anneau moins complexe, rarement mobile, par l’absence d’anses d’anastomose. R. Singer utilise ce dernier caractère comme critère décisif pour distinguer les deux genres. Malheureusement, l’existence de cas litigieux rend son utilisation aléatoire. De plus, la plupart des Leucoagaricus présentent des fausses boucles et les boucles des Macrolépiotes ont parfois une distribution capricieuse. Il nous semble plus sage de baser la séparation de ces deux genres sur un ensemble de caractères.

Une situation analogue se retrouve par rapport à Leucocoprinus qui groupent également des espèces très évoluées mais où la structure de la spore ne semble pas avoir une valeur déterminante. Il en résulte qu’un certain nombre d’espèces sont classées selon les auteurs dans l’un ou l’autre genre (sect. Anomali).

Pour pallier ces inconvénients, les clés de ce travail contiennent des rappels chaque fois qu’une confusion nous a paru possible. Nous y avons également introduit un petit nombre d’espèces de « Lepiota » critiques qui seront peut-être versées ultérieurement dans le genre Leucoagaricus mais pour lequel ce transfert nous semble prématuré.

Synopsis des sections

1. Spores > 12 μm; anneau pouvant devenir mobile; teintes pâles :

2. Spores en forme de pépin à apex fortement étiré, sans pore caractérisé ... Pepini (p. 36)

2. Spores ellipsoïdes à pore apical bien développé ....... Macrolepiota p.p. (= Leucoagaricus sect. Macrospori Sing.)

1. Spores généralement < 10 μm:

3. Colorations généralement pâles : chapeau blanc, bistre clair, rarement brun, lisse ou à squames brunâtres ou rosées; spores ellipsoïdes à sommet jamais étiré conique; chair blanche se teintant parfois de jaune, de rose ou de rouge; exsiccatum de teinte claire :

4. Spores ellipsoïdes à pore net, rudimentaire ou nul, jamais tronquant ..................... Leucoagaricus (p. 30)

4. Spores amygdaliformes à pore tronquant Macrolepiota odorata et M. albida

3. Colorations vives ou foncées, rarement pâles; spores à apex souvent étiré conique :

5. Chair immuable ou rougissante; pleurocystides non signalées; exsiccatum de teinte claire ou vive à lamelles crème ou ocracées ....................... Rubrotincti (p. 37)

5. Chair jaunissant ou rougissant fortement; pleurocystides abondantes; exsiccatum brun très foncé à lamelles brun tabac ....... Anomali (p. 43)

Sect. Leucoagaricus

1. Chapeau rosé non squameux; carpophore de petite taille; spores 5-8 × 3-4 μm, à pore rudimentaire :

2. Stipe très grêle (4 cm × 1-2 mm); spores 5,0-5,6(6,5) × 3,5-4,3 μm ..................... Lepiota tenuipes Beeli (1927 et 1936)

2. Stipe plus épais (5-7 cm × 3-4 mm); spores ellipsoïdes 5,9-7,4 × 3,5-4,1 μm ............... 1. L. roseoalbus

1. Chapeau généralement non rosé, lisse ou squameux; carpophore gén. plus grand (D. ≥ 7 cm); spores présentant parfois un pore net :

3. Stipe glabre ou floconneux mais non veluhirsute sur toute sa longueur :

4. Chapeau lisse blanc se tachant ainsi que la chair de jaune; spores ellipsoïdes 8,7-10,3 × 5,1-6,0 μm à pore très visible ......... 2. L. holosericeus

4. Chapeau squameux à squames ± détersiles; chair blanche, rosissant ou rougissant parfois; stipe ± bulbeux, anneau rappelant celui des Macrolepiota, ± mobile; lamelles souvent ± collariées; spores ellipsoïdes à pore rudimentaire ou nul :

5. Basides 2-sporiques; spores 8,7-10,3 × 5,8-6,2 μm, à pore rudimentaire ........ 3. L. bisporus

5. Basides 4-sporiques :

6. Chair rosissant mais ne devenant pas carminée à l’air; chapeau dépourvu de teinte citrine; spores 7-8,2 × 3,5-5,2 μm :

7. Spores 7-8 × 3,9-4,5 μm, à sommet souvent conique un peu étiré; squames piléiques apprimées brun rosé .................. 13. L. squamosus (Rubrotincti)

7. Spores 7-8,2 × 4,4-5,2 μm, à sommet arrondi; squames brunes ± détersiles .................. 4. L. bingensis

6. Chair devenant carminée à l’air; chapeau ± teinté de citrin; spores 7,3-8,8 × 5,4-6(6,7) μm ............ 5. L. carminescens

3. Stipe velu-hirsute sur toute sa longueur :

8. Chapeau très mince, squameux ............ Lepiota flavescens Beeli (1936)

8. Chapeau épais, tomenteux feutré, brun ferrugineux; cheilocystides sinueuses; spores (5,4)5,8-7,2(7,7) × 3,7-4,4 μm ............ 6. L. ferruginosus

1. Leucoagaricus roseoalbus (P. Henn.) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 9 (1973). Fig. 1.

Lepiota roseoalba P. Henn., Engl. Bot. Jahrb. 14 : 357 (1891); Sacc., Syll. Fung. 11 : 5 (1895); Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 59 : 109 (1927), 64 : 215 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 35, pl. 6/4 (1936); Pegler et Rayner, Kew Bull. 23 : 362 (1969).

Chapeau de 3-4 cm de diam., assez épais au centre, mince à la marge, convexe mamelonné; revêtement rose pâle à la périphérie, rouge foncé au centre, probablement finement furfuracé. Stipe de 5 cm × 4 mm, cylindracé à peine épaissi vers la base (5 mm), creux; revêtement blanc; anneau étroit, fragile, blanc. Lamelles assez larges et ventrues, libres, blanches. Chair blanche.

Spores 5,9-7,4 × 3,5-4,1 μm, ellipsoïdes ou légèrement ovalaires; paroi peu épaisse, orthochromatique dans le Melzer et le bleu coton, endospore métachromatique dans le bleu de crésyl; pore rudimentaire par amincissement apical de l’épispore; concrétions internes fréquentes. Revêtement piléique à hyphes ± dressées et emmêlées, formées d’éléments ± vésiculeux; dernier élément souvent un peu plus allongé, de 18-50 × 12-20 μm.

Distribution

Zaïre. Forestier central : Eala, forêt inondée, isolé sur le sol, juin 1923, Goossens-Fontana 225 et icon.

Observations

1. L’espèce a été représentée dans la Flore Iconographique (loc. cit.).

2. La description est basée sur le seul carpophore et sur l’aquarelle de la récolte citée. L’état de l’exsiccatum est franchement mauvais; il ne permet pas une étude anatomique suffisante. L’attribution même de l’espèce au genre Leucoagaricus en est douteuse.

3. L. roseolus a le même faciès mais les spores sont très différentes (p. 37).

4. Il n’est pas du tout certain que la détermination de Beeli soit correcte, P. Henning indiquant un chapeau soyeux à marge striée, des lamelles jaunâtres et étroites, des spores légèrement plus grandes.

2. Leucoagaricus holosericeus (Fr.) Moser in Gams, Kl. Krypt. Flora 2 : 115 (1953). Fig. 2, planche VII/1.

Agaricus holosericeus Fr., Epicr. : 16 (1838).

Lepiota holosericea (Fr.) Fr., Monogr. : 26 (1854).

Leucocoprinus holosericeus (Fr.) Locq., Bull. Soc. Linn. Lyon 12 : 95 (1943).

Lepiota naucina (Fr.) Fr., Monogr. : 27 (1854); auct. p.p.

Chapeau 7-14 cm diam., épais, convexe puis étalé à sommet tronqué ou même un peu déprimé, à marge ± relevée à la fin; revêtement adné, blanc un peu teinté de jaune surtout au centre, très finement méchuleux, tomenteux, à fibrilles devenant ocracé pâle. Stipe énucléable, 13-21 × 1-1,5 cm, cylindracé flexueux, à surface inégale, élargi assez brusquement au sommet et progressivement vers la base qui atteint 2 cm diam., fistuleux creux, à cavité s’élargissant au contact du chapeau; revêtement soyeux-fibrilleux, blanc, devenant rosâtre ou ocracé puis brunâtre au toucher; anneau membraneux, mince, blanc, fragile, assez étroit, parfois en entonnoir (voile d’origine supère tiré vers le haut?). Lamelles blanches puis rosées, libres et même un peu distantes, ventrues, atténuées arrondies aux deux extrémités, serrées, inégales, minces, assez larges (10 mm). Chair blanche ou blanchâtre, jaunissant fortement dans le chapeau sous le disque, devenant jaune sale dans le stipe, roussâtre à sa base; odeur forte, saveur « amère ». Sporée blanc pur. Exsiccatum : chapeau crème jaunâtre, lamelles brun ocré; quelques efflorescences.

Teinture de gaïac, chapeau et stipe : bleu vert noir, rapide. Gaïacol : pourpre vineux foncé, rapide. Phénol : vineux rougeâtre, rapide. α-Naphtol : gris rosé, rapide. Pyrogallol : brun jaune, rapide. Sulfate de fer, aniline, ammoniaque : réactions nulles.

Spores 8,7-10,3 × 5,1-6 μm, hyalines, longuement amygdaliformes, arête externe plus fortement convexe; membrane assez épaisse (0,8 μm env.), orthochromatique dans le Melzer; endospore et tractus porique métachromatiques dans le bleu de crésyl; pore apical bien visible, étroitement tronquant (1 μm) dans certains réactifs, à tractus étroit terminé vers l’extérieur par un élargissement fortement colorable notamment dans la fuchsine phéniquée; paroi gonflant modérément dans NH4OH + HAc. Basides tétrasporiques 22-27 × 8-9,5 μm. Cheilocystides abondantes, hyalines, souvent ± sineuses, claviformes, lancéolées à sommet parfois ± élargi ou même globuleux ou exceptionnellement fourchu, mesurant (20)30-55 × 7-12(14) μm. Pleurocystides nulles. Trame non déchiffrable; sous-hyménium celluleux. Caulocystides, en touffes, analogues au cheilocystides mais plus étroites, de 5-8 μm de diam. Revêtement piléique épais de 200 μm au centre, chair sousjacente aérifère; éléments superficiels entremêlés de poils hyalins formés d’une ou deux cellules, dressés, de 30-70 × 9-12 μm au centre, de 40-85 × 9-15 μm à la périphérie. Anses d’anastomose nulles.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, plantation de haricots, déc. 1954, Goossens-Fontana 5419 et icon.

Usages : non consommé par l’indigène (Panzi).

Observations

1. La description est basée sur la seule récolte citée qui est accompagnée de notes très complètes et d’excellentes aquarelles.

2. De l’affinité de L. naucinus (Fr.) Sing., cette espèce se caractérise par son jaunissement intense, ses lamelles non collariées rosissant très lentement et ses hyphes non bouclées.

3. Leucoagaricus bisporus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 8 (1973). Fig. 3, planche VIII/2.

Chapeau conico-campanulé puis étalé, mamelonné, 7-9 cm diam., épais au centre, brusquement aminci vers la marge qui est submembraneuse et subtilement striée; revêtement [brun clair] et entier sur le mamelon, ailleurs rompu en petites squamules [ocracées] sur fond crème. Stipe énucléable, 8-9 cm × 3-5 mm, cylindracé dans sa partie supérieure, progressivement élargi vers la base, ± nettement bulbeuse, de 10 mm diam., creux à moelle blanche soyeuse; revêtement crème, [brunâtre au toucher], lisse, tomenteux à la base; anneau mobile ou peu adhérent, blanc, en entonnoir dressé à rebord légèrement épaissi. Lamelles [blanches], assez larges, minces, serrées, libres et même un peu distantes, subcollariées. Chair molle, blanche devenant rosée [puis brune] à l’air; saveur douceâtre; odeur non remarquable. Sporée blanche, Exsiccatum léger, crème ocracé sale, à stipe plus foncé.

Spores 8,7-10,3(11) × (5,5)5,8-6,2(6,7) μm, hyalines, ellipsoïdes, lisses; paroi assez épaisse, orthochromatique au Melzer; endospore métachromatique au bleu de crésyl; périspore à déhiscence membraneuse, bleu clair dans le bleu de crésyl, gonflant par NH4OH + HAc; pore nul ou rudimentaire sur un petit nombre de spores où il n’est guère visible que par le gonflement de la périspore ou le bleu coton à chaud. Basides 2-sporiques, hyalines, 20-27(35) × 6,5-8,5 μm à stérigmates de 5-7 μm. Cheilocystides abondantes, hyalines, 22-43 × 4,5-7,5 μm, cylindracées à extrémité arrondie ou rarement subcapitées. [Trame régulière puis emmêlée, lacuneuse, métachromatique au bleu de crésyl]; sous-hyménium celluleux. Revêtement piléique palissadique au centre, à éléments longuement claviformespiriformes, parfois septés, à membrane mince, 25-50 × 8-10 μm; à la périphérie, hyphes emmêlées, ± contournées et anastomosées, parfois fasciculées, de 2,5-6 μm diam. Anses d’anastomose rares; fausses boucles fréquentes.

 

Distribution

Zaïre. Bas-Congo : Kinshasa, abondant dans les pelouses et les jardins, généralement isolés ou réunis par deux à la base, avril 1954, L. Dubois 1527 et 1527bis. Kasaï : Gandajika, alt. 850 m, dans Paspalum, févr. 1966, R. Maréchal 10. — Bas-Katanga : Vieux-Kasongo (Tongoni), août 1896, Dewèvre 146. — Haut-Katanga : Lubumbashi, prairie, déc. 1947, D. Soyer 154.

Noms vernaculaires : Fa-fwa (Vieux-Kasongo).

Usages : comestible (Vieux-Kasongo); non consommé (Kinshasa).

Observations

1. La description est basée sur le type qui est accompagné de quelques notes et d’un croquis au crayon; elle est complétée entre crochets d’après la récolte Maréchal 10.

2. Cette espèce est bien caractérisée par plusieurs particularités anatomiques : basides bisporiques, pore nul ou très rudimentaire. Son habitus rappelle Macrolepiota excoriata (Fr.) Moser que Singer place du reste dans le genre Leucoagaricus, mais dont les spores présentent un pore évident.

4. Leucoagaricus bingensis (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 8 (1973). Fig. 4.

Lepiota procera var. bingensis Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 211, fig. 2 (1932).

L. bingensis Beeli, Flore Icon. Champ. Congo 2 : 31, pl. 5/4 (1936).

Chapeau de 7-8 cm env. de diam., peu épais (2 mm à mi-rayon), très mince vers la marge, campanulé puis étalé à centre nettement mamelonné, revêtement brun foncé continu sur le mamelon puis rompu en un petit nombre de squames très éparses sur fond blanchâtre ou brunâtre; marge longuement et finement striée, fragile, fissile. Stipe 11-14 cm × 6-7 mm, cylindracé, légèrement renflé vers la base qui mesure 9-14 mm de diam., creux, énucléable; revêtement blanchâtre, légèrement lavé de brunâtre; anneau fragile, brunâtre, simple à marge épaissie. Lamelles blanches, serrées, assez larges (7 mm), aiguës aux deux extrémités, inégales, libres, distantes du stipe par une vallécule profonde de 2 mm env. Chair blanche, devenant rougeâtre à la coupe. Exsiccatum : chapeau brunâtre à squames brun foncé, lamelles argilacées.

Spores (6,4)7-8,2 × 4,4-5,2 μm, ellipsoïdes ou à peine ovoïdes, hyalines; paroi orthochromatique dans le Melzer, le bleu coton et le rouge Congo, gonflant modérément dans NH4OH + HAc mais de façon moindre à l’apex; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl; pore nul ou très rudimentaire, apparaissant plutôt comme un amincissement des membranes à l’apex. Basides 4-sporiques. Cheilocystides abondantes, hyalines, longuement claviformes, un peu flexueuses, de 30-35 × 5-7 μm. Revêtement piléique hyméniforme au centre, à hyphes dressées, ± piriformes ou claviformes, de 20-40 × 9-16 μm; chair sous-jacente aérifère. Revêtement du stipe dépourvu de cystides. Anses d’anastomose petites et souvent mal formées, en petit nombre, notamment sur le revêtement du stipe.

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, sur le sol de la forêt, mars 1938, Goossens-Fontana 640 et icon.

Observations

1. L’espèce a été illustrée dans la Flore Iconographique (loc. cit.); le pore apical tel qu’il y est représenté est manifestement exagéré. De fait, il est très rudimentaire et n’autorise pas à laisser cette espèce dans les Macrolepiota dont elle se rapproche cependant par la structure du revêtement piléique. Une place plus exacte serait peut-être parmi les Leucocoprinus.

2. La description est basée sur une excellente aquarelle et sur l’exsiccatum dont l’état ne permet pas une étude suffisante.

5. Leucoagaricus carminescens Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 8 (1973). Fig. 5, planche VIII/1.

Chapeau charnu, assez épais (6 mm à mi-rayon) de 8-12 cm de diam., campanulé omboné puis convexe, à la fin étalé à centre bassement mamelonné; revêtement tomenteux-feutré à la loupe, jaune citrin à jaune ocracé, continu puis tôt tompu, sauf au disque, en petites squames apprimées jaunes sur le fond blanchâtre de la chair; marge devenant courtement striée avec l’âge. Stipe 7-11 cm × 6-10 mm, énucléable, cylindrique à base légèrement renflée (jusque 18 mm), creux-tubuleux; revêtement blanc puis gris ocracé pâle, soyeux, fibrilleux; anneau devenant mobile, blanchâtre, membraneux, en entonnoir, à rebord épaissi et brunâtre. Lamelles serrées, blanc crème, inégales, larges (10-13 mm), assez brusquement atténuées aux extrémités, libres, étroitement collariées. Chair ferme, fibreuse dans le stipe, devenant rosée puis carminée à la coupe, de façon particulièrement intense à la base du stipe, à la fin brun ocracé dans la partie corticale du stipe; saveur douce puis un peu raphananoïde; odeur agréable. Sporée blanche. Exsiccatum : chapeau crème grisâtre, stipe gris brunâtre, lamelles gris jaunâtre clair.

 

Teinture de gaïac, chair : rapide et intense. Gaïacol : assez rapide. Phénol : pourpre vineux. α-Naphtol : lent, gris rosé. Pyrogallol : rapide, brun jaune intense. Sulfate de fer : lent, gris olive. Aniline : lent, rosâtre. Ammoniaque : réaction nulle.

Spores 7,3-8,8 × 5,4-6(6,7) μm, hyalines, ellipsoïdes, lisses; paroi épaisse, orthochromatique au Melzer, gonflant nettement par NH4OH + HAc; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl; pore nul, et alors paroi amincie à l’apex, ou rudimentaire n’atteignant pas la surface ou bien formé et alors très étroit. Basides 4-sporiques, 23-30 × 7-9 μm, claviformes; basidioles courtement piriformes. Cheilocystides abondantes, longuement claviformes, hyalines, à paroi mince, de 24-38 × 6-8 μm. Trame régulière; sous-hyménium celluleux. Revêtement piléique irrégulièrement hyméniforme à cellules piriformes à base très longue, de 68-80 × 9-18 μm env.; couche sous-jacente à hyphes cylindracées, longues, de 2-6 μm de diam.; voile général formant des squamules à éléments courts, ± ramifiés, de 3-7 μm de diam., ± détersiles. Anses d’anastomose rares, mais généralement si pas toujours fausses.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, alt. 1650 m, jardins, notamment abondant sur terre engraissée au fumier de bovidés, nov. 1947, janv. 1948 et avril 1953, Goossens-Fontana 5004, 5029 et icon. et 5256.

Observations

1. La description est basée sur le type qui est en bon état et accompagné de notes abondantes et d’une excellente aquarelle.

2. Espèce caractérisée par son rougissement vif.

6. Leucoagaricus ferruginosus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg., 43 : 9 (1973). Fig. 6, planche VIII/3.

Chapeau 8-10 cm diam., assez épais (3 mm à mirayon) campanulé-tronqué puis étalé à centre bassement mamelonné tronqué; revêtement séparable sauf au disque, brun ferrugineux uni au centre, ailleurs à fines squamules apprimées sur fond ocracé rosé. Stipe d’environ 10 × 1,3 cm, énucléable, étroitement creux, cylindracé, graduellement mais légèrement aminci dans sa moitié inférieure; revêtement ocracé au-dessus de l’anneau, ocracé ferrugineux sous l’anneau, plus coloré vers la base, tomenteux sur toute sa longueur, finement squamuleux dans sa partie inférieure; anneau fixe mais non adhérent, membraneux, blanchâtre, liséré de granulations méchuleuses ferrugineuses. Lamelles serrées, libres un peu distantes du stipe, blanc crème, assez étroites (5 mm), aiguës aux deux extrémités, anastomosées près du stipe. Chair ferme, blanche, saveur et odeur fortes. Sporée crème ocracé. Exsiccatum brun ocracé.

Teinture de gaïac, chair et revêtements : bleu vert intense et rapide. Gaïacol, chair et revêtements : rouge pourpré foncé, lent. Phénol : pourpré, lent. α-Naphtol : vineux, lent. Aniline : jaune de chrome, rapide. Sulfate de fer, ammoniaque : nulles.

Spores (5,4)5,8-7,2(7,7) × 3,7-4,4 μm, ellipsoïdes ou à peine ovalaires; membranes d’épaisseur moyenne, orthochromatiques dans le bleu coton et, assez faiblement, dans le Melzer; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl; pore nul ou rudimentaire. Basides 4-sporiques, un peu fusoïdes, larges à la base, 20-25 × 7-8,5 μm. Cheilocystides ± disposées en touffes, longuement claviformes, sinueuses, brunes, 25-55 × 5-8,5 μm. Sous-hyménium celluleux. Revêtement piléique à hyphes brunes, les plus superficielles formant les fibrilles, de 6-11 μm de diam., cylindracées, un peu rétrécies aux cloisons, à élément terminal ± atténué de 30-50 μm de long; les hyphes sous-jacentes cylindriques, à paroi aspérulée. Revêtement du stipe à poils bruns, cylindracés ou lancéolés, ± fasciculés, septés, sinués, à élément terminal de 30-70 × 5-10 μm, exceptionnellement vésiculeux, de 60 × 20 μm par ex. Anses d’anastomose nulles.

 

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, isolé sur le sol d’anciennes plantations de caféiers, mars et nov. 1953, Goossens-Fontana 5251 et icon., 5317.

     Observations

1. La description est basée sur le matériel type en bon état, accompagné de notes descriptives et d’excellentes aquarelles.

2. Espèce caractérisée par son stipe tomenteux, sur toute sa longueur, et sa coloration piléique.

Sect. Pepini Heinem.

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 9 (1973)

7. Leucoagaricus pepinus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 9 (1973). Fig. 7, planche VII/2.

Chapeau 8-10 cm diam., assez épais (3-5 mm à mirayon) étroitement conique tronqué puis campanulé-convexe, mamelonné; revêtement bistre ou rarement un peu violacé, uni ou faiblement craquelé au disque, ailleurs à squamules méchuleuses éparses, occasionnellement pointues et dressées, bistre pâle ou ocracées sur fond blanc puis un peu rosâtre; marge faiblement et courtement striée. Stipe 12-15 cm × 6-11 mm, énucléable, creux-fistuleux, un peu flexueux, cylindracé, progressivement épaissi vers la base qui mesure 12-20 mm de diam.; revêtement finement fibrilleux, blanc puis se teintant de rose (M & P : 3A9) sauf au sommet et à la base; anneau blanchâtre, membraneux, un peu épaissi au bord, ascendant (peut-être continu avec le revêtement de la partie inférieure du stipe ou plus probablement d’origine supère mais tôt tiré vers le haut par l’élongation du stipe), rarement à double rebord et mobile. Lamelles libres et même séparées du stipe par une vallécule étroite, blanches puis rose pâle (M & P : 2B1), minces, serrées, larges (13 mm) atténuées au stipe, courtement arrondies à la marge; arête souvent très finement denticulée. Chair ferme, blanche, rosissant légèrement dans le stipe; saveur douce, [odeur agréable]. Sporée blanche. Exsiccatum brunâtre à lamelles brun ocre; stries de la marge piléique généralement non visibles.

Teinture de gaïac, chapeau et stipe : lent [assez rapide], gris vert [bleu]. Gaïacol : rapide, pourpre rouge [vineux carminé]. Phénol : rapide, vineux. Pyrogallol : rapide, brun jaune. α-Naphtol : nulle. [Sulfate de fer : rapide, ocracé orangé. Aniline et ammoniaque : réactions nulles].

Spores (8,5)10,2-14,5(17) × (5,5) 6,5-8,2(8,5) μm, jaunâtres, longuement amygdaliformes à sommet étiré; à arête externe plus convexe que l’interne; paroi épaisse (1,5 μm), légèrement orthochromatique dans le Melzer, achromatique dans la fuchsine; endospore arrondie au sommet, bleu violet dans le bleu de crésyl; épispore étirée-conique au sommet, colorable par le bleu lactique (en rouge violet); gonflement faible par NH4OH + HAc; pore nul ou rudimentaire. Basides claviformes, 4-sporiques, 30 × 11[13] μm par exemple. Cheilocystides abondantes, hyalines, claviformes ou plus souvent lancéolées à partie supérieure cylindracée-flexueuse, arrondies au sommet, rarement septées, (35)50-90 × 6-15 μm. Revêtement piléique, au disque, à éléments ± dressés, mais ne formant pas une palissade régulière, claviformes, cylindracés ou lancéolés, 20-40 × 6-11 μm, à paroi jaune et vacuoles bistre brunâtre; à la périphérie, mêmes éléments dispersés sur hyphes radiales pâles. Revêtement du stipe présentant quelques poils de forme variée dont le diam. n’excède pas 25 μm. Anses d’anastomose nulles.

 

Usages : non consommé à Panzi.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, Kivu, sol herbeux, plantation de grévilléas et de jeunes sapins, déc. 1953 et 1954, Goossens-Fontana 5314 et icon. (holotype), 5405 et icon., 5413, 5428.

Observations

1. La description est basée sur l’holotype; elle est complétée entre crochets d’après la récolte 5405.

2. Espèce très caractérisée par ses grandes spores, très étirées, en forme de pépin de citron.

Sect. Rubrotincti Sing.

Sydowia 2 : 36 (1948)

1. Stipe blanc ou blanchâtre, glabre, fibrilleux ou squamuleux non velu-hirsute sur toute sa longueur par des poils sinueux; spores gén. étirées au sommet :

2. Chapeau rose pâle et lisse; carpophore de petite taille; spores 5,9-6,8 × 3,3-4 μm ...... 8. L. roseolus

2. Chapeau plus coloré, fibrilleux ou squamuleux :

3. Stipe cylindracé ou à bulbe non marginé :

4. Chair immuable :

5. Revêtement piléique radialement fissile, lisse ou squamuleux, brun rougeâtre, orangé ou rouge; marge non striée; spores à sommet étiré papilleux, 6,2-8,2 × 3,6-4,9 μm :

6. Chapeau brun à brun rougeâtre, non cuivré sur exsiccatum, lisse ou finement rompu radialement, non squamuleux ...... 9. L. testaceus

6. Chapeau rouge, ± cuivré sur exsiccatum, gén. squamuleux et radialement fissile :

7. Hyphes du revêtement piléique non incrustées; spores (5,9)7-8,2(9) × 4,3-4,9(5,4) μm ..... 10. L. goossensiae

7. Hyphes du revêtement piléique fortement incrustées; spores 6,2-7,2(8) × 3,6-4,4 μm .....11. L. rubrotinctus

5. Chapeau brun rose foncé, rompu à la périphérie en squamules brunes sur fond blanc; marge nettement striée; spores 6,5-7,8 × 4,6-5,1 μm, à sommet conique ou un peu étiré ......... 12. L. striatulus

4. Chair devenant rougeâtre à la coupe; stipe claviforme bulbeux; chapeau à grandes squames innées rougeâtres; spores 6,8-8,0 × 3,9-4,5(4,8) μm ...... 13. L. squamosus

3. Stipe à bulbe globuleux et marginé; chapeau brun ocracé rougeâtre, à squames apprimées; spores 6,2-7,3 × 4,2-4,6 μm ........14. L. bulbillosus

1. Stipe coloré, velu sur toute sa longueur; spores arrondies au sommet :

8. Chapeau rouge ou orangé, ± squamuleux furfuracé :

9. Chapeau et stipe rouges; spores (5,8)7-8 × (3,6)3,7-4 μm ...... 15. L. sanguineus

9. Chapeau et stipe orangés; spores 6-7,2 × 4,2-4,8 μ m ............ 16. L. aurantiacus

8. Chapeau brun, non squameux; spores (5,4)5,8-7,2(7,7) × 3,7-4,4 μm .................. 6. L. ferruginosus (sect. Leucoagaricus)

8. Leucoagaricus roseolus (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 11 (1973). Fig. 8.

Lepiota roseola Beeli, Flore Icon. Champ. Congo 2 : 33, pl. 5/11 (1936).

L. roseoalba auct. non P. Henn., Engl. Bot. Jahrb. 14 : 357 (1891); Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg., 59 : 109 (1927) p.p.

L. pseudoroseola Dennis, Kew Bull. 4 : 476 (« 1952 », 1953).

Chapeau 2 cm diam., étalé à centre mamelonné, assez charnu au centre, mince à la marge; revêtement rose, plus vif au centre, (visqueux?). Stipe énucléable, 2 cm × 1,5 mm, cylindracé, un peu épaissi vers la base qui a 2 mm de diam.; revêtement blanc; anneau blanc, étalé mais étroit, situé au cinquième supérieur. Lamelles libres, blanches, 2 mm largeur, inégales, aiguës vers la marge, arrondies au stipe.

Spores 5,9-6,8 × 3,3-4 μm, hyalines, amygdaliformes allongées, à sommet un peu étiré; paroi assez épaisse, endospore métachromatique dans le bleu de crésyl, tronquée à l’apex, l’espace entre le sommet et la troncature non coloré dans ce colorant; la fuchsine colore uniquement le contenu de la spore et met ainsi clairement en évidence cet espace tandis que le Melzer, tout au contraire, le colore plus fortement; pore nul mais simulé par la troncature de l’endospore.

Distribution

Zaïre. Forestier central : Eala, isolé sur le sol de la forêt inondée, juin 1923, Goossens-Fontana 176 et icon. (holotype). — Lacs Edouard et Kivu : Panzi, 1650 m, vergers et pelouses, janv. 1948, Goossens-Fontana 5036 et icon.

Observations

1. Le type a été illustré dans la Flore Iconographique (loc. cit.); notons que le dessin des spores, que donne cet ouvrage, est erroné puisque les spores sont dépourvues de pore.

2. La description est basée sur le matériel type dont l’exsiccatum est en mauvais état.

3. Lepiota pseudoroseola Dennis est un synonyme probable; les spores correspondent bien et la différence citée par Dennis que L. roseola aurait un pore tandis que L. pseudoroseola n’en a pas, ne peut plus être retenue.

9. Leucoagaricus testaceus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 11 (1973). Fig. 9, planche VIII/4.

Lepiota testacea Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 216, fig. 11 (1932).

L. goossensiae Beeli, Flore Icon. Champ. Congo 2 : 35, (1936) p.p. (en ce qui concerne le n° 820).

Chapeau de 4-5 cm de diam., peu épais, campanulé-tronqué puis étalé à centre mamelonné tronqué; revêtement brun rougeâtre, [rougeâtre carminé], plus foncé au centre, lisse ou se rompant superficiellement et radialement. Stipe de 7-8 cm × 4 [8] mm, cylindracé, flexueux, progressivement élargi vers la base qui mesure 5-10 mm de diam., creux; revêtement crème, lavé de rose dans la partie inférieure, lisse; anneau membraneux en entonnoir, concolore au stipe. Lamelles crème, assez larges (4[9] mm), atténuées aux extrémités, libres-écartées du stipe. Chair blanche, teintée de rose dans la moitié inférieure du stipe; saveur douce puis plus forte. Exsiccatum : chapeau brun clair, lisse ou subtilement fibrilleux radialement, à centre brun; lamelles ocre foncé.

[Gaïacol : rapide pourpré. Teinture de gaïac, sulfate de fer, aniline, phénol : réactions nulles].

Spores [6]6,2-7,3[7,6] × 3,6-4,2[4,9] μm, hyalines, amygdaliformes, à sommet le plus souvent légèrement papilleux-étiré; paroi assez épaisse, orthochromatique dans le Melzer et dans le rouge Congo; endospore tronquée sur la plupart des spores, métachromatique dans le bleu de crésyl; périspore à déhiscence granuleuse laissant des lambeaux sur quelques spores; pore nul ou très rudimentaire, l’espace entre la troncature de l’endospore et l’apex non colorable par le bleu de crésyl mais se colorant dans 50 % des cas, par le Melzer. Cheilocystides abondantes, longuement lancéolées [ou piriformes], un peu flexueuses à sommet obtus [parfois capité], de 35-45 × 5-8(14) μm. Basides 4-sporiques, piriformes, 22 × 8 μm par ex. Revêtement piléique à hyphes cylindracées de 5-9 μm de diam.; extrémités libres un peu lanceolées. [Anses d’anastomose petites et mal formées, probablement toujours fausses].

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, sur le sol, dans la forêt, oct. 1928, Goossens-Fontana 820 et icon. (holotype). Lacs Edouard et Kivu : Panzi, sol plantation caféiers, oct. 1947, Goossens-Fontana 4098 et icon.; id. plantation de goyaviers, avril 1950, Goossens-Fontana 5140.

Observations

1. La description est basée sur le type dont l’exsiccatum est en mauvais état et ne permet pas une étude anatomique suffisante. La description a été complétée entre crochets d’après la récolte 4098. La récolte 820 était un mélange de deux récoltes. Nous avons pris comme holotype celle qui a servi à faire l’aquarelle; l’autre a été indexée 820bis, elle appartient à une autre espèce (L. aurantiacus, p. 42).

2. Cette espèce est très voisine de L. goossensiae qui a des spores légèrement plus grandes, des cheilocystides plus longues et un chapeau subquamuleux de coloration piléique plus vive. M. Beeli avait synonymisé ces deux espèces en 1936.

10. Leucoagaricus goossensiae (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 10 (1973). Fig. 10.

Lepiota goossensiae Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 59 : 108, fig. 18 (1927), 64 : 215 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 35, pl. 6/6 (fig. 7 exclue) (1936); Pegler, Kew Bull. 21 : 501, fig. 1, 4 (1968).

 

Chapeau assez épais au centre, mince à la marge, d’env. 5 cm de diam., [subglobuleux] puis étalé à centre obscurément mamelonné; revêtement rouge brunâtre clair, plus foncé et uni au centre, ailleurs finement fibrilleux et même rompu radialement mais de façon très superficielle, présentant quelques squamules fibrilleuses à la périphérie [à nettement squamuleux, squamules ± disposées radialement]. Stipe énucléable, creux, d’env. 9 cm × 4-5 mm, cylindracé, graduellement élargi vers la base qui mesure 9[11] mm de diam.; revêtement lisse, un peu fibrilleux [tomenteux à la base], blanchâtre ou à peine rosé; anneau en entonnoir, blanchâtre, à marge un peu épaissie, devenant libre mais non coulissant. Lamelles moyennement serrées, larges de 4 mm env., libres, crème, aiguës aux extrémités. Chair blanche. Exsiccatum : chapeau brun rougeâtre, stipe brunâtre, lamelles ocracé clair; efflorescences blanchâtres, petites et peu nombreuses.

Spores [5,9]7-8,2[9] × 4,3-4,9[5,4] μm, hyalines, amygdaliformes à sommet le plus souvent légèrement étiré-papilleux; paroi assez épaisse, orthochromatique dans le Melzer; endospore tronquée à l’apex, métachromatique dans le bleu de crésyl; pore nul ou rudimentaire, l’espace entre la troncature de l’endospore et l’apex non colorable dans les colorants utilisés; gonflement faible par NH4OH + HAc. Basides 4-sporiques. Cheilocystides abondantes, étroitement lancéolées à sommet arrondi ou un peu atténué, hyalines, en touffes, mesurant [36]40[42] × [8]12 μm par exemple. Revêtement piléique à hyphes cylindracées, ± orientées radialement, hyalines, de 4-9 μm de diam.; rares extrémités libres ± lancéolées. Anses d’anastomose rares et mal formées, peut-être toujours fausses.

Distribution

Zaïre. Forestier central : Eala, Jardin botanique, groupés au pied de bambous, août 1923, Goossens-Fontana 277 et icon. (holotype); Binga, mai 1928, Goossens-Fontana 601 et icon.

Ghana : Tafo, mars 1955, Holden GC24 (Pegler, loc. cit.).

Observations

1. L’espèce a été illustrée dans la Flore Iconographique (loc. cit.); précisons que la figure de gauche correspond à la récolte 277, tandis que les trois figures de droite concernent la récolte 601.

2. La description est basée sur l’holotype, elle est complétée entre crochets d’après la récolte 601.

3. Cette espèce paraît à peu près intermédiaire entre la précédente et la suivante (voir commentaires p. 40).

4. Leucoagaricus erythrella (Speg.) Sing. (1969) est peut-être voisin, ses spores sont dites « with a stopperlike rather narrow germ pore » ... « truncate or not ».

5. La description de Pegler (loc. cit.) s’applique presque aussi bien à L. testaceus.

11. Leucoagaricus rubrotinctus (Peck) Sing., Sydowia 2 : 36 (1948). Fig. 11, planche VIII/5.

Agaricus rubrotinctus Peck, Ann. Rep. New York State Mus. 35 : 155 (1884).

Lepiota rubrotincta (Peck) Peck, loc. cit. 44 : 179 (1892); Baker et Dale, Com. Myc. Inst., Myc. Pap. 33 : 89, pl. I, fig. b (1951); Hesler, Journ. Tenn. Ac. Sc. 29 : 209, fig. 5. (1954).

Chapeau mince, de 2-3,5 cm de diam., campanulé puis étalé à centre bassement mamelonné; revêtement rouge, [carmin brunâtre], uni et le restant au centre, ailleurs rompu en squames rouge carminé sur fond plus pâle, fissile radialement, la chair sous-cuticulaire blanchâtre apparaissant à la périphérie. Stipe d’env. 7 cm × 3 mm, creux, cylindracé ou bulbeux à bulbe allongé atteignant 5 mm de diam., ± pointu fusiforme; revêtement blanc ou lavé de rose; anneau fragile, blanc bordé de rose, situé à ⅓ du sommet. Lamelles serrées, minces, blanc crème, libres, un peu ventrues, inégales. Chair blanche [ferme]; saveur faible, douce; [odeur agréable]. Exsiccatum : chapeau brun rouge un peu cuivré, d’abord continu puis rompu radialement et concentriquement, à chair sous-cuticulaire jaune crème; lamelles crème.

Gaïacol, chapeau et stipe : rapide rougeâtre. α-Naphtol : rapide, violet foncé. Teinture de gaïac : nul [rapide]. [Phénol : lent, pourpre noirâtre]. Sulfate de fer, ammoniaque, aniline : réactions nulles.

Spores 6,2-7,2(8) × 3,6-4,4 μm, hyalines, amygdaliformes à sommet nettement étiré-papilleux sur la plupart des spores; paroi assez épaisse, orthochromatique dans le Melzer, endospore souvent tronqué à l’apex, métachromatique dans le bleu de crésyl; pore nul ou très rudimentaire, simulé à faible grossissement, l’espace entre l’apex et la troncature de l’endospore plus coloré ou, au contraire, plus clair dans le Melzer. Cheilocystides assez abondantes, hyalines, d’env. 30-45 × 6-12 μm. Revêtement piléique à hyphes cylindracées à paroi nettement verruqueuse-incrustée, de 4-8 μm de diam. Anses d’anastomose probablement nulles.

Distribution

Zaïre : Lacs Edouard et Kivu : Panzi, alt. 1650 m, plantation de Coffea arabica, avril 1951, Goossens-Fontana 5175 et icon.; id., s.d. (oct. 1956?) Goossens-Fontana 5576 et icon.

Observations

1. La description est basée sur le n° 5175 dont l’exsiccatum, accompagné de notes descriptives très complètes, ne permet pas une étude anatomique suffisante. Elle est complétée entre crochets par la récolte 5576, les différences les plus marquées étant dans le comportement de la chair à la teinture de gaïac, mais on peut soupçonner que le réactif utilisé n’ait pas été de préparation récente lors de l’examen de la récolte 5175.

2. L. testaceus, L. goossensiae et L. rubrotinctus sont extrêmement proches. Leurs caractères microscopiques sont presque superposables et il est possible qu’il ne s’agisse que de trois formes d’une même espèce, à pigmentation plus ou moins intense; les deux extrêmes sont cependant bien distincts ce qui justifie notre attitude.

12. Leucoagaricus striatulus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 11 (1973). Fig. 12, planche IX/1.

Chapeau 3-7 cm diam., peu épais (1 mm à ½ R), mince à la marge, globuleux-campanulé puis étalé, à centre largement mamelonné; revêtement continu, tomenteux et brun rosé foncé au disque; ailleurs rompu en squamules méchuleuses brunes sur fond blanc; marge nettement striée. Stipe séparable du chapeau, 4,5-7 cm × 3-6 mm, étroitement fistuleux, cylindracé, régulièrement épaissi vers la base qui atteint 1 cm diam.; revêtement blanc pur, finement fibrilleux; anneau ascendant, blanc, membraneux, mince et fragile. Lamelles libres, serrées, assez larges (3-6 mm), blanches puis crème, libres, étroitement collariées, atténuées aux deux extrémités, serrées; arête concolore finement fimbriée. Chair ferme et blanche. Sporée blanche. Exsiccatum crème à squames brun foncé.

Gaïacol : rapide, pourpré. Teinture de gaïac, sulfate de fer : réactions nulles.

Spores 6,5-7,8 × 4,6-5,1 μm, le plus souvent amygdaliformes à sommet conique ou un peu étiré, rarement ovoïdes; paroi assez épaisse, orthochromatique dans le Melzer, endospore métachromatique dans le bleu de crésyl, arrondie ou tronquée au sommet; pore nul ou rudimentaire, tractus conique ou filiforme, métachromatique dans le bleu de crésyl, sur de rares spores; paroi gonflant par NH4OH + HAc. Basides 4-sporiques, piriformes, 22-28 × 8,5-9,5 μm env. Cheilocystides abondantes, hyalines, claviformes, parfois sinueuses ou irrégulières, de 40-50 × 8-13 μm. Sous-hyménium celluleux à petites cellules. Revêtement piléique à hyphes cylindracées de 4-9 μm de diam., à extrémité libre ± atténuée piliforme, parfois à membrane un peu épaissie hyphes sousjacentes à anastomoses nombreuses. Anses d’anastomose nulles; parfois fausses boucles.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, 1650 m, épars ou groupés dans les plantations d’Eucalyptus, mai 1948, Goossens-Fontana 5050 et icon. (holotype); id. mai 1950, Goossens-Fontana 5147.

Observations

1. La description est basée sur l’holotype accompagné d’une excellente aquarelle et de notes prises sur le frais.

2. Lepiota subamanitiformis Dennis (1953) décrit de façon très sommaire, pourrait être un synonyme mais ce nom est antidaté par une espèce d’Imai (1938).

13. Leucoagaricus squamosus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 11 (1973). Fig. 13, planche IX/2.

Chapeau d’env. 8 cm de diam., étalé, assez épais (3 mm à ½ rayon), campanulé à sommet mamelonné et un peu tronqué; revêtement carmin ocracé, continu au centre, ailleurs se rompant en squames mêchuleuses laissant apparaître la chair sous-cuticulaire blanche. Stipe 9 cm × 6 mm, longuement claviforme bulbeux, à base mesurant 1,7 cm de diam., creux; revêtement blanc et lisse; anneau blanc, membraneux à marge un peu épaissie, en entonnoir. Lamelles serrées, inégales, ivoire, libres, séparées du stipe par une étroite vallécule. Chair ferme, blanche, devenant rougeâtre sale à la coupe; odeur agréable. Sporée blanc pur sur le frais, blanc crème sur le sec (en 1970). Exsiccatum brunâtre ocracé.

Teinture de gaïiac : chapeau et stipe : immédiat, vert bleu intense. Gaïacol : lent, pourpre pâle. Phénol : lent, pourpre noir. α-Naphtol : nul.

Spores 6,8-8,0 × 3,9-4,5(4,8) μm, longuement amygdaliformes ou rarement ellipsoïdes, à sommet généralement conique arrondi, non ou peu étiré; paroi peu épaisse, orthochromatique au Melzer; endospore parfois tronquée au sommet ou y présentant un épaississement, métachromatique dans le bleu de crésyl; gonflement net mais assez faible par NH4OH + HAc; pore nul ou très rudimentaire. Cheilocystides abondantes, en touffes, de 25-40 × 8-12 μm, longuement piriformes, hyalines. Revêtement piléique à hyphes cylindracées, de 4-9 μm de diam., à extrémité libre ± piliforme, les sous-jacentes plus larges à paroi finement aspérulée. Revêtement du stipe à hyphes cylindracées. Anses d’anastomose nulles; quelques fausses boucles.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, ancienne plantation de caféiers, nov. 1956, Goossens-Fontana 5577 et icon.

Observations

1. La description est basée sur le type dont l’exsiccatum ne permet pas une étude micrographique suffisante.

14. Leucoagaricus bulbillosus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 10 (1973). — Fig. 14, planche IX/3.

Chapeau de 3,5-5[8] cm de diam., assez épais au centre, mince à la marge, campanulé tronqué puis étalé à centre obscurément mamelonné; revêtement visqueux par temps humide, uni et brun ocracé ± rougeâtre au centre, ailleurs rompu radialement et ± squamuleux, à squames rose clair à ocracé brunâtre sur fond blanc. Stipe énucléable, étroitement creux, de 5-10 cm × 4-5[7] mm, cylindracé à base brusquement renflée en un bulbe subglobuleux, marginé, de 10-12[15] mm de diam.; revêtement fibrilleux, blanc ou à peine jaunâtre; anneau en entonnoir, blanc, fragile, membraneux à marge un peu fimbriée, mobile. Lamelles assez serrées, distantes et même subcollariées, assez larges (5 mm), lancéolées, blanc crème; [arête finement denticulée]. Chair blanche; odeur bonne; saveur forte. Exsiccatum : crème sauf le mamelon piléique qui est brun; efflorescences blanches plumeuses, petites et peu abondantes.

Teinture de gaïac : nul sur la chair du chapeau, lentement positive sur celle du stipe. Gaïacol : rapide, pourpre intense. Sulfate de fer : réaction nulle.

Spores 6,2-7,3[8,4] × 4,2-4,6[5,3], amygdaliformes, à sommet conique non ou à peine étiré; paroi orthochromatique dans le Melzer et le bleu coton; endospore tronquée au sommet, métachromatique dans le bleu de crésyl; zone située entre la troncature de l’endospore et l’apex fortement colorable par le Melzer, achromatique dans le bleu de crésyl; pore nul ou très rudimentaire, pas de tractus colorable par le bleu de crésyl. [Basides 4-sporiques, 17 × 6,5 μm par ex.]. Cheilocystides abondantes, hyalines, lancéolées ou claviformes, parfois sinueuses, de [20]27-45 × 8-12,5 μm environ. Revêtement piléique à hyphes étroites (2-4 μm), cylindracées; éléments terminaux longuement lancéolés, à contenu jaunâtre et granuleux sur le frais. Anses d’anastomose nulles; rares fausses boucles.

Usages : non consommé à Panzi.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, alt. 1650 m, plantations de caféiers et de grévilléas, déc. 1947, Goossens-Fontana 5005 et icon. (holotype), 5037 et icon.

Observations

1. La description est basée sur l’holotype et complétée entre crochets par la récolte 5037, de même origine. Les exsiccatums ne permettent pas une étude micrographique complète.

15. Leucoagaricus sanguineus (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 11 (1973). Fig. 15.

Lepiota sanguinea Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 215, fig. 19 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 35, pl. 6/5 (1936).

Chapeau de 4-5 cm diam., très mince, conicocampanulé à sommet étroitement tronqué; revêtement rouge sang, feutré-tomenteux, continu au centre, ailleurs rompu-furfuracé, parfois franchement squamuleux ou radialement fissile sur fond plus clair; marge non striée. Stipe 7 cm × 2 mm, creux, à moelle soyeuse, cylindracé légèrement épaissi vers la base; revêtement jaunâtre au-dessus de l’anneau, rose sanguin en dessous, fibrilleux, furfuracé-tomenteux sous l’anneau; anneau membraneux en entonnoir, concolore à la partie inférieure du stipe et peutêtre en continuité avec elle, finalement peu adhérent ou même libre; mycélium blanc, abondant. Lamelles blanches, moyennement larges, inégales, arrondies aux extrémités, libres distantes, séparées du stipe par une vallécule de 0,5-1 mm de large. Chair blanche; odeur et saveur fortes. Exsiccatum brun foncé (voir obs. 1).

Spores hyalines, (5,8)7-8 × 3,6-4,0 μm, longuement ellipsoïdes, à sommet arrondi ou à peine conique; arête interne droite ou subtilement déprimée au milieu; pore nul; membranes assez minces, orthochromatiques dans le Melzer et le bleu coton; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl. Basides 4-sporiques de 23 × 8 μm par ex. Cheilocystides mal vues, probablement lancéolées, de 30 × 14 μm par exemple. Revêtement piléique à squamules formées d’hyphes fasciculées à éléments bruns dans l’ammoniaque, courts, de 14-35 × 8-13 μm, certains peut-être détersiles. Revêtement du stipe présentant des poils bruns, ± flexueux, de 40-50 × 5-8 μm env. Anses d’anastomose non vues avec certitude.

Distribution

Zaire. Forestier central : Binga, groupés sur le sol de la forêt, nov. 1928, Goossens-Fontana 844 et icon.

Observations

1. La description est basée sur la récolte type, accompagnée d’une excellente aquarelle déjà publiée dans la Flore Iconographique (loc. cit.). L’état de l’exsiccatum ne permet pas une étude micrographique poussée.

2. La diagnose et la description originales de Beeli contiennent plusieurs inexactitudes qui ont été rectifiées ci-dessus; notamment le chapeau n’est pas sillonné, dans le sens que l’on donne généralement à ce terme, mais son revêtement est radialement fissile ce qui rend difficile l’interprétation de l’aquarelle. La saveur et l’odeur, dites âcres, comme dans la plupart des notes prises par Mme Goossens, doivent plutôt être considérées comme fortes, sans plus.

16. Leucoagaricus aurantiacus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 10 (1973). Fig. 16.

Lepiota aurantiaca Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 213, fig. 6 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 35, pl. 6/7 (1936) (sub. L. goossensiae) non L. aurantiaca P. Henn., Monsunia 1 : 21 (1899).

Chapeau de 5-6 cm de diam., très mince, convexe à centre mamelonné; revêtement furfuracé fibrilleux, orangé brunâtre, continu au centre; ailleurs radialement fibrilleux ou rompu en petites squames fibrilleuses orangées sur fond crème orange; marge peutêtre sillonnée. Stipe 7 cm × 3 mm, creux, cylindracé à peine épaissi vers la base; revêtement orange clair, concolore à la marge piléique, tomenteux; anneau blanc étroit, probablement mobile. Lamelles blanches, libres distantes, de 5 mm de large env., arrondies au stipe, aiguës à la marge. Chair blanche, saveur douce. Sporée jaunâtre. Exsiccatum ocracé brunâtre (voir obs. 1).

Spores hyalines, de 6-7,2 × 4,2-4,8 μm, courtement ellipsoïdes ou à peine ovoïdes, à arête interne rarement très légèrement déprimée au milieu; pore nul ou très rudimentaire; membranes assez épaisses, orthochromatiques dans le Melzer et le bleu coton; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl. Basides probablement 4-sporiques, de 16-18 × 5-8 μm env. Sous-hyménium celluleux. Cheilocystides hyalines, de 15-25 × 10-16 μm, courtement piriformes, à paroi mince. Revêtement piléique à hyphes ± fasciculées, brunes, à éléments courts à assez allongés, de 10-30(50) × 4-8 μm. Revêtement du stipe à poils cylindracés ou étroitement lancéolés, obtus, de 40 × 7-10 μm par ex. Anses d’anastomose probablement nulles.

 

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, isolé sur le sol dans la forêt, avril 1928, Goossens-Fontana 687 et icon. (holotype); id. févr. 1929, Goossens-Fontana 820bis.

Observations

1. La description est basée sur le type, accompagné d’une excellente aquarelle qui a déjà été publiée dans la Flore Iconographique (loc. cit.) sous le nom de Lepiota goossensiae auquel Beeli l’avait synonymisé. L’état de l’exsiccatum ne permet pas une étude micrographique poussée.

2. La récolte 820bis était mélangée à L. testaceus, ce qui semble indiquer au moins une ressemblance physionomique sensible entre les deux espèces.

Sect. Anomali Locquin

Bull. mens. Soc. Linn. Lyon 14 : 93 (1945)

1. Pleurocystides bulbeuses; stipe à bulbe radicant; chair blanche, rougissant très rapidement puis brunissant, ± lactescente à latex rouge sang; spores à apex arrondi; revêtement piléique à éléments vésiculeux .................. 17. L. velutinus

1. Pleurocystides lancéolées; stipe à bulbe arrondi (?); chair rougissant moins rapidement et non lactescente; spores étirées à l’apex; revêtement piléique à hyphes cylindracées ..................... 18. L. agaricaceus

17. Leucoagaricus velutinus (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 12 (1973). Fig. 17, 18, 19, planche VII/3.

Lepiota velutina Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 59 : 106, fig. 12 (1927).

L. rubescens Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 214, fig. 10 (1932) non Vel. (1920).

Chapeau 15-20 cm de diam., épais (13 mm à ½ rayon), globuleux puis campanulé-tronqué, à la fin étalé à centre bassement mamelonné; revêtement séparable, brun rougeâtre foncé, velouté, rompu à la périphérie en petites squamules apprimées; marge appendiculée par des restes de voile. Stipe 10-12 cm × 15-20 mm, énucléable, creux, brusquement dilaté à la base en un bulbe arrondi, un peu atténué radicant, de 25-40 mm de diam.; revêtement blanchâtre dans le haut, progressivement concolore au chapeau vers la base, pruineux-tomenteux sur toute sa longueur; mycélium blanchâtre agglutinant le sol à la base; anneau membraneux, d’origine supère, blanchâtre à son attache au stipe, brun rougeâtre et tomenteux-squamuleux à sa face inférieure; mince et fragile, laissant des débris à la marge piléique et sur le stipe. Lamelles larges (13 mm), écartées du stipe, serrées, à nombreuses lamellules, arrondies au stipe, subobtuses à la marge; blanches puis blanc sale, rougissant très rapidement au toucher puis brunissant. Chair ferme puis spongieuse, blanche puis brun rosâtre pâle, rougissant rapidement à la coupe puis brunissant, plus ou moins lactescente à latex rouge sang; odeur et saveur fortes. Sporée blanche. Exsiccatum unicolore brun tabac, présentant localement de petites efflorescences blanchâtres.

Ammoniaque : chair et lamelles se colorent très rapidement en gris puis vert, enfin en noir. Teinture de gaïac, sulfate de fer, phénol, pyrogallol, aniline : réactions lentes, positives mais d’observation difficile par interférence avec le changement de teinte de la chair à la coupe.

Spores 4,7-5,6 × [3,0]3,4-3,9 μm, celles restées au contact des lamelles brunes, ellipsoïdes; membranes assez épaisses, orthochromatiques au bleu coton; endospore métachromatique au bleu de crésyl; pore nul. Basides 4-sporiques, [17 × 5 μm par ex.]. Cheilocystides en touffes, lancéolées à sommet arrondi obtus, de 30-40[60] × 8-12[17] μm env. Pleurocystides très abondantes, brunes, claviformes ou lancéolées au-dessus d’une base bulbeuse, de [50]70-80[95] × [16] 18-20 μm env., base de [15] 19-20 [24] μm de diam. Revêtement piléique à hyphes ± dressées, à éléments terminaux vésiculeux, claviformes ou lancéolés à extrémité étirée, bruns, de [40]60-110[120] × 15-30[60] μm env. Revêtement du stipe analogue; [éléments piliformes de 30-60 × 10-16 μm]. Anses d’anastomose probablement nulles.

 

Distribution

Zaïre : Bas-Congo : Kinshasa, dans l’herbe d’un jardin, mars et avril 1948, L. Dubois 1506 et icon., 1506bis. Forestier central : Eala, forêt sèche, nov. 1923, Goossens-Fontana 338 et icon. (type); Binga, avril et juillet 1928, avril 1929 et janv. 1942, Goossens-Fontana 670 et icon. (type de Lepiota rubescens), 794 (cotype de Lepiota rubescens), 2071 et icon.; Lukolela, avril 1896, Dewèvre 104.

Nom vernaculaire : Lototi (Eala).

Observations

1. La description macroscopique est basée uniquement sur la récolte 2071 qui est accompagnée de notes copieuses prises sur le frais. La description microscopique a été complétée entre crochets, d’après la récolte 794. Nous avons vérifié la parfaite concordance des caractères anatomiques observées avec ceux du type. Notons que la récolte 794 avait été décrite sous un nom nouveau, mais que nous n’avons pu trouver de différences appréciables entre les deux : L. velutinus montre, sur l’aquarelle, un stipe plein mais nous l’avons vu moelleux sur exsiccatum. Les différences de teintes mentionnées dans les descriptions publiées par Beeli ne se retrouvent ni sur les aquarelles ni sur les exsiccatums.

2. Nous reprenons ci-après quelques notes sur les différentes récoltes de Mme Goossens :

338 : stipe moelleux, contrairement à l’aquarelle et à la diagnose originale; spore 4,4-5,2 × 3,2-3,5 μm; chleilocystides en touffes, ca 30-60 × (7)13-15 μm; pleurocystides ca 40-82 × 10-23 μm, bulbeuses ; cellules vésiculeuses du revêtement piléique de 60-110(140) × 15-40 μm;

670 : stipe à bulbe cylindrique, à chair teintée de jaune vif à la base; exsiccatum en mauvais état; pleurocystides bulbeuses !;

794 : stipe à bulbe ovoïde, caractères microscopiques donnés ci-dessus;

2071, décrit macroscopiquement ci-dessus : exsiccatum en mauvais état; spores 4,7-5,6 × 3,4-3,9 μm; pleurocystides bulbeuses !; revêtement piléique à éléments terminaux plus petits que dans les autres récoltes, ne dépassant pas 80 × 30 μm; il faut remarquer cependant que ces éléments sont de taille très variable, d’une récolte à l’autre et même au sein d’une même récolte.

3. Cette espèce est très fortement caractérisée par ses cystides bulbeuses telles que nous n’en connaissons pas ailleurs.

18. Leucoagaricus agaricaceus Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 12 (1973).  Fig. 20, planche VII/4.

 

Chapeau 8-10 cm diam., épais mais s’amincissant rapidement vers la marge, convexe; revêtement brun d’ombre (M. & P. : Vandyke Brown 7A11), plus foncé au sommet, mat. Stipe 7 × 1 cm, cylindracé ou à peine claviforme, à base de 1,5 cm environ, concolore au chapeau, fistuleux; anneau membraneux mince, concolore ou plus foncé. Lamelles crème, libres un peu distantes, assez larges (9 mm), aiguës aux extrémités, inégales. Chair blanchâtre dans le chapeau, brunâtre (dès l’origine ?) dans le stipe, rosissant à la coupe. Exsiccatum brun d’ombre très foncé.

Spores 4,2-5,4 × 2,9-3,2 μm, légèrement bistrées (prises sur lamelles), amygdaliformes à sommet étiré papilleux, à arête externe beaucoup plus convexe que l’interne; paroi orthochromatique dans le Melzer et le bleu coton; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl, fréquemment tronquée à l’apex, l’espace entre la troncature et l’apex prenant fortement le Melzer; pore rudimentaire seulement visible après gonflement de la périspore par l’acide sulfurique concentré, après coloration par le bleu coton. Basides 4-sporiques, claviformes, larges à la base, mesurant 16 × 6 μm par ex. Cheilocystides 30-35 × 14-18 μm env., ellipsoïdes vésiculeuses, ± pédicellées à la base, arrondies au sommet ou, exceptionellement, munies d’un appendice capité. Pleurocystides brunâtres, 33-50 × 15-21(27) μm, lancéolées ou piriformes, ± pédicellées, arrondies au sommet ou subcapitées. Sous-hyménium celluleux. Revêtement piléique peu déchiffrable, à hyphes de 7-12 μm de diam., brunes par un pigment incrustant la membrane. Revêtement du stipe analogue. Anses d’anastomose probablement nulles.

 

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, août 1929, Goossens-Fontana 876 et icon. (holotype BR).

Observations

1. La description est basée sur le type, principalement sur l’aquarelle; l’exsiccatum est en état médiocre.

Rugosospora Heinem.

Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 12 (1973)

Chapeau mince, submembraneux, à revêtement continu puis rompu, à éléments piriformes. Spores à endospore métachromatique au bleu de crésyl, à périspore irrégulière rendant la spore rugueuse. Anses d’anastomose présentes. Espèce-type : R. ochraceobadia (Beeli) Heinem.

Une seule espèce. Notons cependant que Lepiota pyrochroa Malençon apud Malençon et Bertault (1970, p. 136-138), décrite du Maroc, appartient peut-être à ce genre. Il se distingue nettement de l’espèce-type par ses spores beaucoup plus petites et son anneau se résolvant en petites squames.

1. Rugosospora ochraceobadia (Beeli) Heinem., Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 43 : 12 (1973). Fig. 21, planche IX/4.

Lepiota ochraceobadia Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 216, fig. 14 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 34, pl. 6/1 (1936).

L. lateritia Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 213, fig. 8 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 36, pl. 6/8 (1936).

Chapeau [4,5]6-8 cm diam., mince submembraneux, convexe puis étalé à centre bassement mamelonné, enfin déprimé au centre à marge incurvée; revêtement brun purpuracé (M. & P. : Brazil brown 8L8) [brun rouge foncé], continu et le restant au centre, rompu radialement-squamuleux à la périphérie où apparaît la chair sous-jacente, sous forme de larges bandes radiales ocracé clair; marge peut-être très courtement striée. Stipe [10]12 × [0,4]0,6-1 cm, cylindracé irrégulier, creux; revêtement ocracé brunâtre [orangé brunâtre, plus rosé au sommet et teinté de jaune à la base], marbré ou maculé de brun, fibrilleux-subsquamuleux sous l’anneau, celui-ci membraneux, mais peu consistant, ascendant puis retombant, probablement mobile à la fin, ocracé clair, présentant quelques squames brun purpuracé à la face inférieure; cordons mycéliens blancs, ramifiés, abondants à la base. Lamelles libres, subcollariées, moyennement serrées, assez larges (6-7 mm), inégales, blanches ou crème, arrondies au stipe, aiguës à la marge. Chair blanche dans le chapeau, crème jaunâtre [un peu orangée] dans le stipe. Exsiccatum brunâtre à calotte et squames brun rougeâtre foncé [brun rouge cuivré].

Spores 8-12(12,5)[14,5] × 4,4-5,9(6,8) μm, hyalines, longuement ellipsoïdes, parfois subfusiformes, à apex arrondi; paroi orthochromatique au Melzer et au bleu coton; endospore métachromatique dans le bleu de crésyl; périspore irrégulière rendant la spore rugueuse à rugosités plus ou moins disposées longitudinalement; pas de gonflement appréciable par NH4OH + HAc; pore paraissant nul. Basides 2-4 sporiques, claviformes, assez étroites à la base, 27-33 × 8,5-10 μm. Cheilocystides abondantes, ± disposées en touffes, lancéolées subcapitées, hyalines, (22)30-40[45] × (5)8-12[14] μm. Pleurocystides probablement nulles. Sous-hyménium celluleux-compact. Revêtement piléique hyméniforme ± disjoint, à éléments piriformes longuement pédicellées, à sommet généralement incrusté verruqueux, mesurant [35]42-62[95] × [10]11-25 μm; tout le revêtement est incrusté d’un pigment orangé soluble dans NH4OH. Anses d’anastomose présentes notamment dans la trame, le revêtement et l’anneau, souvent mal formées.

 

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, groupés sur le sol dans la forêt, avril 1928, Goossens-Fontana 666 (holotype BR); id., Goossens-Fontana 665 et icon. (type de Lepiota lateritia).

Observations

1. La description est basée sur la récolte type dont l’exsiccatum est en bon état. Elle a été complétée entre crochets d’après la récolte 665, qui ne nous semble pas spécifiquement distincte et dont l’exsiccatum est en médiocre condition.

2. Les aquarelles des deux récoltes ont été reproduites dans la Flore Iconographique (loc. cit.).

3. Ayant longuement hésité avant de synonymiser les deux lépiotes décrites par Beeli, nous avons estimé utile d’illustrer aussi complètement que possible les caractères microscopiques des deux récoltes.

Verrucospora Horak

Bull. Soc. Bot. Suisse 77 : 363 (1967)

Chapeau mince, submembraneux, ± strié à la marge. Stipe grêle, creux, annelé. Lamelles libres. Spores blanches, non amyloïdes, orthochromatiques au bleu de crésyl, au bleu coton et au Melzer, épineuses par des diverticules coniques simples ou fourchus. Cystides nulles. Revêtement piléique hyméniforme disjoint. Anses d’anastomose présentes.

Une seule espèce.

1. Verrucospora verrucospora (Beeli) Horak, Bull. Soc. Suisse, 77 : 363 (1967). Fig. 22.

Lepiota verrucospora Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 64 : 218, fig. 23 (1932); Flore Icon. Champ. Congo 2 : 44-45, pl. 8/12 (1936).

Chapeau de 3 cm env. diam., mince, convexe à centre mamelonné; revêtement rompu en fines squames brun rouge, serrées au centre, distantes à la périphérie, sur fond jaune; marge légèrement striée. Stipe env. 10 cm × 4 mm, grêle, légèrement épaissi vers la base (6 mm), creux; revêtement jaune, lisse audessus de l’anneau, à squames brunâtres sous l’anneau; anneau squamuleux engainant. Lamelles larges, jaune citrin, libres, arrondies en arrière, inégales. Chair blanchâtre, verdissant à l’air (?). Exsiccatum : chapeau brun clair plus foncé au centre, lamelles brun un peu olivacé.

Spores 7-8 × 5-5,5 μm, appendices non compris, polyédriques, allongées, verruqueuses par une vingtaine d’appendices longuement coniques, de 1-2 μm de long, simples ou fourchus; paroi orthochromatique au Melzer, au bleu coton et au bleu de crésyl; périspore à déhiscence probablement membraneuse. Basides 4-sporiques, 22-26 × 5-8 μm. Cystides nulles. Revêtement piléique hyméniforme disjoint à éléments claviformes de 30-60 × 8-20 μm. Revêtement du stipe, sous l’anneau, à éléments analogues. Anses d’anastomose présentes.

 

Distribution

Zaïre. Forestier central : Binga, sur le sol dans la forêt, avril 1928, Goossens-Fontana 686 et icon.

Observations

1. La description est empruntée à Beeli et à Horak (loc. cit.); la partie microscopique en particulier repose sur le travail de Horak; notre participation s’est bornée à quelques indications sur le comportement des spores dans divers réactifs et à fournir de ces spores une représentation originale.

2. L’espèce a été illustrée dans la Flore Iconographique (loc. cit.).

BIBLIOGRAPHIE

Beeli, M., Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 59 : 104-110 (1927).

Beeli, M., Flore Iconographique des Champignons du Congo 2 : 29-45, pl. 5-8 (1936).

Dennis, R. W. G., Kew Bull. 4 : 476 (« 1952 », 1953).

Imai, S., Journ. Fac. Agr. Hokkaido Univ. 43 : 38 (1938).

Kuntze, O., Revue Générale des Plantes 2 (1891).

Locquin, M., Bull. mens. Soc. Linn. Lyon 11 : 39-48 (1942); 12 : 35-43, 75-80, 91-96 (1943).

Malençon, G. et Bertault, R., Flore des Champignons supérieurs du Maroc 1 (1970).

Moser, M. in Gams, Kl. Krypt. Flora 2 (1953).

Singer, R., Mycoflora australis (1969).

CYSTODERMA (TRICHOLOMATACEAE)

par P. Heinemann et D. Thoen

Le genre Cystoderma a depuis longtemps une position controversée entre les Agaricaceae et les Tricholomataceae. La tendance contemporaine le place dans la première de ces familles mais nous croyons avoir montré que l’affinité du genre était davantage du côté des Tricholomataceae (Heinemann et Thoen, 1973). Le lecteur désireux d’approfondir ce problème pourra consulter ce travail, ainsi que celui de Smith et Singer (1945) qui donne un aperçu historique. L’un de nous (Thoen, 1969) a publié récemment ses études sur les espèces d’Afrique centrale. Le présent travail complète cette étude par les descriptions des espèces décrites par d’autres auteurs, espèces qui n’étaient que citée dans le travail en question. Il nous donne l’occasion de publier les planches en couleurs de Mme Goossens.

Cystoderma Fayod

Ann. Sc. Nat., Bot., sér. 7, 9 : 351 (1889)

Voile général granuleux recouvrant le chapeau et la partie inférieure du stipe, constitué de sphérocystes ± entremêlés d’éléments allongés. Stipe portant un anneau ± membraneux, formé par l’évasement du voile général gainant sa partie inférieure. Lamelles adnées, subdécurrentes par une dent ou sinuées, se détachant parfois du haut du stipe avec l’âge et pouvant alors paraître libres. Sporée blanche ou crème. Spores hyalines, lisses, ellipsoïdes à subglobuleuses, à paroi mince, amyloïde ou non, rarement orthochromatique dans le Melzer. Sous-hyménium rameux. Cystides rarement présentes et alors générament muriquées. Anses d’anastomose généralement présentes. Espèces terrestres, sylvatiques ou praticoles. Subcosmopolite. Espèce-type : Cystoderma amianthinum (Fr.) Fayod.

Notons ici que les caractères microchimiques les plus importants à examiner sont la réaction à l’iode des spores et le virage, ou l’absence de virage, des pigments des sphérocystes dans l’ammoniaque et la potasse; il est très utile également de tester macroscopiquement ces deux réactifs sur le chapeau, sur le sec et aussi sur le frais si possible.

Clé des sections

1. Spores amyloïdes, complètement ou en partie :

2. Amyloïdité de toute la spore (peut-être localisée à la périspore) ...... Cystoderma (p. 49)

2. Amyloïdité réduite à la plage supraapiculaire ...... Superba

1. Spores non amyloïdes :

3. Pas de cystides muriquées ...... Granulosa (p. 49)

3. Cystides muriquées ...... Cinnabarina (p. 50)

 

La section Superba n’est pas signalée en Afrique centrale.

Sect. Cystoderma

Spores amyloïdes. Cystides très généralement nulles, rarement localisées sur l’arête et non cristallifères.

Seule espèce d’Afrique centrale :

1. Cystoderma ferruginosum (Bres.) Pegler, Persoonia 4 : 76, fig. 8-9 (1966).

Lepiota ferruginosa Bres., Ann. Myc. 18 : 26 (1920).

Chapeau 4-5 mm diam., d’abord convexe, obtusément omboné puis déprimé autour du mamelon; revêtement fauve ferrugineux, farineux-granuleux, glabrescent. Stipe 10 × 0,5 mm, égal, cylindrique, creux, pruineux, ferrugineux; anneau fibrilleux, évanescent. Lamelles adnexes, concolores, minces, serrées; arête entière. Chair mince, concolore.

Spores 4-5,2 × 2-3,2 μm, ellipsoïdes, hyalines, à paroi mince, fortement amyloïde. Basides 13,5-20 × 4-5 μm, claviformes, 4-sporiques. Cystides nulles. Trame régulière ou subrégulière, hyaline, non amyloïde. Revêtement piléique à sphérocystes de 12-25 μm diam., globuleux ou piriformes et ± pédicellés, bruns, à paroi mince, lisse, formant parfois de courtes chaînes. Revêtement du stipe comportant des sphérocystes analogues mais souvent plus allongés (jusqu’à 45 μm de long). Anses d’anastomose présentes.

Distribution

Zaïre. Bas-Congo ?: Wombali, sur sol marécageux, nov. 1913, H. Vanderyst s.n.

Observations

1. Nous n’avons pas vu le matériel. La description ci-dessus est adaptée d’après Bresadola et Pegler qui ont tous deux étudié le seul matériel type.

2. Cette espèce est principalement caractérisée par ses spores à amyloïdité prononcée.

Sect. Granulosa (Fr.) Locquin

Bull. Mens. Soc. Linn. Lyon 14 : 94 (1945); Smith et Singer, Pap. Mich. Ac. Sci. Arts and Letters 30 : 81 (« 1944 », 1945)

Spores non amyloïdes. Cystides très généralement nulles et non muriquées. Espèce type : C. granulosum (Batsch ex Fr.) Fayod.

Synopsis des espèces d’Afrique centrale

1. Anneau floconneux; carpophore grêle, de petite taille, à chapeau jaune citron et stipe brun pourpre; lamelles normales; spores 2,5-3,5 × 1,8-2,7 μm ..................... 2. C. luteohemisphericum

1. Anneau membraneux; carpophore moyen à assez grand, unicolore, jaune ocracé; lamelles très étroites; spores 3,8-6,2 × 2,2-3,1 μm ................. 3. C. elegans

2. Cystoderma luteohemisphericum Dennis, Kew Bull. 15 : 109, fig. 63 (1961).

Chapeau 15 mm diam., hémisphérique puis conicocampanulé; revêtement jaune citron, d’abord squamuleux à squames granuleuses détersiles puis lisse et farineux. Stipe env. 30 × 1 mm, égal, fistuleux, brun pourpre, plus pâle au sommet, farineux à granules jaunes; anneau fugace. Lamelles jaune clair, adnées, très serrées.

Spores 2,5 × 2 μm [2,5-3,5 × 1,8-2,7 μm], courtement ellipsoïdes, hyalines, non amyloïdes [Basides 13,5-16,5 × 3,5-4,3 μm, 4-sporiques]. Cystides nulles. [Trame régulière, hyaline; hyphes à paroi mince, de 2-4,5 μm diam.]. Revêtement piléique à sphérocystes [11,5]20-30 μm diam., [disposés en courtes chaînes], à paroi mince et lisse et pigment vacuolaire. [Anses d’anastomose présentes].

Distribution

Ghana. Tafo, dans l’herbe, août 1955, Holden GC93 (Pegler, p. 501).

Amérique du Sud (Venezuela).

Observation

1. Nous n’avons pas étudié cette espèce. La description est basée sur celle de Dennis, complétée entre crochets d’après Pegler (1968).

3. Cystoderma elegans (Beeli) Thoen, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 39 : 188 (1969). Fig. 23, planche IX/5.

Armillaria elegans Beeli, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 59 : 111 (1927).

Chapeau de 3,5-6 cm de diam., convexe, campanulé puis étalé à large mamelon; revêtement finement verruqueux, jaune ocracé. Stipe de 7 × 0,5-0,6 cm, cylindracé, un peu épaissi à la base, plein [ou farci]; revêtement blanchâtre au-dessus de l’anneau, ocracé et finement verruqueux à la face inférieure de l’anneau et jusqu’à la base; anneau membraneux, engainant, déchiqueté au bord, lisse à sa face supérieure. Lamelles très étroites, serrées, adnées ou uncinées, ocracées. Chair mince, particulièrement vers la marge, blanche, à saveur douce. Exsiccatum : chapeau ocre brun, fonçant par KOH, sans réaction par NH4OH; lamelles brun roux.

 

Spores (3,8)4-6,2 × 2,2-3,1 μm, assez longuement ellipsoïdes; paroi mince, hyaline dans l’eau et l’ammoniaque, jaune dans le Melzer, orthochromatique dans le rouge Congo et le bleu coton lactique, faiblement métachromatique en rouge violacé dans le bleu de crésyl. Basides 4-sporiques, de 14-21 × 4,5-6 μm. Trame [subrégulière, très étroite, de 40-60 μm]. Revêtement piléique constitué essentiellement de sphérocystes à pigments membranaires très faiblement incrustants [ou plus nettement incrustants], jaune d’or dans l’eau, devenant rouille clair dans NH4OH et KOH; certains sphérocystes pédicellés; hyphes sous-jacentes présentant des anastomoses en H; [hyphes oléifères ramifiées]. Revêtement du stipe à hyphes cylindracées au-dessus de l’anneau, hyalines ou jaunâtres dans NH4OH; anneau formé d’hyphes cylindracées et de sphérocystes semblables à ceux du chapeau, de 13-41 × 12-30 μm. Anses d’anastomose nulles ou mal formées.

Distribution

Zaïre. Forestier central : entre Diobo et Akula, sur le sol en forêt, nov. 1925, Goossens-Fontana 385 et icon. (holotype); Binga, sept. 1927, Goossens-Fontana 624 et icon. — Lacs Edouard et Kivu : Panzi, alt. 1650 m, plantations de caféiers et d’eucalyptus, févr. 1949, Goossens-Fontana 5090 et icon.

Usages : non consommé par l’indigène.

Observations

1. La description est basée sur le type, elle est complétée entre crochets par le n° 624A (voir obs. 3).

2. L’observation des pigments incrustants des sphérocystes demande un examen soigneux et attentif, ce caractère pouvant passer inaperçu lors d’un examen trop rapide.

3. Le n° 624 est complexe; il se compose de quatre récoltes appartenant manifestement à la même espèce qui ont été numérotés A, B, C et D.

4. La récolte 5090, que nous rapportons aussi à C. elegans, diffère des deux autres par quelques caractères mineurs : chapeau un peu plus robuste, de 5-8 cm de diam., à la fin étalé, irrégulièrement ondulé; stipe aminci-fusoïde à la base; lamelles rosées à ocracé pâle; spores de 4,2-4,9 × 2,8-3,1 μm, donc un peu plus courtes et un peu plus larges.

Sect. Cinnabarina Heinem. et Thoen

Bull. Soc. Myc. France 89 : 23 (1973)

Spores non amyloïdes. Cystides pointues, à extrémité en « tête de vipère », très généralement munie de plusieurs rangs de cristaux. Espèce type : C. cinnabarinum (Alb. et Schwein. ex Secr.) Fayod.

Seule espèce en Afrique centrale :

4. Cystoderma cristalliferum Thoen, Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 39 : 185 (1969). Fig. 24, planche IX/6.

Chapeau 2 cm de diam., globuleux, convexe, pouvant devenir un peu déprimé au centre; revêtement adné, granuleux et brun-rouge au disque, ailleurs à fines granulations éparses, brun-rouge, peu adhérentes. Stipe 30 × 3 mm, cylindrique, légèrement flexueux, faiblement renflé à la base, creux; revêtement blanc, fibrilleux au-dessus de l’anneau, semblable au revêtement piléique en dessous; anneau fragile, blanchâtre, finement membraneux, liséré de granulations brunes. Lamelles sublibres, blanc crème, larges, serrées, minces, inégales, aiguës vers le chapeau; arête faiblement denticulée. Chair blanche et mince dans le chapeau, blanchâtre et fibreuse dans le stipe; saveur peu prononcée. Sporée blanche. Exsiccatum : chapeau brun-roux, stipe brun-roux foncé sous l’anneau, lamelles ocre foncé; NH4OH, chapeau : nul; KOH, chapeau : brun foncé.

Phénol: vineux, lent. Pyrogallol : brunâtre, lent. Gaïacol, teinture de gaïac, aniline, ammoniaque, sulfate de fer : réactions nulles.

Spores 3,7-4,5 × 2-3,2 μm, ± ellipsoïdes, hyalines dans l’eau et l’ammoniaque, orthochromatiques dans le Melzer et dans la fuchsine phéniquée, faiblement métachromatiques en rouge dans le bleu de crésyl; paroi mince et lisse. Basides 4-sporiques. Cheilocystides et pleurocystides abondantes, en forme de bouteille, recouvertes à leur extrémité de 3-4 rangs de gros cristaux très réfringents, de 30-35 × 4,5-5 μm, à base large (env. 4 μm). Trame régulière à subrégulière, présentant des hyphes oléifères. Revêtement piléique composé d’hyphes cylindriques, bouclées, terminées par des sphérocystes à membrane épaisse, ocracé brunâtre dans l’eau, brun rouille dans KOH et NH4OH, de 24-30 × 14-18 μm. Revêtement du stipe formé d’hyphes pâles ou ocracées, bouclées; granulations du stipe sous l’anneau formées de sphérocystes ayant les mêmes caractéristiques que ceux du chapeau. Anses d’anastomose présentes, notamment à la base des cystides.

Distribution

Zaïre. Lacs Edouard et Kivu : Panzi, alt. 1650 m, plantation de caféiers, janv. 1950, Goossens-Fontana 5111 et icon.

Usages : non consommé par l’indigène.

Observations

1. La description est basée sur la récolte-type, appuyée d’une aquarelle et de notes.

2. Les cystides des lamelles sont aisément visibles au binoculaire 50 ×. Sous le microscope, leur observation est facilitée par l’emploi de la lumière polarisée, qui met particulièrement bien en évidence les cristaux de l’extrémité.

3. Nous n’avons pas observé de caulo- ni de piléocystides, malgré plusieurs examens attentifs.

4. L’espèce africaine se distingue, des autres espèces de la section, par son stipe creux, son chapeau très convexe brun-rouge et ses lamelles larges. C. siparianum (Dennis) Thoen (1969) s’en distingue par ses lamelles étroites et son chapeau fauve pâle.

BIBLIOGRAPHIE

Dennis, R. W. G., Lepiota and allied genera in Trinidad, British West Indies, Kew Bull. 4 : 459-499 (« 1952 », 1953).

Heinemann, P. et Thoen, D., Observations sur le genre Cystoderma, Bull. Soc. Myc. France 89 : 5-34 (1973).

Pegler, D. N., Studies on African Agaricales : I. Kew Bull. 21 : 499-533 (1968).

Smith, A. H. et Singer, R., A monograph of the genus Cystoderma, Pap. Mich. Ac. Sc., Arts and Letters 30 : 71-124 (« 1944 », 1945).

Thoen, D., Les Cystodermes (Tricholomataceae). Nat. Belges, 48 : 285-297 (1967).

Thoen, D., Le genre Cystoderma (Tricholomataceae) en Afrique centrale. Bull. Jard. Bot. Nat. Belg. 39 : 183-190 (1969).